La fin du début

- 8 juillet 2026 - Par Flegmatic

Les inscriptions sont enfin closes, les présentations aussi. Mercredi place à la réunification des 3 294 joueurs encore en lice, dont 125 tricolores et 2 pros du Team Winamax !
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Main Event 10 000 $ (Fin du Day 2D)

Salle pleine

Si le Day 2 ne constitue finalement rien d'autre que la suite du Day 1 sur ce tournoi aussi unique qu'est le Main Event, alors une fois que la sirène de ce Day 2D a retenti, on peut considérer le round d'observation comme définitivement terminé. Jusqu'alors, chacun jouait de son côté, en fonction de sa journée de départ. Il a fallu attendre autour de 16 heures aujourd'hui pour connaître le nombre officiel d'entrants, preuve que nous n'en étions encore qu'aux prémices de ce marathon. Un marathon sur lequel nous autres reporters, photographes, croupiers, floors et autres officiels courront pourtant depuis maintenant six jours. Le Main Event n'est pas à un paradoxe près.

Forcément, cela fait toujours mal de sauter du Big One. Parlez-en à Davidi Kitai, qui s'est empressé de sauter dans le premier avion retour dès le lendemain de sa cruelle élimination. Pour bien d'autres joueurs que notre Génie belge, il s'agit de rien de moins que le tournoi le plus important de l'année. Mais sans vouloir minimiser leur peine ou leur déception, et pour reprendre les mots d'Antonin Hays, rencontré au fil de la journée, même en milieu de Day 2, "on est encore loin de tout." Demain, alors que l'approche de la bulle se fera immanquablement sentir, la tension commencera à se faire palpable dans les salles du Paris et du Horseshoe. C'est à ce moment-là que commenceront à naître les vrais gros regrets. Les "J'y étais presque" et autres "Si j'avais su..." Nous ne manquerons pas d'en collecter demain, en attendant, concentrons-nous plutôt sur ceux qui ont gagné le droit de passer à la suite. D'entamer la phase 2 de leur Main Event. - Flegmatic

Un duo dynamique

Deux éliminations rapides pour Émilien Pitavy et Gus Hansen, suivis dans la foulée par les deux Team Pro Experience français et espagnols Mikael Menard et Ignacio Pérez, ce moins de 24 heures après les sorties en fin de Day 2ABC de Julien Sitbon et Pierre Calamusa : on était à deux doigts de se dire qu'une malédiction avait frappé le W rouge cette année. Comme un retour de bâton après la table finale de Leo Margets de l'an passé. Et alors que nos derniers espoirs reposaient sur Kool Shen et Mustapha Kanit... les deux poteaux ont tenu bon, se construisant même de jolis stacks pour attaquer le Day 3.

Kool Shen End of Day

"On ne peut pas jouer un niveau de plus ?" Pendant que certains priaient pour que la journée s'arrête, du côté de KS, on ne semblait pas en avoir eu assez. La raison à cela était une dernière table "facile", mais sur laquelle Bruno n'avait pas encore réussi à gratter des jetons. "Je suis là depuis 2h30, je n'ai rien pris. Pourtant, je les vois faire des fautes, des donk bets qui n'ont aucun sens..." C'est avant cela que le rappeur avait fait la différence. "J'ai gagné avec brelan de 9 contre brelan de 8 et quinte contre brelan. L'histoire de ce dernier coup est assez drôle. La journée a commencé depuis une demi-heure, je suis de grosse blinde et une superviseuse arrive pour me changer de table. Finalement, elle se ravise : 'Ah sorry, je me suis trompé.' Bon OK, jouons la main. Open du bouton, je défends 5-7 suité. Flop 4-6-8. Je check/raise et il met tout avec paire de 4." Un bon début sur lequel il a donc surfé pour ensacher 241 000 jetons.

