23 Français compostent leur ticket pour le Day 5, dont un ancien rappeur au W rouge, un vainqueur KING5 et un qualifié pour 50 €
Le reste du contingent bleu a fière allure, entre Champions du Monde, vainqueurs PSC, réguliers du circuit et invités surprise. En tout, 533 joueurs avancent au prochain tour.
Main Event 10 000 $ (Fin du Day 4)
S'il fallait comparer le Main Event à une ascension, sans hasard aucun, celle de l'Everest, alors, une fois le Day 4 passé, nos alpinistes du poker seraient probablement au Camp 1, à 6 000 mètres d'altitude, passée la "cascade de glace". On a beau être loin au-dessus du plancher des vaches, on sait que les portions les plus difficiles sont encore à venir. La bulle, c'était le camp de base. Un passage obligé, mais qui ne peut représenter un objectif en soi une fois arrivé aussi haut. À partir de demain, chaque pas en avant va demander un surcroît d'énergie, pour grimper petit à petit là où l'air commence à se raréfier. Si près, mais si loin du sommet, tout retour en arrière ressemblera à un terrible échec, avant d'être vu, avec le recul, comme un formidable accomplissement.
Tous devront mobiliser leur esprit Kaizen, pour prouver à leurs pairs, à leurs proches, mais surtout à eux-mêmes qu'ils sont capables d'un exploit pouvant changer leur vie. Sur leur chemin, ils croiseront les corps inanimés de ceux qui ont un temps partagé le même rêve qu'eux, dont certains qui ont peut-être eu plusieurs cordées d'avance. À l'inverse, entre trois coups de piolet et deux crevasses évitées, ils verront probablement des retardataires ayant trouvé un second souffle leur repasser devant. Mais à aucun moment ils ne devront se sentir arrivés, sous peine de subir un moment de relâchement qui pourrait s'avérer coupable. Sur le Main Event comme le long des parois de l'Everest, on ne compte plus ceux qui ont flanché durant les deux-trois derniers kilomètres. Quoi qu'il arrive à partir de demain, nous ne pourrons pas être leurs sherpas. Ce sera à eux de porter seul le poids de leurs espoirs. Mais nous serons là pour nous assurer que leurs efforts n'auront pas été vains. - Flegmatic
Carte morte, mais toujours vivant
"Hier soir, il m'aurait fallu un sac de sport pour ranger tous mes jetons. Aujourd'hui, un sac à main aurait suffit." On peut compter sur Kool Shen pour trouver les bons mots afin de résumer sa journée. L'ancien rappeur a toujours plus d'une punchline dans son répertoire à défaut d'avoir pu compter sur des premiums dans son barillet aujourd'hui. "J'ai été card dead toute la journée, je n'ai pas vu une main. Enfin si, j'ai forcément vu quelques cartes, sinon je ne serai pas là. Par exemple, quand j'ai reçu As-Roi pour doubler contre un mec qui s'est chauffé à envoyer 18 blindes avec As-5 off."
Avant ça, Bruno s'était pas mal ambiancé avec son pote Romain Lewis, qu'il a eu juste à sa gauche une bonne partie de la journée, sur sa table précédente. L'aîné a même fait doubler le minot, sur un coup dont on vous reparle un peu plus bas. Beau joueur, notre dernier W rouge en lice s'est même laissé chambrer par son ex-coéquipier au moment du bagging. "Bah alors, tu vois que t'es toujours là ! La dernière fois que tu m'as parlé tu m'as lâché 'J'vais buster'." Non seulement il est toujours là, mais Bruno aura même 610 000 jetons, soit exactement 30 blindes et demie, pour tenter d'améliorer son high score de 2013 (201e). - Flegmatic
Romain Lewis : se 4-bet entre potes
On n'a posé qu'une seule question à Romain Lewis au sortir d'un Day 4 qu'il a passé en majeure partie à côté de Kool Shen : comment on fait, pour gérer les émotions conflictuelles qui nous assaillent à l'idée d'affronter l'un de ses meilleurs potes de poker sur le plus gros tournoi de l'année ? Sa réponse fuse, on sent que Romain avait commencé à y réfléchir dès qu'il avait découvert le seat draw, qui aujourd'hui aurait pu s'appeler un "Seat Bro". "Ce qui était vraiment important, c'est que Bruno puisse me dire dès le début : je vais jouer du meilleur que je peux, et toi tu vas faire pareil. Donc : pas de soft-play, il faut qu'on se joue. Et forcément, ça veut dire qu'il faut qu'on joue des spot 'lights'."
