La nouvelle vague

- 6 juillet 2026 - Par Benjo DiMeo

Année après année, le Main Event continue de séduire de nouveaux joueurs : on n'avait peut-être jamais croisé autant de nouvelles têtes sur un Day 1 ! Et ils seront encore nombreux à arriver au cours des deux prochains jours, en 'max late reg', sur les deux Day 2
Main Event 10 000 $ (Fin du Day 1D)


WSOP
Le raz de marée annoncé a eu lieu : 4 691 inscrits sur le Day 1D de ce Main Event cuvée 2026, c'est bien plus que sur les trois journées précédentes réunies. Et même si le total des partants, à ce stade, reste inférieur à celui de l'an passé (il va falloir beaucoup, beaucoup de 'max late reg' pour rattraper le retard !), quelle importance ? En termes de rencontres, nous avons eu largement de quoi remplir notre assiette aujourd'hui.

Car ce qui nous frappe, devant la traditionnelle déferlante de la dernière journée de départ du Main Event, c'est la quantité de nouveaux participants que nous avons croisés. Vous l'aurez constaté en scrollant cette page, et en tombant sur une majorité de visages anonymes. Sacha, Dimitri, Maxime, Yoann, Arnaud, Pascal : tous sont joueurs de longue date, tous avaient une bonne raison de tenter enfin le plus beau tournoi du monde cette année. Une qualification acquise sur Winamax ou dans un club de jeux. Une bankroll boostée par un ponçage du circuit asiatique. Un rêve inscrit sur la bucket list depuis vingt ans, facilité par une finale WSOP disputée l'avant-veille. Autant de chemins qui mènent dans une gigantesque ballroom de Las Vegas, au milieu d'un océan de joueurs venus du monde entier, chacun poursuivant le même rêve.

Que beaucoup de joueurs continuent chaque année de découvrir le Main Event est bien sûr un très bon signe quant à la santé du poker en France. Si on croisait seulement, été après été, les mêmes habitués (les Antonin Teisseire, Antoine Labat, Nicolas Vayssières, Gilbert Diaz, Malcolm Franchi, Benjamin Pollak... tous ont passé la journée), il y aurait du souci à se faire pour l'écosystème. Tandis qu'aux États-Unis, de multiples signaux négatifs peuvent expliquer la baisse du nombre de joueurs venant à Vegas (situation en Iran, marché des cryptos en berne, politique intérieure du régime Trump...), le clan Français, lui, continue de venir en masse, et surtout de se renouveler. Tant mieux !

On a compté plus de 170 tricolores sur le Day 1D, ce qui porte le total de 280. Un chiffre encore provisoire : ils seront encore une poignée à débarquer sur l'un des deux Day 2, en mode 'max late reg'. Pour prendre connaissance des forces en présence (et des forces tombées en combat, comme Jimmy Guerrero, Thomas Eychenne et Alexandre Réard), rendez-vous comme d'habitude sur notre Google Doc maison. (Note : vous ne trouverez pas les chip-counts officiels, car ceux-ci comportent pas mal d'erreurs. On essaiera d'être plus précis à partir de la fin du Day 2... en espérant que l'app WSOP+ le soit aussi !)

En attendant, on peut vous confirmer que la journée ne fut pas extraordinaire pour le Team Winamax. Davidi Kitai a perdu la quasi-totalité de ses jetons sur un coup d'une rare violence (paire d'As qui fait full, carré en face !), douchant ses espoirs bien trop tôt. Même topo pour Joao Vieira quelques heures plus tard, ainsi que pour le King of WIP Moundir. Ne vous en faites pas, il nous en reste encore quelques-uns, on va vous en parler. Et chez les qualifiés Winamax, on n'a pas à se plaindre : ils étaient 9 au départ, et on dirait bien que c'est un carton plein : aucune élimination n'a été signalée dans leur canal Whatsapp ! - Benjo

Des W rouges en demi-teinte

Mustapha Kanit

"C'est fou ce Day 1 pour le Team, non ?, nous soufflait Mustapha Kanit avant de quitter la Ballroom du Horseshoe. J'ai l'impression qu'on peut le rejouer cent fois, ça ne va quasiment jamais se passer comme ça." L'hécatombe de ces derniers jours (listée en partie ci-dessus) a effectivement fait mal à nos petits cœurs. Heureusement, on a pu compter sur l'Italien aujourd'hui pour redorer le blason du W rouge. Avec 108 600 jetons, Muss' mène l'escadron Winamax, mais n'arrivait toutefois pas à être pleinement satisfait. "À chaque fois que j'ai eu l'occasion de m'envoler, je me suis fait craquer les As, puis les Rois..." Et l'Italien de nous résumer une journée en formes de montagnes russes, à l'issue finalement plutôt heureuse. Au vu de la forme du reste des troupes, on saura s'en contenter.

