Premier objectif Franchi

- 5 juin 2026 - Par Tapis_Volant

Malcolm Franchi s'arrête en 6ᵉ place, mais atteint l'objectif qu'il s'était fixé en revenant à Vegas un an après son magnifique deep run dans le Main. Il coche la case "table finale WSOP" et lance son Vegas avec un beau billet de 85 561 $
Event #16 : U.S. Circuit Championship 1 700 $ (Finale) 

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Les jours se suivent et se ressemblent au Paris. Les Français perfent, atteignent des tables finales, mais il manque toujours le soupçon de réussite qui transforme la grosse perf' en accomplissement ultime. Si en 2025, Malcolm Franchi se fixait comme objectif d'atteindre une table finale WSOP, aujourd'hui, il pouvait clairement nourrir d'autres ambitions, tant il a semblé dans la zone toute la journée, avec un stack qui ne faisait que grossir, toujours tout proche du chiplead. Soutenu par un rail de plus en plus nombreux à mesure que le bracelet se rapprochait, le Parisien a malheureusement vu son aventure s'achever en 6ᵉ place, pour un gain de 85 561 $. 

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Si Malcolm avait toutes les armes en main pour gagner, malgré un field qui s'est bien durci sur la table finale (avec quelques pointures comme Kartik Ved, déjà finaliste du Mini Mystery il y a quelques jours), Malcolm a connu une journée compliquée. "Ça n’a pas été la meilleure table finale de ma vie dans son déroulement. Les deux premières heures, j’ai été complètement card dead. Je crois que j’ai ouvert deux mains en deux heures alors que j’étais deuxième en stack. Donc j’ai un peu fondu. Puis il y a eu beaucoup de swings : des gros stacks qui ont fait doubler des joueurs, puis qui récupéraient ensuite des jetons. Il y avait aussi un très bon joueur à ma gauche, très agressif, très embêtant, qui a pris énormément de spots."

Le joueur en question, c'est Antonio Vargas, un joueur américain qui fait partie de la structure de coaching de Faraz Jaka et que Malcolm avait vu faire des dingueries sur le Day 2. "En demi-finale, il a joué un pot 3-bet avec 9-6 offsuit UTG contre UTG+1". C'est simple, sur cette table finale, l'Américain en mettait partout, bien aidé par un rail qui lui a même concocté une reprise de "Eye of a tiger" pour le féliciter d'avoir déstacké le 7ᵉ, Shawn Daniels (vainqueur du Lucky777 en 2023). C'est lui qui a relancé Malcolm, après que le Français ait perdu un énorme flip As-Roi contre 9-9.

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Malcolm Franchi face à Antonio Vargas

Tombé à une quinzaine de blindes, Malcolm met la moitié de son stack au bouton avec As-10. Et voit son voisin le mettre à tapis avec... As-9. L'atmosphère est étouffante, Malcolm est à tapis couvert pour la première fois de la table finale et parvient à éviter les balles. Alors que la turn ouvrait un flush-draw à son adversaire, Malcolm avouera ne même pas l'avoir remarqué, répétant dans sa tête "Pair the board !" Relancé, de nouveau tout proche du chiplead, Malcolm se retrouve alors propulsé dans un film d'action. Tous les joueurs veulent être le héros du film et font des moves dans tous les sens. Malcolm open UTG avec une premium (qu'il ne préfère pas révéler), se fait 3-bet au bouton et cold 4-bet en SB, et préfère folder. Une autre fois, il raise, voit son voisin le 3-bet, décide de 4-bet et voit Vargas le 5-bet shove.

Quelques mains plus tard, alors que la guerre est déclarée entre les deux hommes, Antonio 3-bet à nouveau Malcolm cut-off contre bouton. Et cette fois, le joueur parisien ne se laisse pas faire et envoie son tapis de 20 blindes avec A5. Mauvais timing, le protégé de Faraz Jaka détenait QQ. Tout le clan français appelle le pique après l'apparition d'un flop 3QT, mais ni la turn ni la rivière ne viendront aider le Français. Au grand désespoir de tous les tricolores arrivés au compte-gouttes pour soutenir leur ami. "En quelque sorte, moi voisin a été récompensé par l'image qu'il a construit. Dans les spots où il peut mettre la pression, on dirait presque qu’il ne regarde pas ses cartes."

