L'insoutenable légèreté du stack

- 7 juillet 2026 - Par Flegmatic

41 Français sont déjà qualifiés pour le Day 3. Dans la liste ne figurent pas Pierre Calamusa et Julien Sitbon, éliminés durant les dernières heures du premier Day 2. Mardi, un nouveau raz de marée est attendu, avec l'arrivée de centaines de joueurs en "max late reg", juste avant la clôture des inscriptions.
Main Event 10 000 $ (Fin du Day 2ABC)


Vegas
La vérité du jour n'est pas celle du lendemain, dit le proverbe. Au poker, on pourrait se montrer encore plus lapidaire : parfois, la vérité de la minute en cours n'est pas celle de la suivante. On en a eu la démonstration sur le coup de 22 heures, lorsque nos déambulations nous ont amené jusqu'à la table de Pierre Calamusa. On avait passé la journée à lui rendre des visites régulières, pour zieuter son stack, choper un HH, ou simplement bavarder de façon badine. À notre dernier passage, on l'a aperçu en train de regarder le documentaire Winamax sur le Main Event 2025 de Leo Margets. "Tu aimes bien ? - C'est cool ! " Un message de la rédac nous a déporté vers une table voisine : apparemment, le chip-leader s'y trouvait. Un Américain à casquette pur jus : le temps de prendre la photo – trente secondes, pas plus – on se retourne, et là : Pierre a disparu. On fait le tour de la zone une fois, deux fois, on croit notre cerveau défaillir, puis on se résout à l'évidence : il vient bel et bien de sauter dans notre dos. Comme dirait l'autre : "Cinq minutes avant de buster, il raisait encore."

BeerElle veut dire quoi, cette anecdote ? Pas grand-chose de plus que : au poker, l'élimination peut arriver à tout moment, il n'y a ni certitudes, ni sécurité, ni joker. Avant Pierre, il y en a eu tant d'autres : Julien Sitbon (pour donner au Team Winamax un score tristement parfait de zéro sur deux sur la journée), Erwann Pecheux, Aurélie Réard, Samuel Bifarella, Thomas Cazayous, Arnaud Enselme, Ahmed Sylla, Anthony Apicella... 42 bustos tricolores en tout : ça paraît beaucoup, mais sur l'ensemble du field, la proportion est la même : des 2 786 joueurs du Day 2ABC, ils n'étaient plus que 1 260 à la fin du Level 10. 55 % d'éliminations, cela fait 45 % de bonnes nouvelles. Pour savoir précisément qui est IN et qui est OUT, avec les stacks de tous les survivants, faites un tour sur notre Google Doc de suivi : tout y est ! - Benjo

Les Rois sont toujours là

Sébastien Guittard - Kyllian Henry
Parmi nos qualifiés encore en course à l’issue de ce Day 2, on retrouve deux de nos vainqueurs KING5 : Kyllian Henry et Sébastien Guittard, qui ont connu des journées bien différentes. Pour Kyllian (à droite sur la photo), difficile d’imaginer un meilleur scénario. Après avoir dû composer avec une grosse crève sur le Day 1, au terme duquel il avait tout de même réussi à bag 27 000 jetons, le Bordelais est reparti de plus belle sur ce Day 2 pour finalement glisser 155 000 jetons dans le sac à l’issue d’une journée un peu particulière. “Au niveau des sensations, c’était une journée un peu similaire à celles vécues sur le Day 1, sauf que j’avais une bien plus belle table et que je n’étais pas malade, donc bien plus lucide.” Une lucidité retrouvée qui lui a notamment permis de se mesurer à quelques clients de renom. “J’ai joué deux énormes pots contre Alex Anton, celui qui a battu en heads up Julien Sitbon il y a quelques semaines. Et je peux te dire que ça n’a pas été simple. La première fois, il a fait les nuts quand j’avais second nuts, il m’a mis dans beaucoup de spots compliqués, franchement, c’est un peu le seul qui m’a mis dans le mal au cours de cette journée, mais je suis très content d’avoir pu battle avec des joueurs de ce calibre.” Le seul, vraiment ? “Ah, et puis, il y a Scott Seiver qui est arrivé à ma table en fin de journée, contre qui j’ai pris un beau pot. Globalement, si je devais résumer ma journée : j’ai déchatté, j’ai chatté As-Dame contre As-Roi pour ma survie, j’ai joué contre des tops, et j’ai bag un beau stack : une très belle journée de poker, quoi !”

