Onze hommes en confiance

- 11 juillet 2026 - Par Flegmatic

174 joueurs compostent leur ticket pour le Day 6, dont 11 Français
Fin des espoirs pour le Team Winamax et nos qualifiés online, mais l'ancien W rouge Romain Lewis répond présent, sous les yeux de son papa
Le chipleader tricolore est un amateur en plein kiff et sans aucune pression
Main Event 10 000 $ (Fin du Day 5)

Tranquille comme Allan

Allan Sannier

Il a passé la quasi-totalité de la journée sur la table centrale du plateau télévisé, attirant les regards à lui autant que les jetons : avec un tapis final de 8,68 millions, Allan Sannier est le leader surprise du clan français à l'issue de ce Day 6 et termine même quatrième sur 174 au classement général. Aujourd'hui, son tapis n'a connu qu'un seul sens de progression : vers le haut. Ce, en restant hyper disponible pour venir tailler le bout de gras avec nous dans le rail ou durant les pauses. Un mystérieux chipleader, inconnu au bataillon avant ce Main Event, sur qui la pression ne semble avoir aucune prise. "Ce n'est pas mon métier !", nous répondait-il pour expliquer l'absence totale de stress.

Plutôt que se subir la tension, il a préféré la faire vivre aux autres. Sa stratégie était ainsi simple : "Faire peur. J'ai l'impression qu'ils jouent un peu trop leurs cartes en face. Ils ont peur de bust avec trente blindes sans avoir les nuts." On vous a déjà raconté l'un de ses bluffs les plus retentissants. Il y en eut vraisemblablement beaucoup d'autres. D'ailleurs, ce Phillip Mighall à qui il a fait fold top paire, Allan l'a achevé quelques minutes plus tard, sur un lancer de pièce avec une paire de 8 contre As-Valet. De la réussite à tapis, une bonne analyse du field et un sang-froid à toute épreuve : si ce ne sont pas là des ingrédients pour réaliser un très beau résultat sur le Main Event, on ne répond plus de rien. - Flegmatic

Les sensations reviennent

Romain Lewis & Father

"Day 6, c'est trop cool, je retrouve les sensations que j'avais vécues il y a sept ans." Pour Romain Lewis, qui se rappelle l'un de ses plus beaux souvenir de sa carrière, ce tournoi représente le rêve ultime. "C'est mon tournoi préféré, c'est très particulier", explique-t-il avec une banane jusqu'aux oreilles. Il faut dire qu'en plus de l'enjeu, l'humeur de la table était ultra-conviviale, avec un voisin très expressif et un Greg Mueller jamais avare en small talk.

Cependant, cette ambiance festive n'a pas toujours été présente. "Là, on s'est détendus sur les dernières heures, mais c'était très sérieux tout au long de la journée." Accompagné par son père dans le rail, Romain profite de son tournoi comme il le souhaite, entouré de ses amis et de sa famille, libéré de toute obligation mais se prêtant volontiers au jeu de l'interview et des photos. Il finit la journée avec 5,2 millions de jetons. - Phil Anthropik

Les trois font la paire

Maxime Chilaud - Hugues Girard - Edouard Sacrispeyre

Ils ont passé les deux derniers niveaux de la journée tous les trois côte à côte. Trois Français, trois journées bien différentes… mais trois tickets validés pour le Day 6. Le plus gros tapis du trio ? Celui de Maxime Chilaud, puisqu’il reviendra s’asseoir demain midi avec 6,4 millions de jetons. “On aura bien vibré aujourd’hui, même si j’ai passé des niveaux complètement différents à alterner le bon et le moins bon. Mais à l'arrivée, je termine la journée avec un beau stack, alors je suis content.”

Pour Hugues Girard, si le scénario a été bien différent, il n’en reste pas moins heureux pour autant. “C’est mon troisième Main Event, mon premier ITM, et je suis au Day 6, je ne peux qu’être heureux, c’était une super journée, vraiment, même si ce dernier niveau a été vraiment horrible. Tu te rends compte, j’ai littéralement gagné deux coups. Mais à l’arrivée, le plus important, c’est de mettre des jetons dans le sac, et c’est ce qu’on a fait.” 1,285 million, de jetons très exactement.