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Si Malcolm avait l'air sonné après sa sortie, il a vite relativisé en retrouvant ses potes venus le consoler. "Je suis content de la manière dont j’ai mené ma barque jusqu'au dernier coup. Je bust sur un 4-bet light, mais honnêtement, si je n’avais pas 3-bet light pendant cette table finale, je ne serais probablement plus là depuis longtemps. J’ai eu trop peu de spots vraiment évidents à jouer, et  je trouve que j’ai été solide. Je me suis accroché aux quelques opportunités que j’avais. Le bust, je ne le regrette pas. C’est un bon joueur, et il a énormément de bluffs ici. Dans ce spot-là, il avait. Grand bien lui fasse."

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Après une TF vécu avec ses fidèles potes de villa Virgile Turchi, Nicolas Vayssières et Julien Sitbon (qui a rejoint le rail après avoir bag le 25 000 $ High-Roller), Malcolm Franchi préférait retenir le positif. "On n'est que Jour 9, il reste encore beaucoup de temps pour claquer une nouvelle perf', là on va profiter dans le jacuzzi et demain, on repart au combat.

Jeudi 4 juin : Vas-y, Franchi, c'est bon !

- 4 juin 2026 - Par Tapis_Volant

À chaque journée de cette 57ᵉ édition des WSOP, sa petite vibration du côté tricolore. Aujourd'hui, c'est au tour de Malcolm Franchi d'être au centre de l'attention avec le 3ᵉ stack du 1 700 $ U.S Circuit Championship à 32 joueurs restants. Pour le reste, on suivra de loin le Monster Stack avec en parallèle le Day 2A et le lancement du Day 1B, ainsi que le 25 000 $ High-Roller où nos Team Pros remettront une bullet aujourd'hui.

Malcolm, une évidence

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Hier, on ne s'était pas trompé en allant retrouver Malcolm Franchi pendant le dinner-break, histoire de prendre de ses nouvelles. Et savoir ce que ça faisait de revenir dans un lieu où est passé à un cheveu d'une table finale sur le plus beau tournoi du monde. Il nous confiait notamment que l'un de ses premiers objectifs est d'atteindre une table finale WSOP. Et si c'était pour aujourd'hui ? Avec un field restant de 32 joueurs qui paraît assez soft sur le papier, Malcolm Franchi fait partie des favoris de ce Final Day du 1 700 $ U.S Circuit Championship. On ne le quittera pas d'une semelle s'il parvient à nous ramener la troisième table finale française de l'été. 439 000 $ à aller chercher sur ce tournoi, et déjà 15 416 $ sécurisés pour notre sympathique parisien.

Un Monster Stack à la mode des Bahamas

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Même si je me suis promis de ne pas parler du Monster Stack avant un bon moment, je garderai un œil sur nos frenchies qui ont réussi à s'extirper d'un Day 1A qui a généré 1 685 entrées. Parce que les organisateurs ont décidé de nous la jouer comme sur le 25 000 $ des Bahamas l'hiver dernier. À savoir que vous pouvez bust sur le Day 2A, dans l'argent, et quand même... vous ré-inscrire sur le Day 1B. Autant dire qu'avant qu'on sache quels sont les heureux frenchies qui vont deep run, il y a le temps. Parmi ceux qui ont composté leur billet, Pierre-Jean Roche occupe la tête du contingent tricolore, dans lequel on retrouve également Boris Berthomet, Léo Soma, Safwane Bahri, Florian Ribouchon, Thomas Eychenne (qui a jump après sa sortie brutale du 10 000 $ GG Million$), Sonny Franco, Antonin Teisseire ou un certain David Benyamine. Comme c'est autorisé, certains arriveront directement à l'entame de ce Day 2A, plutôt de démarrer avec un stack "monstrueux" sur le Day 1B, c'est le cas de Nicolas Barthe, Jonathan Guez, Antoine Goutard ou Virgile Turchi. 

Deuxième round

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Le gros morceau de la journée pour nos Team Pros sera le Day 1B du 25 000 $ sur lequel Adrián Mateos, Emilien Pitavy et Julien Sitbon vont remettre une bullet sur un tournoi un peu décevant en termes de fréquentation pour le moment, avec seulement 81 entrées sur le Day 1A. Ils seront sans doute rejoints par João Vieira qui a réalisé une prometteuse 24ᵉ place sur le 10 000 $ No Limit 2-to-7 Championship, un tournoi dont on suivra l'épilogue aujourd'hui avec un certain Shaun Deeb en tête à 13 left avec un beau casting réunissant quelques grands noms comme John Monnette, Alex Foxen ou Phil Hellmuth.

