Le défi au jour le jour vu par MIK.22


13/08/2011 12:27

2- MANUEL DE SECOURS EN TOURNOI (1ère partie)



Dans mon post précédent, je prétendais que donner des conseils pour aborder ce « Triathlon » reviendrait à me tirer une balle dans le pied. Mais finalement, je me dis que je pourrais m’en remettre : il n’y a qu’à voir Harper qui était immobilisé pendant des mois à cause d’un méchant accident de cette région et qui va bientôt gambader comme un lapin !...Donc, après tout, pourquoi ne pas esquisser un pas en avant et vous aider à mieux jouer cette série de tournois.

Attention, je ne m’adresse pas forcément aux cadors, aux « regs», aux samouraïs aguerris qui, eux, ont déjà leur stratégie bien huilée et sont déjà en train d’aiguiser leurs sabres. Non, je parle à vous qui vous sentez encore mal assurés en tournoi et qui hésitez à vous lancer dans plusieurs variantes sous prétexte que vous n’avez pas assez d’expérience pour ce genre d’exercice, que vous n’avez pas du tout le niveau, bla, bla, bla…

Donc voici quelques indications BASIQUES qui peuvent recadrer les idées des moins expérimentés d’entre vous…

D’abord, on gardera toujours en tête la structure des qualifications, à savoir 3000 jetons, blindes 10-20 au départ, niveaux de 10 minutes. Ce n’est pas du Turbo mais pas du Super Deepstack non plus (la finale, elle, se jouera vraiment en Deepstack!) . Une adaptation est nécessaire.

-En No Limit Full Ring :

Pas grand-chose de spécial ici car c’est le format dont tout le monde a l’habitude. Jouez votre style normal. Vu que les tables seront remplies à 9, soyez plutôt « tight » dans les premiers niveaux et, en tout cas, soyez sélectifs sur vos mains de départ, notamment en début et milieu de parole. Au début, observez le style de vos adversaires : qui est un maniaque, qui est hyper-tight, qui est une calling station, etc. Puis, avec l’augmentation des blindes et l’apparition des antes, augmentez progressivement l’agression en tenant compte des positions, des tapis respectifs et –encore et toujours- du tempérament des adversaires. Par exemple, évitez de vous engager en caleçon contre des joueurs que vous ne connaissez pas ou dont vous avez du mal à cerner le style.

Sinon, le principe général est de ne pas se retrouver mangé par la structure : vous aurez certes un peu de temps devant vous pour observer, vous adapter et développer votre stratégie, mais moins que s’il s’agissait d’un tournoi Deepstack. Bref, bougez ! Mieux vaut prendre des risques avec 13/15 BB que d’attendre une belle main avec 10BB ou moins. C’est prouvé mathématiquement.
Attention, avec cette structure, vous aurez rarement la possibilité d’élaborer des plans à longue distance dans un coup. En effet ici, la profondeur est presque toujours limitée si vous tenez compte de votre tapis mais aussi et surtout du tapis de vos adversaires. Dès que le tournoi est un peu avancé, vous ne vous trouverez quasiment jamais avec des tapis effectifs de plus de 30BB (tapis effectif = le plus petit tapis entre vous et votre adversaire). Cela ne vous permet pas, par exemple, d’élaborer un bluff sur 3 barrels comme vous pourriez le faire en tournoi Deepstack ou en cash game avec 100BB.

-En No Limit Shorthanded :

Même chose que précédemment en vous adaptant au fait que le nombre de joueurs à la table est moindre et donc qu’il faut hausser le ton d’un cran ou deux par rapport au format Full Ring.

Dans un sens, c’est plus simple car vous avez moins de joueurs à « ficher » et à surveiller. Mais d’un autre côté, c’est plus difficile car l’attitude LAG (loose agressive) réclame un solide bagage technique…ou alors il faut « chatter » bien au-dessus de la moyenne. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’ en adoptant la stratégie LAG, vous jouez davantage de coups, votre range est large et vous allez vous retrouver plus souvent dans des situations délicates, avec des décisions difficiles, parfois plusieurs sur un même coup au flop, au turn et à la river.

Donc si vous ne vous sentez pas à l’aise avec le jeu agressif à outrance, ne forcez pas votre tempérament. Choisissez vos « spots », exploitez les positions favorables et les joueurs qui vous semblent les plus prévisibles. Quitte à jouer plus serré que les grands joueurs «qu’on voit à la télé».

Tout de même, utilisez davantage l’arme du 3-bet « light » (voire du 4-bet) dans ce format Shorthanded puisque vos adversaires, eux aussi, ont une range plus large qu’en Full Ring ! Un « vilain » qui ouvre au cut-off ou au bouton a statistiquement une main assez moyenne, voire une « poubelle », en tout cas une main qui ne pourra pas tenir un 3-bet, surtout s’il est hors de position. Et s’il vous paye, vous aurez de bonnes chances de remporter le coup au flop avec un Continuation Bet puisqu’il n’aura pas touché le flop la plupart du temps. Cela n’exclut évidemment pas qu’il puisse avoir A-A, K-K ou A-K car même les fous furieux touchent ce genre de mains, comme tout le monde de temps en temps.

Donc… ne venez pas me dire après le tournoi : « J’ai été éliminé en suivant vos conseils ! J’ai 3-bet ALL IN avec 10-9 assortis et je suis tombé sur A-A. Pff, vous auriez mieux fait de vous abstenir avec vos idées en carton...». Ok, mais je vous répondrai qu’une bonne stratégie ne marche pas à tous les coups, elle marche juste plus souvent qu’une mauvaise ! Et puis aussi je vous dirai que cette stratégie ne doit s’utiliser ni aveuglément ni systématiquement mais avec lucidité et pas trop souvent pour ne pas se faire démasquer.

Tout n'est pas dit ici, donc ne perdez pas de vue que chaque cas est particulier…