Le chemin est long, la pente est raide

- 10 juillet 2026 - Par Flegmatic

23 Français compostent leur ticket pour le Day 5, dont un ancien rappeur au W rouge, un vainqueur KING5 et un qualifié pour 50 €
Le reste du contingent bleu a fière allure, entre Champions du Monde, vainqueurs PSC, réguliers du circuit et invités surprise. En tout, 533 joueurs avancent au prochain tour.
Main Event 10 000 $ (Fin du Day 4)

Père Noël

S'il fallait comparer le Main Event à une ascension, sans hasard aucun, celle de l'Everest, alors, une fois le Day 4 passé, nos alpinistes du poker seraient probablement au Camp 1, à 6 000 mètres d'altitude, passée la "cascade de glace". On a beau être loin au-dessus du plancher des vaches, on sait que les portions les plus difficiles sont encore à venir. La bulle, c'était le camp de base. Un passage obligé, mais qui ne peut représenter un objectif en soi une fois arrivé aussi haut. À partir de demain, chaque pas en avant va demander un surcroît d'énergie, pour grimper petit à petit là où l'air commence à se raréfier. Si près, mais si loin du sommet, tout retour en arrière ressemblera à un terrible échec, avant d'être vu, avec le recul, comme un formidable accomplissement.

Tous devront mobiliser leur esprit Kaizen, pour prouver à leurs pairs, à leurs proches, mais surtout à eux-mêmes qu'ils sont capables d'un exploit pouvant changer leur vie. Sur leur chemin, ils croiseront les corps inanimés de ceux qui ont un temps partagé le même rêve qu'eux, dont certains qui ont peut-être eu plusieurs cordées d'avance. À l'inverse, entre trois coups de piolet et deux crevasses évitées, ils verront probablement des retardataires ayant trouvé un second souffle leur repasser devant. Mais à aucun moment ils ne devront se sentir arrivés, sous peine de subir un moment de relâchement qui pourrait s'avérer coupable. Sur le Main Event comme le long des parois de l'Everest, on ne compte plus ceux qui ont flanché durant les deux-trois derniers kilomètres. Quoi qu'il arrive à partir de demain, nous ne pourrons pas être leurs sherpas. Ce sera à eux de porter seul le poids de leurs espoirs. Mais nous serons là pour nous assurer que leurs efforts n'auront pas été vains. - Flegmatic

Carte morte, mais toujours vivant

Kool Shen

"Hier soir, il m'aurait fallu un sac de sport pour ranger tous mes jetons. Aujourd'hui, un sac à main aurait suffit." On peut compter sur Kool Shen pour trouver les bons mots afin de résumer sa journée. L'ancien rappeur a toujours plus d'une punchline dans son répertoire à défaut d'avoir pu compter sur des premiums dans son barillet aujourd'hui. "J'ai été card dead toute la journée, je n'ai pas vu une main. Enfin si, j'ai forcément vu quelques cartes, sinon je ne serai pas là. Par exemple, quand j'ai reçu As-Roi pour doubler contre un mec qui s'est chauffé à envoyer 18 blindes avec As-5 off."

Kool Shen - Julien Sitbon

Avant ça, Bruno s'était pas mal ambiancé avec son pote Romain Lewis, qu'il a eu juste à sa gauche une bonne partie de la journée, sur sa table précédente. L'aîné a même fait doubler le minot, sur un coup dont on vous reparle un peu plus bas. Beau joueur, notre dernier W rouge en lice s'est même laissé chambrer par son ex-coéquipier au moment du bagging. "Bah alors, tu vois que t'es toujours là ! La dernière fois que tu m'as parlé tu m'as lâché 'J'vais buster'." Non seulement il est toujours là, mais Bruno aura même 610 000 jetons, soit exactement 30 blindes et demie, pour tenter d'améliorer son high score de 2013 (201e). - Flegmatic

Romain Lewis : se 4-bet entre potes

Romain Lewis

On n'a posé qu'une seule question à Romain Lewis au sortir d'un Day 4 qu'il a passé en majeure partie à côté de Kool Shen : comment on fait, pour gérer les émotions conflictuelles qui nous assaillent à l'idée d'affronter l'un de ses meilleurs potes de poker sur le plus gros tournoi de l'année ? Sa réponse fuse, on sent que Romain avait commencé à y réfléchir dès qu'il avait découvert le seat draw, qui aujourd'hui aurait pu s'appeler un "Seat Bro". "Ce qui était vraiment important, c'est que Bruno puisse me dire dès le début : je vais jouer du meilleur que je peux, et toi tu vas faire pareil. Donc : pas de soft-play, il faut qu'on se joue. Et forcément, ça veut dire qu'il faut qu'on joue des spot 'lights'."

