Cinq Français avancent au Day 7 du Main Event, au sein d'un field réduit à 62 joueurs où l'on reconnaît Shaun Deeb et le Champion du Monde 2019 Hossein Ensan
Main Event 10 000 $ (Fin du Day 6)
Mario Boos : 17,975 m. (90 BB)
Chipleader du clan tricolore à l’issue du Day 6 grâce à un impressionnant tapis de 17,9 millions, Mario Boos abordera le Day 7 en position de favori. Un moment d’autant plus irréel lorsque l’on sait que le Français dispute cet été ses premiers Championnats du Monde à Las Vegas. “C’est tellement fou que je ne sais même pas quoi ressentir. Pour l’instant, je te le dis sincèrement, je ne réalise pas." Ce n’est finalement qu’en jetant un œil à son téléphone que le Français mesure peu à peu ce qu’il est en train d’accomplir."Il n’y a que quand je vois tous les messages de soutien que je reçois que je comprends ce que je suis en train de vivre, je suis au Day 7 du Main Event, quoi ! Mais le plus important pour moi, c’est de rester focus, dans ma bulle. C’est comme ça que je joue le mieux." Une bulle qu’il entretient depuis plusieurs jours grâce à un petit rituel bien à lui. "Mes potes trouvent ça fou, mais je passe tous les dinner break tout seul, avec un objectif en tête : bag à chaque fin de journée." Quant au vol retour prévu demain après-midi, il attendra. "C’est un détail ça, j’ai prolongé mon séjour à l’hôtel, je vais décaler mon vol retour, mais on s’en fout de tout ça, ce n'est pas important. Le plus important c’est d’aller le plus loin possible." - VictorPMaxime Chilaud – 14,5 millions (72,5 BB)
Il est, avec Romain Lewis, l'un des joueurs ayant le plus d'expérience en termes de deep-runs sur le Main Event, avec autant d'ITM que son confrère (4), et un high score presque aussi enviable (189e en 2022). Cela explique en partie la décontraction absolue dont Maxime Chilaud a fait preuve au cours d'un Day 6 passé pour moitié en table TV, en compagnie du patron Shaun Deeb et du dernier Champion du Monde encore en course, Hossein Ensan. "Ca s'est passé tranquille. Quand je suis arrivé [sur le streaming], ils y étaient tous depuis longtemps, donc je ne savais pas à quoi m'attendre, en plus ils étaient en position sur moi. Mais au final c'était plutôt tight, plutôt tranquille au global."Là où nombre de ses adversaires peuvent témoigner d'un tournoi à rebondissements – qui ne subit pas au moins une ou deux phases de swings sur une partie qui dépasse désormais les soixantes heures ? -, Maxime signe pour le moment un rare exploit : grâce à des tables jugées "pas trop agro" et un vrai bon run, cela fait six jours que son tapis vaut 1,5 fois la moyenne, parfois plus. Pour sûr que ça aide à rester serein... et cela permet de jouer au poker en mode ultra deep-stack, ce qui n'est finalement pas si fréquent en tournoi. Dans ce domaine, Maxime dispose d'un peu d'entraînement. "J'ai l'habitude de jouer à Chypre", explique Maxime, "et là-bas ils ont de très belles structures." Et même s'il n'est pas un joueur de cash-game, c'est bien avec de la profondeur qu'il est le plus à l'aise. "Quand tu regardes mes résultats, à chaque fois c'est sur ces tournois-là que ça se passe le mieux : Monster Stack, Main Event..."
Comment on se prépare, entre deux journées de Main Event ? La routine de Maxime n'est pas compliquée, et n'implique aucunement un détour par les solvers, des outils dont il n'a de toute façon jamais été très friand. "On finit assez tard et on commence assez tôt, donc bon, le temps de rentrer, je vais passer genre une demi-heure à debrief avec les copains à la villa [Florian Guimond, Noah, Victor Fryda] et après, dodo. Le matin, il faut se réveiller assez tôt. Du coup la routine, c'est un peu de sport, piscine, petit-déj, et on y va !" Simple et efficace. Allez, on continue sur cette lancée ? - Benjo
Romain Lewis – 13,9 millions (70 BB)
Après avoir emballé ses piles de jetons, plus nombreuses qu'elles n'ont jamais été depuis le début du Main Event, Romain Lewis a pris la pose avec Ralph Perry, sur demande expresse de son papa. "C'est incroyable, c'est le sosie exact de mon beau-frère", a expliqué Lewis Senior. Le pro old-school, troisième du Main Event en 2002, s'est prêté à la séance photo de bonne grâce. Un type sympa, vraiment... on l'avait compris un peu plus tôt, lorsqu'il a complètement relancé le tournoi de Romain avec un 5-bet all-in plutôt généreux avec paire de 7 en position UTG+1, après un 4-bet UTG du Franco-Britannique. Romain a snap-call avec les Rois, et survécu à l'épreuve du board pour atteindre son point culminant dans le Main Event.On l'a fait remarquer à Romain : qualifié pour le Day 7 du Main Event en compagnie de 61 autres joueurs, il s'apprête à aborder les seules phases du tournoi qu'il n'a encore jamais vécues, lui qui a signé 5 ITM sur le plus beau tournoi du monde en 9 participations, dont une 60e place acquise en 2018. "Oui, c'est mon premier Day 7. En vrai, c'est incroyable, exceptionnel. Quand j'avais fait 60e, on était au milieu du Day 6, car il y avait moins de joueurs. Ce qu'il va se passer demain ? Une nouvelle journée complète de poker, j'espère ! On devrait tomber à une vingtaine de joueurs."