Mustapha Kanit

Coincé toute la journée dans la section Blue du Horseshoe, loin de nos regards, Mustapha Kanit a, lui aussi, connu un Day 2 fructueux, transformant ses quelque 107 000 initiaux en 191 000. C'est Raúl, le vidéaste chargé de nos réseaux sociaux espagnols, qui me résume les deux gros coups qui ont émaillé la fin de journée de l'Italien. D'abord, une histoire de paire de 9 qui fait brelan au flop et prend tout à un short stack qui avait trouvé deux paires sur le turn. Puis une ouverture UTG qui c-bet flop, check back turn, mise à nouveau et 3-bet river, pour empocher un dernier gros pot de 70 000. Concernant la suite de son tournoi, on en connaît qui ne devraient pas en perdre une miette... Allez, on vous aide : ça commence par "Dans la Tête", et ça finit par "d'un Pro". - Flegmatic

Un chipleader contesté

Sacha Cohen

Il a longtemps figuré tout en haut du chipcount tricolore avant d'accuser le coup lors du dernier niveau. Grimpé à 520 000 au moment du dernier break du jour, Sacha Cohen a finalement bag 374 000 "seulement", mais cela représente près de deux fois la moyenne et 150 belles blindes pour demain. Tout va bien donc pour le streamer/casteur, qui a pas mal souffert de la fatigue lors des deux dernières heures. "J'ai moins bien joué," nous a-t-il avoué.

Mais là encore, le travail avait été fait avant. "Ma première table était extraordinaire. Je n'ai rencontré aucune résistance. Je pouvais open range sans me faire contester, j'ai dû recevoir douze ou treize walks... Et en plus, j'ai eu des setups favorables, du genre quinte contre brelan ou carré contre top two. Ouais, j'ai run très fluide." Mais pas autant que Antonin Hays, le pote de Corentin Soulier rencontré un peu plus tôt dans la journée, qui a grillé la priorité à Pyro dans la dernière ligne droite, pour finir avec un impressionnant tapis de 533 000. - Flegmatic

La relativité du temps

Pascal Ridet

"C'est trop cool", entame Pascal Ridet à l'issue du Day 2. Après avoir bataillé pendant douze heures, notre qualifié en demandait même un peu plus. "Je n'ai pas vu passer la journée, tu m'aurais proposé de jouer cinq heures de plus, je les aurais jouées sans problème." Parti avec 30 BB au début de la journée, il se retrouve avec le même nombre de blindes au moment du bag, après avoir suivi un plan de jeu parfaitement clair. "Je voulais vraiment jouer small ball, des petits coups et refuser les gros flips où la variance est maximale, et j'ai eu de la chance que ma table s'y prête bien."

Malgré une stratégie définie, il y a des spots où il faut savoir poser le cerveau et ses balls pour envoyer la couscoussière, et quand on est en bluff, la tension est maximale. "J'ai fait un bluff pour mon tapis, j'ai eu l'impression que le temps s'arrêtait, c'était d'une intensité rare, mais ça m'a donné confiance pour la suite." En colocation avec Pierre Calamusa, Pascal va pouvoir débriefer ce soir avec son coach pour revenir demain plus chaud que jamais et poursuivre son aventure sur ce premier Main Event. - Phil Anthropik

Épilogue anticipé

Arnaud Charoulet

On aurait aimé vous raconter la belle histoire d'Arnaud Charoulet (photo) qui bag en table télé aux côtés d'Alex Foxen et de JC Tran. Mais l'aventure du Parisien s'est arrêtée à vingt minutes de la fin de journée. "C'est dur, mais l'expérience était vraiment cool, c'est sûr que je le referai. Je retiens qu'en deux jours, j'ai pu jouer le tournoi le plus mythique qui puisse exister, que j'ai kiffé et que j'ai pu jouer contre des gros noms en table TV. Quoi qu'il arrive, il restera une trace de cette expérience, c'est déjà très beau." Venue l'encourager dans le rail, Céline, sa copine, le réconforte et le félicite. Il faut dire que cette épopée part d'un satellite gratté au Club Partouche pour 200 € et qu'en regardant dans le rétro, même si le parcours n'est pas celui espéré, il reste magnifique.