Traduction : il allait bien falloir se bluffer. "Car si je décide que je ne vais pas bluffer Bruno, il se passe quoi ? Je ne pourrai pas le value non plus. C'est le poker, il faut faire les deux, sinon ça ne marche pas. Et quand je vois qu'il a fini par me 4-bet shove en early avec paire de 8, je me dis qu'il était exactement dans le même état d'esprit que moi !" Ce fut l'un des plus gros pots de la journée disputés par les deux : Romain avait As-Roi, et a remporté le coin-flip. Forcément, plusieurs sentiments se sont entrechoqués : "Bien sûr que j'étais content de doubler. Mais j'aurais tellement préféré que ce soit quelqu'un d'autre qui perde les jetons..." Stack de Romain au départ du Day 5 : 805 000, soit 40 BB. - Benjo

Sacha Cohen : live is life

Sacha Cohen

Deuxième Main Event pour Sacha Cohen. Le premier s'était arrêté au Day 3, hors ITM. Le second est plus vivant que jamais, avec deux fois la moyenne - 1,9 million - à la veille d'attaquer le Day 5. Entre les deux, il y a eu un événement majeur dans la vie du jeune grinder : la victoire sur le Winamax Poker Tour. "Les résultats, ça joue pour la confiance, nous dit-il. Ce n'est pas l'année où j'ai bossé le plus, mais c'est clairement celle où j'ai le plus joué, principalement en live." Au fil de son apprentissage, le profil de l'ancien gamer s'est transformé : son style d'aujourd'hui semble être taillé pour ce tournoi unique au monde qu'est le Main Event, et qu'il se plaît à comparer avec le WiPT, en raison de la présence importante d'amateurs "qui jouent le tournoi de leur vie".

"J'ai été formé à une école, ATM, où l'on privilégiait la technique pure, pour la performance online, se souvient-il. J'ai toujours aimé le live, mais en bossant beaucoup les maths, j'ai sans doute négligé des aspects qui permettent de perfer en live." Cette grosse cure de jeu "en dur" qu'il suit actuellement lui convient parfaitement, notamment sur le plan de la gestion de l'énergie. "Je ne suis pas du genre à m'épuiser en live. Je suis tellement bien que je ne vois pas le temps passer. Je pourrais continuer cinq heures de plus, là ! Mais c'est vrai que je n'ai jamais joué aussi longtemps. Après une journée comme ça, en mode rollercoaster, il va falloir bien se reposer." Car avant d'emballer 1,9 million, Sacha est d'abord retombé à 150 000... Mais c'est ça qui est bien, avec le Main Event : la structure exceptionnelle permet de belles remontadas. - Benjo

D'un ticket au Day 5, les qualifiés poursuivent leur chemin

Charles Tabet - Kyllian Henry

Encore en lice à l’issue de ce Day 4 après avoir bag un impressionnant tapis de 1,7 million, Kyllian Henry (photo, à droite) a vécu ce qu’il qualifie lui-même de “journée de rêve”. “C’est tellement incroyable mec… Je pensais simplement faire ITM, et je me retrouve à bag 1,7 million, c'est juste dingue !” Une journée où tout a souri à notre qualifié Winamax, mais pas seulement. “En plus d’avoir run good, je suis particulièrement fier de moi, car j’ai joué mon A-Game, et j’étais super à l’aise à table. Je n'aurais pas pensé dire ça, mais j’ai même eu le sentiment d’avoir roulé sur ma table, c’est un sentiment incroyable, vraiment.” - VictorP

Ce n'est pas forcément le même son de cloche pour Charles Tabet (à gauche) qui termine le Day avec 205 000 jetons. Mais qu'importe, sa journée fut tout aussi exceptionnelle sur d'autres points. Plus tôt, le qualifié Winamax nous disait vouloir rêver grand, visant rien de moins qu'un one time à six chiffres. Certes, à 533 joueurs restants, on n'y est pas encore, mais les 30 000 $ déjà encaissés représentent un sacré bénéfice si on les compare aux 50 € investis pour choper le ticket en ligne.

