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Jeudi : journée chargée en perspective

- 23 septembre 2010 - Par Benjo DiMeo

Suivez de près votre rubrique favorite à partir de 13 heures... Car il y aura du poker high-stakes en veux-tu en voilà.

D'abord avec le Main Event à 10,000 livres sterling. Six joueurs du Team Winamax sont au départ, nous suivrons de près la première journée de départ (Day 1A)

Puis, dans l'après-midi, la conclusion du tournoi de Heads-Up avec les demi-finales, puis l'ultime duel.

Jim Collopy s'est débarassé de Huck Seed et affrontera Ram Vaswani (lui-même vainqueur de son match contre Kevin Eyster). Gus Hansen, de son côté, affrontera le vainqueur du match Negreanu/Feldman (toujours en cours à 1h30 du matin) après s'être débarassé de Neil Channing en trente minutes.

Les huitièmes de finale sont (presque) terminées

- 22 septembre 2010 - Par Benjo DiMeo

Après quatre victoires obtenues assez rapidement par Hansen, Negreany, Eyster et Vaswani, la situation semblait s'enliser du côté des quatre rencontres restantes. Que nenni : trois matches viennent de se terminer sous mes yeux, quasiment simultanément.

D'abord, c'est Andrew Feldman qui s'est débarasé de Saar Wilf. Je n'ai pas vu le dernier coup, juste l'air satisfait qu'affichait le joueur anglais, désormais assuré de revenir jouer les quarts de finale à 23 heures. Au même moment, Jim Collopy était à tapis avec As-4 contre As-9. Un chanceux 4 apparaît sur le flop pour lui permettre de doubler son tapis, et reprendre l'avantage. Deux minutes plus tard, les rôles sont inversés : c'est Martin Kabhrel qui est à tapis, dominé avec As-2 contre As-10. Cette fois, pas de miracle : la meilleure main de départ tient, et Jim Collopy remporte son match, laissant un Martin Kabhrel frustré, mais néanmoins enrichi de 22,847 livres sterling.

J'ai à peine le temps de féliciter Collopy que j'aperçois Neil Channing en train de rédiger un SMS sur son téléphone portable. Tous les jetons sont empilés de son côté, et son adversaire a disparu. « Je suppose que tu as gagné ? »

« Mais bien sur ! », qu'il rigole. « Qu'est-ce que tu crois, c'est mon métier ! » Il s'avère qu'après une intense session de grattage patient et appliqué, Channing avait réussi a prendre l'avantage sur McLean Karr. Sur la dernière main, ce dernier limp. Neil relance avec deux Dames, et se fait payer par JCoeur8Coeur. McLean trouve un tirage couleur sur le flop, et les tapis s'envolent logiquement. Le turn et la rivière ne changent rien, et Channing n'est plus qu'à trois matches du bracelet. « Je me suis décidé à jouer ce tournoi au tout dernier moment », dit-il. Pour l'instant, cela ne lui réussit pas trop mal.

Un seul match est toujours en cours, celui joué entre Huck Seed et Howard Lederer. On n'en attendait pas moins de ces joueurs old-school.

Les quarts de finale seront joués ce soir, ils se composent comme suit :

Daniel Negreanu contre Andrew Feldman
Gus Hansen contre Neil Channing
Ram Vaswani contre Kevin Eyster
Jim Collopy contre le vainqueur du match Seed/Lederer

Coverage par Winamax

Andrew Feldman

Les As du face à face

- 22 septembre 2010 - Par Benjo DiMeo

Après la conclusion des premiers tours dans la très chère épreuve de tête à tête (10,350 livres sterling par tête de pipe), ils ne sont plus que seize au départ des huitièmes de finale. Les Phil Hellmuth, Tom Dwan, Mike Matusow, Patrick Antonius et consorts ont déjà mordu la poussière, mais le casting reste en grande majorité composé de grands noms. Des joueurs célèbres, et des bons : Daniel Negreanu, Andrew Robl, Huck Seed, Neil Channing, Howard Lederer... Pourtant, malgré l'étendue du talent rassemblé sur le podium central du casino Empire, tous les yeux du public sont tournés vers une autre direction. Au centre de la salle, deux géants incontestés du poker mondial s'affrontent, deux joueurs faisant partie du club très fermé de ceux dont la notoriété dépasse largement les frontières du poker : Gus Hansen et Phil Ivey.

Coverage par Winamax

Chacun démarre le troisième tour avec un tapis de 240,000 aux blindes 1,000/2,000. Sans surprise, nos deux stars ne perdent pas de temps à rentrer dans leur match : les premiers gros pots se créent dès les premières mains. Sur un turn JCoeur5TrèfleQTrèfleACarreau, Ivey mise 22,000 et le danois paie après une longue réflexion. La rivière est un dangerueux 6Trèfle. Ivey checke, et reste silencieux, la main devant la bouche, observant Hansen miser 63,000. Le directeur du tournoi Jack Effel passe derrière la table et donne par inadvertance un coup de pied dans la chaise d'Ivey. Ce dernier bondit comme si un coup de feu avait été tiré dans le casino, puis se reprend, et jette ses cartes.