Antoine Saout

Cette élimination représente celle vécue par tant d'autres dont les espoirs d'ITM et de gros sous devront être reportés. En effet, des 4 458 joueurs présents sur ce Day 2 (late reg incluses), ils n'étaient plus que 2 034 cinq niveaux de deux heures plus tard. Parmi eux, 84 Français (selon notre décompte maison, que vous pouvez consulter sur ce Google Doc) ont passé le cut parmi les 155 assis ce matin. Parmi ceux qu'on ne reverra plus sur ce Main Event : Antoine Saout (photo), qui s'est pris un violent As-Roi contre As-Dame en fin de journée, Clément Richez, victime d'Alex Foxen en début de Day, l'avocat Olivier Billard, ou encore le pote de Jean-Noël Thorel, Frédéric Delval.

Ils seront au Day 3

Qui dit journée avec près de 4 500 joueurs au départ dit palanquée de visages connus. Avec plus de 2 000 qualifiés pour le tour suivant, vous comprendrez aisément qu'on ne pourra se permettre d'être exhaustif, mais rendons tout de même hommage à certains d'entre eux via la galerie photo ci-dessous, en espérant qu'ils continuent d'animer ce Main Event pendant encore de longues heures.

Cédric Schwaederle

Cédric Schwaederle (349 500)

Matthew Waxman
Matthew Waxman (262 500)

Martin Kabrhel
Martin Kabrhel (242 000)

Chris Moneymaker
Chris Moneymaker (221 000)

Tony Miles
Tony Miles (215 500)

Chris Frank
Chris Frank (210 000)

Léo Soma
Léo Soma (208 000)

Benny Glaser
Benny Glaser (193 000)

Kristen Foxen
Kristen Foxen (143 000)

Lucía Navarro
Lucía Navarro (130 000)

Malcolm Franchi
Malcolm Franchi (114 000 - et bon anniversaire !)

Adrien Delmas
Adrien Delmas (84 000)

Robert Giordano
Robert Giordano (75 000)

Shiina Okamoto
Shiina Okamoto (69 600)

Julien Martini
Julien Martini (58 500)

Demain : l'écrémage continue

WSOP

Les 2 034 qualifiés du Day 2D rejoignent donc les 1 260 du Day 2ABC : le compte est bon Bertrand, cela fera bien 3 294 joueurs au départ du Day 3, pour 1 382 places payées. Avec des blindes qui passeront de 1 000 / 2 500 en début de journée pour finir à 3 000 / 6 000 / 6 000, en plus de l'effet bulle qui ralentira immanquablement l'action, le Professeur Alalouche estime à seulement 10% les chances d'atteindre l'ITM lors de cette troisième journée. De manière plus empirique, si l'on se fie aux éditions précédentes, la bulle a systématiquement eu lieu en début de Day 4, ce qui, pour ne rien vous cacher, nous va très bien comme ça. Soyez quand même là pour ce Day 3, qui ne devrait pas manquer d'action. À très vite !

Flegmatic & Phil Anthropik

WSOP 2026 : tous nos articles

Level 10 : la réunification approche

- 8 juillet 2026 - Par Flegmatic

Main Event 10 000 $ (Day 2D)
Level 10 : 1 000 / 2 000 / 2 000

Loin d'être un minot

Clément Guilleminot

Maroc, Bahamas, Philippines, Vietnam et Cambodge : les cinq premiers drapeaux sur la page Hendon de Clément Guilleminot laissent entrevoir un profil de joueur atypique, et nous n'avions pas tort. "En fait, je suis expatrié depuis dix ans au Royaume-Uni, mais j'ai vécu deux ans en Asie avant le Covid, démarre-t-il. Donc j'ai pas mal tourné en Asie du sud-est, surtout en cash game. C'est sur ce format-là que j'ai commencé à jouer, d'abord en ligne et puis en live." Et alors, où fait-il bon jouer dans ce coin du monde ? "Je ne sais pas si c'est encore le cas parce que ça commence à remonter, mais à l'époque il y avait de très belles parties de Hold'em à Manille."