Shaun Deeb

Mais le Main Event, ce n'est pas que des gros sous, c'est surtout une expérience où les amateurs et les légendes se mélangent, et où les feux des projecteurs peuvent se braquer sur vous à tout moment. Tout ça, le Parisien l'a vécu en une seul journée, partageant la table de Shaun Deeb qu'il a ensuite suivi jusqu'en table télévisée. "C'était vraiment sympa. Bon, j'étais short, donc je n'ai pas trop pu jouer, mais ça laissera une trace. Je pense d'ailleurs avoir fait un fold un peu trop tight sur la fin de journée quand le bouton a fait tapis directement et que je fold A10. C'est sûrement trop tight, mais je ne le sentais pas."

Qu'importe, Charles sera toujours présent au Day 5 avec 205 000 jetons (10 BB) dans le sac, déjà très heureux de poursuivre son rêve. "J'ai commencé le poker en regardant le Main Event à la télé, c'est le tournoi que je rêvais de jouer et aujourd'hui je suis encore là au Day 5. Bien sûr, je parle de rêve et de one time, mais être encore présent à ce stade, quand j'y pense, c'est magnifique." - Phil Anthropik

Le top 10 FR

Maxime Chilaud

Maxime Chilaud 2 900 000
(145 BB)
Antonin Hays 2 800  000
Allan Sannier 2 800 000
Sacha Cohen 1 900 000
Loïc Debregeas 1 900 000
Henry Killian 1 700 000
Jonathan Nebbout 1 600 000
Christopher Chaudey 1 500 000
Virgile Turchi 1 400 000
Arnaud Mattern 1 100 000

Le top 10 global

JEtons

Sam Sweilem USA 3 800 000
Steven O'Nan USA 3 600 000
Artur Martirosian Russie 3 495 000
Kyle Mart USA 3 480 000
Chih Fan Taïwan 3 365 000
Shreesh Hebbar Canada 3 340 000
Felix Kuemayr Autriche 3 125 000
Arman Bezhanian Russie 3 100 000
Dan Stavila Moldavie 3 060 000
Farid Jattin Colombie 3 040 000

L'équipe du reste du monde a de la gueule
 

Daniel Hachem
Daniel Hachem (2,1 millions) est seul pour tenter de ramener la breloque dans la famille 21 ans après la victoire de papa Joe.

Farid Jattin
Le numéro 1 de la All-Time Money List colombienne Farid Jattin (3 millions) pourrait bien accroître son avance sur ses poursuivants.

Sasha Liu
Pour qui sera la place honorifique de last woman standing ? Sasha Liu peut être ? Avec 2,3 millions devant elle, elle est en tout cas favorite.

Katsuki Matsuoka
Katsuki Matusoka (3 millions) sera l'un des représentants de la communauté japonaise dont l'affluence augmente d'année en année sur ce Main Event pour prendre la cinquième place au rang des nationalités les plus représentées... juste derrière la France.

Sam Chartier
Les plus anciens se souviendront de Sam Chartier, toujours attendu par Ludovic Lacay pour un footing sur la Croisette dans un vieux épisode de Dans la Tête d'un Pro. Il peut encore patienter puisque le Canadien est encore présent avec 1,3 million.

Todd Brunson
Voilà une nouvelle photo issue du coverage Winamax que Todd Brunson (205 000) pourra afficher dans son resto Roma Deli, après celle avec le papa Doyle, capturée il y a bien longtemps sur une finale en Stud. Si ça peut nous valoir une petite ristourne sur la note à notre prochaine visite...

Stephen Chidwick
Des Triton au Main Event des WSOP, Stephen Chidwick (760 000) deep run presque tous les tournois sur lesquels ils s'engage.

Chino Rheem
Une gueule, un style, un palmarès, David "Chino" Rheem rêverait de retrouver le chemin de la TF qu'il avait déjà emprunté en 2008.

WSOP 2026 : tous nos articles

Ultime rafale

- 10 juillet 2026 - Par Benjo DiMeo

Hémorragie tricolore en toute fin de journée
Main Event 10 000 $ (Day 4)
Level 19 : Blindes 10 000 / 15 000 / 15 000


Main Event WSOP
22 heures 12 à Las Vegas. Le Day 4 vient de se terminer. Un peu plus tôt que prévu : on devait aller jusqu'à la fin du Level 20, on s'est arrêté au 19. Ce matin, la bulle nous a fait perdre un peu de temps... Pas grave : avec 533 joueurs restants au compteur, l'objectif est largement atteint, en termes d'écrémage.

