WSOP-Europe : les français ne sont pas là pour faire de la figuration

- 27 septembre 2010 - Par Benjo DiMeo

Le Team Winamax est présent

Ils étaient huit français au départ du Day 3, et alors que l'on a perdu exactement deux tiers des partants du jour (de 66 à 22), nos tricolores sont encore au nombre de quatre. Un bilan satisfaisant, d'autant que les survivants se sont maintenus avec de bons tapis.

Peu fournie en jetons au départ de la journée, Barbara Martinez n'aura malheureusement pas pu échapper à une élimination rapide. Rémy Biechel allait la suivre peu après vers la sortie, victime d'un banal coup de pile ou face.

Plus cruelle encore sera l'élimination d' Almira Skripchenko à deux places de la bulle. La joueuse du Team Winamax était entrée dans ce tournoi par défi, voulant se mesure à une compétition relevée. Almira a été servie, et n'aura pas à rougir de sa prestation au final : elle quitte le casino Empire les mains vides, mais en ayant engrangé une expérience considérable.

Avec son petit tapis, Jean-Pierre Seatelli aura assuré le minimum en se maintenant assez longtemps pour rentrer dans l'argent. Il sera éliminé aux alentours de la trentième place après une rencontre inévitable : les Rois contre les As.

Ce qui nous laisse un quatuor de choc pour prétendre à la table finale : Marc Inizan, Thomas Bichon, Arnaud Mattern, et le joueur du Team Winamax Nicolas Levi. Dans l'ordre : un finaliste EPT ultra-performant en ligne, un vainqueur WPT, un vainqueur EPT, et un serial-finaliste EPT et WSOP. Excusez du peu !

Pour Inizan, tout s'est joué en début de journée : son tapis était relativement faible, mais plusieurs coups bien menés l'ont rapidement fait sortir de la zone rouge. Au final, « Locsta » ne dispose pas d'autant de jetons qu'il le voudrait : un bluff manqué contre Nicolas Levi (qui détenait les As) lui en a fait perdre beaucoup. Bichon, lui, disposera de 25 blindes, et l'espoir d'améliorer sa douzième place de 2009. Très actif tout au long de la journée, Arnaud Mattern terminera avec le tapis moyen. Lui aussi avait été payé l'an dernier, terminant en 23ème place. Un résultat quoi qu'il arrive dépassé cette année.

Coverage par Winamax

Enfin, Nicolas Levi... Comme Bichon et Mattern, CrocMonsieur a déjà connu le bonheur dans les murs du casino Empire, c'était en 2007, lors de la première édition des WSOP-Europe. A l'époque, Nicolas portait déjà le chapeau, il s'était hissé jusqu'à la 27ème place et s'apprêtait à rejoindre un Team Winamax encore balbutiant.

Trois années d'expérience plus tard, et Nicolas Levi n'est plus tout à fait le même joueur, ayant entre temps disputé des finales à Las Vegas, St Kitts, Paris, Kiev, Vilamoura et Mazagan. Nicolas reviendra au Day 4 avec le huitième tapis, et la satisfaction d'avoir fait partie du Top 10 du classement lors de trois journées consécutives.

« Une journée classique pour moi », commente Nicolas. « J'ai mal commencé, et bien terminé. » CrocMonsieur est en effet passé très proche de l'élimination alors que la bulle n'avait pas encore éclaté. Après avoir manqué un gros bluff contre Rob Akery, Nicolas tombait à trente blindes. Un double-up contre Viktor Blom lui a donné l'occasion de se maintenir. Une fois les places payées atteintes, Blom permettait à nouveau à Nicolas de multiplier par deux son stack. Son tapis allait ensuite progresser sans risques jusqu'au terme de la journée.

Concernant la suite de l'histoire, Nicolas se veut prudent : « J'ai une table difficile, avec les gros tapis à ma gauche. Je vais surement attendre un peu, rester patient, et jouer serré. »

Une finale de rêve se dessine

Comme vous avez pu le constater en consultant le classement, il reste assez de grands noms encore en course autour des trois dernières tables pour nous laisser espérer une finale « poids-lourd », comme en 2009 (où il y avait Daniel Negreanu, Praz Bansi, Antoine Saout, Jason Mercier...).

