Le Défi ManuB_ - Par Manuel Bevand


19/10/2010 22:01

Jour 18 : En plein rush!



Le papa noël a reçu ma lettre et m'a répondu en beauté. J'ai connu aujourd'hui ma meilleure journée depuis le début du challenge avec un rush très salutaire aux tables de NL30. Cela porte la bankroll, pour la première fois, à une somme à quatre chiffres.



Ma courbe ressemble enfin un peu à quelque chose, et je compte bien ne pas m'arrêter là et passer en NL50 dès que j'aurais atteint 25 buyins.



Bizarrement, je pense que le fait que le jeu commence à ressembler à ce que je connait régulièrement en NL400 n'est pas étranger à ce regain de forme. Mon appréciation des ranges adverses est plus fines, plus basée sur mon expérience du quotidien. Cela ne veut pas dire que je ne suis pas capable de battre la NL10 et la NL5 car "ça joue n'importe comment", simplement que je n'ai pas su opérer les bons ajustements.

Comme promis, voici l'article sur les sit and go. J'espère que ça vous plaira et vous aidera à progresser. Sachez néanmoins une chose ou deux avant de démarrer votre lecture.

Cet article vous aidera si vous avez déjà une connaissance correcte de la stratégie de base en sng, et que vous êtes au moins familier avec le principe de l'ICM. Cependant, cette façon de jouer est assez facilement repérable et exploitable par des adversaires qui comprennent un minimum ce qu'il se passe. Ça marchera donc beaucoup moins bien si le style prend. Evidemment, au-dessus des sit and go à 10€, il faut opérer des ajustements différents.


Battre les SNG en micro et low limits

La stratégie de base efficace pour les sit and go est désormais connue depuis des années. Il s'agit de jouer très tight pendant les trois ou quatre premiers niveaux en cherchent des spots pour doubler avec le moins de risques possibles (AA ou KK all in preflop, brelan contre overpaire, etc), puis à ouvrir son jeu à à agresser à coup de all in preflop pour voler les blinds, se maintenir et aborder la bulle dans de bonnes conditions. A la bulle, il faut savoir prendre les risques nécessaires pour maximiser ses possibilités de gain, et c'est là que l'ICM intervient en forçant les autres joueurs (s'ils en sont conscients) à éviter les confrontations, particulièrement s'ils sont couverts et qu'il existe des short stacks.

Ayant monté mes premières bankroll en 2005 en sit and go, Je maîtrise très bien cette approche. Néanmoins, j'ai du opérer des ajustements pour que cette stratégie fonctionne au mieux en micro-limites. Pour expliquer comment j'y suis parvenu, il faut commencer par déterminer quelles sont les erreurs les plus courantes effectuées par mes adversaires à ce niveau de buyin.

- ils surjouent top pair (check/raise de top pair bad kicker et ne foldent quasiment jamais)
- ils sur-évaleunt leurs tirages faibles (notamment les ventrales)
- ils ont que peu de notion du risk/reward (payer 1500 dans un pot de 200 avec deuxième paire, c'est pas top).
- ils bluffent trop souvent quand ils n'ont rien, indépêndamment de la cohérence du bluff
- ils ratent des value bets (moins fréquemment qu'en cash game)
- ils ne restealent pas preflop, leur range pour faire tapis sur une relance reste à peu près la même sans trop tenir compte des tailles de stacks et des stratégies supposées de chacun
- ils paient beaucoup trop light les tapis preflop quand ils ne sont pas couverts
- ils sont beaucoup trop passifs à la bulle
- ils s'éliminent entre eux très vite
- ils sont en général peu observateurs des pattern et montants des mises

Je dois préciser que j'ai dressé un profil général car je me suis trouvé dans l'impossibilité de jouer 15 tables ou plus avec un tracker de manière effiface. Pendant une grande partiue d'un sit and go, je ne tiens donc pas compte du style de jeu précis de mes adversaires, que je n'ai même pas observé. Cela change évidemment pendant le jeu à trois et le tête-à-tête.