D'après nos calculs, 23 Français seront au Day 5. Un de moins que l'an passé à la même date. La liste complète est déjà disponible sur notre Google Doc, les chip-counts seront publiés dans le prochain article. En attendant, rendons hommage à ceux qui n'auront pas la chance de poursuivre le Main Event demain, ayant rendu les armes durant les deux dernières heures de la journée...

Matthieu d Soubeyrand de Saint Prix
695ᵉ place pour Matthieu De Soubeyrand De Saint-Prix sur son premier Main Event, enchaîné après avoir disputé les trois tournois de son package "Side Events" gagné sur Winamax. Une excellente décision, puisque la manœuvre lui rapporte 25 000 $ !

Pierre de Almeidra
Discret mais efficace : le qualifié Winamax Pierre de Almeida signe son troisième ITM sur le Main Event en cinq ans (662e pour 27 500 $).

Maxence Carbonneaux
Maxence Carbonneaux : 655ᵉ, pour 27 500 $ aussi.

615e : Franck-David Tubiana 27 500 $
Il jouait son premier Main Event, après une petite perf au Venetian et un sat' remporté en ligne : Franck-David Tubiana prend la 615ᵉ place et 27 500 $.

Jérémy Marinier
On l'avait rencontré il y a longtemps, en 2013, quand il avait fait TF du Winamax Poker Tour à Paris : Jérémy Marinier signe une 598ᵉ place bonne pour 30 000 $.

Malo Latinois
Grand héros français de l'édition 2024, Malo Latinois chute cette fois loin de la finale, 596ᵉ, mais accroche le palier de gains de 30 000 $.

Jérémy Messas
Fin du rêve en 585ᵉ place pour Jérémy Messas, le dentiste envoyé à Vegas par ses associés. Il prendra l'avion du retour plus lourd de 30 000 $.

Florian Guimond
Florian Guimond, c'est encore son manager chez PMU Greg Céran-Maillard qui en parlera le mieux après sa sortie en 571e place : "Il aurait pu bust avec As-Roi contre les As, mais l'autre mec a juste call son 4-bet, il a perdu le minimum. Après, il a raté un bluff avec As-Dame. Il est passé de 500 000 à 1,9 million, puis down à 1,3 million, puis 500K, 200K, et le bust." L'ivresse de l'ascension, la désillusion de la chute, en somme. "Mais il est resté très fort mentalement tout du long. Il sort déçu mais heureux d'accrocher un deuxième ITM en cinq participations."

Mohamed Kerkeni
Mohamed Kerkeni fut l'un des derniers sortants du Day 4... C'est tellement récent que l'appli n'est pas encore à jour : pour connaître son rang, il faudra donc checker notre Google Doc de suivi un peu plus tard.

 Johan Guilbert
Un dernier pour la route ? Pas n'importe qui : Johan Guilbert, sorti en table télé. Et dire qu'il y a douze heures, il doublait son short-stack à la "stone bubble"...

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La France d'en haut

- 10 juillet 2026 - Par VictorP

Main Event 10 000 $ (Day 4)
Level 19 : Blindes 10 000 / 15 000 / 15 000

Relax, Chilaud

Maxime Chilaud

Après un été compliqué, selon ce qu'il nous partageait hier, Maxime Chilaud semble sentir le vent tourner sur ce Main Event, pointant actuellement troisième au chipcount de l'application WSOP+. Après avoir commencé la journée avec 1,3 million de jetons, Maxime a vu son tapis croître de manière linéaire autour d'une table assez bavarde.

Pour sa part, Maxime reste concentré sur son tournoi, continuant d'accumuler des jetons en remportant notamment deux gros coups qui lui permettent de poursuivre son ascension. Sur le premier, le Français ouvre A4, défendu par la small blind, et tous deux trouvent un flop K75. Pour valoriser sa couleur, Maxime opte pour une mise à hauteur de 40 % du pot, avant de relancer le donk bet de son adversaire sur la doublette du Roi au turn, puis d'envoyer une dernière sacoche sur le 3 river. Son adversaire paie avant d'annoncer avoir une couleur inférieure, sans pour autant montrer son jeu.