Le plus important, selon Romain, sera de "rester dans le moment présent. Car à partir d'aujourd'hui, c'est dur de ne pas se projeter. Et c'est quelque chose qu'il faut éviter, car ce qui est important, c'est de résoudre les problèmes qui se présentent maintenant. Car mine de rien, avant d'atteindre la table finale, il reste vingt heures de poker. C'est abusé ! Il peut encore se passer tellement de choses, on est tellement loin." Autre truc à ne surtout pas oublier : "Prendre du plaisir, profiter du moment, ne pas se stresser. Trop hâte d'y être. Let's fucking go !" Aucun problème pour dormir ce soir ? Romain sourit. "Mmmh, si je peux dormir quatre ou cinq heures, ça me va !" - Benjo
Allan Sannier : 11,35 m. (57 BB)
Il avait prévenu qu'il allait "la jouer calme" au lendemain d'un Day 6 où son poker champagne a éclaboussé les caméras de la table télévisée. Mais chassez le naturel, il revient au galop. Jusqu'à la toute dernière main de la journée, Allan Sannier a fait ce qu'il sait visiblement faire de mieux : miser, miser et encore miser. À ceci près qu'aujourd'hui, il a semblé le faire au moins autant en value qu'en bluff. Et des bluffs, il en a de nouveau passé, et des gratinés. Le dernier en date : un cold 4-bet depuis la grosse blinde avec... Valet-9 off, qu'il est venu nous annoncer fièrement alors que nous suivions l'action depuis le rail. Il est comme ça, Allan Sannier, depuis les trois jours qu'on le connait : disponible, détendu, mais désormais un peu moins détaché des enjeux.Il nous l'a aussi avoué lui-même : tombé sous les trente blindes autour de 15 heures, suite à plusieurs coups du sort, il n'en menait pas large. C'est d'abord à la force du poignet qu'il a réussi à s'extirper de cette zone orange, avant de passer un coup clé, avec une paire de Dames contre deux 9. À cela s'est ajouté un joli call avec une paire de Rois sur un board As-Dame-8-As-X où il 3-bet grosse blinde contre bouton et se fait relancer au flop puis à la river. En face : rien de mieux qu'un K
J
qui avait manqué à la fois un tirage quinte et couleur.
Ce Day 6 fut aussi l'occasion d'en savoir un peu plus sur celui dont on savait a minima que le poker n'était pas l'activité principale. Expatrié en Égypte depuis quelques années - "J'y avais déjà vécu avant de rentrer en France, puis d'y revenir." - il a pas mal joué pendant un an sur GGPoker. "Mais j'ai arrêté à cause d'un problème avec mon compte bancaire français. Et c'était compliqué avec ma femme et les deux enfants. En plus, je ne jouais pas forcément dans de bonnes conditions, souvent sur mon portable, avec mes quatre tables ouvertes, entre le salon et la cuisine..." Un pur récréatif donc, qui n'a pas encore fini de faire des étincelles sur ce Main Event. - Flegmatic
Édouard Sacrispeyre : 6,1 m. (30 BB)
Une voix tremblante, un visage marqué par la fatigue et des étoiles plein les yeux. C’est dans cet état qu’Édouard Sacrispeyre s’est présenté à nous après avoir mis ses jetons dans son sac, le sourire jusqu’aux oreilles. Et il y avait de quoi. Au cours de cette sixième journée, le fils de Patrick, reg de live bien connu dans la commu', aura tout vécu : la peur de voir son tournoi lui échapper lorsqu’il est tombé à moins d’un million de jetons, puis une remontée complètement folle qui l’a même propulsé au-delà des huit millions avant de conclure avec un très beau tapis de six millions. “Day 7 quoi…. Je ne pouvais pas rêver mieux. Je t’avoue que pour le moment, je ne réalise pas du tout ce qui est en train de se passer, c’est complètement fou. J’ai rêvé de ce moment plusieurs fois, mais le vivre pour de vrai, c’est juste incroyable. D’autant plus que j’ai passé une journée très compliquée où je n’ai pas eu beaucoup de jeu. Mais le fait d’avoir le soutien de mon père qui est là, tous mes potes qui sont comme des fous, derrière moi, à me motiver, à me dire de ne rien lâcher même quand ça ne se passe pas bien, ça m’aide tellement. Que dire de plus… C’est juste magique ce que je suis en train de vivre." -VictorPLe top 10
