Pas tout à fait, mais presque

- 9 juillet 2026 - Par Benjo DiMeo

La journée s'arrête à seulement 7 places de l'argent ! 61 Français, dont Kool Shen avec un énorme stack, plein de têtes connues et quatre anciens membres du Team Pro vont jouer la bulle jeudi en tout début de Day 4.
Main Event 10 000 $ (Fin du Day 3)


WSOP Coverage Winamax
On a assisté à des séances de "tanking" de niveau olympique en fin de journée... et rarement les cris de "Floor !" ne se sont fait entendre avec autant d'insistance. 

C'est un grand classique du Main Event des WSOP depuis quelques années : à la fin du Day 3, on s'approche tellement de la bulle qu'on pourrait presque la toucher... mais presque à chaque fois, le gong retentit avant la délivrance. Forcément, la situation doit frustrer pas mal de joueurs, en premier lieu les short stacks, qui en plus d'aller se coucher avec la boule au ventre, vont pour beaucoup devoir réserver une journée de plus à Vegas avant d'être fixés sur leur sort. Mais d'un autre côté, on peut comprendre le point de vue des organisateurs : ils n'ont pas forcément envie de se lancer à 23 heures dans un processus qui, historiquement, peut parfois durer plus de deux heures.

WSOP Coverage Winamax1 389 joueurs seront donc de retour jeudi : 7 d'entre eux vont vivre la pire journée possible en ne recevant aucune récompense pour leurs efforts. Au sein du field, on recense 61 Français, dont un Kool Shen qui aura la lourde tâche de briller devant les caméras de Dans la Tête d'un Pro, et aussi de ne pas casser une série longue de 18 ans pour le Team Winamax dans le Main Event (depuis la naissance de l'équipe en 2007, nos joueurs ont toujours signé au moins un ITM sur le Big One chaque été).

Loïc Debregeas, lOn l'a compris à ce stade : avec un seul joueur qualifié pour le Day 4, cette édition 2026 ne rentrera pas dans les annales du gang au W rouge. On a souri lorsqu'on s'en est rendu compte en fin de journée : parmi les joueurs du Day 4, on dénombre bien plus d'"ex" du Team que d'actuels membres ! On retrouve ainsi Arnaud Mattern (très, très bien stacké), Loïc Debregeas (724 000), le dernier parti en date Romain Lewis (716 000), et un vrai revenant : Tristan Clémençon (82 000), pour son premier Main Event des WSOP depuis son départ du Team en 2012. On aurait pu en avoir cinq... si Adrien Delmas n'avait pas été éliminé durant la dernière heure.

Parcourez la liste des qualifiés français pour le Day 4, compilée par nos soins, et vous reconnaîtrez pas mal d'autres noms familiers : Sacha Cohen, Benjamin Chalot, Yoh Viral, Virgile Turchi, Léo Soma, Malcolm Franchi, Malo Latinois, Robert "Best Of" Giordano, Cédric Schwarderle, Hugues Girard... accompagnés par nombre de profils moins ronflants, beaucoup disputant pour la première fois le Main Event. Un coup de chapeau particulier à l'amateur Albert Gardes, grinder du début des années 2010 devenu entrepreneur, qui nous a déroulé une remontada de légende pour "bag" bien gras (593 000), ainsi qu'à Jean-Luc Voyer, parti avec un stack de 6 BB et qui a réussi à se maintenir.

Du côté des pros, Maxime Chilaud n'aurait pas pu vivre une meilleure journée, multipliant par dix un stack modeste de 130 000 pour terminer parmi les chip-leaders. Surprise en revanche du côté d'Alban Juen, qui toisait le chip-count tricolore en début de journée : on ne le retrouvera pas au Day 4, tout comme Julien Brécard, Benjamin Pollak, Sonny Franco et bien d'autres. - Benjo

Pour l'honneur du Team

Kool Shen
Après l'élimination de Mustapha Kanit, Bruno Lopes n'était pas au mieux quand les caméras de Dans La Tête d'un Pro se sont positionnées autour de sa table. "Je suis content de ma discipline, j'ai fait des gros folds" expliquera-t-il au sortir de la journée. Il faudra attendre la sortie des épisodes pour connaître les mains qui l'ont fait remonter... car (spoiler alert), Bruno a ensuite mis le turbo sur les deux derniers niveaux de la journée pour monter un stack de 694 000, soit 86 blindes à la reprise. Largement de quoi atteindre l'argent et égaler le record d'ITM d'Elky sur le Main Event (6). 