À une table voisine, la jeunesse affronte la jeunesse : Jim Collopy contre Martin Kabrhel. Looks d'étudiant, mais deux étudiants bien différents. Avec son chewing-gum et son éternel rictus aux lèvres, Collopy est le redoublant récidiviste qui passe ses journées à jouer au baby-foot plutôt qu'à réviser ses partiels. Kabrhel, c'est l'inverse. Engoncé dans sa chemise noire bien repassée, le tchèque inspire confiance. On lui donnerait sa bourse d'études sans confession. Un garçon studieux, bosseur, qui, après avoir remporté ses deux premiers tours en un temps record, est resté au casino le reste de la journée pour étudier ses prochains adversaires. Virtuellement inconnu il y a un an, Kabrhel a gagné a peu près tous les tournois qu'il a disputés depuis, accumulant un million de dollars de gains dans les side-events de l'European Poker Tour.

Coverage par Winamax

Martin Kabrhel

Accoudé au bar ceinturant l'arène, Tony Cascarino tape la discute avec des fans de football. Fidèle à sa réputation, Gus Hansen offre un large sourire à la serveuse venue lui apporter une bouteille d'eau. Toujours coincé dans un plâtre après une partie de squash qui a mal tourné, l'accro au sport qui sommeille en lui ronge son frein en attendant d'être remis sur pied. Le manque d'exercice se fait sentir : les muscles ont fondu et le danois semble bien maigrichon dans un pantalon et t-shirt moulant noir.

Hansen sur-relance avant le flop et se fait payer par Ivey. Le flop est APiqueQTrèfle9Coeur et Hansen mise 25,000. Ivey complète sans mot dire. Le croupier retourne un 6Coeur en guise de turn. Le regard dans le vide, Hansen souffle et tapote du poing sur la table. « Combien il te reste ? », demande Ivey. Réponse : environ 160,000. Les deux joueurs sont grosso modo à égalité. Ivey prend tout son temps, trois minutes entières, avant de lui aussi checker. La rivière est un 2Coeur apportant une couleur possible. Hansen checke une dernière fois, et Ivey mise rapidement 60,000. Hansen semble physiquement malade devant cette mise, son visage affichant un masque d'agonie.

Coverage par Winamax

Je vais vous confier un petit secret : en cinq ans passées à couvrir des tournois de poker, je n'ai pas encore vu Gus Hansen jeter ses cartes sur la rivière. Il n'y a rien que le danois déteste plus que de se faire bluffer. Peu importe qu'on lui montre la meilleure main plus souvent que jamais : Hansen est curieux. Hansen veut voir. Hansen veut attraper son adversaire en flagrant délit de bluff. C'est donc sans surprise que je vois Hansen jeter les jetons au milieu du tapis après un long moment de réflexion. Il a essayé de passer, pourtant. Il a essayé de se convaincre, de trouver une bonne raison.

Ivey lui montre ACoeur4Pique, et bien entendu, sa top-paire avec un kicker médiocre est largement suffisante. Ivey est désormais largement en tête.

Coverage par Winamax

Pendant ce temps, Daniel Negreanu prend l'avantage sur le jeune mais déjà légendaire Andrew « good2cu » Robl, doublant son tapis à la faveur d'une couleur trouvée sur la rivière. Le canadien a été quelque peu chanceux : les tapis sont partis au milieu sur le tournant.

Pas plus de 45 minutes sont nécessaires pour qu'un premier match se termine. Le discret et relativement inconnu Sondre Svanevik tombe contre Kevin Eyster. L'américain est déjà qualifié pour les quarts de finale : son match précédent, contre Ludovic Lacay, avait été lui aussi très court.

Quelques instants plus tard, un deuxième vainqueur est déclaré : Ram Vaswani vient de battre un autre nordique de l'ombre en la personne de Marius Torbergsen. Tout s'est joué en deux coups : il n'aura fallu à Vaswani qu'une couleur max bien rentabilisée, puis une confrontation preflop entre QPiqueQTrèfle et ACoeur9Carreau pour en finir avec Torbergsen. Après avoir passé presque quinze ans à remporter tous les titres possibles et imaginables en Europe et aux Etats-Unis (y compris un EPT et un bracelet WSOP), le membre fondateur de la Hendon Mob se fait extrêmement discret sur le circuit live depuis trois ans, ne faisant que de rares apparitions sur les grands tournois, avec seulement deux places payées au compteur depuis 2008.

