Main Event 10 000 $ (Day 1D)
Level 5 : 300 / 600 / 600
Du poker ghetto
En fin de Level 4, nous partons à la recherche de Sacha Bayard, aiguillés par le chip-count plutôt alléchant affiché sur l'appli WSOP+ : 150 000. On fait ainsi la connaissance d'un jeune joueur originaire du Lot-et-Garonne, dont c'est le premier Main Event. "J'ai fait le circuit asiatique pendant deux ans", explique Sacha. Exact : on a zieuté sa Hendon Mob, elle est remplie de résultats au Vietnam, en Corée du Sud, au Cambodge et aux Philippines, avec un tournoi remporté dans chacun de ces pays, sauf le Cambodge. Enfin, si... mais le tournoi en question n'est pas répertorié sur Hendon Mob. "C'est une perf à 100K$, mais c'était un tournoi un peu ghetto, dans une ville qui a été rachetée par des Chinois. Ils y ont construit des casinos, et du coup, il y a pas mal de trafics bizarres !" Sur ce tournoi joué hors des sentiers battus, Sacha nous dit qu'il s'est retrouvé en heads-up contre une joueuse qui gagnera plus tard un Triton. Il doit donc s'agir de l'excellente Xuan Liu, régulière du circuit depuis des années."Ça, c'était il y a un an. Derrière j'ai joué un peu à tous les formats." S'il s'est décidé à jouer cet été ses premiers WSOP, c'est pour une seule raison : sa bankroll le lui permettait. "J'ai joué des tournois entre 200 et 1 000 $, et je m'étais réservé le Main. J'ai fait des min-cashes. Donc dans l'ensemble, j'ai surtout contribué aux prize-pools !" L'histoire sera peut-être différente sur son premier Big One, avec un stack qui a grimpé à 150 000 ("J'ai eu de la chance !"). Encore deux heures à jouer : ce matin, Sacha était un peu stressé. La pression est depuis retombée, mais il faut maintenant gérer la fatigue, avec encore deux heures à tenir. Le début du plus long marathon qui existe dans le poker, avec huit journées de dix heures à franchir pour atteindre la finale.
En attendant, Sacha savoure un niveau de jeu "archi-faible, c'est le kif ! En mai j'étais à Estoril, ça jouait mieux qu'ici." Ce n'est pas la première fois qu'on nous fait ce type de remarque, loin de là. Et cela explique pourquoi le Main Event reste, encore et toujours, le tournoi le plus attractif du monde. - Benjo
Sur un coup de tête
C'est au détour de la dernière pause de la journée que nous rencontrons Dimitri Pierre. Clope au bec, le streamer spécialisé dans les jeux de casino nous explique avoir découvert le poker en 2017. "J'ai commencé en regardant le Main Event sur YouTube, je me suis fait toutes les tables finales, j'étais à fond. Alors pour moi, y aller, c'était une évidence." Décidé sur un coup de tête de dernière minute, le résident maltais prend son avion et se présente quelques jours avant le Big One pour se chauffer sur le Tag Team ainsi que sur le Mini Main Event, sur lesquels il rentrera dans l'argent. Si ce tournoi faisait partie de ceux qu'il avait prévus de buy-in, c'est finalement sur un satellite qu'il a pris son ticket pour jouer le plus beau tournoi du monde à moindre coût.Tombé à 33 000 après s'être fait craquer les As par Roi-Valet dépareillé, le jeune homme de 26 ans reste tranquille. "C'est un marathon, celui qui gagnera sera celui qui fera le moins d'erreurs et, pour l'instant, j'en ai fait pas mal. Je vais essayer de me reprendre pour remonter d'ici la fin de journée." - Phil Anthropik