Kool Shen

Alors Kool Shen la forme ? "Moi oui, mais le stack lui est informe, il n'a pas de forme." 75 200 jetons tout de même, ça reste un Day 1 dans le vert. "Ouais, mais j'avais 97 000 à tous les breaks, jusqu'au dernier et puis j'ai bluffé un monsieur qui avait quasi les nuts. Pas une super idée." En plus de cela, Bruno a vu débarquer un certain Kalidou Sow à sa gauche, qui ne lui a pas facilité la vie. Car même à moitié malade, le Parisien ne se départit jamais de son jeu agressif. "Il prenait tous les spots, je ne pouvais rien faire ! Tu sais qu'il y a des coups que j'ai perdus parce que je t'ai payé au lieu de te 3-bet," le tance notre Pro. Mais dans le duel des "KS", c'est quand même Bruno qui s'impose, Kalidou ayant "bag" un petit 46 000.

Pour le reste, on a réussi à passer à côté de l'entrée de Gus Hansen, qui n'a pu empaqueter mieux que 28 300, tandis que, pour son premier Main Event sous ses nouvelles couleurs, Émilien Pitavy a fait deux fois mieux, à savoir 57 800, mais sans réussir à dépasser le tapis de départ. Allez, le Day 2 sera un autre jour. - Flegmatic

Le bonheur à plusieurs

Menard
Quand il a pris place à sa table ce dimanche midi, Mikael Menard avait un objectif bien précis : réussir à oublier qu’il disputait un tournoi à 10 000 $, lui qui a décroché son package en freeroll grâce à sa victoire lors de la dernière édition de la Team Pro Experience. Un objectif atteint. “Ça a pris un peu de temps, mais j’ai fini par ne plus y penser au fil de la journée. Ça m’a permis de jouer mon jeu, d’enlever cette petite pression que je pouvais avoir et surtout de ne rien regretter à la fin de la journée.” Une satisfaction d’autant plus grande que ce Day 1 n’a pas été de tout repos pour le Cherbourgeois, qui a longtemps dû composer avec des hauts et des bas. “Ça a été très dur par moments, mais on finit par bag, et c’était l’autre objectif que je m’étais fixé, peu importe le stack avec lequel je terminais.” Au-delà du jeu, Mikael retiendra davantage les émotions vécues tout au long de cette première journée, lui qui a pu compter sur un soutien de poids aux abords de sa table. “Avoir mon fils et mon pote à mes côtés, ça m’a énormément aidé, aussi bien dans les moments compliqués que dans les moments d’euphorie. C’est que du bonheur de les avoir avec moi pour vivre ça.” La suite du programme ? “Maintenant, on va aller boire un coup et essayer de se reposer un maximum pour le Day 2 !” - VictorP

Une bonne journée de défonce

Antoine Saout

Terminer le Day 1A à 76 200 pour un tapis de départ de 60 000, sur le papier, il n'y a pas de quoi s'enthousiasmer. Mais pour Antoine Saout aujourd'hui, cela représente tout simplement "mon pic de la journée. Je me suis fait défoncer toute la journée, j'avais encore 22 000 après le dernier break, et j'ai enfin eu du jeu."

À un sage du Main Event comme le Breton, qui fait partie des rares joueurs de l'ère moderne à avoir atteint deux fois la table finale (on vous invite à faire le recensement chez vous : spoiler, ils ne sont pas nombreux), on a demandé ce que l'on était en droit d'attendre d'un Day 1. Bon, la réponse ne surprendra pas grand-monde. "Il faut être vivant ! Le seul intérêt, c'est de passer au Day 2, et derrière, on verra !- Flegmatic

Le podomètre s'affole

On en aura vu du monde aujourd'hui ! On aurait bien aimé parler de tout le monde. Malheureusement, nous ne sommes que d'humbles couvreurs qui ont du mal à faire plus de 24 700 pas (le chiffre officiel du côté de notre photographe Caroline Darcourt aujourd'hui). Une partie de ceux qui n'ont pas eu droit à leur paragraphe aujourd'hui, mais seront au Day 2D :