Quant à Édouard Sacrispeyre, qui termine avec un stack d’1,7 million, impossible de ne pas savourer chaque minute de cette folle aventure. “C’est vraiment que du kiff. Le fait qu’il y ait mon père avec moi, les copains qui me suivent et me soutiennent par messages, c’est juste génial ce que je vis. Et puis, il ne faut pas oublier que je ne suis pas pro moi.” Et alors, qu’est-ce que ça fait de terminer la journée entouré de deux pros français ? “Pas les plus faciles à jouer hein, mais c’était très plaisant !” - VictorP

Un chef nommé Malo

Antonin Hayes

Avec un sac lourd de 5,6 millions de jetons, il y a de quoi être heureux pour Antonin Hays, surtout quand il ne comptait pas plus de deux millions au retour de la dernière pause. "J'ai gagné un pot 4-bet avec deux As et j'ai passé un flip pour 1,2 million avec les 10 contre As-Dame," nous résume-t-il. Mais le travail n'est pas tout à fait terminé pour aujourd'hui. "J'ai la chance d'être en colocation avec Malo [Latinois], qui connait bien ce tournoi. La chose sur laquelle il insiste beaucoup, c'est qu'une fois la journée terminée, l'objectif c'est la récupération."

Mais le finaliste de 2024 ne fait pas que lui prodiguer des conseils. "Il me faut aussi à manger quand j'arrive." Plutôt que de commander des plats lourds et gras qui arriveraient tard, Antonin se contente de petits repas sains et équilibrés. Au menu de ce soir, ce sera "riz ou pâtes avec des légumes congelés. Et je crois qu'il restait un peu de saucisse au frigo." Un programme qui semble pour l'instant le préserver de la fatigue, alors qu'il dispute pourtant son tout premier Main Event. - Flegmatic

Virgile empile

Virgile Turchi

Placé en table télévisée pour finir la journée, Virgile Turchi a passé les dernières heures dans le creux de la vague, à l'image de son tout début de Day. "J'avais commencé en stagnant pendant quatre heures avant de doubler en deux coups." Je vous passe les calls alambiqués racontés à un couvreur au cerveau bien embrumé avant son jour de repos, je dois bien vous avouer ne pas avoir compris grand-chose.

Retenez tout de même que Virgil a monté des jetons en jouant davantage technique plutôt qu'en allant chercher la variance de flips illégitimes. "KKJBet" est ici bien supporté par un rail où l'on retrouve notamment Malcolm Franchi et Nicolas Vayssière, deux joueurs qui ont connu les joies d'un deep run sur le plus beau tournoi du monde et qui aimeraient voir leur pote en réaliser un nouveau. On le retrouvera demain avec 2,9 millions, soit 41 BB. - Phil Anthropik

Souffler le Chaudey et le froid

Chaudey

"C'est la journée où j'ai été le plus patient de ma life !" Le Day 5 de Christopher Chaudey s'est déroulé en deux temps. D'abord, une montée jusqu'à quatre millions après être arrivé avec 1,5 million. Puis deux derniers niveaux cataclysmiques, durant lesquels le résident sénégalais n'a rien vu. "J'ai tout fold. Je n'ai pas eu une tête, pas un As, aucun spot pendant quatre heures. Je n'avais jamais connu ça. Heureusement que j'avais la masseuse, qui m'a gardé calme, parce que j'étais en train de devenir fou." Manipulé quasiment toute la journée, Chris en a, selon ses dires, eu pour 1 000 $ de frais. De la bonne value quand chaque palier rapporte désormais 7 500 $ supplémentaires.

Au-delà du massage, c'est également son expérience accumulée sur le Big One qui a permis au natif de Côte d'Ivoire de rester dans la partie. Déjà au Day 5 l'an passé, il était sorti sur "une erreur. J'avais reshove un tirage et le mec m'avait payé avec top paire. Cette année, il n'y aura pas d'erreur. L'an passé, j'ai tellement appris. À force de jouer, je gère beaucoup mieux la fatigue et mes émotions." En parlant d'émotions, à partir de demain, il aura même le droit à un surcroît de motivation. "Ma femme et ma fille arrivent à Vegas ! Après le Main Event on a prévu un road trip de trois semaines jusqu'à San Diego et San Francisco." Mais avant de penser à cette escapade sur la côte, papa Chris a un tournoi à gagner. "On va aller au bout !- Flegmatic

Toujours les Jijis

Loïc Debregeas - Romain Lewis

On termine ce tour d'horizon tricolore par un Loïc Debregeas que l'on s'attendait à voir sur la photo de fin de Day, lui qui avait bien manœuvré tout au long de la journée. Pour autant, les deux derniers niveaux ont été compliqués, tombant progressivement à dix blindes avant de se maintenir autour des 20 BB. Alors qu'il ne reste plus que deux mains à jouer, l'ancien Top Shark ouvre les Valets depuis le bouton avant de voir la grosse blinde lui revenir dessus pour son tapis avec Roi-Dame dépareillé.