Et les autres ?

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Shaun Deeb gagnera-t-il son 8ᵉ bracelet WSOP aujourd'hui ?

Au programme des tournois qui se dérouleront probablement loin de nous en ce jeudi 4 juin, la fin du 10 000 $ GGMillion$ où Chris Brewer va tenter d'amener les jetons de Thomas Eychenne vers la victoire, le 1 500 $ Dealers Choice où aucun tricolore n'est parvenu à se hisser au Day 2 et le 1 500 $ PLO Hi-Lo où on attendra que les choses sérieuses commencent pour s'y intéresser. 

Eychenne foudroyé

- 4 juin 2026 - Par Tapis_Volant

Nouveau deep run pour Thomas Eychenne, nouvelle déception avec une 21ᵉ place loin de le satisfaire
Event #11 : GGMillion$ High-Roller 10 000 $ (Day 3)

Eychenne

Après avoir discuté avec de nombreux joueurs français, j'étais décidé. Je n'allais pas participer au 10 000 $ GGMillion$, le field étant bien trop relevé pour moi. OK, c'est vrai, de toute façon, je ne pouvais pas le jouer, j'avais un coverage à assurer. Quand je demande à Thomas Eychenne s'il y a vraiment de la value à jouer un tournoi si tough... il réfléchit deux secondes et me répond "Tough, tu trouves ?" D'accord, pour Thomas, ce n'est jamais si tough que ça. Le Français en forme de ces dernières années, passé tout près d'une énorme perf' sur le Main Event des WSOP-E il y a quelques mois (7ᵉ pour 245 000 €, tout de même), aurait bien aimé amener ses jetons plus loin sur ce 10 000 $ GGMillion$, mais devra se contenter d'une 21ᵉ place pour 41 942 $, très frustrante quand on voit le stack qu'il avait réussi à monter. 

Retrouvé après son élimination, LaWatch avait bien du mal à se satisfaire de son gain à quatre buy-ins, avec un premier prix au-delà du million qui lui tendait les bras. La raison de cette désillusion ? Un énorme coup perdu en bataille de blindes contre Chris Brewer. "Julien Sitbon aurait peut-être foldé, mais moi, je peux pas", m'avoue Thomas, un peu désabusé. Le spot en question, que vous pouvez revoir sur le streaming commenté par PyroSC et Juanitoooo :

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Limp de Chris Brewer avec A7 en SB, check de Thomas Eychenne avec T6. Le flop 347 donne à manger à tout le monde. Top paire + flush-draw chez Brewer, gutshot chez Thomas. Et pourtant, les deux joueurs checkent. Turn 9 qui donne cette fois une double gutshot à Thomas. Mise à 120 000 proposée par Brewer, proposition acceptée. La river est le 8, la gin card qui donne à la fois flush max à Brewer et quinte à Eychenne. Après un check de l'Américain, Eychenne s'engouffre en plaçant une mise à la hauteur du pot : 420 000. Mauvaise nouvelle, Brewer check/raise à tapis pour 2,2 millions. Eychenne prend deux bonnes minutes, secouant la tête de dépit, persuadé qu'il n'y a pas beaucoup de bluffs en face, mais ne parvient pas à lâcher sa quinte. Il finit par placer un jeton devant lui en guise de call et a la mauvaise surprise de découvrir le jeu max chez son adversaire. 

Tombé à une dizaine de blindes, Thomas va parvenir à doubler une fois avec les Valets contre As-7, mais la belle aventure se terminera sur un flip As-10 contre les 8 quelques minutes plus tard. Si loin, si proche, Thomas Eychenne avait bien du mal à se remotiver après cette violente sortie, d'autant qu'il avait de son propre aveu "good run" sur tout le tournoi avec deux fois les As contre les Rois et plein de confrontations favorables pour monter un énorme tapis. À la base, il avait prévu de jump dans le Day 1A du 25 000 $ High-Roller, mais il attendra finalement demain pour rejoindre un field moins relevé. "Beaucoup de bons regs se seront qualifiés sur le 1A, donc ça devrait être - légèrement - plus soft demain.

Sur ce tournoi, deux autres Français sont parvenus à se hisser dans les places payées, Franck Makaci (61ᵉ) et Jonathan Pastore (93ᵉ), éliminé hier en fin de Day 2. Il reste encore quelques grands noms dans le field comme Roman Hrabec, Cliff Josephy ou Max Neugebauer. Je vous recommande chaudement de suivre le streaming pour assister au spectacle.