On a perdu les Daniel Negreanu, Huck Seed, Freddy Deeb et consorts, mais deux des joueurs les plus "hot" du moment se sont maintenus avec de gros tapis : Phil Ivey et Viktor Blom. Le second a pratiqué un poker peut-être pas forcément adapté au format tournoi, avec des prises de risques parfois excessives, mais un double-up contre Barry Greenstein en fin de journée lui a permis de revenir en force (Greenstein ne s'en remettra jamais, par ailleurs, et sera éliminé peu après par Daniel Steinberg : deux As contre une paire de 10, un 10 apparaît sur le flop)

Comme l'a indiqué Nicolas Levi, Blom est « intouchable dès lors qu'il possède beaucoup de jetons », un trait commun chez les bons joueurs de cash-game. Le suédois possède donc de bonnes chances d'atteindre sa première table finale majeure, ce qui ne manquerait pas de créer un « buzz » considérable auprès du public et des médias, qui se demandent toujours si oui ou non, Blom se cache derrière le pseudo Internet « Isildur1 ». Le saura t-on un jour avec certitude ?

Coverage par Winamax

Phil Ivey à l'habitude de « own » sa table, parfois de manière littérale. L'octuple vainqueur de bracelets se sent comme chez lui aux WSOP

Andrew Pantling fut le premier (et unique) joueur a dépasser la barre du million aujourd'hui grâce à un bon rush de cartes durant la première partie de la journée. L'excellent joueur online (« clockwise ») a néanmoins du céder sa place de leader à deux joueurs américains que l'on ne connaît guère : Ronald Lee et David Peter. Gageons que nous aurons tout loisir de faire plus ample connaissance avec eux s'ils parviennent à conserver leurs jetons.

Derrière, il y a Hoyt Corkins, pécialiste du jeu short-stack – mais là, le cow-boy de l'Alabama possède un joli tapis. On retrouve aussi Barny Boatman, le jovial anglais membre fondateur de la bande des « Hendon Mob », et, en short-stack, un trio de tueurs : Greg Mueller, Jani Sointula et Roland de Wolfe. Ils devront se bouger très vite dès le début du Day 5, au risque de disparaître dans l'oubli.

Rendez-vous à midi (heure locale)

C'est une nouvelle journée passionnante qui s'annonce lundi. Une journée courte, aussi : l'objectif sera de passer de 22 à 9 joueurs. Cela ne devrait pas prendre plus que cinq niveaux, si j'en crois mes expériences passées sur les tournois de ce genre.

Les demi-finales sont retransmises sur Internet avec un différé de cinq heures. C'est long, mais l'intérêt, c'est que l'on pourra voir les cartes des joueurs. De même, la partie sera éditée de manière à ne laisser que les coups intéressants. Bref, tout le monde devrait être content : on pourra regarder ça sur ESPN3 (je vous laisse chercher sur Google).

Et pour ceux qui restent attachés au direct et au journalisme à l'ancienne avec des textes et des photos, vous connaissez l'adresse : Winamax.fr, à partir de midi (13 heures en France).

Benjo

Les 22 candidats au poste de finaliste

1. Ronald Lee (USA) 947,000
2. David Peters (USA) 829,000
3. Andrew Pantling (Canada) 821,000
4. Daniel Steinberg (USA) 768,000
5. Viktor Blom (Suède) 705,000
6. Phil Ivey (USA) 657,000
7. Hoyt Corkins (USA) 566,000
8. Nicolas Levi (Team Winamax) 515,000
9. Bojan Gledovic (Serbie) 500,000
10. Arnaud Mattern (France) 468,000
11. James Bord (UK) 445,000
12. Clint Cofee (USA) 438,000
13. Fabrizio Baldassari (Monaco) 382,000
14. Barny Boatman (UK) 379,000
15. Marc Inizan (France) 346,000
16. Dan Fleyshman (USA) 336,000
17. Thomas Bichon (France) 308,000
18. Anthony Newman (USA) 280,000
19. Brian Powell (USA) 264,000
20. Jani Sointula (Finlande) 181,000
21. Greg Mueller (Canada) 151,000
22. Roland de Wolfe (UK) 113,000

Tableau de bord
22 joueurs restants (sur 346 au départ)
9 places en finale
Blindes : 4,000/8,000, ante 1,000
Tapis moyen : 472,000

Ça lui apprendra à pas nous aimer

- 26 septembre 2010 - Par Benjo DiMeo

Alex Keating s'est plaint auprès d'un superviseur : apparemment, nous autres journalistes aurions tendance à nous coller un peu trop près des tables.

Annonce est donc faite au micro, en anglais : « Messieurs les médias, nous allons vous demander de ne pas vous approcher à moins de trois pieds de la table ».