Vous connaissez sûrement l'aversion de _Winda pour la main qu'il détient, mais dans cette position il n'y a pas à tortiller, il faut tout mettre. Trois briques au flop, une autre turn, puis un Roi vient crucifier Loïc sur la river. Les fameux "Jijis" ne remonteront probablement pas dans l'estime de l'ancien Team Pro Winamax qui améliore néanmoins, grâce à cette 178e place, son plus gros cash sur le Main Event, en prenant 57 500 $. - Phil Anthropik

Les 11 Français du Day 6

Français EOD

De gauche à droite : Christopher Chaudey, Hugues Girard, Romain Lewis, Maxime Chilaud, Virgile Turchi, Antonin Hays, Kilian Pousset, Allan Sannier et Mario Boos (manquent à l'appel : Florian Bordet et Édouard Sacrispeyre).

Nom Tapis BB
Allan Sannier 8 680 000 144
Mario Boos 7 850 000 131
Maxime Chilaud 6 420 000 107
Antonin Hays 5 695 000 95
Romain Lewis 5 155 000 86
Virgile Turchi 2 940 000 49
Christopher Chaudey 2 535 000 42
Florian Bordet 2 200 000 36
Édouard Sacrispeyre 1 695 000 28
Hugues Girard 1 285 000 21
Kilian Pousset 1 095 000 18

The Main Character

William Givens

Ce matin déjà, William Givens nous avait offert un premier aperçu de ce dont il était capable. Entre les éclats de voix, le verre renversé sur la table, les multiples rappels à l’ordre du floor et cette pause improvisée juste après avoir posé sa grosse blinde, l’Américain avait déjà réussi à attirer tous les regards. On pensait alors avoir tout vu. On était encore très loin du compte. Car au fil des heures, Will a continué son show sans jamais lever le pied, au point de devenir, malgré lui ou en pleine conscience, la véritable attraction de cette cinquième journée. Impossible de ne pas entendre sa voix résonner dans toute la salle du Paris. Impossible aussi de ne pas voir les caméras se tourner régulièrement vers lui. Il faut dire que Givens ne tenait pas plus de deux minutes assis sur sa chaise. Une main jouée, une pause. Un pot gagné, un monologue interminable. Un coup perdu, un câlin à son adversaire. Bref, une journée tout à fait normale… selon les standards de William Givens.

À tel point que les équipes d’ESPN ont décidé de l’installer en table télévisée pour le dernier niveau de la journée. Une évidence. Enfin… en théorie. Car pendant que les autres joueurs rejoignaient tranquillement leur nouvelle table, William, lui, a mis près de trente minutes à remplir la fiche demandée par la production juste avant la dernière pause de la journée. Mais au retour de cette dernière, son siège était toujours vide. Son come back ? Une bonne vingtaine de minutes plus tard, comme si de rien n’était, avec l’air de quelqu’un qui revenait s’asseoir pour jouer un Daily à 100 $ de l’Orleans. Merci pour cette journée William, on espère que tu en as gardé sous la pédale pour demain ! - VictorP

Les adversaires de la France

Aujourd'hui, on a perdu trois Champions du Monde (Greg Raymer, Michael Mizrachi et Ryan Riess), des habitués des high stakes (Stephen Chidwick, Alex Foxen, Artur Martirosian, Sergio Aido, Chris Hunichen), des finalistes du Main Event (Joseph Cheong, Boris Angelov, Josh Arieh) ou encore des top regs européens (Anton Wigg, Ognyan Dimov, Fabian Quoss), mais il reste quand même quelques jolis noms qui se dressent entre nos Frenchies et le titre suprême. En voici quelques-uns :

Shaun Deeb

Il n'est rien d'autre que le Player of the Year 2025, favori à sa propre succession, détenteur de neuf bracelets : Shaun Deeb (4,305 millions) est sans nul doute la plus grosse et la dernière star présente sur ce Main Event.