| Tyler Gaston | USA | 21 000 000 |
|---|---|---|
| Blake Barousse | USA | 19 375 000 |
| Zhao Liu | USA | 19 000 000 |
| Mario Boos | France | 17 975 000 |
| Hossein Ensan | Allemagne | 17 775 000 |
| Rami Hammoud | Canada | 17 400 000 |
| Junjie Tang | Chine | 17 300 000 |
| Malcolm Trayner | Australie | 17 200 000 |
| Todd Brunson | USA | 17 000 000 |
| Carlos Chadha Villamarin | USA | 16 825 000 |
Du beau monde face à nos Bleus
Un Champion du Monde, un ancien finaliste, un Player of the Year, un Hall of Famer et une poignée d'Européens chevronnés : le casting des adversaires de nos Français est du genre clinquant. En voici quelques-uns :
Après la sortie de Michael Mizrachi, il est logiquement devenu le nouveau chouchou du public américain, qui se masse dans le rail de la table télévisée pour admirer ses plays. Player of the Year en titre et actuel troisième au classement de cette année, Shaun Deeb (8,725 m.) pourrait profiter de ce Big One pour signer un retentissant (et inédit) back to back POY.
Discret en début de journée, Todd Brunson est sorti du bois dans les dernières heures pour se placer dans le Top 10 (17 m.). Sa meilleure perf' sur le Main Event (154e en 2016) est pulvérisée.Ralph Perry (13,775 m.) n'est pas seulement le sosie du beau-frère du père de Romain Lewis : c'est aussi un pro qui roule sa bosse sur le circuit depuis plus de 25 ans, a déjà remporté un bracelet WSOP, et disputé la finale du Main Event juste avant le boom mondial du poker (2002)
Deux bracelets en Limit Hold'em et un autre en H.O.R.S.E. durant les années 2000/2010 : avouons-le, on est un peu surpris de voir l'ancien hockeyeur sur glace Greg Mueller (10 m.) aussi deep sur un gros tournoi de No-Limit Hold'em !
On ose à peine imaginer le nombre d'heures de masterclass que Patrick "Pads" Leonard (6,1 m.) va pouvoir tirer de ce deep run sur le Main Event.
Complètement relancé par le bluff qui a coûté sa vie dans le tournoi à Antonin Hays, Antonio Galiana (15,6 m.) continue de porter haut les couleurs de l'Espagne, dont il est le dernier représentant.
La Last Woman Standing Congya Zhang continue de faire de la résistance. Mais avec un maigre tapis d'à peine sept blindes (1,35 m.), il lui faudra un petit miracle pour rééditer l'exploit de Leo Margets.
Vainqueur d'un bracelet en Tag Team, finaliste de l'EPT Barcelone en 2010 et vainqueur d'un gros Main Event WSOP-C ici à Las Vegas il y a deux ans, Giuseppe Pantaleo s'est surtout fait connaître en martyrisant les tables de MTT online.
Les éliminés français du Day 6
Cliquez sur les liens dans le tableau ci-dessous pour consulter les articles correspondants à chaque élimination tricolore du jour :
| Rang | Joueur | Gains |
|---|---|---|
| 63e | Christopher Chaudey | 125 000 $ |
| 67e | Virgile Turchi | 125 000 $ |
| 84e | Florian Bordet | 90 000 $ |
| 103e | Antonin Hays | 65 000 $ |
| 138e | Hugues Girard | 65 000 $ |
| 172e | Kilian Pousset | 57 500 $ |
Rendez-vous à partir de 11 heures (20 heures en France) et une heure plus tard sur le stream pour suivre un Day 7 que l'on espère tout aussi faste pour le clan français. Ce n'est que la deuxième fois de l'histoire qu'autant de tricolores se glissent dans le Top 100 du plus beau tournoi du monde. La dernière fois, l'un d'eux avait poussé le bouchon jusqu'en table finale. On a le droit de rêver, non ?
Benjo, Flegmatic & VictorP























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