L'envolée se poursuit contre le même adversaire quelques mains plus tard. Celui-ci ouvre UTG, payé par le résident britannique au cut-off avec KQ. Le flop K99 entraîne une mise de 20 000, puis c'est au Français de miser 75 000 sur la Q au turn avant de rajouter une dernière praline à trois quarts du pot sur la Q river. "Ici, je pense qu'il a souvent une Dame. J'aurais pu miser plus cher, mais je voulais vraiment me faire payer", explique le grinder professionnel, qui sera effectivement payé par une dame moins bonne. Une lecture au laser qui lui permet de grimper à 3,2 millions de jetons. - Phil Anthropik

Sensations fortes

Sacha Cohen

Les montagnes russes. Difficile de trouver meilleure image pour résumer pour l’heure le Main Event de Sacha Cohen. "Je ne fais que ça depuis le début, c’est assez fou. Je monte, je descends, je remonte, je redescends, je remonte, mais on est encore là, donc on prend." Et cette quatrième journée n’a pas dérogé à la règle. Revenu ce midi avec un tapis de 427 000 jetons, le récent vainqueur du WiPT est une nouvelle fois passé par toutes les émotions. "Je suis rapidement monté à 600 000, puis je suis redescendu à 300 000. Je suis même descendu à 150 000 à un moment.” Un tapis qui commençait sérieusement à fondre, jusqu’à ce que le Français trouve un énorme hero call pour se relancer. Après avoir flat Roi-Dame suité préflop, Sacha paie le 3-barrel de son adversaire sur un board Roi-9-4-2-As… pour découvrir en face une simple paire de 3. Un call qui vaut de l’or et lui permet de revenir à près de 50 blindes.

Quelques mains plus tard, le Français limp en small blind, fait face à une relance à 3,5 BB, puis décide de squeeze à hauteur de 13 blindes. Son adversaire annonce alors tapis, et Sacha paie dans la seconde pour jouer ce qui ressemble au flip le plus important de sa journée. Le flop ? L’As tant attendu, suffisant pour lui permettre de remporter ce flip et de retrouver un tapis de 100 blindes ! Une véritable bouffée d’air après une journée passée à naviguer entre les extrêmes. “C’est très excitant comme sensation de faire les montagnes russes, on joue aussi pour ressentir ce genre de choses. J’entends beaucoup de gens dire : “J’ai dû jouer 10 heures avec 25 blindes, c’est l’enfer.” Moi, c’est tout l’inverse, j’ai joué avec tous les stacks possibles. Mais bon, maintenant, on va quand même essayer de se stabiliser un peu." - VictorP

Le syndrôme du survivant

Jérémy Saderne

Un tapis de 520 000, pile entre les 300 000 de début de journée et son plus haut point de 700 000, Jérémy Saderne vit son Day 4 "sur un rythme de croisière. Il ne s'est rien passé de bien croustillant, mise à part que je me suis fait attraper en bluff après avoir squeeze As-6 de grosse blinde suite à un call de monsieur à droite," se marre-t-il en désignant son compatriote Jonathan Nebbout. "Pour la petite histoire, je suis quand même un survivant parce que j'ai gagné avec une paire de Valets contre deux As en début de Day 3." Comme quoi les Jijis... "Maintenant, j'espère surtout aller au Day 5. Je crois l'avoir déjà fait une fois... mais je ne suis même pas sûr." Après vérification, il semble que le Champion du Monde s'était arrêté en milieu de Day 4 lors de son deep run précédent, en 2022, accrochant la 633e place.

Arrivé le 15 juin, Jérémy se fait cette année ce qu'il estime être "un petit Vegas. En fait, je me demande surtout comment je faisais pour passer six semaines ici les années précédentes. Le poker live, c'est tellement long et redondant. Patrick Leonard a fait un super post Instagram là-dessus hier. Il parle du fait que c'est une lutte permanente contre soi-même, qu'il faut savoir rester patient, mettre l'égo de côté si on en a. Et au moment où tu dois te mettre en action, faire quelque chose qui peut changer ton tournoi, il faut être prêt." Vainqueur du Mini Main Event des WSOP et de la Grande Finale du Winamax Poker Tour, Jérémy Saderne connaît une chose ou deux sur la façon d'aller au bout d'un tournoi au long cours. Mais sur ce tournoi unique au monde qu'est le Main Event, où nous n'en sommes même pas encore à mi-chemin, il faut aller puiser encore plus loin. - Flegmatic