Malcolm back

- 4 juin 2026 - Par Tapis_Volant

De retour sur la terre de ses exploits passés, Malcolm Franchi, en plein deep run sur un tournoi qu'il a préféré jouer à la place du 10k GGMillion$, nous a accordé une petite interview pour revenir sur le Main Event qui a changé sa vie
Event #16 : U.S.
Circuit Championship 1 700 $ (Day 2)

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Il y a des joueurs pour qui Las Vegas sera toujours coché au moment d'établir son planning de l'année. Pour Malcolm Franchi, qui a explosé en 2024 en finissant 11ᵉ du Main Event, difficile d'oublier "ce moment qui a tout changé." En même temps, pourquoi voudrait-il oublier ce magnifique deep run sur le plus beau tournoi du monde ? Une somme vertigineuse, 800 000 €, un énorme boost de bankroll, même si Malcolm n'avait pas toute son action. Mais surtout, un gros boost de confiance pour le joueur parisien. "Ça m'a permis de prendre confiance en moi, en mon jeu, et de prendre aussi conscience que je suis capable de faire de grandes choses dans ce milieu." Un déclic mental qui lui a permis de croire en ses capacités et de pousser l'aventure beaucoup plus loin. "En quelque sorte, ce déclic mental, c'est de la variance invisible. Certains mettent dix ou quinze ans avant de faire leur première grosse perf'. Ils doivent monter les limites progressivement. Moi, j'ai eu la chance de vivre ce boom très tôt dans ma carrière. Je suis simplement hyper reconnaissant d'avoir pu vivre ça aussi tôt. Parce que, honnêtement, avant ce Vegas-là, si tu m'avais dit que j'allais gagner 800 000 $ aux World Series, je ne l'aurais jamais imaginé. Mon objectif, pour mes deuxièmes World Series, c'était juste de finir gagnant sur le séjour."

Si les gros one time peuvent parfois ne jamais générer de réplique, le jeune Parisien a largement confirmé depuis en réalisant plusieurs grosses perf', une 13ᵉ place sur l'EPT Monte-Carlo, une place de runner-up sur le Main Event des WSOP-C Marrakech, entre autres belles lignes d'un palmarès en construction. S'il ne repense pas tous les jours au Main, et n'a aucun regret sur sa fin de tournoi, ce sont surtout ses proches ou les gens qu'il croise qui l'associent à cette grosse performance et lui rappellent régulièrement le moment. Lucide, Malcolm est conscient qu'il ne refera peut-être jamais un aussi gros deep run sur le Main Event. 11ᵉ, c'est déjà fou. Mais d'un point de vue financier, il se voit bien faire mieux, avec l'objectif assumé de décrocher un premier gros titre sur le circuit, un EPT ou un bracelet WSOP, et pourquoi pas cette année ?

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Les Tritons ont aussi été un objectif à une certaine période, en tout cas Malcolm a envisagé d'aller y faire une apparition, avec l'envie de se confronter aux meilleurs. Avant de se demander si ce n'était pas qu'une histoire d'égo. Aujourd'hui, même s'il a encore cet objectif dans un coin de la tête, Malcolm est très à l'aise sur les buy-ins qu'il joue et avoue avoir besoin d'être à l'aise pour développer pleinement son style de jeu. C'est d'ailleurs pour ça qu'il a choisi ce tournoi à 1 700 $ plutôt que le GGMillion$ à 10 000 $, parce qu'il est conscient qu'il y a beaucoup plus d'EV sur ces tournois. "Est-ce qu'on veut affronter les meilleurs pour se prouver quelque chose, ou est-ce qu'on cherche simplement où l'EV est la plus grande ?", se demande régulièrement Malcolm avant de prendre part à un tournoi. Et c'est pour que ça que malgré la présence de ses potes sur le 10K bien reggish, il a préféré se sentir à l'aise dans un field beaucoup plus soft. À raison.