Un Hold'em dont Clément a fini par s'écarter, après avoir monté un à un les échelons jusqu'à la NL1000. "Je voyais que le niveau moyen commençait à monter, alors qu'il y avait de très belles games en PLO, alors j'ai switché." Là encore, son talent cartes en main fait des ravages et le Français gravit les échélons, de nouveau jusqu'à la NL1000. Tout ça, en se croustillant des tournois live de temps en temps, comme sur l'EPT Paris, où il a tout simplement remporté l'un des premiers tournois du festival, un 1 100 € d'ouverture sur deux jours, pour 85 000 €. Une meilleure perf' en carrière à laquelle est venue s'ajouter une 79e place sur le Main Event, pour 15 000 €. "C'était une bonne semaine, sourit l'intéressé. Mais bon, je ne prétends pas être encore un bon joueur de tournoi pour autant." Quand on sait à quel point ce tournoi-ci réussit aux joueurs de cash game, ce ne devrait pas être un problème. - Flegmatic

Le juste Saint-Prix

Matthieu de Soubeyrand de Saint-Prix

Alors que j'arrive à la table de Matthieu de Saint-Prix, je le vois mettre à jour son tapis sur l'application WSOP+. Tiens donc, viendrait-il d'empocher un joli pot ? Tout juste ! "Je viens de passer de 120 000 à 205 000 !, se réjouit-il. "J'open bouton Valet-10 suité et me fait 3-bet par la grosse blinde. Je paie et le flop vient Dame-Valet-9. Check, check. Turn brique... Ah non attends, ce n'est pas une brique du tout, c'est un Valet ! Il check à nouveau et je mise à hauteur du pot. River, là c'est une brique. Un 6 ou un 4, je sais plus, on s'en fout. Il checke une dernière fois et je mise quelque chose comme 120% pot. Il snap call avec les As. J'aurais dû faire encore plus cher !"

Venu à Vegas pour la première fois grâce à l'un de nos satellites Side Events à 125 €, Matthieu n'a pas pu résister à l'appel du Main Event, et ce, pour une raison bien précise. "C'est mon anniversaire dans deux jours, le jour de la bulle !" On souhaite une belle cerise sur le gâteau à celui qui profite en plus de son voyage en amoureux. "Je suis venu avec ma copine. Ça fait 10-12 jours qu'on est là. Je joue un jour sur deux pour pouvoir alterner entre grind et vacances avec elle." Et alors, on espère que d'ici la fin du tournoi, c'est lui qui lui fera un joli cadeau. - Flegmatic

Guerroyer coûte que coûte

Antonio Guerrero

Hier, on vous racontait l'histoire exceptionnelle de Ludovic Moryousef, qui avait réussi un incroyable comeback, après être tombé à moins d'une blinde avant d'embrayer une remontada des enfers pour se qualifier pour le Day 3. Aujourd'hui, c'est Antonio Guerrero qui prend le témoin d'une remontée flamboyante. Rencontré à de nombreuses reprises, se qualifiant régulièrement pour nos événements live et pour les WSOP, Antonio est tombé à 1 900 jetons (3 BB) sur le dernier niveau du Day 1. Il se voyait déjà sur le Strip avant qu'une succession de double-ups ne lui permettent de terminer cette première journée avec 17 000 jetons. "J'étais déjà sur le point de changer mon billet d'avion, mais on ne sait jamais ce qu'il peut arriver, alors j'ai préféré attendre."

Avec un peu plus de 20 blindes à la reprise, le manager informatique a d'abord gagné un flip dès sa première main avec As-Roi, avant de faire parler l'expérience acquise sur les six Main Events qu'il a déjà disputés. "Je n'ai jamais dépassé le Day 3. Cette année, j'espère bien aller un peu plus loin." Avec 170 000 jetons devant lui, il possède désormais 80 blindes pour guerroyer jusqu'à la trêve de fin de journée. - Phil Anthropik

Au détour d'une pause

Mohamed Taghla

Attraper les joueurs pendant leur temps de jeu, c'est toujours un instant délicat pour les couvreurs. D'un côté, on a envie de prendre des nouvelles, de savoir comment se passe leur aventure, quelles HH croustillantes les ont fait grimper ou chuter. Mais, d'un autre côté, on ne veut pas non plus les sortir de leur tournoi, d'autant plus lorsqu'il s'agit du plus important de l'année.

