Les commentaires de DaProd

 

1ERE PARTIE

 
« C'est une main jouée lors du Partouche Poker Tour 2012.
 
Tapis de départ 30 000, 2ème niveau : blindes 100/200. Mon adversaire (le joueur au bouton) semble relativement passif mais n'aime pas fold. J'ai perdu quelques coups, il me reste 25 000 et mon adversaire me couvre.
 
Je relance K 9 à 500 en MP (Middle Position), le joueur au bouton paie. Les blindes passent.
 
Le pot est de 1300.
 
Le flop tombe T 9 4.
 
Que faites-vous maintenant, quel est votre plan pour la suite du coup ? »
 
Dans ce coup, nous avons en face de nous un joueur assez passif mais sticky. Sa range est donc relativement large, il peut call avec des mains moyennes, comme des petites paires ou des connecteurs assortis, s’il joue loose on peut même rajouter les connecteurs non assortis (nous n’avons pas plus d’informations sur le joueur donc on les prendra en compte dans sa range), les one gapper suited (que certains aiment jouer en position en début de tournoi), les A9+ et il ne faut pas non plus exclure les premium qu’il voudrait simplement call pour trap ou simplement pour les jouer passif. Ce qui nous donne comme range : [22+, A9+, A2s-A9s, 56-KQs, 68s-KJs].

Notre range est elle aussi assez large, elle peut pratiquement être assimilée à la range décrite ci-dessus. Vilain ne peut pas pour le moment nous mettre sur une range plus précise (sans historique).

Le flop n’est pas très scary, sans flush draw, mais il est quand même connecté dans une range qui correspond tout de même au cœur des straight draws. De plus, il y a une over card.

Nous avons deux possibilités au flop vu que nous n’avons pas la position : Check ou Bet :

-  Check : Pourquoi checker et avec quel plan pour la suite ?
Nous sommes le relanceur initial et checker n’aurait qu’un seul sens : contrôler le pot. En effet, si on bet, il y a un risque de se faire relancer et on sera alors embêté. Si on check, on va perdre l’initiative et on va devoir faire face à un adversaire avec une range très large qui sera en position et donc difficile à manœuvrer. L’avantage est qu’il est assez passif, ce qui ne veut pas dire qu’il ne nous bluffera pas.
De plus, en checkant, nous lui laissons une carte gratuite (s’il check back) et donc la possibilité de toucher une quinte ou une de ses over s’il n’avait rien.
S’il mise après notre check, il nous faut call et check le turn. Pour ensuite aviser. Ce n’est pas un bon plan car on perd beaucoup de value sur ce genre de flop, on ne protège pas sa main et on ne peut pas se situer.

- Bet : Pourquoi Bet et comment réagir à ce que va faire vilain ?
Nous avons ici souvent la meilleure main.
La range devant nous est [TT+, A9, AT, KT, QT, T9, T8, 44].
Sa range de call est composée de tout ses Tx, OESD (1), gutshots et paires inférieures aux 8.
Sa range de float est assez large et contient des gutshots ainsi que des overcards.  
Il faut donc CBet pour protéger notre main, prendre de la value sur ses draw ou ses paires < 88 et pour se situer.

Si on Bet et que vilain call, énormément de turn vont nous faire peur. Il va probablement falloir ralentir l’action et check turn. S’il bet derrière notre check, en fonction de la turn et de son sizing on avisera mais on préfèrera très souvent le call. Un As, une dame ou un valet sera difficile à jouer. Soit on utilise ces scary card pour envoyer un deuxième barrel, soit on contrôle le pot en checkant tout en sachant qu’il peut s’en servir pour Bet (en étant en float ou en ayant touché).

Si on Bet et que vilain raise … il polarise sa main. Il peut relancer un straight draw mais sachant qu’il est assez passif, on peut penser qu’il préfèrera call avec ces mains. Il reste donc les bluffs, qu’un joueur passif évitera dans ce genre de spot à mon avis. Relancer avec une main meilleure serait une erreur car il perdrait les bluff et ne se ferait payer ou raise que par mieux. Mais beaucoup de joueurs passifs optent pour cette décision. Selon le read que nous avons sur le joueur, nous allons avoir deux options.
Sur un bon joueur, il va falloir call sa relance et surement call son 2ème barrel turn s’il le fait, puis aviser river. Alors qu’un joueur passif moins expérimenté, va souvent relancer JJ+, brelans ou doubles paires et peut être même AT.
Au vu des informations qui nous sont fournies, je dirais que l’on a à faire au 2ème type de joueur et qu’on va donc préférer fold. Un fold assez weak mais qui suit la logique de notre read. Call un raise ici, signifierait vouloir jouer oop un coup où il va probablement re bet turn et on va se retrouver dans un pot avoisinant les 5000 au turn. Sa range de raise étant une partie mineure de sa range totale, on a tout intérêt à CBet. On ne fait donc bien entendu pas de bet pour info, mais bien pour principalement value et protection.