 "Bien rempli ce sac, mais j'ai plus", lance un Romain Lewis goguenard, avant de féliciter son ex-compère dans le Team. Si l'affaire n'est pas encore tout à fait dans le sac, ce ne sera probablement pas en 2026 que le Team Pro Winamax fera le zéro pointé sur le Main Event ! - Phil Anthropik

Un truc de malade

Kalidou Sow
Hier, au cours du dernier break du Day 2, Kalidou Sow m'expliquait qu'en sept Main Events joués, il n'était jamais rentré dans l'argent. "Je crois que je n'ai toujours pas compris comment on fait", plaisantait-il. Aujourd'hui, visiblement, le vainqueur de l'EPT Prague a eu le déclic pour au moins s'en rapprocher. "J'ai surtout bien run, j'ai eu les bonnes rencontres au bon moment", pondère-t-il sans rentrer dans les détails. On le sait malade et fatigué depuis le début du tournoi : sa prestation n'en est que plus admirable, avec un gros stack d'1,05 million amassé à une table sur laquelle il a dû batailler avec notamment Benjamin Chalot. - Phil Anthropik

Rien ne sera facile pour nos qualifiés

Qualifiés Winamax
Ils seront cinq qualifiés Winamax à prendre place au Day 4 de ce Main Event. Eux, ce sont Arthur Doré, Kyllian Henry, Pascal Ridet, Charles Tabet et Pierre De Almeida.

Arthur a connu sa première journée compliquée du tournoi. “Je me sens comme un survivant, car j’ai eu pour la première fois la peur de bust quand je me suis retrouvé à tapis couvert. Mais Day 4 pour mon premier Main Event, c’est juste fou.” Pour Kyllian, c’est surtout la fin de journée qui laissera des souvenirs.  “C’est un sentiment mitigé, car je suis trop content de la façon dont j’ai joué aujourd’hui. Et à côté de ça, le dernier niveau était très éprouvant, c’était un sentiment très désagréable." Même constat pour Pascalpartagé entre satisfaction et frustration. “C’est très cool, même si j’ai vécu deux dernières heures hyper frustrantes avec des spots où je ne savais pas quoi faire.”

Après avoir signé deux places payées en 2021 et 2022, Pierre aura l’occasion de faire la passe de trois ce jeudi, à l’inverse de Charles, qui devrait de son côté gouter aux joies d’un premier ITM dès sa première participation. - VictorP

Day 4 : le top 10 global

Sasha Liu
La chip-leadeuse du Day 3 est... la même que sur le Day 2ABC ! Sasha Liu a réussi à "bag" le plus gros stack deux soirées de suite.

Sasha Liu USA 2 364 000
(295 BB)
Martin Zamani USA 1 965 000
Levon Khacatryan USA 1 745 000
Robert Gill USA 1 604 000
Robin Kleinbeck Allemagne 1 558 000
William Givens USA 1 540 000
Brian Carraher USA 1 463 000
Felix Kuemayr Autriche 1 398 000
Jared Passanante USA 1 361 000
Abhishek Goindi Inde 1 355 000

Le Top 10 Français

Arnaud Mattern

Arnaud Mattern 1 284 000
(160 BB)
Maxime Chilaud 1 264 000
Allan Sannier 1 125 000
Kalidou Sow 1 050 000
Pierre de Almeida 945 000
Mario Boos 912 000
Alain Wehbe 841 000
Hugues Girard 811 000
Léo Soma 739 000
Loïc Debregeas 724 000

Qui d'autre au Day 4 ?