C'est donc au détour du dernier break de la journée que je prends quelques minutes pour échanger avec Mohamed Taghla. Croisé à San Remo, Aix-les-Bains et d'autres destinations, le Suisse d'adoption a enchaîné les expériences professionnelles, tantôt mannequin, tantôt chef d'entreprise, tout en fréquentant en parallèle quelques belles étapes sur le circuit professionnel, comme l'EPT Monaco ou ces WSOP. Apparu parmi les chipleaders tricolores en début de journée, Mohamed a vécu une suite de parcours désastreuse, passant de 220 000 à 75 000 en quelques heures après avoir perdu deux gros 80/20.

"T'es large encore, t'as plus de 30 blindes, c'est le Main, t'as le temps", lui répondent Kalidou Sow et Lorenzo Lavis, qui n'en sont pas à leur premier Main Event. "Remarque, poursuit Kalidou, ça doit être mon sixième, mais j'ai jamais fait ITM. À mon avis, moi non plus, je ne dois pas avoir compris le truc." Les clopes consumées, les spots compliqués décortiqués, le trio repart prendre place pour tenter de repartir de l'avant et d'aller chercher le bag de fin de journée. - Phil Anthropik

Statistiques, anecdotes et citations à la con

Robin Guillaumot

61 : le nombre de Français éliminés aujourd'hui selon notre recensement maison, sur les 154 à s'être présenté. Parmi les derniers sortants en date, on trouve Ange Besnainou, Hicham Mahmouki, Jérémy Cauchard, Lior Serfaty, Meddi Ferrah ou encore Robin Guillaumot (photo).

Julien Mariani

Très bon ratio en revanche du côté des Julien français. Sur les sept au départ de ce Day 2D, ils sont encore six en course. Alors que Vecchioli est le seul à avoir passé l'arme à gauche, Brécard, Duveau, Mariani (photo), Martini, Veyssière et Van Pelt sont encore dans le coup !

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Level 9 : lâcher les Rois, se manger un carré

- 8 juillet 2026 - Par Flegmatic

Main Event 10 000 $ (Day 2D)
Level 9 : 1 000 / 1 500 / 1 500

Le plus difficile des folds

Pierre De Almeida

Vous avez déjà foldé les Rois préflop, vous ? En principe, à part si vous êtes Tapis_Volant à la bulle du Main Event 2016 contre Shaun Deeb, la réponse est non. Eh bien Tapis, tu n'es plus seul, puisque Pierre De Almeida aussi a réalisé cet exploit, dès le Day 1 de ce Big One. Et comme toi, il avait raison.

"C'est vraiment la séquence du coup qui m'a sauvé, parce que sinon, ça n'arrive pas, explique-t-il. En fait, j'open UTG+1 et le joueur à ma gauche me 3-bet. Lui, je sais que c'est le tournoi de sa vie, le genre de mec qui, d'habitude ne joue que des 500 $. Derrière, le joueur au bouton, un Asiatique plutôt sérieux 4-bet." Dès ce moment-là, Pierre sent arriver le coup fumeux et se contente de call. "La parole revient au joueur à ma gauche qui tank... avant de shove. Call rapide du bouton. Je suis parti loin." Sans grande surprise, le 3-betteur montre alors une paire d'As et le bouton As-Roi. "J'avais déjà monté 120 000, mais le joueur avec les As me couvrait, donc j'aurais sauté." À la place, notre qualifié online n'a réussi à perdre que 8 500 jetons.