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L'or se barre

- 10 juillet 2026 - Par Phil Anthropik

Main Event 10 000 $ (Day 4)
Level 19 : Blindes 10 000 / 15 000 / 15 000

La révélation Doré

Arthur Doré

Arthur Doré. Voilà un nom que l’on n’est pas près d’oublier. Qualifié sur Winamax via un satellite à 250 €, l’ingénieur parisien nous aura fait vibrer un peu plus chaque jour sur ce Main Event, jusqu’à cette cruelle sortie au Day 4. Après avoir bluffé tout le monde sur le Day 1C en terminant dans la peau du chipleader français, le jeune grinder habitué aux joutes online avait confirmé sur la journée suivante avant de connaître un premier véritable passage à vide sur le Day 3, au terme duquel il nous confiait s’être senti comme un survivant après avoir joué pour sa survie pour la première fois. Ce jeudi, il allait malheureusement vivre la journée la plus compliquée de son tournoi. “J’avais une table avec beaucoup de top regs et Ryan Riess (Champion du Monde 2013) deux crans à ma gauche, donc ce n’était vraiment pas facile de jouer mon jeu aujourd’hui.”

Pourtant, tout avait parfaitement commencé. Quelques minutes après l’explosion de la bulle, Arthur trouvait un précieux double up avec As-Roi contre As-Dame pour repasser au-dessus des 50 blindes. De quoi souffler… du moins le pensait-il. Car la machine allait soudainement s’enrayer. Un flip perdu avec As-Dame contre les Valets le faisait retomber à une vingtaine de blindes, avant que plusieurs petits pots perdus ne le laissent avec une douzaine de blindes. Le moment idéal pour tout envoyer à la première main décente. Et cette main, difficile d’en rêver une meilleure. “Sur un open 2,5 BB d’un mec qui n’avait open jusqu’ici que 2 BB, un récréa 3-bet 6 BB. À ce moment-là, je me dis : qu’est-ce que je jam dans ce spot en fait ? Et là, je retourne deux As !"

Le premier relanceur passe rapidement, mais le second snap-call avec les Rois. Un classique 80-20. Et alors que le board 9-3-2-2 offre le sourire au Français, un Roi sur la river vient finalement mettre un terme au magnifique parcours d’Arthur Doré, qui repart malgré tout avec un très beau gain de 25 000 $. Le sentiment qui domine après une telle sortie ? "Plein de choses en tête à vrai dire. D’un côté, je me dis forcément que j’ai trop de chance d’avoir ITM le Main Event quand tu sais que certains ne l’ont encore jamais fait alors qu’ils sont sur le circuit depuis plus de quinze ans. De l’autre, je suis forcément un peu frustré de bust de cette façon, et même temps, c’est un peu drôle de bust là-dessus, ça rajoute un peu de croustillant", me dit-il avec le sourire. "Non mais blague à part, quand tu pars d’un sat' à 250 € et que tu prends 25 000 $, c’est juste incroyable." - VictorP

Super Mario

Mario Boos

On n'en avait pas encore parlé, mais on avait pourtant bien repéré Mario Boos au cours du Day 3 lorsqu'il s'est retrouvé sous le feu des caméras de Dans la Tête d'un Pro en compagnie de Kool Shen. C'est d'ailleurs à ce moment-là qu'il a réellement commencé à décoller. "Je me suis fait livrer par un Américain, qui a jam 60 blindes avec As-Roi sur un board hauteur 9." En face, le Français est dans un fauteuil avec deux As en main et prendra l'intégralité du capital de ce généreux donateur. "C'était cool de jouer avec Bruno, on avait déjà eu l'occasion de jouer ensemble une fois, le retrouver c'était un plaisir." En effet, on a déjà eu l'occasion de voir jouer le Français, qui s'était invité en finale du High Roller de l'Estoril Poker Fest.

Pour ses premières World Series, Mario a pris l'option longue durée, se pointant dans la Ville du Vice début juin pour enchaîner les tournois, réalisant sur ce Main Event son cinquième cash du festival. "J'ai beaucoup joué, je sentais que j'avais besoin de repos, alors j'ai pris quelques jours de repos avant le Main. J'en ai profité pour chill avec les potes, kiffer devant la Coupe du monde, c'était très cool."

Ayant débuté la journée à 900 000, le Français n'a quasiment pas bougé en termes de stack, conservant 60 blindes pour tenter d'accrocher le Day 5. - Phil Anthropik

Maxi Best-Of

Robert Giordano

En partant manger à la cantine des croupiers, on croise Robert Giordano dans les coursives derrière la Ballroom du Paris. Aïe, rarement une bonne nouvelle, ça. "Ouais, j'ai sauté, nous confirme Best-Of. Mais je suis super content de mon tournoi." D'autant que celui-ci aurait pu s'arrêter bien plus tôt. "J'ai deux Dames, j'attaque et c'est défendu. Le flop vient Valet-5-3." Tout part au milieu et Robert fait alors face à Roi-Valet. Sauf que le turn est un Roi. "Le croupier compte : il me reste 5 000 !" Sauf qu'on joue alors sur 5 000 / 10 000. C'est alors qu'une bonne fée se pose au-dessus du siège du membre de la Team Partouche.

