Level 5 : World Wide Poker

- 6 juillet 2026 - Par Flegmatic

Main Event 10 000 $ (Day 1D)
Level 5 :  300 / 600 / 600

Le poker se lève à l'est

Jérôme Finck

C'est un Jérôme Finck tout sourire que nous avons retrouvé à un peu plus d'une heure de la fin de journée, assis devant un tapis de 160 000 jetons. Mais pour être honnête, ce n'est pas pour nous enquérir de l'état de son stack que nous sommes allés le trouver, mais pour avoir son œil d'insider sur un phénomène qui fait beaucoup parler depuis quelques années, et encore plus cet été : l'essor du poker japonais. L'Alsacien est en effet bien placé pour en parler, si l'on en croit cet article tiré de L'Alsace, cela fait désormais vingt ans qu'il vit à Tokyo, où il dirige les activités de fusions et acquisitions pour le pays d'une grande banque privée française.

"Il faut savoir qu'il y a un gros organisme là-bas, qui s'appelle le JOPT (pour Japan Open Poker Tour), attaque-t-il. Ils sont associés avec pas mal de grosses marques, comme GGPoker, GTO Wizard et ils organisent des événements monstrueux. En cinq ans, je les ai vus passer de toutes petites salles à des trucs massifs. Entre Tokyo, Osaka et Nagoya, il y en a quasiment tous les deux mois et ce n'est pas rare qu'ils atteignent les 4 000 joueurs !," ajoute-t-il, photo à l'appui. Mais dans un pays où les jeux d'argent payants sont officiellement interdits, les organisateurs ont appris à ruser. "Les joueurs qui terminent dans les places payées reçoivent l'équivalent de contrats, pour aller disputer des festivals à l'étranger. Cela peut être des EPT, WSOP ou même Tritons. Et les premiers peuvent repartir avec l'équivalent d'entre 250 000 et 300 000 $ !"

Les marques ne s'y trompent pas, le JOPT ayant noué des partenariats avec GGPoker ou encore GTOWizard. "Shiina [Okamoto, la double Championne du Ladies] est d'ailleurs représentante à la fois de GTOWizard et du JOPT, poursuit Jérôme. Et pour une raison que j'ignore, Steve O'Dwyer fait aussi beaucoup de trucs au Japon. Et il y a même des marques mainstream qui s'y intéressent, comme Burger King." Mais ce qui est peut-être le plus dingue, c'est que, poussé par l'influenceur star Masato 'World Wide' Yokosawa ou encore Jun 'misawa' Obara ("Le 'Benny & Yu' local"), le public japonais est jeune, très jeune. "Je dirais que la moyenne d'âge sur les tournois où j'ai l'habitude d'aller ne dépasse pas les 25 ans. Et il y a aussi beaucoup de joueuses, entre 10 et 15%. J'ai d'ailleurs dit il y a quelque temps que le renouveau allait venir d'elles, parce qu'en plus, elles sont hyper agressives !" Mais attendez, ce n'est pas tout : "Ils organisent aussi des tournois junior ! J'y ai emmené ma fille." Des images improbables à en faire pâlir n'importe quel membre de l'ANJ, et qui avaient nous avait fait bien halluciner chez Winamax.

Entre deux coups disputés, Jérôme poursuit. "Dans les principales grandes villes, il y a des clubs de poker partout. À Roppongi, où je travaille, il doit y en avoir cinq. Et dans d'autres quartiers animés, comme Shibuya ou Shinjuku, c'est pareil. Tu peux y aller à n'importe quelle heure, il y aura toujours du monde. Moi, j'y vais environ une fois par semaine et je croise beaucoup de réguliers." Là encore, pas question de miser de l'argent directement. "Tu paies l'entrée au club et, si tu fais ITM sur un tournoi, tu remportes des points. Une fois que tu as assez de points, ça te permet de ne pas payer l'entrée. Et même avec un système comme ça, les gens jouent hyper sérieusement." Enfin, peut-être la dernière particularité du poker japonais, c'est son attrait pour les mixed games. "Pour ça, je dirais que Naoya Kihara, le joueur qui a gagné deux Championships cet été, a fait énormément. Il a une école de poker avec énormément d'élèves. J'avais fait découvrir tout cet écosystème à Thomas Eychenne il y a quelque temps. On avait pu jouer dans plein de variantes différentes, il était assez épaté." Vous l'avez, on l'espère un peu mieux compris désormais : nous n'avons pas fini de parler du poker japonais ! - Flegmatic

Mais où est passée la Team Elite Poker ?