Si Sébastien Guittard (à gauche sur la photo) a, lui aussi, vécu une très belle journée, elle fut toutefois un peu plus mouvementée. “C’était dur, mon Dieu que c’était dur, je n’ai pas arrêté de faire les montagnes russes”, me glisse-t-il juste après avoir fièrement mis ses 59 000 jetons dans son sac. Une journée éprouvante, certes, mais qui n’a en rien entamé son plaisir d’être ici. “Je n'ai jamais ressenti de telles sensations sur un tournoi de poker, d’autant que c’est mon premier vrai tournoi live, je n’avais joué qu’un petit Daily avant ça !” Des sensations inédites, accompagnées d’une fatigue qu’il n’avait visiblement pas anticipée.  “Je n’aurais jamais imaginé que c’était aussi fatiguant, je n’étais clairement pas préparé à ça. Mais même si ça a été dur, que je suis lessivé, je suis très content de la façon dont j’ai joué, je ne regrette rien. C’est tellement un rêve de pouvoir participer à ce tournoi, c’est fou !” - VictorP

Charles II

Charles Tabet
Un beau tapis de 323 500, un grand sourire et même une photo souvenir avec ses derniers compagnons de tablée : on dirait que la journée de Charles Tabet s'est passée comme dans un rêve. Arrivé avec 90 000, notre qualifié satellite a démarré sur "une super table, avec des profils ultra-exploitables. J'étais trop à l'aise. En deux niveaux, j'avais déjà doublé mon tapis. La deuxième était plus mixée. Le coup qui a tout changé, c'est quand j'ai eu deux Dames contre un joueur contre qui j'avais déjà bien bataillé plus tôt. Il open en début de parole, payé deux fois et je squeeze au bouton. Il paie, le flop vient Dame-9-2 et je savais qu'il n'allait pas me croire, donc je shove. Il me paie avec paire de 8."

Monté à 230 000 sur ce coup, Charles poursuivra tranquillement sa progression par la suite. "J'ai passé des bluffs, mes lectures étaient bonnes et je me suis fait payer quand j'étais en value. J'ai eu beau perdre trois-quatre coups importants, j'arrivais toujours à remonter des jetons. J'espère que ça se passera aussi bien sur le Day 3." On lui souhaite évidemment, puisque cela lui ouvrirait les portes des places payées. Et ce, dès son premier Main Event ! - Flegmatic

Un Day 2 en argent

Arthur Doré
Il était passé de 60 000 à 217 000 lors du Day 1 et termine ce Day 2 avec 278 500 jetons. La progression n'a pas été aussi linéaire qu'escomptée pour Arthur Doré, mais notre autre qualifié savait s'en contenter. "Un starting de plus, je suis content, même si je suis monté à 329 000 au plus haut."

À une table "polarisée", où se trouvait notamment un joueur japonais récemment finaliste du 25K et du 100K PLO ou le multiple finaliste WSOP et 11e du Main Event en 2023 Alec Torelli, le jeune grinder a "fait en sorte de jouer à fond les récréas." C'est ainsi qu'il s'est retrouvé à 3-bet 9-7 en position contre un joueur passé par la table télévisée lors du Day 1A. "J'ai regardé tous ses plays en accéléré hier soir." Cela lui a permis de récupérer un maximum de value en l'éliminant après avoir floppé deux paires. Et malgré "deux-trois spots un peu chiants" par la suite, le reste de la journée s'est conclu sans encombres. "Il était temps que ça se termine quand même, je suis claqué." La journée de demain devrait lui permettre de recharger les batteries... ou de faire ses devoirs en prévision du Day 3. - Flegmatic

Rendez-vous au Day 3

Mason Vieth

Avec ses 730 000, Mason Vieth tenait la corde pour terminer chipleader de ce Day 2ABC avant de se faire griller la priorité (selon nos confrères de PokerNews) par l'Argentin Gaspar Fernandez (754 000). Ce n'était décidément pas la journée des Américains.