Alex Foxen
Alex Foxen (845 000)

Michael Mizrachi
Le tenant du titre Michael Mizrachi (600 000)

Marcel Luske
Le Hollandais Marcel Luske pour représenter l'ancienne école européenne (507 000)

Shaun Deeb
Shaun Deeb, toujours en course pour le back-to-back au classement Player of the Year (938 000)

Erick Lindgren
L'ancienne gloire Erick Lindgren (1 million)

Benjamin Chalot
Benjamin Chalot (161 000)

Michael Gathy
Le Belge Michael Gathy (130 000)

Kathy Liebert
Plus old school, tu meurs : Kathy Liebert (146 000)

Karim Lehoussine
Karim Lehoussine (101 000)

Léo Soma
Léo Soma (739 000)

Jérémy Messas
Le dentiste Jérémy Messas (447 000)

Jonathan Walmich
Jonathan Wahnich (454 000)

Kristen Foxen
Kristen Foxen (86 000)

Greg Raymer
Greg Raymer (326 000)

Virgile Turchi
Virgile Turchi (100 000)

Tristan Clémençon
Tristan Clémençon, qui est tombé quasi au starting stack en fin de journée, et va donc vivre un début de Day 3 très tendu

WSOP
Cédric Séguin (79 000) et Jérémy Marinier (307 000)

Chris Moorman
Chris Moorman (218 000)

WSOP
Les anciens Champions du Monde Joe Hachem (744 000) et Scott Blumstein (438 000) 


DLTDP
Dans la Tête d'un Pro sera aussi au Day 4, pour continuer de filmer Kool Shen !


On trépigne d'impatience

Croupière
La bulle... c'est à chaque fois notre phase préférée du tournoi avant la finale : celle où toute la tension et l'excitation accumulées au cours des trois journées précédentes culminent dans un épique moment d'hystérie collective. Rendez-vous jeudi aux alentours de 20 heures pour la vivre avec nous ! 

Benjo, VictorP & Phil Anthropik
Photos par Caroline Darcourt

WSOP 2026 : tous nos articles

Level 15 : la bulle se forme dans les esprits

- 9 juillet 2026 - Par VictorP

Main Event 10 000 $ (Day 3)
Blindes 3 000 / 6 000 / 6 000

Il reste une heure à jouer, nous sommes à moins de 100 éliminations des places payées !

Des abysses aux sommets

Albert Gardes
Tombé à seulement 30 000 jetons quelques heures après le début de ce Day 3, Albert Gardes nous a offert, après Ludovic Moryousef, une nouvelle remontada comme on en raffole. À l’heure où nous le retrouvons, le Français trône derrière… 887 000 jetons ! Vous avez bien lu. Comment est-il passé de quelques blindes à l’un des plus gros tapis du tournoi ? À l’écouter, rien de plus simple. “Je vais avoir du mal à te raconter les treize coups que j’ai gagnés d'affilée en un peu plus d’un niveau, mais je peux au moins te décrire le dernier, il est facile à comprendre en plus : deux As contre deux Rois.” Rien que ça ? “Oui, mais attends, je ne t’ai pas encore raconté le déroulé du coup ! Sur une relance de ma part, le joueur qui a les Rois décide de me 3-bet, et j’ai voulu le trap, alors j’ai just call.” Jusqu'ici tout va bien. “Et sur un flop Roi-6-5, on est tous les deux à tapis.” Aïe, ça va beaucoup moins bien d'un coup. "Mais, qu’est-ce qui tombe river ? Le dernier As du paquet ! Je dis bien le dernier, car un joueur nous a avoué avoir fold As-5.”

Un one outer en bonne et due forme qui propulse Albert parmi les plus gros stacks en circulation à quelques heures de la fin de cette journée. Et malgré cette ascension express, le principal intéressé affiche un calme presque déconcertant. “En fait, même si je vois le field se réduire à une vitesse folle, tant qu’on ne passe pas en dessous de la barre des 1 000 joueurs, je n’arrive pas vraiment à réaliser ce qu’il se passe. Il y a encore trop de monde aux tables.” L’objectif pour cette fin de journée ? “Conserver un beau stack, bien entendu, mais je ne veux pas m’arrêter de jouer pour autant. Donc, l’idée, c’est de ne pas s’enflammer, et de jouer des coups en fonction des stacks de certains, bien analyser contre qui je peux me permettre de jouer des coups ou non.” Le tout avec un objectif bien précis en ligne de mire : "passer la bulle, bien évidemment !" - VictorP

La musique du hasard

Johan Guilbert
Présent depuis deux mois à Las Vegas, Johan "Yoh Viral" Guilbert n'a pourtant joué que deux tournois, dont ce Main Event. Comprenez par là que le poker est désormais devenu secondaire pour lui, encore plus depuis l'acquisition de son premier bracelet en décembre dernier, sur un High Roller à 25 000 $ des WSOP Bahamas.