Emilio Ulysse

Depuis deux ans maintenant, on avait pris l’habitude de voir débarquer au complet les membres de la Team Elite Poker sur le Main Event des WSOP, unique tournoi figurant au programme estival de cette équipe spécialisée dans le cash game. Alors forcément, lorsqu’on a aperçu Emilio Ulisse seul au milieu des tables du Day 1D ce dimanche midi, une question s’est rapidement imposée : où sont passés les autres ? Ont-ils préféré profiter des parties de cash game qui fleurissent un peu partout en ville ? La réponse est finalement assez simple. “On a estimé qu’il était plus judicieux de se concentrer sur le cash game live à Macao, surtout que beaucoup des réguliers de là-bas sont actuellement ici pour les WSOP.”

Un choix également dicté par des raisons économiques. “Faire venir toute une équipe à Las Vegas pendant deux semaines, ça représente un coût important. On a fini par conclure que ce n’était pas forcément le plus rentable, même si on a eu la chance de vivre de très beaux moments ici, notamment l’été dernier avec le deep run d'Adrien Zychowski.” Alors pourquoi Emilio a-t-il tout de même tenu à faire le déplacement pour disputer seul ce tournoi ? “En ce moment, j’essaie surtout de développer davantage le contenu vidéo autour de la Team Elite, et c'est aussi une bonne occasion de gagner en visibilité et de faire davantage connaître la marque.” Pour l’heure, le scénario rêvé pour alimenter ces futures vidéos n’est pas encore tout à fait au rendez-vous. Hormis un joli coup remporté préflop avec "les Rois contre As-Roi", cette première journée ressemble davantage à une longue phase d’observation qu’à un feu d’artifice. Mais Emilio a tout de même une petite idée de comment bien conclure son Day 1. “L’idée, c’est d’appuyer sur l’accélérateur et de finir la journée avec 200 000 jetons. Là, on sera vraiment bien !” For the content! - VictorP

Une première au milieu des requins

Matheo Manzone

Après avoir réalisé un magnifique parcours sur le Mini Main Event, qui l'avait mené jusqu'à la 33e place, Matheo Manzone se demandait s'il allait participer à la version Big One. Il faut dire que 10 000 $ sur un gain de 33 000 $, ça représente quand même un investissement non négligeable, surtout quand on n'est pas professionnel du jeu. Quelques stakeurs intéressés par son profil, les parts se vendent, et voilà le Sudiste qui se lance. "Ça aurait été dur de devoir dire non à ce tournoi mythique."

En tandem avec son frangin Maxime, le binôme espère bien faire le même braquage que sur le Mini Main, qu'ils avaient cash tous les deux. Pour ça, il va falloir éviter les embûches, un exercice subtil quand on partage l'ovale avec Emilien Pitavy et Clément Richez. "On n'a pas chatté la table, mais c'est aussi ça ce tournoi, il faut battle avec les gros noms." Pointé à 80 000 pions au cours du dernier niveau de la journée, le Français admet concernant ses deux adversaires : "Ils sont un cran au-dessus, c'est sûr, tu vois que les gars vont chercher les thin values, là où 90 % des joueurs check-back. Ils te mettent dans des spots... mais on est obligé d'essayer de rivaliser, sinon on se fait exploit."

Assis à l'opposé de son frangin, les nouvelles se transmettent via WhatsApp. "Je n'ai pas de nouvelles depuis un moment." Pas d'inquiétude cependant, puisque l'ex-Team Pro Winamax est toujours référencé dans l'application WSOP+, pointant à 66 500 jetons. - Phil Anthropik

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