Leandry AinonkpoLeandry Ainonkpo

Sarah Ramirez
Sarah Ramirez

Ugo TaurinesUgo Taurines

Jimmy Kebe
Jimmy Kebe

Julien Mariani
Julien Mariani

Louis Vial
Louis Vial

 
Christoph Chaudet
Christophe Chaudey

Pollak
Benjamin Pollak

Yoh Viral
Yoh Viral

Chris Moneymaker
Chris Moneymaker

Tristan Clémençon
Tristan Clemençon (ça faisait un bail !)

Kalidou Sow
Kalidou Sow

Nicolas Vayssieres
Nicolas Vayssières

Kassouf
Et devinez qui est de retour ?


Le début de la réunification

WSOPLes Day 1 sont désormais derrière nous ! Mais est-ce à dire que les inscriptions sont closes ? Pas du tout ! Les retardataires auront encore deux niveaux pour prendre leur place, à la fois sur le Day 2ABC (lundi) et Day 2D (mardi), ce qui nous laissera l'opportunité de découvrir de nouveaux visages. Ils seront d'ores et déjà 2 519 à reprendre place demain pour le Day 2, dont 80 Français (au moins) que nous suivrons du mieux possible. Le marathon ne fait que commencer !

Benjo, Flegmatic, VictorP & Phil Anthropik

WSOP 2026 : tous nos articles

Level 5 : World Wide Poker

- 6 juillet 2026 - Par Flegmatic

Main Event 10 000 $ (Day 1D)
Level 5 :  300 / 600 / 600

Le poker se lève à l'est

Jérôme Finck

C'est un Jérôme Finck tout sourire que nous avons retrouvé à un peu plus d'une heure de la fin de journée, assis devant un tapis de 160 000 jetons. Mais pour être honnête, ce n'est pas pour nous enquérir de l'état de son stack que nous sommes allés le trouver, mais pour avoir son œil d'insider sur un phénomène qui fait beaucoup parler depuis quelques années, et encore plus cet été : l'essor du poker japonais. L'Alsacien est en effet bien placé pour en parler, si l'on en croit cet article tiré de L'Alsace, cela fait désormais vingt ans qu'il vit à Tokyo, où il dirige les activités de fusions et acquisitions pour le pays d'une grande banque privée française.

"Il faut savoir qu'il y a un gros organisme là-bas, qui s'appelle le JOPT (pour Japan Open Poker Tour), attaque-t-il. Ils sont associés avec pas mal de grosses marques, comme GGPoker, GTO Wizard et ils organisent des événements monstrueux. En cinq ans, je les ai vus passer de toutes petites salles à des trucs massifs. Entre Tokyo, Osaka et Nagoya, il y en a quasiment tous les deux mois et ce n'est pas rare qu'ils atteignent les 4 000 joueurs !," ajoute-t-il, photo à l'appui. Mais dans un pays où les jeux d'argent payants sont officiellement interdits, les organisateurs ont appris à ruser. "Les joueurs qui terminent dans les places payées reçoivent l'équivalent de contrats, pour aller disputer des festivals à l'étranger. Cela peut être des EPT, WSOP ou même Tritons. Et les premiers peuvent repartir avec l'équivalent d'entre 250 000 et 300 000 $ !"

Les marques ne s'y trompent pas, le JOPT ayant noué des partenariats avec GGPoker ou encore GTOWizard. "Shiina [Okamoto, la double Championne du Ladies] est d'ailleurs représentante à la fois de GTOWizard et du JOPT, poursuit Jérôme. Et pour une raison que j'ignore, Steve O'Dwyer fait aussi beaucoup de trucs au Japon. Et il y a même des marques mainstream qui s'y intéressent, comme Burger King." Mais ce qui est peut-être le plus dingue, c'est que, poussé par l'influenceur star Masato 'World Wide' Yokosawa ou encore Jun 'misawa' Obara ("Le 'Benny & Yu' local"), le public japonais est jeune, très jeune. "Je dirais que la moyenne d'âge sur les tournois où j'ai l'habitude d'aller ne dépasse pas les 25 ans. Et il y a aussi beaucoup de joueuses, entre 10 et 15%. J'ai d'ailleurs dit il y a quelque temps que le renouveau allait venir d'elles, parce qu'en plus, elles sont hyper agressives !" Mais attendez, ce n'est pas tout : "Ils organisent aussi des tournois junior ! J'y ai emmené ma fille." Des images improbables à en faire pâlir n'importe quel membre de l'ANJ, et qui avaient nous avait fait bien halluciner chez Winamax.