Main suivante, Robert part à tapis sans regarder ses cartes : c'est une paire de 2, qui tient contre à As-Roi. Main d'après : paire de 5 ! Cette fois, il fait face à As-Roi et As-Dame. "Je fais quinte, je remonte à 90 000. Main juste après, sur la tête de mes enfants : deux femmes ! Tout le monde passe jusqu'à moi en small blind. À ma gauche, le mec a un bateau. Je pars à tapis et il paie avec Dame-8." De 5 000, Robert se retrouve ainsi à 200 000, mais toujours dans la zone orange-rouge. Sa dernière main, il la joue finalement avec Roi-Dame pour ses huit dernières blindes, qui partent du côté d'un joueur qui le paie avec As-10. Pour sa 737ᵉ place, Robert encaisse 25 000 $. "J'ai gratté deux paliers grâce à cette paire de 2 ! C'est vraiment le plus beau tournoi du monde...", conclut-il avant de lâcher une dernière punchline. "C'est toujours mieux qu'un coup de pied au cul !" On ne peut qu'être d'accord. - Flegmatic

L'erreur est humaine

Kalidou Sow

Depuis maintenant deux jours, on vous parle du premier cash de Kalidou Sow sur le Main Event. On raconte n'importe quoi, mais c'est la faite de Kalidou : le vainqueur du PS Championship Prague nous a trollés en bonne et due forme en nous racontant ça. Une blague qui n'a jamais eu de chute et qui a donné lieu à une belle fake news, relayée par d'autres médias se souciant peu de la véracité de leurs sources.

Remettons donc l'église au centre du village en rappelant qu'il s'agit cette année de son troisième ITM, après un premier réalisé en 2019 pour 17 000 $, suivi d'un autre en 2023 pour 15 000 $. Alors qu'il reste 659 joueurs dans le plus gros tournoi de l'année, Kalidou augmente son record sur cette épreuve, déjà assuré de 27 500 $ en cash. Et avec un tapis d'1,5 million au dernier recensement, il peut espérer empocher beaucoup plus. - Phil Anthropik

Passement de jambes do Brasil

loic Debregeas

Alors que nous passions à côté de Loïc Debregeas, l'ancien Team Pro Winamax nous interpelle : "Ils sont vraiment fous ces Brésiliens, je viens d'en voir un faire une dinguerie de fou." Allez vas-y, fait péter la HH "Ça fait open UTG+1 défendu en BB, le flop vient 9-9-6, le brésilien en BB check/call un bet petit, puis les deux checkent sur une turn 8. Sur le 10 river, le Brésilien décide de check/raise tapis, alors que son adversaire avait overbet. Sans surprise, il se fait call par une paire de 88 pour full, par contre lui était en pampa totale avec une paire de 2. Ils sont vraiment dingues."

Pas de play hors des lines pour l'ancien vainqueur de la Top Shark Academy, qui trône derrière 1 million de jetons, ayant hérité de Sergio Aido à sa gauche. À ce stade du tournoi, Loïc améliore déjà son meilleur score de 2023 où il avait atteint la 812e place pour 25 000 $. - Phil Anthropik

Oraison funèbre

Malcolm Franchi

En plus d'Arthur et Robert, quatre autres Français ont rejoint le clan des éliminés français durant le temps qu'il nous aura fallu pour publier cet article. On a donc dit au revoir à Clément Michaud (776ᵉ, 22 500 $),Safwane Bahri (774ᵉ, 22 500 $), Malcolm Franchi (744ᵉ, 25 000 $, ci-dessus) et Jonathan Wahnich (704ᵉ, 25 000 $).