En se concentrant sur les Français comme nous avons l'habitude de le faire, on en oublierait presque que ce Main Event est aussi le rendez-vous des gros noms, qui, eux non plus, ne manqueraient ce tournoi pour rien au monde. Et autant vous dire que ceux-là, on a hâte de les revoir au Day 3... et bien plus loin encore. Attention : les stacks suivants sont ceux indiqués dans l'application WSOP+ et peuvent contenir des erreurs indépendantes de notre volonté.

Alban Juen
Alban Juen (538 000)

Jérémy Messas
Probablement notre histoire préférée dans le clan français jusqu'ici : celle de Jérémy Messas, le dentiste dont les patients [EDIT : pardon, on s'est gourrés, il s'agit de ses associés !] se sont cotisés pour lui offrir son premier Main Event ! "C'est incroyable", nous dit-il au terme d'une journée où il a emballé 445 000, et enchaîné les HH de légende. Un exemple ? Ce KQ qui joue un coup à tapis contre deux joueurs plus short sur un flop 8910 : en face il y a deux Rois et un brelan de 9, turn 7, rivière J

Romain Lewis
Romain Lewis entame sa vie post Team Winamax avec un très bon départ sur son tournoi préféré (375 000)

Chris Moorman
Chris Moorman (265 500)

Stephen Chidwick
Stephen Chidwick (152 000)

Malo Latinois
Malo Latinois (138 000)

Josh Arieh
Josh Arieh (118 000)

Lander Lijo
Lander Lijo (59 000)

Samantha Abernathy
Samantha Abernathy (51 000)

À venir : un très gros Day 2D

Salle pleine

3 829. Tel est pour l'heure le nombre de joueurs qui se retrouveront ce mardi sur les coups de 11 heures pour attaquer le Day 2D, ultime journée pour rallier ce Main Event. Un chiffre qui ne va faire que grimper au fil de la nuit, au gré des enregistrements tardifs. Les plus à la bourre auront même jusqu'au coup d'envoi du niveau 8 pour se présenter et démarrer leur tournoi avec cinquante blindes. Cette dernière vague de retardataires permettra-t-elle de franchir la barre des 9 000 entrants et faire cette édition 2026 la quatrième plus grosse de l'histoire ? On a bien envie de dire que oui. Bonne journée et à très vite !

Benjo, VictorP & Flegmatic

WSOP 2026 : tous nos articles

Level 10 : la remontada de l'année

- 7 juillet 2026 - Par Flegmatic

Main Event 10 000 $ (Day 2ABC)
Level 10 : Blindes 1 000 / 2 000 / 2 000

A chip and a chair

Ludovic Moryousef

En trois années passées chez Winamax, je n’avais encore jamais entendu ça. L’histoire que je vais vous raconter est tout simplement lunaire. Tous ceux qui pratiquent ce jeu connaissent l’expression "a chip and a chair". Une expression que l’on cite souvent, mais que l’on voit finalement très rarement prendre vie sous nos yeux. Cette fois, c’est pourtant exactement ce qu’il s’est passé. Cette folle histoire, c’est celle de Ludovic Moryousef. Et si, d’ordinaire, les hand histories vous font fuir, cette fois, un conseil : restez jusqu’au bout. Alors qu’il dispose encore d’un stack plus que confortable, Ludovic trouve une paire de Dames et finit par payer le tapis réclamé par son adversaire sur le turn d’un board J-J-5-J. Problème : en face, il y a As-Valet. Le coup est violent. Très violent même. Ludovic chute alors à 1 800 jetons sur les blindes 600/1 200, soit à peine plus d’une grosse blinde. Puis vient ce qu’on peut difficilement appeler autrement qu’un miracle.