Patrick Leonard
Monstre du jeu online, coach renommé et maître à penser de toute une génération, Patrick Leonard (2,1 m.) signe cette année, et contre toute attente, sa toute première place payée sur le Big One.

Daniel Hachem
Daniel Hachem (3,895 m.) continue de tracer son chemin pour prouver qu'il n'y a pas que papa Joe qui sait tenir les cartes dans la famille.

Todd Brunson
Lui s'est fait un prénom depuis bien longtemps, habitué des parties les plus chères de la ville et membre du Poker Hall of Fame, Monsieur Todd Brunson (3,69 m.).

Brock Wilson
Plus de 13 millions de gains, dix ans de présence sur le circuit, plus de 400 lignes sur Hendon Mob, quatre bagues WSOP-Circuit, une palanquée de titres PokerGO Tour : Brock Wilson (885 000) n'est pas loin de représenter la quintessence du grinder américain.

Galiana - Fernandez
Année difficile pour le poker espagnol sur ce Main Event, qui ne pourra compter que sur deux de ses représentants au Day 6 : Antonio Galiana (2,72 m.), détenteur de deux bracelets décrochés lors des deux dernières éditions (à gauche) et Javier "Vixuki" Fernández (610 000), créateur de contenus associé à Winamax.

Masato Yokosawa
En parlant de créateur de contenus, il fait partie des YouTubeurs poker les plus suivis dans le monde, un homme capable d'affréter un avion pour faire venir à Vegas 300 de ses followers et leur faire jouer un tournoi rien qu'à eux sur place, Masato Yokosawa (3,2 m.).

Sean Winter
Il n'est pas le visage le plus connu du circuit, malgré cinq gains à sept chiffres en carrière et palmarès live qui culmine à plus de 41 millions de dollars. L'un des membres de la fameuse liste des "meilleurs joueurs sans bracelet", n°1 de la All-Time Money List de Floride devant la famille Mizrachi, Jason Mercier ou encore Daniel Cates, Sean Winter (1,885 m.).

Sur ce, on se retrouve à partir de 11 heures (20 heures en France) pour un Day 6 que l'on espère constellé de Bleus. Bonne journée !

Flegmatic, VictorP & Phil Anthropik

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Qui bluffe ce spot ?

- 11 juillet 2026 - Par Flegmatic

Main Event 10 000 $ (Day 5)
Level 23 : 20 000 / 40 000 / 40 000

Toujours plus haut

Alan Sannier

"Je sais pas si vous suivez le stream, mais Sannier vient de fair un huge bluff." On a beau être trois sur place aujourd'hui, une quatrième paire d'yeux jetlagués n'est pas de trop pour nous aider à suivre tout ce qu'il se passe sur ce Day 5. Merci donc à Tapis_Volant de nous avoir dirigé vers la chaîne YouTube de Winamax, afin de revivre cette nouvelle démonstration d'agressivité signée Allan Sannier.

Derrière une ouverture premier de parole de Phillip Mighall avec A10, le Français paie au bouton avec KQ. Sur le flop A9J, l'Américain place son c-bet à hauteur de 100 000. Payé. Jusqu'ici, tout va bien. C'est sur le 7 que les choses s'emballent. Mighall opte pour un deuxième barrel à 290 000 et Allan entre dans le tank. "Il va s'envoler," anticipe Londam aux commentaires. Il ne croit pas si bien dire : Sannier répond par une relance à 850 000. "J'aime bien !", s'enthousiasme de son côté Tom Jarry sur le stream. L'ami Phil paie et voit tomber une Q river. La flush est rentrée, le Français a trouvé une paire, mais il va au bout de son idée : tapis, pour demander les 1,9 million de jetons restant à son adversaire, qui s'en va sans demander son reste. "Qui bluffe ce spot ? Allan Sannier !", conclut Londam.

"On continue de mettre la pression, a lâché Allan à la pause. On est plus que deux sur ceux sur le casting de début de journée de la table," ajoute-t-il, sous-entendant que son agressivité a de bonnes chances de payer contre des profils qui ne connaissent pas encore le personnage. Et puis, qui a envie de call muck pour sa survie en table télévisée du plus beau tournoi du monde ?