« Hé, nous sommes en Europe », dis-je à Nolan Dalla (responsable du service de presse des WSOP) en aparté. « Trois pieds, j'ai aucune idée de ce que ça représente. » Nolan rigole : « OK... Disons un mètre de distance, ça te va ? »

Aucun problème pour moi, je suis quelqu'un de discipliné, et de toute manière, le karma va venir punir Keating (déjà remarqué pour son comportement excentrique lors des WSOP, je me rappelle d'une manche du tournoi de Heads-Up où il semblait possédé par une force maléfique rappelant fortement les meilleures scène de l'Exorciste) : son 8Pique6Pique ne s'améliore pas contre la paire de 8 de Ronald Lee, à tapis avant le flop.

Keating est éliminé en 25ème. Peu avant, l'anglais John Eames prenait la porte de sortie lui aussi.

A noter que deux minutes après l'annonce du superviseur, un journaliste italien débarquait l'air de rien, et se plantait derrière Keating et Ivey, assis côte à côte. Keating s'est retourné et l'a regardé comme un martien, et Ivey l'a chassé d'un geste avec un air exaspéré.

Bon sang, pour une fois qu'un gros tournoi n'est pas encombré par trop de journalistes (nous sommes une petite dizaine à observer l'action, au lieu de 30, 40 voire 100 d'habitude), et il y a encore des problèmes.

Une main intéressante entre randoms

David Peters relance UTG. C'est payé en position par Barny Boatman et Dan Fleyshman.

Le flop est 6CarreauQPique5Pique. Peters c-bet 22,500. Boatman passe, mais pas Fleyshman, qui fait aussitôt une « relance poignée ». Une relance poignée, c'est une relance où l'on se contente de jeter une pile de jetons de forte valeur au milieu, sans compter le montant au préalable. Il s'avère qu'il y a 57,500 à rajouter pour Peters, qui paie après une minute de réflexion.

Le turn : un JPique. Check, check.

Rivière : QTrèfle. Peters checke, et Fleyshman mise 105,000, là encore un peu au hasard.

Nicolas se lève et me chuchote : « Roi-Dame qui value-bet ? Flush ? Ca se fait souvent maintenant, de relancer au flop un tirage et de checker derrière si on le trouve au turn. Ou alors il bluffe avec 8-7 ? »

« Pas possible », dis-je. « Il faudrait être vraiment demeuré pour tenter de ce genre de bluff. » Nicolas opine du chef : « Et puis, il en aurait profité pour bluffer le turn, qui a apporté une carte parfaite. »

Peters va réfléchir trois bonnes minutes avant de payer avec une simple paire de 10. Un très bon call : Fleyshman bluffait avec... 9PiqueTTrèfle.

Barry Greenstein shove light

Le Robin des Bois du poker n'a pas forcément une réputation de « craquard », mais c'est une main très bizarre qu'il vient de nous montrer. Merci à Arnaud Mattern pour le récit :

« Blom remance au cut-off. Payé par le bouton, et par Barry dans les blindes. Flop 7Carreau4Carreau3Pique. Greenstein checke, Blom mise 35,000, et Barry check/raise à 65,000. C'est payé par Blom. Turn TTrèfle : Barry checke encore, Blom mise 85,000, et Greenstein envoie son tapis. »

Blom risque son tournoi, et paie, avec quelques réticences, tout de même. Avec ses deux As, il craint probablement un brelan, et c'est surpris qu'il voit Greenstein retourner un paire de 5. Barry possède tout de même des outs supplémentaires avec son tirage de quinte ventral, mais la rivière est un autre 7, et « Mayb-Isildur » double son tapis, il en avait bien besoin après avoir passé l'ensemble de la journée à perdre des coups.

A toute vitesse / Gus Hansen remporte son premier bracelet

Depuis que j'ai commencé à rédiger cette news, nous sommes tombés à 24 joueurs après les éliminations de Yevgeniy Timoshenko et Hoi Cheung. Je vous avoue que j'ai du mal à garder le rythme, d'autant que Gus Hansen vient de remporter le dernier duel qui l'opposait à Jim Collopy dans l'épreuve de Heads-Up : cela fera l'objet d'un prochain article.