Sur un open UTG, 3-bet par un joueur en milieu de parole, Ludovic est à tapis forcé en grosse blinde avec un triste 5-2 dépareillé. Autant dire que ça sent sérieusement le sapin. Et pourtant, il finit par toucher deux paires. Le voilà de retour à près de 10 000 jetons. Retour de break. Cette fois, A3. Tout part au milieu et ça tient contre As-Valet grâce à un 3 tombé dès le flop. 24 000 jetons. Terminé ? Du tout. À force de faire tapis sur des relances adverses, Ludovic récupère de précieuses blindes pour remonter progressivement à 36 000 jetons. Puis vient un nouveau spot favorable : paire de 7 contre A2. Le flop apporte un 3 et un 4, histoire d’ajouter encore un peu plus de suspense à cette histoire déjà bien croustillante, mais sa paire de 7 tient bon. 72 000 jetons. On s’arrête là ? Évidemment que non. Quelques mains plus tard, Ludovic découvre à nouveau deux Dames. Et cette fois, elles tiennent face à As-Roi après avoir floppé un brelan. 144 000 jetons. On vous épargne le reste des HH, mais à une heure de la fin de ce Day 2, c’est devant un tapis de 160 000 jetons que se trouve désormais Ludovic. Lunaire. À peine croyable. "C’est un truc de fou, c’est un truc de fou ! Dire que tout ça part d’un mauvais call de ma part, je n’en reviens toujours pas." Nous non plus Ludo, nous non plus. - VictorP

Record battu

Benoît Grobocopatel

En quatre participations, jamais Benoit Grobocopatel n'avait tenu aussi longtemps sur le Main Event des WSOP. "Je crois que je n'avais jamais dépassé le niveau 7...", nous a glissé le régulier des cercles parisiens. Il peut remercier pour cela son pote Adrien Amorella, dont nous vous parlions en début de journée. "En trois ans, ni lui ni moi n'avions jamais fini le Day 1 avec plus du tapis de départ, donc c'est lui qui insistait pour qu'on démarre au Day 2. Jusque-là, j'avais toujours refusé et puis j'ai fini par accepter. Et bon, quand tu vois que des mecs comme Réard ont sauté au Day 1 ou que Sonny [Franco] a terminé avec 30K..."

Ce qui est sûr, c'est que ni Adrien, ni Benoît ne se plaidront de leur décision puisque, à l'entame du dernier niveau de la journée, le premier pointe à 155 000 et le deuxième, à 225 000. "Sur ma première table, je suis passé de 60 000 à 150 000 en un niveau, résume Benoît. J'ai gagné quasi tous les coups, les mecs essayaient de me bluffer quand j'avais du jeu, je ne comprenais pas trop ce qu'il se passait. Et j'ai aussi réussi à perdre le minimum avec flush contre flush, ou quand je me suis fait craquer les Dames. Dans l'ensemble, on va dire que j'ai eu de bonnes confrontations." Alors, ce late reg Day 2, validé non ? "C'est encore un peu tôt pour le dire, mais ce qui est sûr, c'est qu'on aura joué dix heures de moins que la plupart des autres joueurs." Sur un marathon comme le Main Event, ça compte. - Flegmatic

Dans le tube

Franck Tubiana

Les jours se suivent et ne se ressemblent pas pour l'instant pour Franck Tubiana sur ce Main Event. "Ma première journée était horrible, nous raconte le Francilien, j'ai terminé à 69 000." On a connu bien pire mais soit, toujours est-il que ce Day 2 est radicalement différent. "J'ai passé deux As contre deux Rois ! Le mec m'a 5-bet pour plus de cent blindes." Facile, mais ce n'est pas que grâce à ce coup du sort qu'il a réussi à s'élever jusqu'à 410 000.

