Les cinq doigts du Main

- 12 juillet 2026 - Par Flegmatic

Cinq Français avancent au Day 7 du Main Event, au sein d'un field réduit à 62 joueurs où l'on reconnaît Shaun Deeb et le Champion du Monde 2019 Hossein Ensan
Main Event 10 000 $ (Fin du Day 6)

Français Day 6
Cinq Français, unis pour une ultime photo souvenir avant d'aller reprendre des forces. Ils disposent de l'expérience d'un deep run passé sur le plus gros tournoi du monde, ou d'un gros tapis, ou d'une réserve d'adrénaline propre à déculper leurs forces. Parfois, ils ont les trois à la fois. Ils seront nos représentants dimanche au sein d'un field réduit à 62 prétendants. Découvrez leurs réactions à chaud.

Mario Boos : 17,975 m. (90 BB)

Mario Boos
Chipleader du clan tricolore à l’issue du Day 6 grâce à un impressionnant tapis de 17,9 millions, Mario Boos abordera le Day 7 en position de favori. Un moment d’autant plus irréel lorsque l’on sait que le Français dispute cet été ses premiers Championnats du Monde à Las Vegas. “C’est tellement fou que je ne sais même pas quoi ressentir. Pour l’instant, je te le dis sincèrement, je ne réalise pas." Ce n’est finalement qu’en jetant un œil à son téléphone que le Français mesure peu à peu ce qu’il est en train d’accomplir."Il n’y a que quand je vois tous les messages de soutien que je reçois que je comprends ce que je suis en train de vivre, je suis au Day 7 du Main Event, quoi ! Mais le plus important pour moi, c’est de rester focus, dans ma bulle. C’est comme ça que je joue le mieux." Une bulle qu’il entretient depuis plusieurs jours grâce à un petit rituel bien à lui. "Mes potes trouvent ça fou, mais je passe tous les dinner break tout seul, avec un objectif en tête : bag à chaque fin de journée." Quant au vol retour prévu demain après-midi, il attendra. "C’est un détail ça, j’ai prolongé mon séjour à l’hôtel, je vais décaler mon vol retour, mais on s’en fout de tout ça, ce n'est pas important. Le plus important c’est d’aller le plus loin possible." - VictorP

Maxime Chilaud – 14,5 millions (72,5 BB)

Maxime Chilaud
Il est, avec Romain Lewis, l'un des joueurs ayant le plus d'expérience en termes de deep-runs sur le Main Event, avec autant d'ITM que son confrère (4), et un high score presque aussi enviable (189e en 2022). Cela explique en partie la décontraction absolue dont Maxime Chilaud a fait preuve au cours d'un Day 6 passé pour moitié en table TV, en compagnie du patron Shaun Deeb et du dernier Champion du Monde encore en course, Hossein Ensan. "Ca s'est passé tranquille. Quand je suis arrivé [sur le streaming], ils y étaient tous depuis longtemps, donc je ne savais pas à quoi m'attendre, en plus ils étaient en position sur moi. Mais au final c'était plutôt tight, plutôt tranquille au global."

Là où nombre de ses adversaires peuvent témoigner d'un tournoi à rebondissements – qui ne subit pas au moins une ou deux phases de swings sur une partie qui dépasse désormais les soixantes heures ? -, Maxime signe pour le moment un rare exploit : grâce à des tables jugées "pas trop agro" et un vrai bon run, cela fait six jours que son tapis vaut 1,5 fois la moyenne, parfois plus. Pour sûr que ça aide à rester serein... et cela permet de jouer au poker en mode ultra deep-stack, ce qui n'est finalement pas si fréquent en tournoi. Dans ce domaine, Maxime dispose d'un peu d'entraînement. "J'ai l'habitude de jouer à Chypre", explique Maxime, "et là-bas ils ont de très belles structures." Et même s'il n'est pas un joueur de cash-game, c'est bien avec de la profondeur qu'il est le plus à l'aise. "Quand tu regardes mes résultats, à chaque fois c'est sur ces tournois-là que ça se passe le mieux : Monster Stack, Main Event..."