Arnaud à terre

Arnaud Mattern

Pendant qu'on se délectait de ce bluff de haut vol, on est passé à côté de l'élimination d'Arnaud Mattern. Ayant bataillé toute la journée avec un stack de trente blindes ou moins, l'ancien membre du Team Winamax a vu son numéro d'équilibriste prendre fin en 244e place, pour 50 000 $. Il s'agit de la cinquième place payée du vainqueur de l'EPT Prague 2007 sur le Big One, la troisième sur les quatre dernières éditions, auxquelles s'ajoutent trois autres ITM sur les déclinaisons Europe au carrefour des années 2000/2010, entre Londres et Cannes.

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Sans peur et sans regrets

- 11 juillet 2026 - Par Flegmatic

Main Event 10 000 $ (Day 5)
Level 23 : 20 000 / 40 000 / 40 000

Online, ça passe

Loïc Debregeas

"Niveau horrible." Effectivement, le tapis de Loïc Debregeas a bien fondu lors des dernières heures. "Je suis passé de 3,2 millions à 400 000, détaille-t-il en montre deux petites piles de jetons rouges et verts. J'ai perdu un gros flip et derrière j'ai bluff deux spots. En temps normal, ça print de fou, mais je suis tombé sur la mauvaise partie de leur range. En tout cas, online ça fonctionne très souvent. Sur un des deux bluffs, le mec a tank alors que sa main est un snap call. Je ne regrette rien."

À peine le temps de nous raconter cela que _Winda se retrouve dans un spot visiblement bien bourbier. Après une ouverture du joueur UTG, David Kaufmann pousse ses 440 000 jetons au milieu. En grosse blinde et couvert, Loïc tank avant de lâcher l'affaire. Un fold bien senti, puisqu'en face il y avait deux As et As-Roi. C'est quelques minutes plus tard que l'ancien membre du Team Winamax trouvera son spot de double up tant attendu, avec KQ contre Roi-9 suité. La meilleure main tient et Loïc s'offre un peu d'air. "On lâche rien !- Flegmatic

Sacrispeyre, mais pas tout de suite

Édouard Sacrispeyre

Bonne nouvelle également pour Édouard Sacrispeyre. Quelques minutes plus tôt, le fils de Patrick avait lui aussi doublé avec AK contre A2. Suite à une ouverture au bouton du Français, son adversaire, un certain Chun Kwok l'a mis à tapis pour ses 23 dernières blindes. Alors que je trouvais le move un poil agro, Hugues Girard, assis juste à droite d'Édouard, tempère mes ardeurs. "Non, c'est plutôt bien joué de sa part. En fait, dans ce spot, As-10 ou As-Valet off ne va jamais payer." "C'est un très gros joueurs de cash, qui joue assez cher du côté de Dallas," ajoute Édouard, pour donner un peu plus de contexte au coup. Très bien, j'ai compris, je range mon analyse technico-tactique en bois.

Maxime Chilaud - Hugues Girard

Et sinon, histoire de revenir à ce que je maîtrise mieux, il s'est construit comment ce stack de 3,2 millions Hugues ? "J'avais 1,1 million ce matin et j'ai call pour tout mon stack avec hauteur Valet. Ou alors j'ai gagné avec deux As contre deux Rois, je ne me souviens plus !" Un bon gros setup des familles pour un pot de 1,7 million. "Après ça, j'ai touché des boards." Quant au troisième Français de ce virage en table 107, Maxime Chilaud, lui aussi se porte à merveille, avec 5,4 millions au dernier recensement. - Flegmatic

As maudits

Perdre avec les As préflop, ça arrive, mais quand votre adversaire en détient un dans ses mains, les probabilités se réduisent drastiquement, autour de 10 % maximum (le kicker peut faire varier ce pourcentage de 2 %). Et pourtant, c'est exactement ce type de confrontation auquel nous venons d'assister en deux mains coup sur coup.

Anton Wigg

Le premier à en être victime est le Suédois Anton Wigg, vainqueur de l'EPT Copenhague 2010 (ça ne nous rajeunit pas), dont les As ont mangé As-Roi dans la tronche, qui trouve une quinte runner-runner pour terminer 267e et prendre 50 000 $.

Josh Arieh

Le second est Josh Arieh qui, la seconde d'après, paie un tapis sur la table voisine avec la plus belle main du poker et se retrouve confronté à A7. Le flop est déjà bien angoissant pour l'Américain : 8Q9. La turn n'est pas plus rassurante : 7, et la rivière est un 10 qui fait échapper un joli "F word" au Player of the Year 2021, qui conserve néanmoins 2 millions de jetons pour poursuivre le tournoi. - Phil Anthropik

Alex Foxen

Bouclons cet article avec un dernier sortant en date et non des moindres : Alex Foxen, sorti sous les lumières du plateau TV en 263e place, pour 50 000 $.