Mais le Main Event n'est pas un tournoi comme les autres. "C'est un tournoi historique", une madeleine de Proust qu'il a jouée à 14 reprises. "Je ne l'ai ITM qu'une seule fois, c'était ma première. Depuis c'est blank sur blank, ce sera peut-être le deuxième sur celui-ci. Enfin là, j'enchaîne les tapis, il va falloir passer entre les balles", dit-il en jetant un œil au nombre de participants. Détendu à souhait, le streamer se prête volontiers au jeu de l'interview, faisant même l'objet d'un petit happening organisé par le streamer japonais Masato Yokasawa, qui vient lui offrir un sweat de sa collection.

Le poker l'a longtemps fait vivre : aujourd'hui c'est plus une distraction, c'est c'est dans la musique que l'ancien animateur radio veut percer. "Ça fait des années que je mixe, j'ai toujours aimé partager la musique que j'aimais, je le faisais déjà en stream. Aujourd'hui, j'ai l'objectif de faire des grosses scènes et de tourner à l'international. Mon Main Event de la musique, l'événement sur lequel je veux réellement mixer, ce serait la scène principale de Tomorrowland, et j'espère y être dans les cinq prochaines années." Un nouvel objectif ambitieux pour Johan, mais quand on voit le temps et l'énergie qu'il a mis pour atteindre le premier, nul doute qu'il mettra tous les moyens à sa disposition pour y arriver. - Phil Anthropik

[EDIT] :
À peine ce post rédigé que nous recroisons Johan, qui nous explique avoir donné 60 000 de ses 70 000 rondelles à un adversaire en faisant n'importe quoi. En tilt, il déclare : "Avant, je n'aurais plus rien joué, mais là j'en ai plus rien à faire, je vais tout envoyer !" Fera-t-il réellement son deuxième ITM ? Rien n'est moins sûr.

Ils ne connaîtront pas la saveur de l'oseille

Nicolas Vayssiere
Fin du bal pour Nicolas "Chèvre.miel" Vayssieres, qui est passé nous saluer sur le banc de presse. Fort de deux gros deep runs ces dernières années, il se sera incliné à quelques encablures de la bulle après une descente aux enfers en deux temps : d'abord dans une rencontre avec deux paires contre quinte, puis avec A8 contre AQ pour ses quinze dernières blindes.

C'est terminé aussi pour : le très sympathique Yoann-Rafael Saubot, Agatino Spitaleri, Romain Bremond, Antonio Guerrero, et Nicolas Tytgat.
 

Agotino Spitaleri
Agotino Spitaleri

Nicolas Tytgat
Nicolas Tytgat

WSOP 2026 : tous nos articles

Level 14 : une affaire de famille

- 9 juillet 2026 - Par VictorP

Main Event 10 000 $ (Day 3)
Blindes 3 000 / 5 000 / 5 000

Une bataille contre soi-même

Matthieu de Saint-Prix
"535k". Tel est le message que nous avons reçu dans le groupe WhatsApp des qualifiés Winamax au beau milieu de ce Day 3. L’auteur ? Matthieu de Saint-Prix, qui avait déjà conclu son Day 2 avec un solide tapis (230 000 jetons). Il n'en fallait pas plus pour que j’aille immédiatement prendre de ses nouvelles. “J’ai gagné deux gros coups”, résume-t-il fièrement. “Je peux t’en raconter un des deux si tu veux. Sur un open UTG, je 3-bet deux Dames en small blinde et mon adversaire call en étant 40 BB deep, quand je dois avoir le double. Flop 10-4-6 rainbow. Je c-bet un tiers pot, il call. Turn, 10. Je check, et là, il fait tapis pour environ le pot. Je me mets à compter les combos, je n'en trouve pas assez en value, et je finis par call. Il avait paire de 9.” Un call qui fait mouche et permet à celui qui fêtera son anniversaire demain de franchir la barre des 400 000 jetons.