Comment on se prépare, entre deux journées de Main Event ? La routine de Maxime n'est pas compliquée, et n'implique aucunement un détour par les solvers, des outils dont il n'a de toute façon jamais été très friand. "On finit assez tard et on commence assez tôt, donc bon, le temps de rentrer, je vais passer genre une demi-heure à debrief avec les copains à la villa [Florian Guimond, Noah, Victor Fryda] et après, dodo. Le matin, il faut se réveiller assez tôt. Du coup la routine, c'est un peu de sport, piscine, petit-déj, et on y va !" Simple et efficace. Allez, on continue sur cette lancée ? - Benjo

Romain Lewis – 13,9 millions (70 BB)

Romain Lewis
Après avoir emballé ses piles de jetons, plus nombreuses qu'elles n'ont jamais été depuis le début du Main Event, Romain Lewis a pris la pose avec Ralph Perry, sur demande expresse de son papa. "C'est incroyable, c'est le sosie exact de mon beau-frère", a expliqué Lewis Senior. Le pro old-school, troisième du Main Event en 2002, s'est prêté à la séance photo de bonne grâce. Un type sympa, vraiment... on l'avait compris un peu plus tôt, lorsqu'il a complètement relancé le tournoi de Romain avec un 5-bet all-in plutôt généreux avec paire de 7 en position UTG+1, après un 4-bet UTG du Franco-Britannique. Romain a snap-call avec les Rois, et survécu à l'épreuve du board pour atteindre son point culminant dans le Main Event.

On l'a fait remarquer à Romain : qualifié pour le Day 7 du Main Event en compagnie de 61 autres joueurs, il s'apprête à aborder les seules phases du tournoi qu'il n'a encore jamais vécues, lui qui a signé 5 ITM sur le plus beau tournoi du monde en 9 participations, dont une 60e place acquise en 2018. "Oui, c'est mon premier Day 7. En vrai, c'est incroyable, exceptionnel. Quand j'avais fait 60e, on était au milieu du Day 6, car il y avait moins de joueurs. Ce qu'il va se passer demain ? Une nouvelle journée complète de poker, j'espère ! On devrait tomber à une vingtaine de joueurs."

Le plus important, selon Romain, sera de "rester dans le moment présent. Car à partir d'aujourd'hui, c'est dur de ne pas se projeter. Et c'est quelque chose qu'il faut éviter, car ce qui est important, c'est de résoudre les problèmes qui se présentent maintenant. Car mine de rien, avant d'atteindre la table finale, il reste vingt heures de poker. C'est abusé ! Il peut encore se passer tellement de choses, on est tellement loin." Autre truc à ne surtout pas oublier : "Prendre du plaisir, profiter du moment, ne pas se stresser. Trop hâte d'y être. Let's fucking go !" Aucun problème pour dormir ce soir ? Romain sourit. "Mmmh, si je peux dormir quatre ou cinq heures, ça me va !" - Benjo

Allan Sannier : 11,35 m. (57 BB)

Allan Sannier
Il avait prévenu qu'il allait "la jouer calme" au lendemain d'un Day 6 où son poker champagne a éclaboussé les caméras de la table télévisée. Mais chassez le naturel, il revient au galop. Jusqu'à la toute dernière main de la journée, Allan Sannier a fait ce qu'il sait visiblement faire de mieux : miser, miser et encore miser. À ceci près qu'aujourd'hui, il a semblé le faire au moins autant en value qu'en bluff. Et des bluffs, il en a de nouveau passé, et des gratinés. Le dernier en date : un cold 4-bet depuis la grosse blinde avec... Valet-9 off, qu'il est venu nous annoncer fièrement alors que nous suivions l'action depuis le rail. Il est comme ça, Allan Sannier, depuis les trois jours qu'on le connait : disponible, détendu, mais désormais un peu moins détaché des enjeux.

Il nous l'a aussi avoué lui-même : tombé sous les trente blindes autour de 15 heures, suite à plusieurs coups du sort, il n'en menait pas large. C'est d'abord à la force du poignet qu'il a réussi à s'extirper de cette zone orange, avant de passer un coup clé, avec une paire de Dames contre deux 9. À cela s'est ajouté un joli call avec une paire de Rois sur un board As-Dame-8-As-X où il 3-bet grosse blinde contre bouton et se fait relancer au flop puis à la river. En face : rien de mieux qu'un KJ qui avait manqué à la fois un tirage quinte et couleur.

