Half-français, moitié-australian

- 5 juin 2026 - Par Tapis_Volant

À la recherche des frenchies sur le plus gros tournoi de la journée, je suis tombé sur un certain Didier Guérin avec un beau drapeau tricolore. Spoil : il est australien. Rencontre.
Event #19 : High-Roller 25 000 $ (Day 1B) 

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Quand on se met à chercher les joueurs français au départ du Monster Stack, c'est assez facile. Vous laissez traîner vos oreilles, vous vous reconnaissez un accent très prononcé et vous tenez votre gars. Par contre, sur un 25 000 $ High-Roller, c'est une autre paire de manches. Enfin, je dis ça, mais ça, c'était avant l'appli. Maintenant, il nous suffit de checker le tournoi, de trouver un drapeau bleu-blanc-rouge et on a notre histoire. Merci les WSOP ! Aussi, quand j'ai vu un drapeau français associé à un nom bien de chez nous : "Didier Guérin", je me suis dit "bingo", on le tient notre random qualifié pour pas un rond sur un satellite. 

Une petite recherche Hendon Mob plus tard et je m'aperçois que notre Didier Guérin national (ou pas) n'a pas un seul drapeau français, mais a un palmarès des plus honnêtes avec 1,3 million de dollars de gains en carrière. Par contre, même s'il y a un drapeau australien sous son nom, il y a quand même écrit "Paris" comme vous pouvez le voir. 

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On oublie sa timidité maladive et on va le voir, d'autant qu'il est à une table costaude avec Marius Gierse, Aleksei Ponakovs ou Boris Angelov. "Hello, you parle français ?" - Un petit peu. Hormis ces trois mots-là et "Au revoir" à la fin de l'interview, c'est tout ce que je l'entendrai dire en français. En fait, son père est français - et s'appelle aussi Didier Guérin -, autant dire qu'en Australie où il a grandi et habite aujourd'hui, tout le monde savait que ce n'était un local à 100%. Bref, Didier n'est quasiment jamais venu en France mais tient à me préciser que la France est sa deuxième équipe de foot préférée, et qu'il jouerait bien sur Winamax, s'il le pouvait depuis l'Australie. 

Écumant le circuit australien entre Sydney et Melbourne, Didier Guérin se fait aussi plaisir à Vegas, où il est venu une bonne dizaine de fois, avec peu de grosses perfs dans la capitale du jeu, bien loin des gros scores à 6 chiffres qu'il a réalisés dans son pays. Avant de partir en break, quand je lui parle du coverage Winamax, il me glisse qu'il est super pote avec Mustapha Kanit, qui est venu plusieurs fois en Australie pour disputer de grosses séries de tournoi.

Allez promis, si Emilien Pitavy, Julien Sitbon, Adrien Delmas ou Franck Makaci se retrouvent hors course sur le Day 1B du 25 000 $ High-Roller qui a généré 156 entrées aujourd'hui, on considèrera que Didier Guérin est français. 

Du Paris à l'Orleans : la bague au doigt

- 3 juin 2026 - Par Tapis_Volant

Après un deep run légèrement frustrant sur le 600 $ Deepstack des WSOP, Bastien Mihy a préféré skip le 1 500 $ 6-Max initialement prévu pour aller rejoindre ses potes sur le 300 $ de l'Orleans. La bonne idée ! Quelques heures plus tard, il décroche sa première grosse victoire à Vegas avec sa bande de potes dans le rail

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"Il n'y a pas que le Paris dans la vie", serait-on tenté de dire en écoutant le récit de Bastien Mihy, aka Bastoche, un joueur en provenance de Montélimar qui avait pour habitude de venir à Vegas tous les deux ans. "Mais depuis 5 ans, c'est plutôt tous les ans !", rigole-t-il au moment de m'expliquer ce qui l'amène ici à me raconter son histoire. Dimanche, Bastien joue le Deepstack 600 $ au Horseshoe et se qualifie pour le Day 2. 230 joueurs restants et un rêve avec 250 000 $ à la gagne. Qui s'achève malheureusement en 104ᵉ place après trois heures de jeu, ce genre de place frustrante qui vous laisse un goût d'inachevé. "Tous mes potes étaient à l'Orleans. Après mon élimination, je devais normalement jouer le 1 500 $ 6-Max, mais après un bust comme ça, en tant qu'amateur, tu as du mal à te remettre dedans tout de suite. En plus, la moyenne tournait autour de vingt blindes, je ne me sentais pas de repartir directement au combat sur un tournoi des WSOP." Finalement, l'histoire, vous la connaissez déjà. Bastien file à l'Orleans pour rejoindre les copains sur un 300 $. Et quelques heures plus tard, il remporte le tournoi pour 11 512 $, une belle embellie.

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Un extrait priceless de la conversation WhatsApp des Cpistes à Vegas

Le tournoi s'est passé comme dans un rêve pour Bastoche, comme ce coup où il défend Valet-10 de pique et touche un flop Roi-Dame-5 avec trois piques contre un joueur qui avait deux As. Sur la table finale, après un gros rush de cartes dont deux fois les As, il est énorme chipleader à 4 left, l'occasion d'un deal rêvé où il prend juste un peu moins que le prix de la première place... et la bague. Parce qu'il l'avait presque oublié, mais les organisateurs leur ont annoncé au cours du tournoi qu'il s'agissait d'un ring Event qui offrait une bague au vainqueur. Alors, certes, ce n'est pas comptabilisé comme une bague WSOP-C, faut pas exagérer, mais ça fait toujours plaisir ce genre de trophées. 

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Originaire de Montélimar, Bastien a découvert le poker avec notre Harper national il y a une vingtaine d'années déjà. "Je me souviens, à l'époque, on jouait surtout à PES. J'arrive chez Harper, il ouvre Everest Poker, on jouait les Shastas (des Sit&Go gratuits qui permettaient de gagner des centimes). On trouvait ça génial. Puis, on a progressivement monté de lilmites, Harper jouait beaucoup ce format et moi je me suis mis aux tournois, puis pas mal de cash-game. Et après, j'ai trouvé un travail et Harper s'est tourné vers le journalisme sportif."

Commercial dans les laboratoires pharmaceutiques, Bastien s'autorise un budget entre 5 000 et 8 000 $ chaque année. Et pourra enfin brag sur le fait qu'il a fait un Vegas positif, après plusieurs années où ça s'est moins bien passé. Venu avec toute une bande et très connecté à la communauté des joueurs du Club Poker, qui se retrouvent sur tous les meilleurs spots de Vegas, Bastien avait une raison de plus d'être heureux de cette victoire d'hier. Après la mort d'un de ses meilleurs potes, de dix ans plus âgé que lui, il s'était promis d'aller décrocher un bracelet WSOP pour lui, car c'était leur rêve à tous les deux quand ils étaient jeunes et passionnés. "Alors certes, c'est pas un bracelet, mais cette bague, elle est pour lui !

Venu avant tout pour grinder, Bastoche et ses potes n'en oublient pas les petits plaisirs de la vie. Entre un bon repas au "Favorite Bistro", dont le patron français est devenu un pote, et deux spectacles du Cirque du Soleil, le mot d'ordre est le plaisir jusqu'à leur départ en fin de semaine.

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Le grind entre potes à Vegas