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Sow qui peut, Sad end

- 11 juillet 2026 - Par Phil Anthropik

Main Event 10 000 $ (Day 5)
Level 23 : 20 000 / 40 000 / 40 000

Deux Bleus sur le carreau

Sow

L’hémorragie continue dans le clan tricolore. Après avoir déjà perdu plusieurs de ses représentants au fil de cette cinquième journée, le contingent français a une nouvelle fois fondu avec les éliminations, à quelques minutes d’intervalle, de Kalidou Sow puis de Jérémy Saderne, faisant tomber le nombre de Bleus encore en lice à treize. Sur une ouverture du joueur UTG+1, Kalidou découvre Roi-Dame dépareillé au lo-jack, et pousse ses 300 000 derniers jetons au milieu. Malheureusement pour lui, le relanceur initial se réveille avec la pointure au-dessus : As-Roi. Alors que l'on espère voir une Dame tomber au flop, aucun miracle ne viendra sauver le Français sur un board 7-3-8-9-4, obligeant ce dernier à se lever de sa chaise en 288ᵉ position pour un gain de 45 000 $.

Saderne

Quelques minutes plus tard, c’est au tour de Jérémy Saderne de voir son aventure prendre fin. Arrivé en retard à la reprise ce midi à cause d’une circulation particulièrement compliquée, le Français avait longtemps résisté avec un tapis d’environ 300 000 jetons. Mais après avoir vu ses blindes fondre, il ne lui reste plus que 4,5 BB lorsqu’il découvre As-8 dépareillé au bouton. Sur l’ouverture du membre de la Team ATM Kilian Pousset au hijack, Jérémy décide logiquement de tout envoyer. "Je vais encore te faire doubler ?", lui lance alors Killian avant de retourner Roi-10. Un Roi apparaît dès le flop, un second suivra quelques instants plus tard, scellant définitivement le sort de Jérémy en 277ᵉ position, après avoir grappillé le palier à 50 000 $. - VictorP

Et les Champions du Monde dans tout ça ?

Vous commencez à connaître nos coverages où nos petits poulains français tiennent la haut du pavé. D'abord parce que, sans nous, qui les mettrait à ce point en avant ? Et ensuite car on attend encore qu'un tricolore soulève le plus beau bracelet du monde. Un trophée que plusieurs champions du monde encore présents dans le field ont déjà arboré à leur poignet.

Greg Raymer
Vainqueur en 2004, Greg Raymer est le vainqueur du Big One à avoir assuré le plus gros deep run l'année qui a suivi sa victoire : 25e en 2005 (merci Tapis_Volant pour cette stat de qualité). Il signe cette année son quatrième cash sur cet event, titulaire d'un tapis moribond de 200 000 après avoir pris un bad beat, comme il nous l'expliquait à la pause.

Hossein Ensan
Avant ce nouvel ITM sur ce Main Event, Hossein Ensan n'en avait réalisé qu'un, le plus beau, pour 10 millions de dollars. Un beau braquage que l'Allemand avait réalisé en s'imposant face à Dario Sammartino en 2019.

Ryan Riess
En 2013, on avait cru à la breloque française quand Sylvain Loosli se présentait parmi les November Nine, mais c'est finalement Ryan Riess qui s'en était emparé.

Mizrachi Micheal
Le Grinder est toujours présent dans ce Main Event après avoir gagné l'année dernière. Parler de back-to-back est bien entendu prématuré, mais on ne peut s'empêcher d'y penser dans un coin de notre tête.