Entre deux coups disputés, Jérôme poursuit. "Dans les principales grandes villes, il y a des clubs de poker partout. À Roppongi, où je travaille, il doit y en avoir cinq. Et dans d'autres quartiers animés, comme Shibuya ou Shinjuku, c'est pareil. Tu peux y aller à n'importe quelle heure, il y aura toujours du monde. Moi, j'y vais environ une fois par semaine et je croise beaucoup de réguliers." Là encore, pas question de miser de l'argent directement. "Tu paies l'entrée au club et, si tu fais ITM sur un tournoi, tu remportes des points. Une fois que tu as assez de points, ça te permet de ne pas payer l'entrée. Et même avec un système comme ça, les gens jouent hyper sérieusement." Enfin, peut-être la dernière particularité du poker japonais, c'est son attrait pour les mixed games. "Pour ça, je dirais que Naoya Kihara, le joueur qui a gagné deux Championships cet été, a fait énormément. Il a une école de poker avec énormément d'élèves. J'avais fait découvrir tout cet écosystème à Thomas Eychenne il y a quelque temps. On avait pu jouer dans plein de variantes différentes, il était assez épaté." Vous l'avez, on l'espère un peu mieux compris désormais : nous n'avons pas fini de parler du poker japonais ! - Flegmatic

Mais où est passée la Team Elite Poker ?

Emilio Ulysse

Depuis deux ans maintenant, on avait pris l’habitude de voir débarquer au complet les membres de la Team Elite Poker sur le Main Event des WSOP, unique tournoi figurant au programme estival de cette équipe spécialisée dans le cash game. Alors forcément, lorsqu’on a aperçu Emilio Ulisse seul au milieu des tables du Day 1D ce dimanche midi, une question s’est rapidement imposée : où sont passés les autres ? Ont-ils préféré profiter des parties de cash game qui fleurissent un peu partout en ville ? La réponse est finalement assez simple. “On a estimé qu’il était plus judicieux de se concentrer sur le cash game live à Macao, surtout que beaucoup des réguliers de là-bas sont actuellement ici pour les WSOP.”

Un choix également dicté par des raisons économiques. “Faire venir toute une équipe à Las Vegas pendant deux semaines, ça représente un coût important. On a fini par conclure que ce n’était pas forcément le plus rentable, même si on a eu la chance de vivre de très beaux moments ici, notamment l’été dernier avec le deep run d'Adrien Zychowski.” Alors pourquoi Emilio a-t-il tout de même tenu à faire le déplacement pour disputer seul ce tournoi ? “En ce moment, j’essaie surtout de développer davantage le contenu vidéo autour de la Team Elite, et c'est aussi une bonne occasion de gagner en visibilité et de faire davantage connaître la marque.” Pour l’heure, le scénario rêvé pour alimenter ces futures vidéos n’est pas encore tout à fait au rendez-vous. Hormis un joli coup remporté préflop avec "les Rois contre As-Roi", cette première journée ressemble davantage à une longue phase d’observation qu’à un feu d’artifice. Mais Emilio a tout de même une petite idée de comment bien conclure son Day 1. “L’idée, c’est d’appuyer sur l’accélérateur et de finir la journée avec 200 000 jetons. Là, on sera vraiment bien !” For the content! - VictorP

Une première au milieu des requins

Matheo Manzone

Après avoir réalisé un magnifique parcours sur le Mini Main Event, qui l'avait mené jusqu'à la 33e place, Matheo Manzone se demandait s'il allait participer à la version Big One. Il faut dire que 10 000 $ sur un gain de 33 000 $, ça représente quand même un investissement non négligeable, surtout quand on n'est pas professionnel du jeu. Quelques stakeurs intéressés par son profil, les parts se vendent, et voilà le Sudiste qui se lance. "Ça aurait été dur de devoir dire non à ce tournoi mythique."