En conséquence, j'ai ajusté la stratégie de base de la manière suivante:

Début de sit and go

- J'abandonne totalement l'idée de bluffer pendant les premiers niveaux.
- Conséquence directe, je joue encore plus tight que d'habitude, avec l'idée très précise de survivre aux quatre premiers niveaux sans risquer mon tournoi (sauf situation très favorable)
- Cela signifie ne pas jouer les suited connectors (sauf situation parfaite genre au bouton derrière deux limpers), les petites paires (sauf au premier niveau 10/20 ou je peux limp ou payer un raise), et tous les broadways et "trouble hands" genre AQ, AJ, AT, KQ, KJ etc en début de sit and go, à moins d'avoir une position extrêmement favorable.
- Je joue mes premiums QQ+ en relançant ou sur-relançant très fort preflop (4-5bb)
- en revanche, je joue TT et JJ prudemment en 10/20 et 15/30. A partir de 20/40, je considère JJ comme une premium. A partir de 40/80, je considère TT comme une premium.
- je suis souvent parti sur des limps/reraise avec AK, particulièrement aux niveaux 15/30 à 30/60, afin de construrie un gros pot sur lequel je peux me commit tranquillement avec top paire ou deux overcards.


Milieu de sng
- A partir de 30/60 et 40/80, je commence à minraise avec une range variée, disons [77+, JTs-AQs] afin de mettre la pression sur les blinds et de perdre le minimum en cas de reraise souvent un fold automatique de ma part, parfois un call en fonction du montant). Je continue à jouer les premiums fortement preflop puisque mes adversaire ne vont que rarement observer la différence, et que les minraise pour beaucoup montrent pas mal de force. De plus, quand un joueur loose se trouver au BB, il va avoir tendance à call incorrectement avec une range beaucoup trop grande générer ainsi une situation très bénéfique pour moi, en position avec une range plus solide pour cette profondeur.
- Je ne pousse à tapis preflop qu'avec de bonnes mains avec 12bb à 9bb, focalisant sur l'aspect survie.
- Je commence à ouvrir ma range de push en dessous de 9bb jusqu'à 5bb, évidemment en fonction de la position et des stacks situés derrière moi.
- Sous 5bb, j'essaie de trouver un spot pour doubler en HU avecu ne main qui a un peu plus d'equity (type Ax, Kx). Parfois, je gamble pour tripler avec une main correcte face à plusieurs joueurs, genre 98s avec un raise et un call devant moi par exemple.
- Si j'ai pris un bon départ et possède 3000+ jetons, j'essaie de conserver mon stack pour la bulle et évite les spots de gamble (par exemple, je vais fold de mains comme AQ et 99 sur un raise UTg d'un joueur avec le même stack).


Bulle
- J'agresse au maximum si je suis chip leader en minraisant toutes les mains jusqu'(à ce que mes adversaires se réveillent. Les chances de me faire resteal sont très faibles. En revanche, je joue prudemment postflop pour ne pas gaspiller mon avance.
- Je ne 3bet pas light, sauf à tapis sur un joueur qui abuse de la situation, particulièrement si je le couvre ou pourrait lui faire mal en doublant sur lui
- Je vole le BB depuis le SB systématiquement sur les joueurs possédant entre 12 et 8bb
- Quand shortstack, j'essaie de pousser à tapis très large sur les autres shortstacks (ils ont tendance à trop fold pour survivre), et encore assez tight sur les joueurs qui me couvrent (ils ont tendance à call light pour me sortir)

3-handed:

- L'effet bulle étant passé, je joue assez tight afin d'accéder au heads up, sauf conditions particulières. J'essaie d'éviter de trop gamble et de protéger mon tapis, surtout si je suis 2eme en jetons. Je joue très tight en small blind et continue à minraiser beaucoup de boutons. Je raise mes bonnes mains à 2.5bb ou plus pour value.

Heads up:

- j'essaie de jouer small ball (minraise preflop, CBet moitié pot ou moins) afin de reporter le jeu sur le postflop plutôt que sur le preflop
- Si mon adversaire est trop tight, je minraise/ petit cbet tous les boutons et tous les boards et met un petit 2eme barrel sur toutes les scare cards.
- Si mon adversaire est trop loose, je resteal beaucoup à tapis et check/raise beaucoup à tapis au flop en semibluff.

A demain!