"Je me suis pas mal chauffé avec un joueur de cash game à ma gauche qui était ultra-actif, et je sentais qu'il allait craquer." Et effectivement, une fois mis à tapis sur la rivière d'un board hauteur As, ce dernier n'arrivera pas à abandonner son As-Valet, alors que Franck avait floppé un brelan de 7. "Mon pseudo sur Winamax, c'est 7toheaven [avec lequel il a notamment remporté un Pokus en 2024, NDLR], donc c'est une main que j'aime bien, même si ce n'est pas ma fétiche." Ajoutez à ça : un bon call river avec une paire de Rois contenant le Roi de carreau, sur un board 9-5-6-Valet-As où rentre la flush backdoor à carreau - "Il était polarisé et finalement il avait deux 8." - et vous obtenez une journée on ne peut plus idyllique.

"C'est un super Vegas pour l'instant," confirme le Frenchie, qui a terminé 11e sur 1 500 entrants d'un tournoi au Venetian, il y a deux semaines pour 18 000 $. "Et encore, je perds un énorme pot, troisième contre deuxième en stack, avec Roi-Dame sur Roi-Dame-8. Il avait les 8. Dommage, il y avait 185 000 $ à la gagne." Quelques jours plus tard, il poursuivra sur cette lancée en décrochant sa place pour jouer son premier Main Event, sur un satellite online à 215 $.

À l'entendre, c'est surtout un choix de vie pris il y a quelque temps qui semble porter ses fruits. "J'ai joué au poker à fond pendant un an et je n'ai pas trop kiffé. C'était compliqué avec ma femme qui travaillait sur des horaires normaux et, autant j'ai eu de bons résultats au début, derrière j'ai connu un gros bad run, d'abord en termes de résultats, puis mentalement." Aujourd'hui analyste financier, il semble avoir trouvé le bon équilibre. "Depuis que j'ai un boulot qui m'assure des revenus, je me remets à bien run. Je suis enfin dans le bon mindset." Exactement ce qu'il faut pour aller loin sur ce Main Event. - Flegmatic

Michael Mizrachi

Petite forme aujourd'hui pour Michael Mizrachi, qui n'arbore que trois logos différents. Côté stack en revanche, le coup de main est toujours là pour le tenant du titre, avec 250 000 rondelles au bas mot.

WSOP 2026 : tous nos articles

Level 9 : go big or go home

- 7 juillet 2026 - Par Flegmatic

Main Event 10 000 $ (Day 2ABC)
Level 9 : Blindes 1 000 / 1 500 / 1 500

Wehbe tisse sa toile

Alain Wehbe

Même en fin de Day 2, on continue de faire des rencontres sur ce Main Event, même si celle d'Alain Wehbe ne fut pas des plus faciles. La raison ? Le Français est du genre hyperactif à table. Dans l'ordre, on l'a d'abord vu faire doubler un short stack avec un Roi-10 off qui n'améliore pas contre une paire de 5, puis payer trois barrels en position à 5 000, 12 000 et 18 000 sur un board Valet-8-3-9-2. "Roi-Valet ?", lui demande son adversaire, qui a dû être tout surpris de découvrir... 32 chez notre Frenchie (pour sa défense, il avait aussi trouvé un flush draw sur le turn).

Mais ce n'est pas tout. Dès la main suivante, Alain se remet en action. De nouveau en position, il paie un 3-bet de la small blind et se retrouve en 3-way sur le flop Q63. Après deux checks, c'est lui qui envoie le premier parpaing à 15 000, ne trouvant qu'un payeur chez un joueur en milieu de position. Un 10 débarque sur le turn et c'est alors qu'Alain annonce sans sommation "all-in" pour environ 100 000 jetons effectifs, que ce soit chez lui ou son adversaire, qui tank de longues minutes avant d'abandonner.