Benjo

Burp & Bust

- 26 septembre 2010 - Par Benjo DiMeo

Aussitôt après le dîner terminé, nous avons perdu un joueur (je ne sais pas de qui il s'agit, mais ce n'est probablement pas l'une des têtes de série), faisant tomber le compteur à 27 joueurs. Les superviseurs ont donc arrêté la partie, qui venait à peine de reprendre, afin de supprimer une table et redistribuer les places au hasard. Voici un plan partiel de la nouvelle disposition :

- Yevegenyi Timoshenko / Hoyt Corkins / Nicolas Levi (Team Winamax) / Andrew Pantling (en position sur CrocMonsieur) / Ross Boatman

- Thomas Bichon / Arnaud Mattern (côte à côte) / Greg Mueller / Barry Greenstein

- Phil Ivey / Roland de Wolfe (short-stack) / Jani Sointula / John Eames / Marc Inizan (hors de position sur Ivey)

Le programme officiel prévoyait d'arrêter le Day 3 une fois atteint le chiffre de 27 joueurs. Vous l'avez compris, ce programme a été révisé, et les superviseurs assurent désormais vouloir jouer deux niveaux supplémentaires, pour une journée identique en durée aux précédentes. En 2009, la table finale avait été atteinte au Round 10,000/20,000 (avec une structure et un nombre de joueurs similaires, mais je me rapelle d'une partie très rapide, avec beaucoup de set-up qui ont acceléré l'action). Il reste six niveaux entiers avant d'en arriver là, et si l'histoire venait à se répeter, nous n'aurions à jouer que quatre niveaux avant d'obtenir la table finale demain.

Coverage par Winamax

Andrew Pantling possède déjà le tapis moyen de la table finale, alors qu'il reste encore trois tables actives

Benjo

Le Top 10

- 26 septembre 2010 - Par Benjo DiMeo

Merci à nos bons amis de PokerNews pour ce classement. Notez l'écart entre le chip-leader et ses poursuivants :

Andrew Pantling 1,300,000
Phil Ivey 699,000
Dan Fleyshman 695,000
Nicolas Levi (Team Winamax) 634,000
Bojan Gledovic 605,000
Daniel Steinberg 538,000
Arnaud Mattern 480,000
David Peters 442,000
Marc Inizan 375,000
Ronald Lee 367,000

Tableau de bord
28 joueurs restants
Blindes : 3,000/6,000, ante 500
Tapis moyen : 370,000

Ça y est t'es libre

- 26 septembre 2010 - Par Benjo DiMeo

Coverage par Winamax

L'admirable travail de survie mené par Jean-Pierre Seatelli vient de se terminer aux alentours de la trentième place. « Deux Rois contre deux As », a laconiquement résumé Arnaud Mattern, présent aux moment des fais (j'aime bien cette impression, ça me donne l'impression de tenir la rubrique des faits divers). Le corse a libré une belle bataille en short-stack durant deux jours : les 21,106 livres sterling qu'il remporte représentent son plus gros gain lors d'un tournoi livre, après deux places payées lors des WSOP 2009.

Les français 3-bet les français

Marc Inizan avait lui aussi entamé le Day 3 en position de short-stack, mais a rapidement réussi à se sortir de la zone rouge. Le finaliste de l'EPT Berlin a fait son retour aux affaires, se constituant un tapis supérieur à 500,000. Dernier fait d'armes en date : l'élimination d'un joueur avec paire de 10 contre paire 9, à tapis sur un baby flop.

L'embellie sera de courte durée, Locsta perdant rapidement un gros pot contre Nicolas Levi, que le joueur du Team Winamax m'a résumé succinctement : « Ce fish a essayé de me bluffer quand j'avais les As ! » Du coup, le joueur du Team Winamax pointe à plus de 600,000, et rejoint Arnaud Mattern dans le Top 10.

Deeb : pas deep

On vient de perdre le Danny de Vito du poker, j'ai nommé Freddy Deeb. L'américain presque champion de France (deuxième place au France Poker Tour lors d'une finale mémorable) s'est accroché à son petit tapis de longues heures, réussissant même à doubler à vingt blindes après la bulle. Au final, c'est Roland de Wolfe qui va porter le coup fatal, sa paire de 9 n'arrivant pas à tenir contre le KTrèfle8Coeur de l'anglais qui trouve un board As-Q-T-J-8.

There's a new sheriff in town

Le premier joueur a passer la barre du million en jetons s'appelle Andrew Pantling. Un spécialiste du poker en ligne (cash-games et un peu de MTT), et pas non plus une tanche en live, avec plusieurs résultats notables dont une 3e place lors de l'Irish Open (2009), une victoire lors du tournoi de heads-up de l'EPT de Monte Carlo (2010) et surtout un bracelet manqué de peu contre Phil Laak ici-même il y a une semaine, c'était lors de l'épreuve Short-Handed.

Selon Arnaud Mattern, le canadien bénéficie actuellement d'un rush phénoménal, ayant . J'ai pu en voir une courte démonstration avec ce brelan de 9 floppé contre l'italien Fabrizio Baldassari, bien rentabilisé avec une mise de 120,000 sur la rivière.

Benjo