Et le deuxième coup, vraiment aucun souvenir ? “Ah si, je m’en souviens à peu près. Je squeeze As-2 suité au bouton, un joueur me paye.  Et après avoir check-check au flop, j’ai deux barrel turn et river quand la flush est rentrée river, mais il a fini par fold sur mon bet une fois et demie le pot.” Deux beaux coups parfaitement négociés qui propulsent le Français à 535 000 jetons. Une journée de rêve ? Oui. Mais pas de quoi lui faire perdre la tête pour autant. “C’est assez étrange comme sensation. C’est la première fois que je joue un tournoi à 10 000 $, et j’ai les mêmes émotions que sur un 800, je reste très lucide, très calme. Comme l’a dit Patrick Leonard il y a quelques jours, sur le Main Event, on ne joue pas contre des adversaires, on joue contre soi-même. Et sur ce tournoi, on en apprend beaucoup sur soi et c’est ce qui me plaît beaucoup.” - VictorP

Sacrispeyre et fils

Patrick Sacrispeyre
Partager le Main Event avec son fils, c'est le plaisir que se font Patrick et Edouard Sacrispeyre chaque année depuis quatre ans. Le premier est un nom qui a marqué le poker des années 2010 en montant le projet Poker Leaders en compagnie, entre autres, de Kool Shen et du regretté Eric Haik. Un projet de salle de poker française ayant reçu l'agrément de l'ARJEL (désormais ANJ), mais qui est finalement tombé à l'eau, la concurrence des grosses rooms existante était trop rude. Un échec qui n'a pas entamé la passion de Patrick, qui se réserve aujourd'hui principalement les WSOP comme programme annuel de poker.

Gérant d'une ferme de minage dans les cryptomonnaies, Patrick a pour l'instant vécu un début assez compliqué : on l'a compté à 50 000 à la même table qu'Adrien Delmas. "C'est déjà une chance de pouvoir jouer avec mon fils, on est tous les deux des mordus du jeu, mais vas le voir lui, il aura sûrement plus de choses à te raconter." Deux tables plus loin, Edouard semble un peu mieux avec 100 000, même si le discours sonne identique. "Aujourd'hui c'est catastrophique, j'étais bien parti en montant à 150 000 et après je n'ai plus rien touché. Je suis tombé à 35 000 avant de doubler une première fois avec As-Roi contre Roi-Valet, avant de chatter AQ contre AQ en trouvant trois piques au flop."

Edouard SacrispeyrePour Edouard, ce Day 3 semble infranchissable, ayant vu son parcours s'arrêter à ce stade par trois fois sur ses quatre précédentes tentatives. "Je veux juste passer le cut afin d'éviter que l'histoire se répète encore et encore." Agent immobilier du côté de Marseille, Edouard partage principalement cette passion avec son paternel. "De temps en temps je joue du côté d'Aix-en-Provence, mais pour moi le poker c'est surtout ce rendez vous en famille." Mal en point au retour du break, Edouard sera le seul représentant de la famille à pouvoir prétendre à l'ITM Patrick ayant terminé son aventure quelques instants après notre passage. - Phil Anthropik

WSOP 2026 : tous nos articles

Level 14 : à 200 places de l'argent

- 9 juillet 2026 - Par Benjo DiMeo

Main Event 10 000 $ (Day 3)
Blindes 3 000 / 5 000 / 5 000

Coverage WSOP Winamax 2026
De retour de dîner, la tension est palpable : elle monte, petit à petit, cran par cran. Les places payées, si loin à la reprise ce matin, se dessinent maintenant à l'horizon : ils sont encore 1 580 pouvant y prétendre, seuls 1 382 y parviendront. Géographiquement parlant, les joueurs restants sont presque tous rassemblés dans la grande salle du Paris. Terminé, le Horseshoe à un kilomètre de là : ses derniers pensionnaires viennent d'être évacuées. Il reste encore une trentaine de tables dans la salle Yellow, à quelques mètres d'ici : bientôt, on assistera à l'ultime réunification du tournoi, celui qui se produira lorsque tous les survivants seront rassemblés sous le même toit. Alors on pourra le dire : le vainqueur est dans la salle ! Mais qui ? Ça, on ne le saura que début août, après une pause de semaines suivant la constitution de la finale...- Benjo

Value cut

Coverage WSOP Winamax 2026
J'arrive à hauteur de la table de Sacha Cohen tandis qu'il est engagé dans un coup multiway. On est sur un turn 54K4, et la SB a misé 17 000. Sacha (qui était en début de parole) paie, au contraire des deux joueurs derrière. La rivière est un 6 : cette fois, la BB checke. Sacha en profite pour miser 55 000. La BB est dépitée, mais paie tout de même très vite. Sacha retourne KJ pour la top paire. Le champion du dernier WiPT vient de se value cut en beauté : la BB s'empresse de retourner K6, pour une deuxième paire trouvée in extremis.