"Il n'y a vraiment que sur ce tournoi que je fais ce fold. En plus, sur mes deux précédents deep runs, j'ai bust à chaque fois contre les As. En 2021, quand je fais 232e, j'avais les Dames et l'année d'après, où je fais 70e, j'avais As-Roi contre l'Australien qui fait deuxième [Adrian Attenborough, NDLR]. Voilà ce qu'il faut pour m'arrêter ! Donc maintenant, j'ai l'impression d'avoir une deuxième vie, je suis tranquille." Une deuxième vie qui pourrait l'emmener loin, puisqu'à notre passage à sa table, Pierre était assis devant un tapis d'un peu plus de 200 000 jetons. - Flegmatic

Sauter la première Hays

Antonin Hays

Décidément, ce cru 2026 du Main Event est un formidable hameçon à petits nouveaux ! Enfin, petits nouveaux à Vegas, puisqu'en ce qui concerne Antonin Hays, il n'a rien d'un débutant. Car si sa victoire à 94 000 € sur un Side Event Mystery Bounty de l'EPT Paris en février dernier a forcément donné un coup de boost à sa bankroll, il l'assure : "Je serai venu de toute façon. Déjà l'été dernier, j'avais hésité, mais c'était trop tôt." Joueur pro online basé à Malte, Antonin est bien intégré dans la communauté tricolore. "Je suis coloc avec Corentin Soulier [alias Queen Peach sur Winamax, NDLR]. C'est la première personne du poker que j'ai rencontré, c'était en 2020. Et via lui, je devenu proche de la Team ATM, même si je n'en fais pas partie."

Cela ne l'empêche pas de dérouler sur les tables en ligne avec, dès décembre 2020, une victoire à 13 000 € sur La Fièvre "et en janvier j'ai pris deux Winamax Series." Ne restait maintenant plus qu'à s'adapter aux spécificités des fields américains. "On m'en avait déjà pas mal parlé. Et c'est que l'ambiance est bonne, ils sont de bonne humeur dans l'ensemble, bien plus qu'en Europe." Arrivé le 12 juin, Antonin semble pour l'instant tenir le coup grâce à "plusieurs breaks de deux-trois jours, dont un juste avant ce Main Event." Peut-être est-ce cette fraîcheur qui lui permet de culminer à 290 000, soit 100 000 de plus qu'en début de journée. "Mais bon, on est encore loin de tout," conclut-il. Rookie du Big One, mais déjà la sagesse d'un ancien. - Flegmatic

Un champion du monde fait du sale

Maxime Costas

C'est un véritable coup de massue qu'a pris Maxime Costas sur la dernière main avant le dinner break. Titulaire d'un tapis de 120 000 jetons, les choses étaient allées dans le bon sens jusqu'ici. Tout du moins, c'est ce qu'il s'apprêtait à me raconter, jusqu'à l'arrivée du drame.

UTG+1, le résident mexicain ouvre une paire de 9 pour 3 000, payé par Ryan Riess au bouton et le joueur en grosse blinde. Le croupier retourne trois cartes parfaites pour notre Français : 934. Maintenant, comment prendre le plus de value possible sur un board aussi sec ? Maxime opte pour l'option check, imité par ses deux opposants. La turn est un 2, sur lequel personne ne prend l'initiative non plus. Embusqué avec son brelan, Stak0max voit la doublette du 2 tomber river, lui offrant un full max.

Jusqu'ici, le piège tendu n'a attiré personne et le pot fait à peine 10 000. Il est désormais temps d'essayer de gratter un petit quelque chose. Maxime estime que 5 000 est un montant acceptable pour faire payer des paires, voire des hauteurs As, mais la réponse du Champion du Monde 2013 est inattendue : relance à 40 000, soit un overbet représentant deux fois et demi le pot. Maxime compte les combos, estimant que l'Américain a beaucoup de mains qui se value cut. La réflexion ne durera pas très longtemps avant qu'il ne décide d'avancer l'intégralité de ses jetons. Il en faudra encore moins pour que Ryan investisse la somme demandée, s'exécutant dans la seconde en retournant une paire de 2 pour un carré trouvé runner-runner.