Traduction : il allait bien falloir se bluffer. "Car si je décide que je ne vais pas bluffer Bruno, il se passe quoi ? Je ne pourrai pas le value non plus. C'est le poker, il faut faire les deux, sinon ça ne marche pas. Et quand je vois qu'il a fini par me 4-bet shove en early avec paire de 8, je me dis qu'il était exactement dans le même état d'esprit que moi !" Ce fut l'un des plus gros pots de la journée disputés par les deux : Romain avait As-Roi, et a remporté le coin-flip. Forcément, plusieurs sentiments se sont entrechoqués : "Bien sûr que j'étais content de doubler. Mais j'aurais tellement préféré que ce soit quelqu'un d'autre qui perde les jetons..." Stack de Romain au départ du Day 5 : 805 000, soit 40 BB. - Benjo
Sacha Cohen : live is life
Deuxième Main Event pour Sacha Cohen. Le premier s'était arrêté au Day 3, hors ITM. Le second est plus vivant que jamais, avec deux fois la moyenne - 1,9 million - à la veille d'attaquer le Day 5. Entre les deux, il y a eu un événement majeur dans la vie du jeune grinder : la victoire sur le Winamax Poker Tour. "Les résultats, ça joue pour la confiance, nous dit-il. Ce n'est pas l'année où j'ai bossé le plus, mais c'est clairement celle où j'ai le plus joué, principalement en live." Au fil de son apprentissage, le profil de l'ancien gamer s'est transformé : son style d'aujourd'hui semble être taillé pour ce tournoi unique au monde qu'est le Main Event, et qu'il se plaît à comparer avec le WiPT, en raison de la présence importante d'amateurs "qui jouent le tournoi de leur vie".
"J'ai été formé à une école, ATM, où l'on privilégiait la technique pure, pour la performance online, se souvient-il. J'ai toujours aimé le live, mais en bossant beaucoup les maths, j'ai sans doute négligé des aspects qui permettent de perfer en live." Cette grosse cure de jeu "en dur" qu'il suit actuellement lui convient parfaitement, notamment sur le plan de la gestion de l'énergie. "Je ne suis pas du genre à m'épuiser en live. Je suis tellement bien que je ne vois pas le temps passer. Je pourrais continuer cinq heures de plus, là ! Mais c'est vrai que je n'ai jamais joué aussi longtemps. Après une journée comme ça, en mode rollercoaster, il va falloir bien se reposer." Car avant d'emballer 1,9 million, Sacha est d'abord retombé à 150 000... Mais c'est ça qui est bien, avec le Main Event : la structure exceptionnelle permet de belles remontadas. - Benjo
D'un ticket au Day 5, les qualifiés poursuivent leur chemin
Encore en lice à l’issue de ce Day 4 après avoir bag un impressionnant tapis de 1,7 million, Kyllian Henry (photo, à droite) a vécu ce qu’il qualifie lui-même de “journée de rêve”. “C’est tellement incroyable mec… Je pensais simplement faire ITM, et je me retrouve à bag 1,7 million, c'est juste dingue !” Une journée où tout a souri à notre qualifié Winamax, mais pas seulement. “En plus d’avoir run good, je suis particulièrement fier de moi, car j’ai joué mon A-Game, et j’étais super à l’aise à table. Je n'aurais pas pensé dire ça, mais j’ai même eu le sentiment d’avoir roulé sur ma table, c’est un sentiment incroyable, vraiment.” - VictorP
Ce n'est pas forcément le même son de cloche pour Charles Tabet (à gauche) qui termine le Day avec 205 000 jetons. Mais qu'importe, sa journée fut tout aussi exceptionnelle sur d'autres points. Plus tôt, le qualifié Winamax nous disait vouloir rêver grand, visant rien de moins qu'un one time à six chiffres. Certes, à 533 joueurs restants, on n'y est pas encore, mais les 30 000 $ déjà encaissés représentent un sacré bénéfice si on les compare aux 50 € investis pour choper le ticket en ligne.