Difficile de définir le style de jeu de Malcolm et pourquoi il performe autant sur le circuit. Pour beaucoup, et notamment pour les joueurs qui ne jurent que par les solveurs, Malcolm est une énigme. Car Malcolm est un pur produit du live et s'est formé sur le tas, surtout grâce aux rencontres. S'il avoue avoir été coaché par un-joueur-dont-on-ne-peut-pas-dire-le-nom et beaucoup appris d'une masterclass de Nick Petrangelo et Darren Elias juste avant sa perf' sur le Main, c'est surtout au contact des autres que Malcolm a progressé. "J'ai un peu fait l'éponge", me raconte-t-il en se remémorant les moments marquants de sa progression. Il ne joue que depuis 2021, mais a déjà rencontré tout le gratin du poker français, et a beaucoup appris à leurs côtés, à force de discussions techniques ou de partages d'expérience. "À chaque fois, on se raconte nos mains, histoire de confronter les points de vue, ça aide à prendre conscience qu'une autre voie est possible." Ce qui frappe quand on écoute Malcolm parler, c'est à quel point son edge repose sur le fait qu'il tente de comprendre les adversaires pour s'adapter à eux et même apprendre de leur manière de jouer. Une forme de discernement et d'empathie, qui lui permet de ressentir les émotions des joueurs à sa table. "Je ne suis pas du tout dans le jugement. Si quelqu'un fait un play bizarre, j'essaye de comprendre son raisonnement. Même si le solveur n'approuve pas, j'essaie de comprendre ce que le joueur avait en tête. Parce qu'au final, je joue contre des humains. La majorité de mon volume se fait contre des humains, pas contre un ordinateur."

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Malcolm Franchi avec Malo Latinois sur le Main en 2024

Après un Vegas compliqué l'an dernier, sans pour autant être catastrophique, Malcolm Franchi a de grandes ambitions pour cet été, avec plusieurs 10K au programme (le Main, le 10K du Wynn et peut-être le 10K Mystery). La belle histoire pourrait commencer dès ce 1 700 $ U.S Championship où il est à 50 left au moment où j'écris ces lignes. Avec un beau billet de 439 000 $ à aller chercher et un stack d'une trentaine de blindes qui lui permet de rêver à son premier objectif de l'été : atteindre une table finale WSOP. Et pour mettre toutes les chances de son côté, Malcolm a sorti sa botte secrète. Il partage une villa avec Julien Sitbon, Virgile Turchi et Nicolas Vayssières (et le frère de Virgile qui cuisine pour ce beau petit monde). Mais surtout, c'est la villa dans laquelle Malo Latinois séjournait avec ATM quand il a atteint la table finale du Main Event il y a deux ans. "J'ai même pris sa chambre", ajoute Malcolm avant de m'expliquer que ce n'est pas que par superstition, mais aussi parce que c'est la plus isolée de toutes et qu'il peut tranquillement regarder ses émissions préférées le soir sans emmerder le monde. Vous l'aurez compris, avec Malcolm, la perf' peut arriver d'un moment à l'autre, et peut-être bien que demain, on aurta une nouvelle table finale française à se mettre sous la dent. 

Le petit nouveau fait son entrée

- 4 juin 2026 - Par Tapis_Volant

Nouvelle recrue du Team Winamax, Émilien Pitavy démarre ses WSOP 2026 par un petit échauffement sur le 25 000 $ High-Roller où sont réunis une bonne soixantaine de top regs
Event #19 : High-Roller 25 000 $ (Day 1A)

Pitavy

Certains préfèrent se chauffer sur un petit tournoi dans un casino reculé de Vegas avant d'entamer leur programme des World Series, d'autres démarrent directement sur un High-Roller à 25 000 $, comme le petit nouveau du Team Émilien Pitavy. Il faut bien dire que pour notre nouvelle recrue, un 25 000 $, ce n'est plus vraiment un High-Roller quand on voit ce qu'il joue sur les Tritons ou ce qu'il s'apprête à jouer dans les prochaines semaines. 

Arrivé au cours du deuxième niveau de la journée, Émilien s'est installé à une table très "française", en compagnie de son collègue du Team Julien Sitbon et d'Alexandre Réard. On en a profité pour en savoir un peu plus sur ses débuts dans le Team. 