"J'ai un vol demain," souffle-t-il, pour justifier son style de jeu. Et ce, alors qu'il est arrivé sur ce Main Event... aujourd'hui ! Joueur de cash game en PLO (tiens donc, encore un), il n'avait pas mis les pieds dans la cité du vice depuis 2019. "Je venais beaucoup avant et ensuite j'ai eu des enfants, ça devenait un peu compliqué." Pourtant, celui qui travalille dans la finance du côté de Dubaï l'assure, il "n'aime pas trop les tournois avec beaucoup de joueurs." Son tapis de plus de 200 000 jetons semble dire l'inverse. - Flegmatic

Entre deux réalités

Loic Debregeas

Passé tout près d'atteindre deux tables finales WSOP Online au cours de l’été avec une 16ᵉ place puis une 17ᵉ pas plus tard qu’hier, Loïc Debregeas vit pour l’heure un Vegas à deux vitesses. D’un côté, le online continue de lui sourire. À l’image de 2026, et plus largement de ces dernières années, notre ancien Top Shark enchaîne les performances avec une régularité impressionnante. De l’autre, en live, l’histoire est bien différente. Depuis son arrivée à Sin City, les deep runs se font attendre. Mais pas de quoi le frustrer pour autant. “Ça se passe tellement bien online qu’au final, avec le staking que j’ai également, je ne perds pas tant que ça. Et puis, ce ne sont pas vraiment les résultats qui m’importent même si ça reste important. Ce qui compte surtout, c’est la manière dont je joue. Et honnêtement, ce Vegas est probablement celui où j’ai le mieux joué. C’est celui où je me suis le plus écouté, où je n’ai pas simplement essayé d’appliquer ce que disent les tableaux.” Un discours lucide pour celui qui espère bien profiter du Main Event pour remettre les pendules à l’heure. Et force est de constater que le membre de Spin Elite s’y emploie plutôt bien.

Revenu avec “seulement” 70 000 jetons ce midi, Loïc a changé de dimension depuis le début de ce Day 2. En quelques niveaux, il a tout simplement multiplié son tapis par quatre pour culminer à près de 300 000 au retour du dinner break. Son secret  ? “Run good. Que dis-je, run très good ! Je crois même avoir gagné quasiment tous les coups que j’ai joués aujourd’hui”, plaisante-t-il. Et quand les cartes suivent, la confiance aussi visiblement. “J’ai même réussi à faire un énorme fold. J’ouvre deux Dames en début de parole, un joueur décide de flat, puis un autre squeeze à 19 blindes. Je l’ai beaucoup observé, et j’ai fini par repérer de gros leaks chez lui. Tu sentais qu’il laissait trop transparaître ses émotions. Finalement, j’ai décidé de passer ma main. On en a discuté après coup, il m’a dit qu’il avait les Rois. Et honnêtement, je ne pense pas que ce soit le genre de profil à mentir.” Si Loïc commence à trouver des folds préflop avec les Dames tout en remportant la quasi-totalité des mains qu’il joue, difficile de savoir ce qui pourrait l’arrêter. Mais, pas de jinx, évidemment. - VictorP

Statistiques, anecdotes et citations à la con

"Oh, bravo, vous avez battu les tricheurs !" - Signé : un joueur américain pas plus peiné que ça par l'élimination de l'équipe nationale de la Coupe du Monde, félicitant une joueuse belge à sa table. "Notre Président et la FIFA sont les deux choses les plus corrompues sur Terre aujourd'hui," a-t-il ajouté. On n'est pas loin d'être d'accord.