Au centre du podium, une main complètement folle va faire basculer le match entre Gus Hansen et Phil Ivey. Le premier (en désavantage avec 150,000 contre 330,000) limpe au bouton. Le second relance à 9,000. Le troisième répond avec un étrange limp-reraise à 38,000. C'est payé par Ivey, et le flop tombe 5CoeurTPique4Pique. Ivey checke, et Hansen réfléchit un très long moment avant d'appuyer sur la gâchette : tapis, pour 104,000. Ivey paie aussitôt, montrant la top-paire avec QCarreauTCarreau. Hansen secoue la tête : avec 3Trèfle3Carreau, son plan a lamentablement échoué.

On semble donc s'acheminer vers une victoire d'Ivey. Une victoire logique : l'américain a dominé son adversaire de la tête et des épaules. Un adversaire qu'il connaît bien, l'ayant si souvent affronté autour des plus grosses tables d'Internet. En fait, Ivey connaît tellement bien Hansen que son visage n'affichera aucune surprise à la vue du 3Pique retourné par le croupier sur le turn. Après tout, Hansen est aussi connu pour ses bluffs gonflés que pour ses coups de chance tenant du miracle.

Hansen reprend l'avantage, et dès la main suivante, tout est terminé en trois relances. 10,000 chez Ivey, 33,000 chez Hansen, « all-in » chez Ivey, snap-call d'Hansen avec deux Valets. Ivey retourne une paire de 6, et un Valet sur le flop vient mettre fin au match de la manière la plus brutale qui soit. « C'était un plaisir », conclut Ivey, pince sans rire.

Plongé dans son match face à Howard Lederer, Huck Seed interpelle Gus, en train de se lever péniblement à l'aide de ses béquilles : « Comment tu as fait ? » Sourire en coin chez Hansen. « Rien de très difficile... J'ai juste du trouver un 2-outer avec deux cartes à venir. » Howard Lederer secoue la tête d'un air entendu. Le danois cinglé ne déçoit jamais.

Chez Neil Channing, point de tactiques rocambolesques de ce genre. L'anglais privilégie la patience : la perspective d'un long match contre McLean Karr ne lui fait pas peur. Channing a annoncé hier son intention de vendre 25% de son action dans le Main Event des WSOP-E, qui commence demain. Ne croyez pas pour autant que le londonien soit dans le besoin. Bien au contraire : Channing ne perd jamais. En plus d'être un redoutable joueur de poker, avec une réputation de tueur en cash-game (le Vic est sa second maison) et un coquet palmarès en tournoi (l'Irish Open figure à son tableau de chasse), Channing est aussi un investisseur avisé, « handicappeur » de génie dans le domaine des paris sportifs (son ancienne activité principale), et légendaire sponsor de toute une armée de joueurs anglais. Dans le milieu, il y a un dicton bien connu : « Derrière chaque anglais gagnant un tournoi se cache un Neil Channing ». Ce n'est qu'à moitié une plaisanterie. Jetez un oeil à la (longue) liste des joueurs anglais ayant décroché un titre ces trois dernières années, et vous retrouverez souvent la trace du « Joker ». Sam Trickett, quatrième à l'EPT de Vilamoura ? Sunny Chattha, multi-récidiviste au GUKPT ? James Akenhead, quatrième au Main Event 2009 pour 1,2 millions de dollars ? Tous, et bien d'autres, étaient financés par Channing : la confiance qu'il leur a accordé fut récompensée au centuple (voire même plus).

Coverage par Winamax

Jim Collopy (photo) est à tapis avec QPiqueTPique contre ACarreauKTrèfle. Sur le flop, un As, mais aussi un 10. Sur la rivière, un autre 10. L'américain se rattrape aux branches, reprenant par la même occasion l'avantage.

À côté, Andrew Robl se lève, vaincu. Il n'a jamais pu retrouver l'avantage contre Daniel Negreanu. La rencontre se termine sur un bête coin-flip, et Negreanu avance en quarts de finale.

Seulement quatre matches sont encore en cours à 21 heures 30... Howard Lederer contre Huck Seed, Jim Collopy contre Martin Kabrhel, Neil Channing contre McLean Karr, et Saar Wilf contre Andrew Feldman.

Les huitièmes de finale

- 22 septembre 2010 - Par Harper

Un alléchant programme

Même si ces seizièmes de finale resteront marqués par la défaite de notre Ludovic Lacay national, la suite du tournoi va nous réserver de très belles affiches, comme cette alléchante rencontre entre Gus Hansen et Phil Ivey. Daniel Negreanu aura fort à faire face à Andrew Robl pendant que Jim Collopy devra se débarrasser du poison tchèque Martin Kabhrel. Pour rappel, tout ce petit monde est déjà assuré de repartir avec 22,847£. Les huitièmes débutent à 19 heures (20H en France) !