EDIT : On a bien fait de ne pas attendre plus longtemps avant de vous faire cette galerie puisque, le temps de mettre cet article en ligne, Ryan Riess (282e), Greg Raymer (279e) puis Michael Mizrachi (241e) ont tous trois pris la porte, laissant Hossein Ensan seul en lice pour le doublé. Le Grinder a tout de même eu le droit à une dernière salve d'applaudissements de la part de la Ballroom du Paris avant de quitter le plateau télévisé, sur lequel il a passé la quasi intégralité de son tournoi. - Phil Anthropik

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Only in the Main Event

- 11 juillet 2026 - Par Phil Anthropik

Main Event : 10 000 $ (Day 5)
Level 22 : Blindes 15 000 / 30 000 / 30 000

Le show à l'Américaine

William Givens

Depuis plus d’une heure, impossible de passer à côté de William Givens. Présenté hier dans ces colonnes alors qu’il occupait la tête du classement sur ce Main Event, l’Américain continue de faire parler de lui. Pas (seulement) parce qu’il possède toujours l’un des plus gros tapis du tournoi avec plus de 5 millions de jetons, mais parce qu’il est, de très loin, le joueur le plus bruyant de toute la salle. Un véritable show… à l’Américaine. Au programme ? Des discussions à n’en plus finir avec ses voisins de table, partagés entre l’envie de rire et de le faire taire, des éclats de voix après quasiment chaque coup, qu’il soit impliqué dedans ou non… et même un verre renversé en plein milieu de la table. Résultat, le floor est appelé pour nettoyer lui-même la table.

Quelques minutes plus tard, rebelote. Cette fois, ce sont plusieurs joueurs des tables voisines qui se plaignent du vacarme. Le floor revient donc à la charge. “Tu ne peux pas continuer comme ça, sinon tu vas prendre une pénalité, je te le dis pour la dernière fois.” Et alors qu’il s'apprête à jouer la prochaine main en grosse blinde, William pose cette dernière, ajoute son ante, se lève et annonce, toujours aussi fort, “Ok, c’est bon, j'ai compris, je m’en vais, je prends une pause.” Depuis, près de quinze minutes se sont écoulées… et le résident du Colorado n’a toujours pas regagné son siège. Un départ qui, au vu des sourires aperçus autour de la table, ne semble pas avoir attristé grand monde dans la salle du Paris. Aux premières loges depuis notre banc presse, nous, on a hâte qu'il revienne. - VictorP

Mario boosté

Mario Boos

Après avoir commencé la journée avec 800 000 pions, Mario Boos se retrouve à la tête de plus de 3 millions de jetons après cinq heures de jeu. Le grinder français a débuté la journée en gagnant le plus classique des flips avec As-Roi contre une paire de Dames dans un pot 4-bet pour plus de 80 blindes. "C'est le pot qui m'a lancé directement, mais c'est surtout au deuxième niveau que j'ai eu le plus beau des spots possible."

Difficile de faire mieux en effet, puisque le Français trouve deux As en grosse blinde après l'open shove à 15 BB du cut-off, sur-relancé à tapis par le bouton pour 30 unités. En face : deux Valets chez le short stack et Roi-Dame suité pour le deuxième larron. Un board fluide et le voilà qui empile 47 blindes supplémentaires. Avant de prendre un dernier coup contre un joueur américano-russe qui a tenté de 2-barrel bluff l'Alsacien sur Q964 avant de check sur une brique river. Son adversaire renverra ses cartes dans le muck après que Mario lui a montré une paire de 10 gagnante. "Ça va, je me sens bien, je suis un peu redescendu, mais je ne me fais pas de souci." Compté à 3,5 millions, il possède en effet près de deux fois la moyenne et 116 blindes, de quoi avancer sereinement. - Phil Anthropik

Un retard salutaire

Jérémy Saderne

"Je suis encore là alors que j'aurais peut-être dû sauter." C'est ainsi que nous aborde Jérémy Saderne, à quelques minutes d'une nouvelle pause sur ce Day 5. "J'ai enchaîné les bad beats avant même d'arriver ici, raconte le vainqueur du Mini Main Event. Déjà, j'essaie de commander un Uber, il met une plombe à arriver alors que normalement c'est hyper rapide. Derrière, il met quarante minutes à m'emmener jusqu'ici au lieu de vingt minutes." Selon l'un de nos confrères, l'explication viendrait du combat de Conor McGregor à venir ce week-end et dont la pesée a eu lieu aujourd'hui.

Résultat des courses, Jérémy se pointe avec 17 minutes de retard, alors qu'il n'avait que 18 blindes à la reprise. "Je me dis 'C'est pas possible que ce genre de trucs m'arrive encore !' Mais bon, si c'est mon destin d'arriver en retard et de sortir à cause de ça alors que je l'accepte." Sauf que sept heures plus tard, malgré un petit tapis de 310 000 qui représentera moins de huit blindes au retour du break, le champion Winamax Poker Tour reste bel et bien dans le coup. - Flegmatic

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