WSOP 2026 : tous nos articles

Level 9 : en haut, en bas

- 7 juillet 2026 - Par VictorP

Main Event 10 000 $ (Day 2ABC)
Level 9 : Blindes 1 000 / 1 500 / 1 500

Danser le swing

Pierre Calamusa
En revenant du dîner (chez le toujours excellent argentin Rincon de Buenos Aires, dans la banlieue ouest de Vegas), on est accueillis par le confrère Harper qui nous informe que Pierre Calamusa a enfin réussi à faire décoller son stack, doublant son "starting" pour se situer à 130 000. On accourt pour prendre des infos... mais c'est pour mieux observer deux mauvais coups d'affilée. Dans l'ordre : un call/muck, et un bad beat.

Sur le premier, Pierre défend sa BB face à une relance du bouton, et check/call sur le flop 45K. Le turn double le K : personne ne mise. Troisième K sur la rivière : Pierre check une dernière fois et voit son adversaire envoyer une belle praline de 11 000. Notre héros ne va pas attendre longtemps avant de payer... mais peu importe ses cartes : il n'avait aucune chance sur la rivière face à KJ.

Main suivante : un short-stack ouvre en début de parole, et Pierre le met à tapis. Snap-call ! Les jeux : paire de 5 chez le short, paire de 6 chez Pierre. Ce dernier est donc favori pour récupérer les jetons fraîchement perdus... mais devra finalement en lâcher encore un peu plus après l'apparition d'un 5 sur le flop. 

Pierrot perd son sourire, mais on espère que ce n'est que temporaire. 82 000 de stack, ça reste un très beau capital à ce stade du Main Event : plus de 50 blindes. - Benjo

Qui pour l'arrêter ? 

Yannis Lefur
Alors que je m’approche de la table de Yannis Lefur, autre vainqueur de la ProDream aux côtés de Florian Guimond dont on vient tout juste de vous donner des nouvelles, impossible de lui arracher le moindre mot. La raison ? Le Français joue littéralement tous les coups et ne cesse de martyriser sa nouvelle table depuis son arrivée quelques minutes plus tôt. Il faut dire qu’avec plus de 350 000 jetons devant lui, Yannis dispose largement de quoi mettre une pression maximale sur ses adversaires. Une situation idéale pour celui qui dispute pourtant seulement son tout premier Main Event. Alors, lorsqu’il finit enfin par coucher une main, j’en profite pour lui demander ses impressions sur ce début de journée tonitruant.

“Je suis très reconnaissant d’être ici. Je sais que j’ai énormément de chance de vivre ce genre de moments, d’autant plus quand ça se passe comme ça”, me confie-t-il, des étoiles plein les yeux. Après avoir conclu son Day 1D avec un tapis de 180 000 jetons, soit déjà trois fois le stack de départ, le Français continue tout simplement d’empiler les jetons comme des LEGO.“Au Day 1, j’avais déjà une très bonne table, ce qui m’a permis de monter ce stack. Et ce matin, rebelote. J’avais encore une table magnifique, hormis un gros reg que j’ai fini par éliminer pour me retrouver à une table à l’image de celle que j’avais au Day 1. Difficile de rêver de meilleures tables.”

Yannis LefurSi on imagine forcément qu’il aurait préféré ne jamais quitter cette dernière, Yannis ne semble pas perturbé le moins du monde par ce changement de décor. Bien au contraire. Alors que je m’apprête à retourner à ma place pour rédiger mon article, le Français s’offre un énorme pot. Avec As-Dame, il fait face à la paire de 8 d’un adversaire qui décide de le relancer à tapis sur le turn au sortir d’un board Q-3-Q-4. Le snap-call est immédiat, et quelques secondes plus tard, Yannis se retourne vers moi avec un large sourire. “Tu vois, c’est comme ça que j’ai monté mon stack. Tu devrais venir me voir plus souvent si ça continue comme ça !” Une nouvelle livraison qui lui permet de grimper à près de 500 000 jetons, soit l’un des plus gros tapis du tournoi actuellement. Rien que ça. - VictorP

Pas tous à la fois !