"L'intégration s'est très bien passée dans l'ensemble. J'ai rencontré tous les membres du Team pendant le séminaire. On a passé trois ou quatre jours ensemble et c'était incroyable. Pour tout l'aspect team-building, notamment, j'ai appris à mieux connaître tout le monde, donc c'était une belle expérience." Après des débuts difficiles sur les Tritons Montenegro, Emilien vient cette année sur les WSOP pour le plus gros Vegas qu'il n'ait jamais fait. Il y a deux ans, il débarquait en fin de Series pour jouer principalement le Main Event. L'an dernier, il avait focus surtout les High-Rollers de début de festival, avec une belle 7ᵉ place sur le High-Roller à 100 000 $. Cette année, il va essayer de mixer les deux expériences. "Je fais deux ou trois semaines ici, jusqu'aux tournois les plus chers. Ça monte crescendo : il y a deux 25K, ensuite le 100K, et probablement le 250K. Je ne sais pas encore si je vais le jouer. Après ça, je vais couper pendant une semaine ou dix jours pour ne pas rester un mois et demi ici. Puis je reviendrai pour la fin du programme avec le Main Event, évidemment, ainsi que le 10K 6-max de la fin."

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Quand Émilien Pitavy commençait le poker, il y a 6 ou 7 ans, il ne s'imaginait pas un jour porter les couleurs du Team Winamax. "Quand tu commences, c'est tellement loin que tu n'y penses pas. Ma carrière s'est un peu construite en parallèle de cette équipe. Au début, je regardais les vidéos de contenus pour progresser. Ensuite, tu mates Dans la Tête d'un Pro et tu apprends à mieux connaître les joueurs suivis. Après, j'ai aussi beaucoup travaillé avec Pierre (Calamusa). Ma carrière a toujours été jalonnée par le Team Winamax, mais à aucun moment je ne me suis réellement dit que ça pourrait arriver un jour. Là où ça a commencé à devenir un peu plus concret, c'est depuis un an et demi, parce que je commence à jouer vraiment cher. Je savais que mon profil correspondait un peu à ce qu'ils pouvaient rechercher actuellement. Quand j'ai reçu l'appel de Stéphane, j'étais quand même surpris, mais c'était aussi quelque chose que je pouvais imaginer dans le futur, mais beaucoup plus loin dans le temps."

Porter le logo Winamax, ça change la donne pour Émilien, une bonne pression qui te pousse à te surpassser. "Quand tu ne fais aucun résultat sur un festival, tu te dis qu'au final ce n'est pas grave quand tu joues uniquement pour toi. Maintenant, tu as une petite obligation de résultat. Évidemment, il y a beaucoup de variance. Mais à l'échelle d'un festival ou d'une année, tu sais que cette obligation de résultat va forcément revenir dans un coin de ta tête. Ça met une petite horloge mentale, mais j'essaie de m'en détacher et de rester concentré sur moi-même. Et puis je sais que, de toute façon, il y aura bien un jour où une performance arrivera."

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Adrián Mateos : "Mais si, je te jure, ils ont pris Pitavy !"

Sur ce High-Roller, Émilien retrouve également Adrián Mateos, et peut-être João Vieira, qui jouera probablement le Day 1B. Deux nouveaux collègues qui étaient avant - et qui demeurent - des adversaires sur les plus gros tournois de la planète. Alors, comment le vit Émilien, maintenant qu'il porte le même logo ? "C'est drôle parce que c'est la seule chose qui m'inquiétait quand j'ai rejoint le Team Winamax. João et Adrián sont vraiment les joueurs que j'affrontais le plus, que ce soit online ou en live. Quand tu joues des tournois aussi chers, tu retrouves quasiment toujours les mêmes joueurs dans des fields très restreints. Donc forcément, si un ou deux joueurs de ton environnement progressent grâce à des échanges avec toi, cela peut avoir un impact sur tes propres résultats. J'appréhendais donc un peu cette situation et je me demandais comment ça allait fonctionner entre nous. Au final, dès le premier jour du séminaire, on est arrivés un peu plus tôt avec João et il m'a tout de suite proposé qu'on fasse une review ensemble. Il m'a expliqué son approche : être totalement dans le partage dans ce genre de situation. De mon côté, je me dois d'être dans le même état d'esprit pour que ce soit une relation gagnant-gagnant. Je pense que c'est ce qui a bien fonctionné pendant le séminaire et ce qui continue à travers pas mal de discussions sur des conversations WhatsApp."

Pour le brag (ça fait longtemps que je n’en ai pas casé un, n'est-ce pas, Benjo ?), Émilien m'a promis qu'il allait se mater un petit Nosebleed après sa journée, un film qu'il n'a jamais vu, mais dont on lui a parlé pendant le séminaire, notamment par rapport aux passages avec Gus Hansen. Ça te file un petit coup de vieux quand on te dit ça. Faut dire qu'Émilien n'était même pas majeur au moment où Seb Sabic et Alex Luneau disputaient les WSOP devant ma caméra, en 2014.