Trahi par une paire de Dames, Edouard Sacrispeyre quitte le tournoi en 56ᵉ place (150 000 $)
Main Event 10 000 $ (Day 7)
Level 30 : 100 000 / 200 000 / 200 000
Le board 10
4
4
10
A
a laissé les positions en l'état. Short-stack au sein du clan Français en fin de Day 6, Sacrispeyre voit son parcours s'arrêter brutalement, à peine la nouvelle journée entamée.
Sous les yeux de Patrick Sacrispeyre, papa fier et impressionné par l'accomplissement de sa progéniture, Edouard saura vite relrelativiser. "On est tellement près et loin en même temps. Mais on ne pouvait rêver mieux." Il s'agissait du quatrième Main Event de Sacrispeyre Junior, les précédents s'étaient tous arrêtés au Day 3, avant les places payées. Un peu plus tôt, Patrick nous disait n'avoir joué aucun rôle dans l'éducation poker de son fils. "Je ne l'ai pas encore encouragé, il s'est formé tout seul. Il regarde des vidéos tous les soirs." Edouard confirme, indiquant apprécier les contenus de Winamax, notamment Dans la Tête d'un Pro. "Mais c'est surtout pour le divertissement." Et c'est la même chose concernant son activité online. "Je suis du genre à lancer la session du dimanche sur mon iPad, devant un film !"Mais à l'âge de 33 ans, c'est bien un rêve très ancien qu'il a eu la chance de vivre au cours des dix derniers jours. "J'ai découvert le poker à 12 ans, je joue depuis que j'en ai 15, au début c'était en fermé." Les WSOP ont toujours été dans un coin de sa tete. "J'avais même le jeu vidéo officiel qu'ils avaient sorti sur XBOX !" précise-t-il en rigolant.
"Franchement, c'est fou. Je ne réalise pas encore. Je suis limite plus déçu pour tous les potes qui me suivaient !" Des potes parmi lesquels on compte une vieille connaissance, Raphaël Kroll, une des étoiles du poker français des années 2010 (runner-up du Partouche Poker Tour en 2010 pour 800 000 €), avec lequel il se rend parfois sur des tournois autour de Marseille, là où il réside à mi-temps, entre deux séjours à Dubaï pour le boulot.
Edouard nous le confirme direct : après cette perf' (56ᵉ parmi 9 208 joueurs, pour un gain de 150 000 $), il y a peu de chances pour qu'il fasse l'impasse sur les prochaines éditions du Main Event, comme son papa. "C'est un tournoi complètement différent. Tout peut arriver ! Au Day 3, je suis tombé à 25 000... ça faisait 5 BB ! Tout le tournoi s'est passé un peu de cette manière : card dead pendant de longues heures, puis 15 ou 20 minutes de rush qui me permettaient de passer la journée." S'il devait pointer une qualité qui lui a permis d'aller aussi loin, ça serait la patience. "Je ne me suis pas lancé dans des bluffs ou autres manœuvres compliquées que je ne maîtrise pas. Mais quand je me lançais dans un coup, j'étais prêt à aller au bout !"
Un grand bravo à Edouard Sacrispeyre, qui a incarné à la perfection le type de profil que l'on aime voir deep run sur le Main Event : un amateur passionné de longue date, qui a profité à fond de sa chance et de son run, sans peur et sans regrets.