En tandem avec son frangin Maxime, le binôme espère bien faire le même braquage que sur le Mini Main, qu'ils avaient cash tous les deux. Pour ça, il va falloir éviter les embûches, un exercice subtil quand on partage l'ovale avec Emilien Pitavy et Clément Richez. "On n'a pas chatté la table, mais c'est aussi ça ce tournoi, il faut battle avec les gros noms." Pointé à 80 000 pions au cours du dernier niveau de la journée, le Français admet concernant ses deux adversaires : "Ils sont un cran au-dessus, c'est sûr, tu vois que les gars vont chercher les thin values, là où 90 % des joueurs check-back. Ils te mettent dans des spots... mais on est obligé d'essayer de rivaliser, sinon on se fait exploit."

Assis à l'opposé de son frangin, les nouvelles se transmettent via WhatsApp. "Je n'ai pas de nouvelles depuis un moment." Pas d'inquiétude cependant, puisque l'ex-Team Pro Winamax est toujours référencé dans l'application WSOP+, pointant à 66 500 jetons. - Phil Anthropik

WSOP 2026 : tous nos articles

Level 5 : en mode découverte

- 6 juillet 2026 - Par Phil Anthropik

Main Event 10 000 $ (Day 1D)
Level 5 :  300 / 600 /  600

Du poker ghetto

Sacha Bayard
En fin de Level 4, nous partons à la recherche de Sacha Bayard, aiguillés par le chip-count plutôt alléchant affiché sur l'appli WSOP+ : 150 000. On fait ainsi la connaissance d'un jeune joueur originaire du Lot-et-Garonne, dont c'est le premier Main Event. "J'ai fait le circuit asiatique pendant deux ans", explique Sacha. Exact : on a zieuté sa Hendon Mob, elle est remplie de résultats au Vietnam, en Corée du Sud, au Cambodge et aux Philippines, avec un tournoi remporté dans chacun de ces pays, sauf le Cambodge. Enfin, si... mais le tournoi en question n'est pas répertorié sur Hendon Mob. "C'est une perf à 100K$, mais c'était un tournoi un peu ghetto, dans une ville qui a été rachetée par des Chinois. Ils y ont construit des casinos, et du coup, il y a pas mal de trafics bizarres !" Sur ce tournoi joué hors des sentiers battus, Sacha nous dit qu'il s'est retrouvé en heads-up contre une joueuse qui gagnera plus tard un Triton. Il doit donc s'agir de l'excellente Xuan Liu, régulière du circuit depuis des années.

"Ça, c'était il y a un an. Derrière j'ai joué un peu à tous les formats." S'il s'est décidé à jouer cet été ses premiers WSOP, c'est pour une seule raison : sa bankroll le lui permettait. "J'ai joué des tournois entre 200 et 1 000 $, et je m'étais réservé le Main. J'ai fait des min-cashes. Donc dans l'ensemble, j'ai surtout contribué aux prize-pools !" L'histoire sera peut-être différente sur son premier Big One, avec un stack qui a grimpé à 150 000 ("J'ai eu de la chance !"). Encore deux heures à jouer : ce matin, Sacha était un peu stressé. La pression est depuis retombée, mais il faut maintenant gérer la fatigue, avec encore deux heures à tenir. Le début du plus long marathon qui existe dans le poker, avec huit journées de dix heures à franchir pour atteindre la finale.

En attendant, Sacha savoure un niveau de jeu "archi-faible, c'est le kif ! En mai j'étais à Estoril, ça jouait mieux qu'ici." Ce n'est pas la première fois qu'on nous fait ce type de remarque, loin de là. Et cela explique pourquoi le Main Event reste, encore et toujours, le tournoi le plus attractif du monde. - Benjo

Sur un coup de tête

Dimitri Pierre.
C'est au détour de la dernière pause de la journée que nous rencontrons Dimitri Pierre. Clope au bec, le streamer spécialisé dans les jeux de casino nous explique avoir découvert le poker en 2017. "J'ai commencé en regardant le Main Event sur YouTube, je me suis fait toutes les tables finales, j'étais à fond. Alors pour moi, y aller, c'était une évidence." Décidé sur un coup de tête de dernière minute, le résident maltais prend son avion et se présente quelques jours avant le Big One pour se chauffer sur le Tag Team ainsi que sur le Mini Main Event, sur lesquels il rentrera dans l'argent. Si ce tournoi faisait partie de ceux qu'il avait prévus de buy-in, c'est finalement sur un satellite qu'il a pris son ticket pour jouer le plus beau tournoi du monde à moindre coût.