Ce Day 6 fut aussi l'occasion d'en savoir un peu plus sur celui dont on savait a minima que le poker n'était pas l'activité principale. Expatrié en Égypte depuis quelques années - "J'y avais déjà vécu avant de rentrer en France, puis d'y revenir." - il a pas mal joué pendant un an sur GGPoker. "Mais j'ai arrêté à cause d'un problème avec mon compte bancaire français. Et c'était compliqué avec ma femme et les deux enfants. En plus, je ne jouais pas forcément dans de bonnes conditions, souvent sur mon portable, avec mes quatre tables ouvertes, entre le salon et la cuisine..." Un pur récréatif donc, qui n'a pas encore fini de faire des étincelles sur ce Main Event. - Flegmatic

Édouard Sacrispeyre : 6,1 m. (30 BB)

Édouard Sacrispeyre
Une voix tremblante, un visage marqué par la fatigue et des étoiles plein les yeux. C’est dans cet état qu’Édouard Sacrispeyre s’est présenté à nous après avoir mis ses jetons dans son sac, le sourire jusqu’aux oreilles. Et il y avait de quoi. Au cours de cette sixième journée, le fils de Patrick, reg de live bien connu dans la commu', aura tout vécu : la peur de voir son tournoi lui échapper lorsqu’il est tombé à moins d’un million de jetons, puis une remontée complètement folle qui l’a même propulsé au-delà des huit millions avant de conclure avec un très beau tapis de six millions. “Day 7 quoi…. Je ne pouvais pas rêver mieux. Je t’avoue que pour le moment, je ne réalise pas du tout ce qui est en train de se passer, c’est complètement fou. J’ai rêvé de ce moment plusieurs fois, mais le vivre pour de vrai, c’est juste incroyable. D’autant plus que j’ai passé une journée très compliquée où je n’ai pas eu beaucoup de jeu. Mais le fait d’avoir le soutien de mon père qui est là, tous mes potes qui sont comme des fous, derrière moi, à me motiver, à me dire de ne rien lâcher même quand ça ne se passe pas bien, ça m’aide tellement. Que dire de plus… C’est juste magique ce que je suis en train de vivre." -VictorP

Le top 10

Tyler Gaston USA 21 000 000
Blake Barousse USA 19 375 000
Zhao Liu USA 19 000 000
Mario Boos France 17 975 000
Hossein Ensan Allemagne 17 775 000
Rami Hammoud Canada 17 400 000
Junjie Tang Chine 17 300 000
Malcolm Trayner Australie 17 200 000
Todd Brunson USA 17 000 000
Carlos Chadha Villamarin USA 16 825 000

Du beau monde face à nos Bleus

Un Champion du Monde, un ancien finaliste, un Player of the Year, un Hall of Famer et une poignée d'Européens chevronnés : le casting des adversaires de nos Français est du genre clinquant. En voici quelques-uns :

Hossein Ensan

Champion du Monde 2019 et vainqueur EPT à Prague, Hossein Ensan (17,775 millions) adore ces gros fields et il continue de le prouver. Il aura le cinquième plus gros tapis à l'entame du Day 7 pour poursuivre son chemin vers ce que personne n'a encore réalisé : remporter deux fois le Main Event des WSOP.

Shaun Deeb
Après la sortie de Michael Mizrachi, il est logiquement devenu le nouveau chouchou du public américain, qui se masse dans le rail de la table télévisée pour admirer ses plays. Player of the Year en titre et actuel troisième au classement de cette année, Shaun Deeb (8,725 m.) pourrait profiter de ce Big One pour signer un retentissant (et inédit) back to back POY.

Todd Brunson
Discret en début de journée, Todd Brunson est sorti du bois dans les dernières heures pour se placer dans le Top 10 (17 m.). Sa meilleure perf' sur le Main Event (154e en 2016) est pulvérisée.

Romain Lewis - Ralph Perry
Ralph Perry (13,775 m.) n'est pas seulement le sosie du beau-frère du père de Romain Lewis : c'est aussi un pro qui roule sa bosse sur le circuit depuis plus de 25 ans, a déjà remporté un bracelet WSOP, et disputé la finale du Main Event juste avant le boom mondial du poker (2002)

Greg Mueller
Deux bracelets en Limit Hold'em et un autre en H.O.R.S.E. durant les années 2000/2010 : avouons-le, on est un peu surpris de voir l'ancien hockeyeur sur glace Greg Mueller (10 m.) aussi deep sur un gros tournoi de No-Limit Hold'em !