Encore 520 000 chez Sacha, bien au-dessus de la moyenne : il n'y a aucune raison de s'en faire. - Benjo

Brèves de qualifiés

Coverage WSOP Winamax 2026
Il reste encore six qualifiés Winamax qui peuvent espérer l'argent (cinq Français, un Espagnol), sur un total de 18 au départ. Quelques nouvelles :

Juste avant le dîner, Pierre de Almeida (photo) a grimpé à 611 000 après un strike avec paire d'As : il élimine le détenteur d'une paire de Dames, et un autre qui avait une paire de 4. Un coup qui fait directement suite à un gros pot gagné avec deux Rois. Bref, tout roule pour l'ancien employé de PMU.

L'unique vainqueur du KING5 2026 encore en course, Kyllian Henry, affiche un stack de 289 000. Un peu en dessous de la moyenne, mais encore très deep aux blindes 2 500 / 5 000.

Coverage WSOP Winamax 2026
  Arthur Doré publie la photo suivante dans le Whatsapp dédié aux qualifiés. Le texte qui va avec, verbatim : "Back to 508k on s’est fait livrer avec AA dans un spot où villain a rien à faire là mdrrr mais il turn straight draw en plus de son fd bahaha j’ai transpiré." Peu avant, Arthur était tombé à 260 000 après un énorme coup perdu contre l'autre chip-leader de la table... - Benjo

Teasing

Coverage WSOP Winamax 2026
Avouez, rien qu'en regardant la photo, vous avez eu le réflexe de Pavlov. Mais désolés : ça sera bien la seule image de Dans la Tête d'un Pro que vous verrez avant de longs mois...

C'est bien, mais pas suffisant

Ils ont joué trois journées de poker entières... et ils n'ont rien gagné. Eux, ce sont ceux qui ont sauté tard durant le Day 3. On compatit avec...
 

Coverage WSOP Winamax 2026
Fabien Gun

Coverage WSOP Winamax 2026
Martin Louzao

Coverage WSOP Winamax 2026
Gabriel Bardini (vainqueur du KING5 2025, il avait fait ITM cette année-là)

Coverage WSOP Winamax 2026
Gaëtan Balleur

Benjamin Gros
Benjamin Gros

Christophe Pommier
Christophe Pommier

WSOP 2026 : tous nos articles

Level 13 : silence, on rêve

- 9 juillet 2026 - Par Benjo DiMeo

Main Event 10 000 $ (Day 3)
Blindes 2 000 / 4 000 / 4 000

Des contes de fées qui se poursuivent

Ludovic Moryousef
Souvenez-vous : lors du Day 2ABC, Ludovic Moryousef nous avait raconté ce qui fut probablement l’histoire la plus folle de ce début de Main Event. Tombé à une seule grosse blinde avant de se retrouver à tapis forcé dès la main suivante, le Français avait signé une remontada défiant les probas pour finalement "bag" près de 200 000 jetons. Visiblement, il n’a pas prévu de s’arrêter en si bon chemin. Après avoir entamé le Day 3 avec 192 000 jetons, Ludovic a directement appuyé sur l’accélérateur. Après avoir grappillé quelques jetons en début de journée pour faire grimper son stack à hauteur de 250 000, Ludovic a eu droit à un setup de rêve pour décoller dans les hauteurs du classement. Sur un open shove à 40 000 jetons du premier joueur de parole, Robert Mizrachi, détenteur de cinq bracelets WSOP et frère de Michael, décide de payer. À sa gauche, Ludovic découvre une belle paire de Dames et opte pour une relance à 82 000 jetons. "À ce moment-là, il me regarde droit dans les yeux, jette un coup d’œil à mon stack et voit qu’on a à peu de choses près le même tapis. Il fait all-in." Pas de quoi faire trembler notre Français, qui snap-call. As-Roi chez Robert, et "au flop, ça vient brique, brique, brique. Et c’est là que ça devient intéressant.” Le turn ? Un 2 qui offre brelan au plus petit tapis, détenteur d’une paire de 2. “Mais j’ai fait la Dame derrière !” s’exclame Ludovic, hilare en repensant au coup. “Bon, je n’en avais pas besoin pour gagner le side pot contre le frère de Michael, mais c’est encore plus beau de tout prendre.” Tout prendre, jusqu’à culminer à près de 660 000 jetons. “Ah bah là, c’est comme dans un rêve. Mais on sait que ça peut aller très vite, alors il faut continuer comme ça.” - VictorP