Tombé à 33 000 après s'être fait craquer les As par Roi-Valet dépareillé, le jeune homme de 26 ans reste tranquille. "C'est un marathon, celui qui gagnera sera celui qui fera le moins d'erreurs et, pour l'instant, j'en ai fait pas mal. Je vais essayer de me reprendre pour remonter d'ici la fin de journée." - Phil Anthropik

WSOP 2026 : tous nos articles

Level 4 : le bal des débutant(e)s

- 6 juillet 2026 - Par Phil Anthropik

Main Event 10 000 $ (Day 1D)
Level 4 :  300 / 500 /  500

Billard à trois bandes

Olivier Billard

Il y en a qui prennent des années avant de jouer le Main Event, travaillant leur préparation technique, mentale ou tout bonnement logistique, jusqu'à être prêts à se lancer le jour J. Olivier Billard a quant à lui pris une autre option : jouer le Main Event comme tout premier tournoi live. "Ça faisait quelques années que je jouais online. Mon métier d'avocat me prend beaucoup de temps, je n'ai pas le temps de faire du live, alors quand un ami m'a dit qu'il allait jouer le Main Event il y a deux ans, je me suis dit que c'était l'occasion parfaite pour commencer. Bien sûr, je n'étais pas suffisamment prêt et je me suis fait éliminer, mais c'était génial."

Conquis par l'expérience, le rendez-vous avec le plus gros tournoi du monde devient annuel. Cependant, le Parisien considère rattraper son retard technique en se faisant coacher par Guillaume Dupuy, avec qui il travaille depuis deux ans. Après un deuxième essai qui se termine en eau de boudin en deux niveaux, Olivier revient cette année avec davantage d'expérience, ce qui se reflète dans un départ canon qui le positionne deuxième au classement provisoire des Français sur ce Day 1D avec 170 000 jetons, juste derrière Antoine Labat.

Savourant l'instant, Olivier explique cependant que sa table est plutôt compliquée, assis entre Ben Collins, vainqueur d'un bracelet sur le Salute to Warriors, et l'Israélien Saar Wilf, qui cumule plus de 1,7 million de dollars de gains sur Hendon Mob. Une table périlleuse, mais sur laquelle Olivier détient un avantage en jetons conséquent. Souhaitons pour lui que la troisième tentative soit la bonne pour franchir les portes du Day 2. - Phil Anthropik

Dans la peau d'un(e) élève

Audrey Verlomme

Grindeuse aguerrie depuis maintenant quelques années, Audrey Verlomme est surtout connue dans le milieu pour une autre facette de sa carrière : celle de coach mentale. Au fil du temps, elle a, et continue aujourd'hui, d'accompagner nombre de joueurs comme Aurélie Réard, Malcolm Franchi, Anthony Apicella, Flavien Guenan ou encore Sandrine Phan, afin de les aider à aborder les grands rendez-vous dans les meilleures dispositions possibles. Mais cette fois, c’est bien dans la peau d’une joueuse qu’on a retrouvé celle qui ne cesse de travailler son jeu depuis maintenant deux ans, assise à sa table sur le Day 1D du Main Event des WSOP, prête à disputer ce qu’elle considère elle-même comme le tournoi le plus important de sa vie. “Avant toute chose, j'aimerais particulièrement remercier mes stackers sans lesquels je ne serais pas ici. Pour le reste, j’ai vraiment essayé d’optimiser au maximum ma préparation. Pour te dire, je n’ai quasiment pas joué depuis mon arrivée, hormis quelques tournois WSOP et Ladies Events, dont celui du MGM où j’ai fait la bulle de la table finale. À part ça, pas grand-chose. Je voulais absolument arriver fraîche le jour J, et honnêtement, depuis que je suis ici, je n’ai pratiquement ressenti aucune fatigue.”

Une coach mentale appliquant finalement à la lettre les conseils qu’elle donne toute l’année à ses élèves. Et alors, que ressent-on lorsque l’on s’assoit pour la première fois dans le Big One ? “Hier, je ressentais surtout énormément de joie et de gratitude de pouvoir jouer ce tournoi. Puis ce matin, au fil des heures, j’ai senti l’excitation monter progressivement, jusqu’à ressentir une vraie bonne pression au moment de m’asseoir à table. Les émotions que procure ce tournoi sont incomparables avec tout ce que j’ai pu connaître ailleurs.” Des émotions particulières, mais aussi un environnement de jeu bien différent de ce qu’elle a l’habitude d’observer. “J’ai rarement vu un tournoi où les gens jouent de cette façon. Je ne vois quasiment aucun bluff. Les joueurs ont toujours brelan ou full ! C’est très différent de ce qu’on peut voir sur des buy-ins plus modestes ou même en cash game.”