Patrick Leonard
On ose à peine imaginer le nombre d'heures de masterclass que Patrick "Pads" Leonard (6,1 m.) va pouvoir tirer de ce deep run sur le Main Event.

Antonio Galiana
Complètement relancé par le bluff qui a coûté sa vie dans le tournoi à Antonin Hays, Antonio Galiana (15,6 m.) continue de porter haut les couleurs de l'Espagne, dont il est le dernier représentant.

Congya Zhang
La Last Woman Standing Congya Zhang continue de faire de la résistance. Mais avec un maigre tapis d'à peine sept blindes (1,35 m.), il lui faudra un petit miracle pour rééditer l'exploit de Leo Margets.

Giuseppe Pantaleo
Vainqueur d'un bracelet en Tag Team, finaliste de l'EPT Barcelone en 2010 et vainqueur d'un gros Main Event WSOP-C ici à Las Vegas il y a deux ans, Giuseppe Pantaleo s'est surtout fait connaître en martyrisant les tables de MTT online.

Les éliminés français du Day 6

Virgile Turchi

Cliquez sur les liens dans le tableau ci-dessous pour consulter les articles correspondants à chaque élimination tricolore du jour :

Rang Joueur Gains
63e Christopher Chaudey 125 000 $
67e Virgile Turchi 125 000 $
84e Florian Bordet 90 000 $
103e Antonin Hays 65 000 $
138e Hugues Girard 65 000 $
172e Kilian Pousset 57 500 $

Loren Klein

Détenteur de quatre bracelets WSOP décrochés entre 2016 et 2019, Loren Klein - que l'on avait plutôt l'habitude de croiser avec une casquette rouge MAGA - fut l'un des derniers sortants du jour, en 72e place (105 000 $).

Daniel Hachem
Daniel Hachem ne rééditera pas l'exploit de son père en devenant le deuxième Australien à remporter le Main Event. Il s'est arrêté en 73e position (105 000 $). [EDIT : contrairement à ce qui est indique sur l'application WSOP+, Malcolm Trayner est Australien et non pas Britannique et continue donc de représenter le camp des Aussies.]

Table TV Main Event WSOP

Rendez-vous à partir de 11 heures (20 heures en France) et une heure plus tard sur le stream pour suivre un Day 7 que l'on espère tout aussi faste pour le clan français. Ce n'est que la deuxième fois de l'histoire qu'autant de tricolores se glissent dans le Top 100 du plus beau tournoi du monde. La dernière fois, l'un d'eux avait poussé le bouchon jusqu'en table finale. On a le droit de rêver, non ?

Benjo, Flegmatic & VictorP

WSOP 2026 : tous nos articles

Chaudey, le coup de froid

- 12 juillet 2026 - Par Flegmatic

Le sympathique amateur venu de Dakar Christopher Chaudey s'arrête en 64e place (125 000 $)
Main Event 10 000 $ (Day 6)
Level 29 : 100 000 / 150 000 / 150 000

Christopher Chaudey

"Je suis fier de moi, je n'ai aucun regret." Il peut, Christopher Chaudey. Hier soir, à l'issue du Day 5, le Français nous expliquait comment sa 348e de l'an passé lui avait permis d'acquérir l'expérience suffisante pour franchir une journée de plus cette année. Patience, maîtrise de ses émotions : l'expatrié à Dakar semblait "dans la zone", comme on dit. Pour être honnête, on a longtemps cru qu'il allait franchir une étape de plus et revenir demain pour le Day 7. Surtout lorsqu'on l'a vu s'installer dans le peloton de tête en milieu de journée, avec un tapis de 9,5 millions. Il a fallu d'un coup pour changer son tournoi du tout au tout.

Christopher Chaudey

"J'ai paire de 4 sur 7-6-4, nous avait-il raconté un peu plus tôt. Je check/raise, il me met tout avec flush draw max et ça rentre turn." Passé de huit à un million sur ce cruel coup du sort, il trouvera un premier double up chanceux avec A6 qui trouve trips au flop contre le As-Dame de Jamie Shaevel. Un pot 3-way gratté au flop plus loin, il retrouvait même un stack correct de 22 BB. Avant l'ultime chute.