 Florian Guimond
De l’autre côté de la salle, un autre Français est en train de vivre une journée de rêve : Florian Guimond. Alors qu’il me demandait de repasser le voir plus souvent après avoir éliminé Antonio Esfandiari lors du Day 2ABC, Florian semble finalement s’être très bien débrouillé sans moi. "Oui, j’avoue que ça run assez fluide”, sourit-il après avoir lâché 1 BB dans un pot qui n'est allé nulle part. “Si je ne perds qu’une seule blinde à chaque fois que je perds un coup, ça me va !” plaisante-t-il. Avant ce pot anecdotique, celui qui dispute cette année son cinquième Main Event venait surtout de s’offrir un énorme pot qui l’a propulsé dans les hauteurs du classement.  "J’ai fait carré de 6 contre un très bon joueur. En gros, je défends en SB ma paire de 6. Ça vient 6-6-9 au flop. Ça check-check. Sur le 7 turn, j’envoie un gros overbet, il me call. Et river, quand tombe un 10, je décide de faire très cher et il m’a finalement payé avec As-8, donc straight. En fait, je n’ai eu aucun setup défavorable depuis le début." Un énorme tapis que La_Twice espère désormais conserver à l'issue de cette journée. "Je suis content parce que j’ai un stack prometteur pour la bulle. La stratégie, c’est d’avoir le plus gros stack possible pour mettre full pression demain midi à ce moment-là, d’autant que la plupart des joueurs récréatifs ne veulent qu’une seule chose : faire l’argent. Donc, ce sera à moi d’en profiter le plus possible, mais on verra, on verra", conclut-il, conscient que, sur ce tournoi plus que sur n’importe quel autre, tout peut basculer très vite. - VictorP

La classe à Vegas

Romain Lewis
On arrive à la table de Romain Lewis juste à temps pour l'observer plongé dans le tank sur une rivière 79310J. La grosse blinde a misé 15 000 : au bouton, le Franco-Britannique se tâte... mais c'est pour mieux relancer ! Tout petit : 33 000. Son adversaire fold rapidement. On compte rapidement son tapis : 480 000 au bas mot. On dirait que l'ex Team W poursuit sa progression sans accrocs... En aparté, on ne peut s'empêcher de lui demander : sur cette main, tu avais les papiers ? "Non !", répond-il. Au fait : les lunettes de soleil, ce n'est pas un accessoire courant chez toi, non ? "J'en portais souvent avant Winamax, puis j'ai commencé à ne plus supporter les lentilles de contact." Pendant des années, Romain a donc porté ses lunettes de vue à peu près tout le temps... avant de se trouver un modèle de lentilles qui lui convient mieux. En vrai, les sunglasses lui donnent un vrai cachet ! - Benjo

Maxime chill, Maxime haut

Maxime Chilaud
Bonjour Maxime Chilaud, comment ça va la vie ? "Ça va, sauf que ce n'est pas le meilleur Vegas." Effectivement : cinq ITM depuis la fin du mois de mai (Maxime est arrivé tôt), et que des sommes à quatre chiffres encaissées. "Mais il reste celui-là, le plus beau, on va tout faire pour le gagner." Le dernier niveau en date a fait entrer son tournoi dans une autre dimension, avec une confrontation deux As contre As-Roi et "plein d'autres coups" qui l'ont fait passer de 130 000 à 450 000 en très peu de temps. Ça part de là ! - Benjo

Collection particulière

Fans de poker
Voici une couple qui ne passe pas inaperçu dans les couloirs des casinos Paris et Horseshoe : ils sont là tous les jours, ou presque. Mais Patti et Daniel n'enchaînent pas les tournois, en tout cas pas tous les jours. Plutôt que de collectionner les ITM, ces super fans chassent sans relâche les autographes et les selfies. "On fait ça depuis vingt ans", nous dit Patty en exhibant un album-photos, le dernier en date d'une longue série.