Howard Lederer contre Huck Seed
Martin Kabrhel contre Jim Collopy

Sondre Svanevik contre Kevin Eyster
Ram Vaswani contre Marius Torbergsen

Neil Channing contre McLean Karr
Gus Hansen contre Phil Ivey

Saar Wilf contre Andrew Feldman
Andrew Robl contre Daniel Negreanu

Un match à sens unique

- 22 septembre 2010 - Par Harper

Kevin Eyster élimine Ludovic Lacay

15 heures à l'Empire Casino de Londres. Un à un, les 32 survivants de l'épreuve High-Roller de Heads-Up des World Series of Poker Europe arrivent. Parmi eux, un joueur du Team Winamax : Ludovic Lacay. « Un grand café et une bouteille d'eau » commande Cuts. « Ce sera une grande bière pour moi » répond son adversaire du jour, l'américain Kevin Eyster. Avec 120,000 jetons chacun et des blindes à hauteur de 400/800, les deux protagonistes s'attendaient à disputer un match long et intense. Ce ne fut pas le cas, l'américain ayant décidé de rapidement clore le suspense.

Il faut dire que celui qui se fait surnommer « 1$ickdisea$e » en ligne a beaucoup, beaucoup touché. Exemple sur cette main où il défend sa grosse blinde sur une relance à 2,000 de Ludo. Le flop 3Carreau7Carreau9Pique est checké. Derrière un nouveau check de Kevin sur un turn 7Trèfle, Ludo envoie 2,600. Kevin paie puis prend l'initiative de miser 5,100 sur un JCoeur à la rivière. Ludo paie très vite mais ne peut montrer mieux que le 9Carreau7Pique de Kevin pour un full.

Coverage par Winamax

Vient alors le premier tournant du match. Ludo relance à 2,000 et se fait 3-bet à 5,300. Il paie. Le tableau 9Trèfle6TrèfleTCoeurQCoeurKCarreau est alors checké jusqu'à la rivière où Kevin place une petite mise à 3,900. Ludo comprend que Kevin tente de rentabiliser une main qui n'est surement pas une quinte et place une importante relance à 14,400. Moins d'une minute plus tard, Kevin engage la somme avec KPique6Pique, une main qui s'avère suffisante face à un Ludo en bluff.

Tombé à 100,000, Ludo connait ses cinq meilleures minutes du match en plaçant quelques 3-bet et en envoyant des mises supérieures à la taille du pot sur la rivière. « J'étais obligé de faire ça » confiera plus tard Ludo. « Je n'ai pas fait une seule paire, c'est infernal de jouer dans ces conditions. » Les deux joueurs sont donc à égalité quand arrivent les blindes 600/1,200...

Kevin relance son bouton à 2,500 et est payé par Ludo. Le flop est 6Coeur2Trèfle3Trèfle. Kevin mise 3,100 et est rapidement payé par le pro Winamax. Le turn est un ACoeur : derrière un nouveau check de Ludo, l'américain augmente les enchères à 6,800. Cette fois, le toulousain n'en reste pas là et sur-enchérit à 18,800. Après trente secondes d'hésitation, Ludo paie. Sur un 6Carreau à la rivière, Cuts envoie une dernière banderille à 22,600. Kevin va alors réfléchir plus d'une minute puis avancer une relance à 57,400. Ludovic ne s'attendait pas à ça : il compte son tapis, regarde le tableau en se remémorant toutes les actions puis engage la somme après deux minutes... Kevin retourne alors 4Carreau5Carreau pour une quinte rentabilisée à la perfection.

« J'avais un as... » avouera plus tard Ludovic. « Je sais que placer un check-raise au turn augmente la variance mais il faut prendre des risques dans ce genre de rencontres » précise le joueur du Team Winamax. Il ne se relèvera jamais de cette confrontation. Quelques minutes plus tard, Kevin place une mini-relance à 3,200 sur des blindes 800/1,600. Ludo envoie son tapis pour 32,000 et l'américain engage la somme très rapidement avec un maigre ATrèfle3Coeur qui s'avère suffisant face au QCoeurJPique de Ludo. Le tableau 5Trèfle2Carreau3Pique8Coeur4Pique clôt l'affaire.

« Je n'ai pas gagné la moindre main... » regrette Ludovic. « C'est un bon joueur et il a eu du jeu, c'était difficile de lutter. » Après son quart de finale dans l'épreuve de Heads Up à 10,000$ des WSOP (pour 94,956$), Ludovic Lacay échoue aux portes de l'argent dans cette épreuve européenne mais confirme malgré tout qu'il est un grand spécialiste de la discipline. Kevin Eyster s'assure de son côté une qualification en huitièmes de finale et 22,847£.