Thibault Klinghammer
Les deux dernières heures ont vu notre Google Doc de suivi des Français se parer de rouge à toute vitesse. La liste est longue, elle comprend les noms de Robin "ChoveKiPeu" Gérard, l'expatrié et champion WSOP online William Reymond, Eric Sfez, le comédien Ahmed Sylla (dont le pari de late reg au Day 2 n'a pas fonctionné), le qualifié Winamax Anthony Apicella, David de Rotschild (malgré un très gros stack en fin de Day 1), Ilan Boujenah, Jean-Robert "Pulsar" Autran, Kenny Deffrasnes (trois jours après son bracelet online), Thibault Klinghammer (photo)...

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Level 8 : bonne nouvelle pour nos amis d'outre-Quiévrain

- 7 juillet 2026 - Par Flegmatic

Main Event 10 000 $ (Day 2ABC)
Level 8 : Blindes 600 / 1 200 / 1 200

Kerrien peut attendre

Clément Kerrien

Tiens donc, cela faisait un moment que nous n'avions pas eu de nouvelles de Clément Kerrien, et pour cause. "Je ne joue quasiment plus au poker depuis un an, nous avoue celui qui a longtemps sévi sur nos tables online sous le pseudo de R. Surcouf. Je suis ici en vacances, tu peux me considérer comme un récréa éclairé." Car là où d'autres n'ont aucun mal à enchaîner les tournois (et donc les éliminations) ici pendant un mois, voire un mois et demi, cela n'a jamais vraiment été la tasse de thé du Maltais.

"Je ne sais pas comment font les marathoniens de Vegas, comme Julien [Sitbon] par exemple. Moi, je suis toujours hypé au début, et puis la motivation finit pas décliner. Donc je préfère venir pendant 10-15 jours et finir par le Main Event." Parce qu'en ce qui concerne le Big One, ce n'est pas la même mayonnaise. "Je serai toujours partant pour ce tournoi ! La structure est insane et les joueurs sont tellement mauvais. Ici, je me sens beaucoup moins rouillé que sur les tables online." Où il ne joue plus, selon ses dires, que les gros événements de type Winamax Series "et quelques gros festivals sur GG."

Il faut dire que Clément a trouvé une autre occupation et une autre manière de gagner sa vie. "J'ai eu d'autres opportunités dans d'autres domaines. Pour l'instant, je suis sur les paris sportifs, principalement en foot. Et c'est vrai que c'est difficile de se reconcentrer sur le grind quand tu peux gagner bien plus, bien plus vite, en faisant autre chose. Bon, bien sûr, ce n'est pas tout à fait comparable." Et alors que s'apprête à démarrer le 8e de finale entre les États-Unis et la Belgique, elle se passe comment pour toi, cette Coupe du Monde ? "En vrai, je ne sais pas trop ! Je fais ça avec un associé et c'est lui qui gère pendant que je suis à Vegas, pour que je puisse me concentrer sur le poker." Une concentration qui n'a pas été mise à rude épreuve pour l'instant aujourd'hui. "J'ai démarré à 87 000, je suis monté à 140 000 et là j'ai 62 000, après avoir notamment perdu avec As-Roi contre deux Dames. Mais je n'ai aucun spot compliqué, ce n'est que du grind.- Flegmatic

Statistiques, anecdotes et citations à la con

312 : selon le toujours très fiable Kevmath, il s'agit du nombre d'entrants tardifs sur ce Day 2ABC. Un nombre, pour la première fois depuis le lancement de cette édition 2026, en hausse par rapport à l'an dernier (265), de 17%. Si l'on ajoute à cela les 85 joueurs déjà pré-enregistrés pour le Day 2D, le total (provisoire) s'élève à 8 474. Vous pensez qu'on passera les 9 000 entrants ? Nous oui, et large.

1-1 : le score d'États-Unis-Belgique à l'heure où nous quittons le Paris pour profiter du dinner break dans notre restaurant argentin préféré (et qui diffuse le match). Vite, il ne s'agirait pas de manquer la deuxième mi-temps !

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