Mais le Main Event, ce n'est pas que des gros sous, c'est surtout une expérience où les amateurs et les légendes se mélangent, et où les feux des projecteurs peuvent se braquer sur vous à tout moment. Tout ça, le Parisien l'a vécu en une seul journée, partageant la table de Shaun Deeb qu'il a ensuite suivi jusqu'en table télévisée. "C'était vraiment sympa. Bon, j'étais short, donc je n'ai pas trop pu jouer, mais ça laissera une trace. Je pense d'ailleurs avoir fait un fold un peu trop tight sur la fin de journée quand le bouton a fait tapis directement et que je fold A
10
. C'est sûrement trop tight, mais je ne le sentais pas."
Qu'importe, Charles sera toujours présent au Day 5 avec 205 000 jetons (10 BB) dans le sac, déjà très heureux de poursuivre son rêve. "J'ai commencé le poker en regardant le Main Event à la télé, c'est le tournoi que je rêvais de jouer et aujourd'hui je suis encore là au Day 5. Bien sûr, je parle de rêve et de one time, mais être encore présent à ce stade, quand j'y pense, c'est magnifique." - Phil Anthropik
Le top 10 FR
| Maxime Chilaud | 2 900 000 (145 BB) |
|---|---|
| Antonin Hays | 2 800 000 |
| Allan Sannier | 2 800 000 |
| Sacha Cohen | 1 900 000 |
| Loïc Debregeas | 1 900 000 |
| Henry Killian | 1 700 000 |
| Jonathan Nebbout | 1 600 000 |
| Christopher Chaudey | 1 500 000 |
| Virgile Turchi | 1 400 000 |
| Arnaud Mattern | 1 100 000 |
Le top 10 global
| Sam Sweilem | USA | 3 800 000 |
|---|---|---|
| Steven O'Nan | USA | 3 600 000 |
| Artur Martirosian | Russie | 3 495 000 |
| Kyle Mart | USA | 3 480 000 |
| Chih Fan | Taïwan | 3 365 000 |
| Shreesh Hebbar | Canada | 3 340 000 |
| Felix Kuemayr | Autriche | 3 125 000 |
| Arman Bezhanian | Russie | 3 100 000 |
| Dan Stavila | Moldavie | 3 060 000 |
| Farid Jattin | Colombie | 3 040 000 |
L'équipe du reste du monde a de la gueule
Daniel Hachem (2,1 millions) est seul pour tenter de ramener la breloque dans la famille 21 ans après la victoire de papa Joe.
Le numéro 1 de la All-Time Money List colombienne Farid Jattin (3 millions) pourrait bien accroître son avance sur ses poursuivants.
Pour qui sera la place honorifique de last woman standing ? Sasha Liu peut être ? Avec 2,3 millions devant elle, elle est en tout cas favorite.
Katsuki Matusoka (3 millions) sera l'un des représentants de la communauté japonaise dont l'affluence augmente d'année en année sur ce Main Event pour prendre la cinquième place au rang des nationalités les plus représentées... juste derrière la France.
Les plus anciens se souviendront de Sam Chartier, toujours attendu par Ludovic Lacay pour un footing sur la Croisette dans un vieux épisode de Dans la Tête d'un Pro. Il peut encore patienter puisque le Canadien est encore présent avec 1,3 million.
Voilà une nouvelle photo issue du coverage Winamax que Todd Brunson (205 000) pourra afficher dans son resto Roma Deli, après celle avec le papa Doyle, capturée il y a bien longtemps sur une finale en Stud. Si ça peut nous valoir une petite ristourne sur la note à notre prochaine visite...
Des Triton au Main Event des WSOP, Stephen Chidwick (760 000) deep run presque tous les tournois sur lesquels ils s'engage.
Une gueule, un style, un palmarès, David "Chino" Rheem rêverait de retrouver le chemin de la TF qu'il avait déjà emprunté en 2008.































4
. Le flop K