Maxime reste sans voix, scotché, frappé par ce coup qui l'expulse du tournoi qu'il attendait depuis le début de sa carrière. Le regard dans le vide, il voit le champion du monde s'approcher de lui, désolé de ce coup violent qu'il vient de lui infliger. Tous deux prennent quelques minutes pour échanger, ce qui ne console pas Maxime. Sidéré, les mots peinent à sortir de sa bouche, ressassant le coup de bout en bout. Du rêve au cauchemard, il n'y a qu'un pas parfaitement illustré par cette terrible main. - Phil Anthropik

Digestion fatale

Antonin Teisseire

Maxime Costas n'est pas le seul à être passé de vie à trépas durant ce niveau post-dinner break. Lors des deux dernières heures, on a ainsi perdu Antonin Teisseire (photo ci-dessus), Benjamin Souriau, Grégory Benac, Florence Mazet (As-Dame contre As-Roi pour ses 25 dernières blindes contre le fils de Céline Dion), Jean-Marc Thomas, Nicolas Milgrom ou encore Samuel Fournier. À l'international, les spectateurs de l'une des trois tables télévisées ont dit au revoir à Jason Mercier, ainsi qu'à l'acteur passé notamment par Breaking Bad et The WireDavid Costabile.

Nicolas Milgrom

Nicolas Milgrom

Benjamin Souriau
Benjamin Souriau

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Level 9 : c'est loin mais c'est beau

- 8 juillet 2026 - Par Benjo DiMeo

Main Event 10 000 $ (Day 2D)
Level 9 : 1 000 / 1 500 / 1 500

On joue pour 10 millions de dollars

Coverage Winamax
Les organisateurs ont profité de la pause-dîner pour révéler l'échelle des prix. La somme réservée à la première place est la même que l'an passé : dix beaux millions de dollars avant impôts. Le min-cash reste lui aussi inchangé, 15 000 $, et devrait commencer à être distribué en début de Day 4. Peut-être en toute fin de Day 3, mais cela reste assez improbable, si l'on en juge par les dernières éditions du tournoi. Dans tous les cas, il reste encore pas mal de poker à jouer avant d'y arriver !

Les 85,634 millions de dollars de prize-pool seront répartis de la manière suivante :

Rang Prix Rang Prix
Vainqueur 10 000 000 $ 72ᵉ à 80ᵉ 105 000 $
Runner-up 6 000 000 $ 81ᵉ à 89ᵉ 90 000 $
3ᵉ 3 750 000 $ 90ᵉ à 98ᵉ 75 000 $
4ᵉ 2 750 000 $ 99ᵉ à 161ᵉ 65 000 $
5ᵉ 2 250 000 $ 162ᵉ à 224ᵉ 57 500 $
6ᵉ 1 750 000 $ 225ᵉ à 287ᵉ 50 000 $
7ᵉ 1 500 000 $ 288ᵉ à 350ᵉ 45 000 $
8ᵉ 1 250 000 $ 351ᵉ à 413ᵉ 40 000 $
9ᵉ 1 000 000 $ 414ᵉ à 476ᵉ 35 000 $
10ᵉ & 11ᵉ 750 000 $ 477ᵉ à 539ᵉ 32 500 $
12ᵉ & 13ᵉ 510 000 $ 540ᵉ à 602ᵉ 30 000 $
14ᵉ à 17ᵉ 410 475 $ 603ᵉ à 665ᵉ 27 500 $
18ᵉ à 26ᵉ 325 000 $ 666ᵉ à 764ᵉ 25 000 $
27ᵉ à 35ᵉ 265 000 $ 765ᵉ à 863ᵉ 22 500 $
36ᵉ à 44ᵉ 215 000 $ 864ᵉ à 923ᵉ 20 000 $
45ᵉ à 53ᵉ 180 000 $ 924ᵉ à 1150ᵉ 17 500 $
54ᵉ à 62ᵉ 150 000 $ 1151ᵉ à 1382ᵉ 15 000 $
63ᵉ à 71ᵉ 125 000 $ 1383ᵉ Une entrée offerte
pour les WSOP Paradise
en décembre ?*