Clément Michaud

Clément Michaud

Safwane Bahri
Safwane Bahri

Jonathan Wahnich
Jonathan Wahnich

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Un nouveau chipleader français

- 10 juillet 2026 - Par Flegmatic

Main Event 10 000 $ (Day 4)
Level 18 : 6 000 / 12 000 / 12 000

Un héros très discret

Allan Sannier

Parmi les nombreuses choses qui font de ce Main Event un tournoi hors du commun c'est que, même avec une armada de couvreurs pour suivre l'événement dès son coup d'envoi, on continue de rencontrer de nouveaux compatriotes jusqu'au Day 4. En l'occurrence, Allan Sannier n'est pas n'importe puisqu'il est tout simplement le nouveau chef de file du clan tricolore, avec un tapis qui vient de grimper sous nos yeux à 1,9 million. En small blind, il 3-bet une ouverture d'un joueur en milieu de position qui le paie dans la seconde. C-bet à 83 000 sur le flop Q7J, payée tout aussi vite. C'est sur le 7 turn que l'action se ralentit, pas du côté du Français, qui enchaîne avec un deuxième barrel à 168 000, mais chez son adversaire qui tank avant de fold, non sans montrer une Q.

"Rah je suis dégoûté, nous souffle Allan après coup. J'avais une paire de 7 ! Je dois tout lui prendre, je pensais pas qu'il allait fold une Dame. Ça fait un petit moment que je le chauffe, il en avait marre de moi." Qu'à cela ne tienne, le Français poursuit une ascension entamée lors de la deuxième moitié du Day 3, une journée qu'il avait démarré avec 220 000, avant de passer "deux niveaux en souffrance. Je m'étais maintenu avec deux bluffs, mais c'était compliqué." Il faudra un hero call river avec une paire de 9 et une confrontation favorable avec deux Rois contre deux Dames pour qu'Allan entame son ascension. "La période de la pré-bulle est ensuite arrivée et la table m'a complètement laissé faire, moi et David Peters. On était les deux seuls à prendre des jetons." Résultat, un sac lourd d'1,1 million de jetons et un tapis quasiment doublé depuis.

Se définissant comme "un amateur éclairé," Allan ne préfère pas en dire beaucoup plus sur lui pour le moment. "On verra en table finale !", plaisante-t-il. Celle-ci serait d'autant plus belle qu'il s'est qualifié pour ce Main Event à partir d'un satellite live à 600 $. Comme quoi, la discrétion, ça a du bon.

À cheval sur deux continents

Adom Issahakian

Une entrée au milieu d'un Day 1D colossal, un patronyme inconnu, un Day 3 passé quasi intégralement en table télévisée le faisant disparaître de l'application WSOP+ (c'est pour ne pas spoil) : sans le vouloir, Adom Issahakian a tout fait pour passer sous nos radars pendant trois jours. Il était temps de régler ça et de partir à la rencontre de ce Français expatrié à Dubaï, travaillant dans le conseil en stratégie. "Je joue depuis environ trois ans en live, explique-t-il, mais je vais surtout sur le circuit asiatique, notamment à Taipei." Presque un autre monde. "Les Asiatiques sont beaucoup plus agressifs dans l'ensemble, alors qu'ici, on trouve de tout."

Il a notamment eu l'occasion de s'en rendre compte lors du Day 3. "J'ai joué huit heures en table TV avec, à ma gauche, Alex Foxen, Alec Torelli et Pedro Neves, trois supers joueurs. Alors que dans le même temps, à la même table, il y avait aussi un papy ricain inoffensif." Comment gère-t-on, justement, ce genre d'adversaires ? "J'ai essayé de ne pas jouer de spots marginaux contre eux. Par exemple, si j'ouvre Roi-Dame off et que l'un d'eux me 3-bet, je vais fold. Je cherchais surtout à jouer contre d'autres joueurs moins bon dans les blindes, mais ils ne me laissaient pas trop." Ce qui ne l'a pas empêché de bag 345 000 jetons, après avoir commencé le Day à 165 000. Retombé autour des vingt blindes au moment de notre passage à sa table il attendait le spot pour doubler. "Les niveaux sont tellement longs, il en suffit d'un ! C'est comme ça que je survis depuis le début."

Partis un jour

Léo Soma

Pendant ce temps, les éliminations continuent à un rythme extrêmement soutenu, fatal à quatre autres de nos compatriotes. Ona  ainsi dit au revoir au troisième du Deepstack Championship de l'an passé Nicolas Godard (895e, 20 000 $), au Champion du Monde Léo Soma (849e, 20 000 $, ci-dessus), au Franco-Espagnol Lorenzo Santos Rodriguez (823e, 22 500 $) et au sympathique amateur Alain Wehbe (808e, 22 500 $, ci-dessous). Et à l'instant, une mauvaise nouvelle nous est parvenue de la part de l'un de nos qualifiés. On vous en parle dans notre prochain article.

Alain Wehbe

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