Christopher Chaudey

Premier de parole, Chris ouvre à 400 000 et se fait 3-bet à sa gauche par Jamie Shaevel, encore lui. Avec deux Valets, il se contente de payer, pour mieux check/raise de 500 000 à 2,15 millions sur un flop QQ9. "Sur un flop sans Roi ou As, le plan, c'était de tout mettre," nous confiera-t-il après coup. Problème, des As, l'Américain en avait deux en main et paie dans la seconde. Le 7 turn et le 2 river ne sont pas les cartes que le Français espérait pour se sauver. "J'ai fait ce que j'avais à faire, conclut Christopher. Maintenant, il va falloir redescendre." Avec un road trip en famille sur la cote ouest par exemple. Bravo Chris, et à l'année prochaine pour tenter de faire encore mieux !

WSOP 2026 : tous nos articles

Virgile, point final

- 12 juillet 2026 - Par Benjo DiMeo

Virgile Turchi tire sa révérence en 68e place (125 000 $)
Main Event 10 000 $ (Day 6)
Level 29 : 100 000 / 150 000 / 150 000

Les deux double ups successifs dont a bénéficié Virgile Turchi avant le dîner auraient dû, dans le meilleur des mondes, relancer son tournoi, lui permettre de repartir de l'avant, d'envisager la suite avec plus de sérénité. En rétrospective, ils auront été son point culminant du Day 6. 

Virgile Turchi
Le Français n'aura cependant rien à se reprocher. Retombé dans la zone dangereuse à une heure de la fin de la journée, Virgile trouve le spot parfait pour se refaire une nouvelle fois : deux Rois reçus en petite blinde. Tout le monde fold jusqu'à lui : l'occasion est belle, il faut limp afin d'induce un move chez le Finlandais Lauri Saaskilahti. Bingo : celui-ci envoie les jetons avec J9. Virgile engage évidemment sa douzaine de blindes en une fraction de secondes.

Virgile est debout. Le flop J53 ne lui apporte aucune certitude. Le turn est un 6, et la rivière... un 9.

Virgile Turchi
Le temps d'aller saluer Patrick Leonard puis Romain Lewis, de lâcher un laconique "C'est pas grave", que le top reg online a déjà quitté les lieux. Sa déception, c'est loin du Paris qu'il la digèrera. Pour son premier deep run sur le Main Event, Virgile Turchi doit se contenter de la 68ᵉ place : les 125 000 $ de récompense viendront solidifier un palmarès live déjà lourd d'1,5 million en gains bruts. 

Bravo ! Le poker est cruel mais la perf reste belle.

Virgile Turchi
Avec les potos Julien Sitbon et Sacha Cohen, en des temps meilleurs

WSOP 2026 : tous nos articles

Bizarre, vous avez dit bizarre

- 12 juillet 2026 - Par Flegmatic

Main Event 10 000 $ (Day 6)
Level 28 : 60 000 / 120 000 / 120 000

Christopher Chaudey

"C'était un coup trop bizarre. Mais avant même qu'il commence, j'ai dit au croupier qu'il allait nous servir un truc pas net." Christopher Chaudey avait visiblement besoin de parler de cette main qu'il venait de jouer sur l'une des tables annexes du plateau télévisé. Ça tombe bien, nous étions là pour l'écouter. "Ça relance UTG, payé deux fois et je découvre deux Valets en small blind. Sauf que, juste avant qu'il call, j'ai vu le joueur au siège 9 faire un move comme s'il hésitait à relancer. Bref, je le sens pas et je me contente de payer aussi."

Flop : 7-4-2. Le joueur identifié comme suspect fait grossir le pot de 200 000, ce à quoi le Français répond par un check/raise à 850 000. C'est payé et le turn est une Dame. "Je mise et il me relance à 2,5 millions. Je commence à me dire qu'il était probablement en trap depuis le début, en tout cas je ne peux pas payer ici, je me dis que j'aurai des meilleurs spots. J'ai bien envie de savoir ce qu'il avait quand même," conclut-il, avant d'envoyer un vocal à un de ses amis probablement en train de regarder le stream pour le tenir informé. Quoi qu'il en soit, rien de bien grave en tout cas pour le résident sénégalais, qui conserve un stack aux alentours des neuf millions de jetons.