Un format qu’Audrey connaît d’ailleurs plutôt bien. Depuis son arrivée à Las Vegas, elle s’est accordée quelques sessions de cash game, notamment du côté du South Point, où je l’ai croisé pas plus tard qu’avant-hier. “Le point commun avec le Main Event, c’est qu’on joue deep et qu’on a le temps. Mine de rien, le fait d’avoir beaucoup joué en cash game m’a un peu habituée à cette dynamique, même si ça reste évidemment deux formats très différents.” Du temps, Audrey en possède encore largement sur ce Day 1D. Malgré un tapis légèrement en dessous du stack de départ, elle refuse pour autant de se mettre la moindre pression. “Pour l’instant, j’ai 46 000 jetons, mais je ne veux surtout pas me précipiter et me laisser distraire. L’objectif est simple : bag ce soir, peu importe le stack.” C’est tout le mal qu’on te souhaite Audrey ! - VictorP

Le sang de la Veyn

Samy Dubonnet

Si vous allez jeter un œil à la page Hendon Mob de Samy Dubonnet, vous verrez cinq places payées répartis entre le Wynn et l'Aria, dont une troisième place sur un 1 100 $ pour près de 28 000 $. Pas si mal, non ? Sauf qu'à l'entendre, le constat n'est pas tout à fait le même. "J'ai tout blank, nous souffle La Dubonne. Enfin, à part un deep run quoi. Pour l'instant, je suis toujours tombé du mauvais côté." Et ce n'est pas faute d'essayer, puisque, depuis fin mai, le Montpellier a tout joué ou presque "entre 1 500 et 5 000, avec quelques shots à 10 000." Ce ne sont donc pas les quelque 50 000 $ collectés qui suffiront à son bonheur. Mais entre ce Main Event, le "10K 6-max" ou encore le Mid-Stakes Championship à 3 000 $, les occasions de finir en beauté ne manqueront pas.

Venu ici avec Adrien Delmas et Robin Guillaumot, Samy ne fait plus partie de la Team ATM depuis plusieurs mois - "Ils voulaient se recentrer sur quelques joueurs qui vont pouvoir jouer très cher." - mais continue d'avancer groupé. "En novembre, j'ai lancé ma propre structure. Je n'en ai pas trop parlé, tout simplement parce que je n'ai pas eu besoin d'en faire la pub, et parce que ça reste quelque chose d'assez élitiste, pour des ABI autour de 80/100."

Rapidement, Samy s'est donc retrouvé à la tête d'une petite bande de huit élèves, regroupés au sein de The Veyn. "Quand je jouais au basket, j'avais un coach, un ancien militaire, dont le mantra était 'Le sang à l'entraînement évite la mort au combat'. C'est une phrase qui m'a beaucoup marqué, qui continue de me suivre aujourd'hui et me pousse à me défoncer au travail. Au départ, je n'étais pas sûr de vouloir donner un nom à ma structure. Et en fait, il se trouve que les gens aiment avoir le sentiment d'appartenir à quelque chose, moi le premier. Puis "la veine", c'est aussi la famille, justement." On espère qu'elle coulera en lui pendant encore de longs jours sur ce Main Event. - Flegmatic

Statistiques, anecdotes et citations à la con

Moundir

Deux mauvaises nouvelles à signaler du côté de nos W rouges. D'abord, la sortie de route de notre WIP en chef Moundir. L'aventurier nous a fait parvenir la photo d'un board 8510Q2. Devant lui, une paire de 8 et, chez son adversaire, J9. "Un peu lourd ce coup mais encore une fois, pas de c** et j'ai pas pu folder," a sobrement commenté la Moun'. GG.

Joao

Quelques minutes plus tard, ce fut au tour de João Vieira de nous annoncer sa sortie. Le Portugais rejoint ainsi Adrián Mateos, Leo Margets et Davidi Kitai dans le cimetière du Team Winamax sur ce Main Event. Eh beh.