Fans de pokerSi vous avez passé un peu de temps sur les WSOP, vous les avez forcément croisés, la plupart du temps à bord de voiturettes électriques à bord desquelles ils font le trajet depuis le Jockey Club, petit hôtel situé de l'autre côté du Strip, à côté du Bellagio. Le couple de Los Angeles est même apparu dans la dernière saison de Dans la Tête d'un Pro, demandant une photo à Leo Margets en plein milieu de son historique deep run sur le Main Event 2025. "Elle est tellement gentille, elle ! Mais elle n'est pas venue cette année ?" Si, si, mais elle a été éliminée trop vite. "Vous me préviendrez si vous la croisez, hein ?" Promis. 

Fans de pokerAu fil des années, Patty et Daniel ont obtenu une photo d'à peu près toute la planète poker. Leur préféré ? "Erik Lindgren, un homme absolument adorable", dit Patti. "Mais en vrai, tout le temps est sympa. Bryn Kenney, je suis fan. Allen Kessler nous aime bien. Ils sont tous très gentils." Et Patti de conclure : "On est sans doute un peu fous avec notre hobby, mais le poker doit rester quelque chose d'amusant." Oh que oui. Et d'ailleurs, on est tout aussi fous que vous, la preuve avec les kilomètres d'articles et photos que nous postons tous les jours ! - Benjo

Dans la tête d'un dernier pro

Bruno
Une flopée de grosses caméras autour d'une table, cela veut dire deux choses : soit l'industriel du sport américain ESPN, soit la petite production française Dans la Tête d'un Pro. Des moyens impressionnants d'un côté avec trois gonzes pour chaque caméra, de l'autre une équipe de sept personnes au total pour produire le contenu référence du poker. Deux manières de procéder symbolisant les différences de travail et de productivité qu'on observe entre les deux pays.

Si l'année dernière les caméras avaient pu suivre Léo Margets jusqu'à la table finale, cette année l'équipe se demande s'ils seront encore là à la fin de la journée. "Déjà que c'était l'hécatombe au Day 1, aujourd'hui c'est encore pire", souffle un des cadreurs de l'équipe. En effet, des deux joueurs flanqués d'un W rouge présents en début de journée, il n'en reste plus qu'un après la disparition de Mustapha Kanit, tombé après un ultime flip As-Roi contre paire de 10. Une sortie qui laisse Bruno Lopes seul pour représenter le Team Pro. Cela faisait depuis le SISMIX 2015 que Kool Shen n'avait pas été filmé pour la série ! Cette année-là, il avait tout simplement été jusqu'au bout de notre festival 6-max marocain...

Avec 410 000 devant lui, le Parisien est actuellement dans une zone confortable de 100 BB, mais il vient de voir Mario Boos, un autre Français, faire un bond au chipcount pour se positionner dans le top 15 du tournoi avec plus de 800 000 jetons, à la faveur d'une rencontre paire d'As contre As-Roi. On espère que Kool Shen saura trouver ce genre de spots à l'avenir pour porter le Team W un peu plus loin qu'au Day 3. On a effectivement du mal à imaginer que l'équipe la plus titrée du poker n'arrive pas à placer un de ses poulains dans l'argent, chose qui n'est encore jamais arrivée en 19 ans d'histoire du Team. - Phil Anthropik

Au-dessus de la mêlée

 Martin Zamani.
Aperçu par hasard en zigzaggant entre les tables : le stack monstrueux de Martin Zamani.

 Martin Zamani.
On a compté plus d'1,6 million ! Les blindes vont bientôt passer à 2 500 / 5 000...

Rentré au vestiaire

Noah
A dx minutes du dîner, le compteur affiche 1 880 joueurs restants. Parmi les derniers sortants en date : Noah Locatelli,  gauche sur la photo, à côté d'un pro américain un peu connu mais dont le nom nous échappe là tout de suite

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