It's coming home

Romain Lewis & Dad

Alors Romain Lewis, content de la qualification de l'Angleterre pour les demi-finales de la Coupe du Monde ? "On va y aller !, me glisse le Franco-Britannique dans un grand sourire. On va aller à Atlanta voir le match ! Avec mon père et Patrick Leonard. Pads a des contacts pour chopper des places. Je ne te cache pas que après un mauvais Vegas, je ne l'aurais peut-être pas fait, mais là, on va faire kiffer le daron. Ça va probablement nous coûter autour de 3K chacun." Mais qu'est-ce que c'est, à côté des 105 000 $ désormais assurés sur ce Main Event et d'une éventuelle qualification en finale des Three Lions, soixante ans (!) après le titre de 1966.

Todd Brunson

En parlant de relation père-fils, ce Main Event 2026 revêt une belle spécificité : deux fils de Champions du Monde sont encore dans le coup à 74 joueurs restants pour tenter d'imiter leur paternel. Le plus illustre des deux est évidemment Todd Brunson, qui a l'occasion de rendre hommage à papa, cinquante ans après son premier titre sur le Big One (Doyle avait signé le doublé l'année suivante).

Daniel Hachem
Les dinosaures du poker du poker se souviennent peut-être de la victoire de Joe Hachem en 2005. C'est désormais au tour du fiston Daniel, déjà passé tout près d'un bracelet en 2024, de représenter fièrement la famille.

WSOP 2026 : tous nos articles

Sacrée paire

- 12 juillet 2026 - Par VictorP

Longtemps coincé autour des 20 blindes, Édouard Sacrispeyre se donne de l'air et s’envole à plus de 8 millions
Main Event 10 000 $ (Day 6)
Level 28 : 60 000 / 120 000 / 120 000

Edouard Sacrispeyre
On vous annonçait juste avant le dernier break que l’on allait surveiller de près Édouard Sacrispeyre. Et heureusement qu’on était à l’heure. Quelques minutes seulement après la reprise, le Français se retrouve en bataille de blindes contre Tianle Wang. Alors qu'Édouard complète en small blind, le Chinois n’apprécie pas vraiment l’idée et relance à 475 000. Cette fois, c’est au tour du Français de ne pas être d’accord : all-in pour 2,2 millions avec son KQ. C'est payé par Wang qui retourne alors A8. Flop : AK2. Turn... J River ? Un K salvateur qui permet à Édouard de rester en vie et de remonter à 4,5 millions de jetons. Mais l’histoire ne s’arrête pas là. La main suivante, Édouard ouvre cette fois au bouton. Tianle Wang, encore lui, décide de le 3-bet à 975 000. Après quelques instants de réflexion, le Français le 4-bet à tapis. Cette fois, le Chinois préfère abandonner. Deux mains, deux beaux pots, et voilà Édouard de retour à 5,5 millions de jetons.

Le temps de souffler ? Pas vraiment. Quelques minutes plus tard, le Français se retrouve une nouvelle fois au cœur de l’action. Sur une ouverture de Farid Jattin à 240 000 — le Colombien, en mode short stack ninja, s'est fait remarquer depuis le début de la journée pour ses coups de poing sur la table après chacun de ses pots remportés, au grand désespoir de ses voisins de table — Édouard décide de flat au hijack, tout comme l’actuel chipleader Ralph Perry, qui défend lui sa grosse blinde. Flop : A510. Jattin envoie un c-bet à 325 000... payé par les deux joueurs. Turn, un 6. Cette fois, le Colombien ne réfléchit pas longtemps et pousse ses 1,4 million restants au milieu. Si Édouard paie assez rapidement, Ralph Perry, lui, abandonne sa main. Les jeux ? AJ chez Jattin… contre deux magnifiques As chez le Français. Le Colombien comprend immédiatement qu’il est drawing dead. La river ne change évidemment rien, et Édouard Sacrispeyre empoche ce très gros pot pour grimper à près de 8,4 millions de jetons.

Farid Jattin

WSOP 2026 : tous nos articles