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A man of not so few words

- 23 septembre 2008 - Par Benjo DiMeo

Si les premiers niveaux d’une épreuve de HORSE à gros buy-in ne présentent que peu de coups d’intérêt pour le reporter friand d’éliminations et de bat-beats, il est en revanche indéniable que le casting réuni aujourd’hui à l’intérieur de l’Empire Casino peut offrir de fascinantes conversations. Ces joueurs se connaissent, on fait du chemin ensemble, ont joué les mêmes parties année après années, depuis plusieurs décennies pour certains. La camaraderie est palpable entre toutes ces superstars du poker.

Ici, on pourra écouter Doyle Brunson et John Juanda se remémorer les meilleurs laydowns de leur longue carrière. A quelques mètres, c’est Daniel Negreanu qui vante les mérites de la bouffe végétarienne à Joe Beevers. Plus loin, Robert Williamson est intarissable sur les merveilles de l’architecture Britannique.

Mais la table remportant haut le main le concours de décibels, et recueille les faveurs du plus grand nombre de railbirds, c’est bien sur celle de Mike Matusow. On aurait pu le deviner.

Stratégiquement placé entre les tables de Chris Ferguson et Phil Hellmuth, The Mouth tient chaire tel un animateur de talk-shows, donnant son avis sur tout et n’importe quoi (pensez à Conan O’Brien ou Jay Leno), prenant à partie les joueurs, les croupiers, le public, tout le monde, donnant son opinion même quand on ne lui a pas demandée, surtout quand on ne lui a pas demandée. Si Mike Matusow a perdu du poids, sa langue, elle, est restée intacte.



« Je vais te dire, la couverture du HORSE à 50,000 dollars par ESPN, c’était une blague... Ils ont transformé Scotty en abruti... C’est facile de faire passer quelqu’un pour un idiot au montage... Que de la connerie... »

« J’attends avec impatience la retransmission du Day 5 du Main Event... On va voir s’ils font subir le même traitement à Phil [Hellmuth] Parce que j’étais à la table, et je peux te dire qu’il a été dix fois pire... »

« Hé ! Chris [Ferguson] ! Tu as fini de faire du shopping ? De manger ? D’Iphoner ? Allez viens, je vais t’emmener chez le concésionnaire... On va t’acheter une voiture... Une belle Aston Martin. Non, non, pas une décapotable... Il te faut un coupé ! Ou alors, tu préfère peut-être une Smart pour économiser sur l’essence ? »

« Je vais te dire, un mec qui fait des quintes hauteur six en Stud High-Low est promis à un bel avenir financier... »

La diarrhée verbale s’arrête – temporairement – quand Mike paie une relance de Jeff Madsen depuis la grosse blinde. Nous sommes en Hold’em et le flop tombe

Roi de pique Roi de coeur 3 de coeur

Matusow check, puis paie une mise de Madsen, et les deux joueurs checkent ensuite le turn

4 de coeur

La rivière

5 de coeur apporte un quatrième coeur sur le tableau. Matusow checke. Madsen vérifie sa main. Debout derrière lui, je peux voir

9 de carreau 8 de coeur

Madsen mise, et Matusow paie avec un air pas convaincu.

« Flush », annonce Madsen.

« Quelle hauteur ? » s’enquiert Mike en retournant

6 de coeur 6 de trèfle

Madsen remporte le pot, et Matusow bougonne quelques mots que je n’arrive pas à saisir entièrement.

« Putain de Texas Hold’em... Modernité... Jamais folder... Nouvelle mode... Neuf joueurs au showdown... »

Puis, le moteur redémarre :

« Hé ! Jack [Effel, directeur du tournoi] ! Regarde, Phil [Hellmuth] a des jetons [en effet, celui-ci affiche un assez gros tapis] ! Tu l’as prévenu que c’était pas du Hold’em aujourd’hui ? »