Bonjour à tous,
Pour cette seconde épreuve de la première semaine de la top shark academy saison 7 je vais vous présenter une main jouée au cours du MONSTER STACK 1€, un tournoi shorthanded qui dispose d’une structure très lente. Il est possible de jouer très longtemps un jeu deepstack ce qui privilégie le jeu postflop et permet de faire parler son edge sur les concurrents.
Mon plan d’action pour ce tournoi et de relancer beaucoup de coups, en position et en isolant au maximum les joueurs pour les affronter en tête à tête.
Je vais tenter d’exploiter la faiblesse de certains joueurs en ayant une image assez agressive à table afin de provoquer, chez mes adversaires, le plus d’erreurs possible.
Réflexion préflop :
Au départ de la main, mon adversaire dispose de 78 BB et je le couvre.
Sur les blinds 600 – 1200, il relance UTG à 3000 soit 2,5BB, je suis au bouton avec une très bonne main : 89 à carreaux. Le joueur en SB a 62BB et le joueur en BB a 33BB.
Le relanceur initial a un profil plutôt très tight-agressif, straightforward, avec une tendance à miser toujours assez cher. Je l’ai sur-relancé une fois précédemment, il a payé et check/foldé sur un flop Q83.
Lorsqu’il relance UTG, au vu de son profil, j’estime sa range à environ 16% des mains :
22+, A2s-A5s, ATs+, ATo+, JTs+, QJs+, KQs, KQo, 56s, 67s, 78s, 89s, 9Ts
Soit un total de 204 combinaisons :
Avec 78BB effectives, une main disposant d’une excellente jouabilité postflop et la position, je décide de sur-relancer.
Cette option présente de nombreux intérêts et notamment ceux de prendre l’initiative, d’isoler mon adversaire et de jouer le coup en tête à tête, d’équilibrer ma range de 3bet et de couvrir davantage de board dans les pots 3Bet.
Ainsi, lorsque je sur-relance, je n’ai pas systématiquement une main premium et les adversaires ne peuvent pas s’adapter en jouant parfaitement contre un éventail de main réduit.
De plus, je couvre davantage de board et il n’est pas possible pour mes adversaires d’exclure de mon range certaines mains très fortes sur certains flop.
L’adversaire étant particulièrement tight, je doute qu’il décide de prendre le spot de 4bet-light.
De manière identique, il est très rare que les adversaires en blind aient une main suffisamment forte pour faire tapis.
Même avec une main comme AQ ou JJ, ils seront déjà dans une situation difficile.
Au vu du tapis effectif très important, je décide d’effectuer un sizing très petit. Cela permet de conserver une range large chez mon adversaire quand il décide de payer, puisqu’il va vraisemblablement décider de 4Bet ses mains très fortes et simplement payer avec l’intégralité des autres mains de son range de relance.
De plus, en gardant le pot relativement petit, je joue de façon small-ball et je pourrai manipuler la taille du pot de la manière qui m’intéresse.
Je relance donc à 6930 et mon adversaire décide de payer.
Lorsqu’il paye, au vu de son profil, j’estime que l’on peut exclure QQ+ et AK de sa range qu’il aurait 4 bet reste donc :
22/JJ, A2s-A5s, ATs/AQs, AT/AQo+, JTs+, QJs+, KQs, KQo, 56s, 67s, 78s, 89s, 9Ts
Soit un total de 180 combinaisons :
Etant un joueur très tight, il peut penser que ma range de main est constituée de AQ+/ JJ+.
Le flop tombe Kh 9h 3d.
Réflexion au flop :
C’est un bon flop pour ma main puisque j’ai touché la deuxième paire et un tirage couleur backdoor. J’ai 64,6% d’équité contre sa range globale.
La question à se poser est : comment ce flop impacte-t-il respectivement sa range et ma range perçue ?
Concernant sa range :
Elle se décompose maintenant en 157 combinaisons :
Son range de main a touché le flop :
Son range a raté ce flop dans les 90 autres cas soit 57,30% du temps (underpaires, hauteur as).
Concernant ma range perçue :
Elle se décompose en :
Ma range a raté ce flop dans les 9 autres cas soit 22.50% du temps (underpaires, hauteur as).
Au vu de ces évaluations, j’ai clairement un avantage de range, un avantage de main par rapport à sa range, et de la protection à faire car il peut posséder de nombreux tirages.
Je décide donc logiquement de miser ce flop pour value et protection.
Je pense que mon adversaire va :
Le pot étant de 16600, j’effectue une mise à hauteur de 4520 soit 28% du pot :
En effectuant un tel sizing, je laisse une bonne côte à mon adversaire pour payer avec ses mains les plus faibles. Cela me permet également de pouvoir effectuer plusieurs barrels a peu de frais en cas de bonnes cartes au turn et à la river pour lui faire passer ses middle paires voir top paires.
J’aurais misé ce flop avec 100% de ma range perçue.
Mon adversaire décide de payer. La turn est le 6h.
Réflexion au turn :
Cette carte fait rentrer le tirage couleur du flop. Mon adversaire a maintenant plus de mains très fortes que moi. C’est globalement une mauvaise carte pour nos ranges.
Sa range se décompose en :
Il décide de checker.
Ma range perçue est identique qu’au flop, étant précisé que je dispose dorénavant d’une flush et de plusieurs tirages couleurs.
Je dispose maintenant de 35.48% d’équité contre sa range.
Aussi, ne pensant pas qu’il va folder une top paire tout de suite, afin d’éviter le risque qu’il relance en semi bluff ses AhQ me faisant folder mon équité et afin de maitriser la taille du pot, je décide de checker pour aviser river.
La river est le 7c et mon adversaire mise 16800.
Réflexion à la river :
Cette carte est une brique et mon adversaire décide de miser.
Je pense qu’il mise ici avec ses brelans, ses flushs et ses top paires en value (23 combos) et avec ses hauteurs as et ses gutshots en bluff (18 combos). J’ai donc la meilleure main 18/41=43.90% du temps.
Concernant le pot, je dois payer 16800 pour gagner 42400, il faut donc que j’ai la meilleure main 16800/42400 = 39.6% du temps pour payer.
Au vu de ces résultats, je paye donc et mon adversaire me montre QJss.