WSOP 2026 : tous nos articles

Level 4 : Experience en cours

- 6 juillet 2026 - Par VictorP

Main Event 10 000 $ (Day 1D)
Level 4 : Blindes 300 / 500 / 500

Un Main Event père-fils

Mikael Menard

Il y a quelques mois, Mikael Menard remportait la Team Pro Experience sans vraiment savoir ce que cela représentait. Joueur online, habitué à se croustiller quelques beaux tournois à 5, 10 et 20 € sur Winamax depuis 2010, le Cherbourgeois avait simplement décidé de participer en voyant le visage de Davidi Kitai associé à l’opération. Une raison suffisante pour tenter sa chance. Quelques heures plus tard, il découvrait à sa grande surprise qu’il venait de remporter un package pour aller disputer le Main Event des WSOP à Las Vegas, en freeroll. Trois mois plus tard, le grand jour est enfin arrivé. Et à première vue, Mikael semble étonnamment serein. "Je n’ai vraiment aucun stress. Je sais que ce tournoi est différent de tous les autres, mais je me sens particulièrement bien.”

Un état d’esprit qui pourrait surprendre tant ses premiers pas dans la capitale du vice ont été mouvementés. “J’ai joué le Mystery Millions à 1 000 $, ça s’est arrêté très vite, j’ai pris une belle horreur. Sur le Mini Main, j’ai un peu plus joué, mais rien d’extraordinaire. Et sur le 3 000 $ Freezeout, ça a été une catastrophe”, me raconte-t-il sans être frustré pour autant. Des débuts compliqués, certes, mais surtout très enrichissants. Car Mikael n’est pas venu seul dans cette aventure. En remportant la Team Pro Experience, il a eu droit à un accompagnement de choix, notamment avec Stéphane Matheu, coach du Team Winamax, mais aussi avec celui qui est, depuis toujours, sa référence absolue : Davidi Kitai. “Ça fait déjà trois ans que je travaille beaucoup mon jeu, mais avoir des coachs comme eux, c’est incroyable. Je sens déjà que ça m’aide énormément, et je sais surtout que ça me servira pour la suite.” Et comme si cela ne suffisait pas, Mikael peut également compter sur soutien très particulier : celui de son fils Axel, omniprésent depuis le début du séjour, et sans aucun doute son premier supporter.

“Ça donne forcément envie de jouer quand on le voit vivre ça, mais je n’ai que 20 ans malheureusement, alors on reviendra peut-être l’année prochaine. Pour l’instant, on supporte le papa, je suis son plus grand fan. Je suis très fier de ce qu’il fait, même si le début de journée est un peu compliqué. Lui, c’est un joueur de Monster Stack. Il adore les structures deep, alors ce tournoi est fait pour lui, j’en suis persuadé. Et puis, il lui reste encore des jetons, il a encore largement le temps !” - VictorP

Et sinon, y'a qui dans ce tournoi ?

Joueuse

Plus de 4 600 joueurs, cela a beau être moins que l'an passé sur le Day 1D, ça fait quand même du monde. Si nous n'avons évidemment pas le temps de parler à tout le monde, notre photographe Caroline Darcourt, elle, parvient tout de même à leur tirer le portrait. On vous en présente quelques-uns.

Florence Mazet - Baptiste Audoli

Le hasard du tirage au sort a placé côte à côte notre ancienne collègue Florence Mazet et notre collègue d'aujourd'hui Baptiste Audoli.

Jérôme Dumayet - Jimmy Guerrero
Autre doublette tricolore, celle formée par Jimmy Guerrero (à gauche) et Jérôme Dumayet.

Doug Polk
Doug Polk a fait le court déplacement depuis le Texas.

Cécile Ticherfatine
La Reine de la Queens Squad Cécile Ticherfatine.

Alex Foxen
Alex Foxen a posé quelques soucis à notre qualifié Pascal Ridet.

Pascal Ridet
Mais ce dernier garde le sourire.

Robert Giordano
Robert "Best-of" Giordano, jamais sans son café.

Sergio Aido
Sergio Aido, l'un des candidats au titre de "meilleur joueur espagnol de ces dix dernières années qui ne s'appelle pas Adrián Mateos"

Lautaro Guerra
Même un inconditionnel du PLO comme Lautaro Guerra ne peut pas passer à côté du Main Event, surtout après avoir terminé 15e l'an passé.

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