En conclusion, il est préférable de miser. Pour la mise, je miserais ½ du pot pour contrôler la taille du pot.



(1) OESD : Open-Ended Straight Draw : Tirage quinte bilatéral.
 
 

2EME PARTIE

« J’ai décidé de c-bet à 850, le bouton paie.

Il y a maintenant 3 000 dans le pot.

Turn : 2

Que décidez-vous de faire ? »

On s’en tien à notre plan et on check en contrôle. On va call s’il Bet. Notre plan river est de check puis d’aviser s’il bet, selon la carte et le sizing. On réévaluera alors sa range afin de prendre une décision car s’il re mise river, il polarise sa main.
 
On avait évalué sa range de call à : «  tout ses Tx, OESD, gutshots et paires inférieures aux 8.
Sa range de float est assez large et contient des gutshots ainsi que des overcards. »
 
Si on mise ici, on a de la value à prendre sur ses draws mais il va souvent relancer ses 10 bien kickés, ses over paires, doubles paires, brelans ainsi qu’une petite partie de bluff/float. On sera alors dans un spot très difficile OOP où le pot sera alors conséquent : si on mise 1800, qu’il relance à environ 5000, le pot fera environ 9000 à la turn.
Par contre, vu qu’il est passif et sticky, on peut prendre de la value aussi sur les 9 moins bien kickés et ses underpairs. Etant le relanceur initial et en mettant deux barrels on va représenter une grosse main, qui va surement aboutir à un check/check river. Par contre s’il mise, on est dans une situation où on est très souvent battu et on va devoir fold.
 
En checkant, on ne va pas contrôler le sizing de la mise de vilain, mais vu les quelques informations sur le joueur, je ne pense pas qu’il fasse un trop gros sizing bizarre dans ce spot.
L’inconvénient est qu’on laisse une carte gratuite sans prendre de value.
 
En revanche, en checkant, on garde tout ses float et on pourra induce des moves de sa part car on représente souvent une main qui a raté le flop, qui a CBet, puis qui abandonne. Par contre s’il Bet cette turn et qu’on call, puis qu’on check river, on est un peu face up sur une main qui a de la show down value et il peut alors décider de nous mettre la pression avec une grosse mise qui sera difficile à payer. Il va donc falloir payer beaucoup de river.
 
Conclusion : C’est assez close car les deux décisions ont leurs avantages et inconvénients. Je pense qu’il est quand même préférable en début de tournoi de ralentir l’action et de check cette turn et call s’il mise.

 
 

3EME PARTIE

« Je « 2barrel » à 1850. Le bouton paie encore.

Le pot est de 6700.

River A.

Que faites-vous et, selon votre décision, que prévoyez-vous en fonction des actions possibles du joueur au
bouton ?
»

C’est une bonne carte pour nous. Aucun draw n’est rentré. En checkant, il va très souvent se servir de cet As pour miser ses draws ratés et il va souvent check back ses Tx, 9 et underpair. S’il bet, il représente AT, brelan, double paire et tous ses draws ratés. Il a très souvent abandonné ses float avec un As sur notre mise Turn.  Sachant qu’il va souvent relancer brelan, double paire et des fois AT à la turn, s’il bet, il y a plus de draws ratés dans sa range que de mains qui nous battent.
On a de la showdown value sur sa range de call turn + check river.
 
Bet cette river n’est pas une bonne option pour moi. On va se faire call par toutes les mains qui nous battent et qui nous battaient déjà turn car c’est un joueur sticky, qui ne foldera pas un T, même sur cette river. De plus, on va perdre tous ses bluffs (sd ratés en majeure partie).
 
Le plan est donc de check/call.
 
On ne va pas snap call, on va caller en l'observant, pour commencer ou approfondir un profiling sur cet adversaire et exploiter toutes les informations possibles : mise, sizing, mouvements, regard, fixe-t-il Gaëlle pour l’intimider ou juste parce qu’il la trouve charmante ?

 
 

action de gaëlle river

« Je check, le bouton mise 4600. Je call, il montre QJ. »