*Rien de confirmé pour cette année, mais ce fut le cas sur l'édition 2025

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Level 8 : collectionneur de drapeaux

- 8 juillet 2026 - Par Flegmatic

Main Event 10 000 $ (Day 2D)
Level 8 : 600 / 1 200 / 1 200

L'album Panini du Poker

Christopher Chaudey
La fiche Hendon Mob de Christopher Chaudey, c'est un peu l'album Panini des drapeaux de la Coupe du monde de football : Sénégal, Maroc, États-Unis, Espagne, il ne manque plus que le Cap-Vert et l'Argentine et on serait pas trop mal. Natif de Côte d'Ivoire, Christopher s'est depuis expatrié au Sénégal où il a monté sa boîte de sécurité dans l'IT.

Nous accueillant avec le sourire, Christopher lâche : "Je suis content de vous voir, parce que ça veut dire que je suis toujours dans le tournoi", dit-il en se rappelant de nos passages réguliers pour suivre son parcours 2025 qu'il avait conclu au Day 5, en 365e position. Une expérience riche en émotions que le Franco-Sénégalais aimerait bien rééditer. Si le parcours ne fait encore que commencer, il est déjà bien lancé, ayant fait fructifier son capital de 113 000 à 218 000 sur une table complexe. "J'essaie d'éviter de trop faire grossir les pots et de me mettre dans des situations périlleuses. J'ai réussi à perdre le minimum en checkant deux As sur une rivière qui a donné un brelan de 4 à mon adversaire."

Une ligne qu'aurait sûrement dû prendre une de ses adversaires quelques mains plus tard. "J'étais parti pour tourner en bluff un tirage ventral, je voyais mon adversaire sur les As ou les Rois, et quand la straight rentre sur la rivière, j'ai value bien grassement, et effectivement elle m'a payé en retournant les As."

Deux manières de jouer la même main, avec un résultat bien différent. - Phil Anthropik

(Not) Leaving Las Vegas

Jimmy Kebe
Trois tables finales au Wynn, dont une toute récente 5e place à 32 000 $ après un deal à six sur un Daily à 1 100 $ : de loin, l'été de Jimmy Kebe semble avoir de la gueule. "Mouais, on en a joué pas mal des tournois," souffle-t-il, en faisant le traditionnel signe de la main indiquant une situation plus incertaine qu'il n'y paraît. Effectivement, l'ancien footballeur fait partie des plus "anciens" ici, puisqu'il est arrivé fin mai. "En fait, le plus c'était de venir pour deux semaines, puis de rentrer en Angleterre, comme j'avais fait l'an dernier. Sauf que j'ai passé la première semaine en jetlag complet, mon cerveau était déconnecté, je me suis dit : 'Si je rentre, je ne reviens pas.'"

Dont acte, mais pas forcément avec le sourire. "Je ne vais pas mentir : j'en ai un peu marre de Vegas." Un premier séjour longue durée que Jimmy n'est visiblement pas prêt de répéter. "Je suis au Paris donc je dois subir les machines, les bruits partout. Mais bon, c'est Vegas, on connait." Ce qu'il ne connait pas en revanche, ce sont les places payées sur le Main Event, qu'il n'a jamais réussi à atteindre en "trois-quatre participations." Avec un tapis passé de 80 000 à 200 000 en deux niveaux et demi, il peut en tout cas continuer d'y croire. "On va aller le gagner !", a-t-il même conclu. Mais pour ça, il faudra probablement quitter Vegas dans une semaine... pour revenir en août. - Flegmatic

Ils feront mieux l'an prochain

Sarah Ramirez
C'est fini depuis peu pour Sarah Ramirez (photo), Vladimir Nex, Stéphane Revelly, Serge Chechin, Olivier Billard, Mathéo Manzone ou encore Roman Barret.

Mathéo Manzone
Mathéo Manzone

Serge Chechin
Serge Chechin (qui avait reg direct au Day 2D)

 

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