Level 4 : le bal des débutant(e)s

- 6 juillet 2026 - Par Phil Anthropik

Main Event 10 000 $ (Day 1D)
Level 4 :  300 / 500 /  500

Billard à trois bandes

Olivier Billard

Il y en a qui prennent des années avant de jouer le Main Event, travaillant leur préparation technique, mentale ou tout bonnement logistique, jusqu'à être prêts à se lancer le jour J. Olivier Billard a quant à lui pris une autre option : jouer le Main Event comme tout premier tournoi live. "Ça faisait quelques années que je jouais online. Mon métier d'avocat me prend beaucoup de temps, je n'ai pas le temps de faire du live, alors quand un ami m'a dit qu'il allait jouer le Main Event il y a deux ans, je me suis dit que c'était l'occasion parfaite pour commencer. Bien sûr, je n'étais pas suffisamment prêt et je me suis fait éliminer, mais c'était génial."

Conquis par l'expérience, le rendez-vous avec le plus gros tournoi du monde devient annuel. Cependant, le Parisien considère rattraper son retard technique en se faisant coacher par Guillaume Dupuy, avec qui il travaille depuis deux ans. Après un deuxième essai qui se termine en eau de boudin en deux niveaux, Olivier revient cette année avec davantage d'expérience, ce qui se reflète dans un départ canon qui le positionne deuxième au classement provisoire des Français sur ce Day 1D avec 170 000 jetons, juste derrière Antoine Labat.

Savourant l'instant, Olivier explique cependant que sa table est plutôt compliquée, assis entre Ben Collins, vainqueur d'un bracelet sur le Salute to Warriors, et l'Israélien Saar Wilf, qui cumule plus de 1,7 million de dollars de gains sur Hendon Mob. Une table périlleuse, mais sur laquelle Olivier détient un avantage en jetons conséquent. Souhaitons pour lui que la troisième tentative soit la bonne pour franchir les portes du Day 2. - Phil Anthropik

Dans la peau d'un(e) élève

Audrey Verlomme

Grindeuse aguerrie depuis maintenant quelques années, Audrey Verlomme est surtout connue dans le milieu pour une autre facette de sa carrière : celle de coach mentale. Au fil du temps, elle a, et continue aujourd'hui, d'accompagner nombre de joueurs comme Aurélie Réard, Malcolm Franchi, Anthony Apicella, Flavien Guenan ou encore Sandrine Phan, afin de les aider à aborder les grands rendez-vous dans les meilleures dispositions possibles. Mais cette fois, c’est bien dans la peau d’une joueuse qu’on a retrouvé celle qui ne cesse de travailler son jeu depuis maintenant deux ans, assise à sa table sur le Day 1D du Main Event des WSOP, prête à disputer ce qu’elle considère elle-même comme le tournoi le plus important de sa vie. “Avant toute chose, j'aimerais particulièrement remercier mes stackers sans lesquels je ne serais pas ici. Pour le reste, j’ai vraiment essayé d’optimiser au maximum ma préparation. Pour te dire, je n’ai quasiment pas joué depuis mon arrivée, hormis quelques tournois WSOP et Ladies Events, dont celui du MGM où j’ai fait la bulle de la table finale. À part ça, pas grand-chose. Je voulais absolument arriver fraîche le jour J, et honnêtement, depuis que je suis ici, je n’ai pratiquement ressenti aucune fatigue.”

Une coach mentale appliquant finalement à la lettre les conseils qu’elle donne toute l’année à ses élèves. Et alors, que ressent-on lorsque l’on s’assoit pour la première fois dans le Big One ? “Hier, je ressentais surtout énormément de joie et de gratitude de pouvoir jouer ce tournoi. Puis ce matin, au fil des heures, j’ai senti l’excitation monter progressivement, jusqu’à ressentir une vraie bonne pression au moment de m’asseoir à table. Les émotions que procure ce tournoi sont incomparables avec tout ce que j’ai pu connaître ailleurs.” Des émotions particulières, mais aussi un environnement de jeu bien différent de ce qu’elle a l’habitude d’observer. “J’ai rarement vu un tournoi où les gens jouent de cette façon. Je ne vois quasiment aucun bluff. Les joueurs ont toujours brelan ou full ! C’est très différent de ce qu’on peut voir sur des buy-ins plus modestes ou même en cash game.”

Un format qu’Audrey connaît d’ailleurs plutôt bien. Depuis son arrivée à Las Vegas, elle s’est accordée quelques sessions de cash game, notamment du côté du South Point, où je l’ai croisé pas plus tard qu’avant-hier. “Le point commun avec le Main Event, c’est qu’on joue deep et qu’on a le temps. Mine de rien, le fait d’avoir beaucoup joué en cash game m’a un peu habituée à cette dynamique, même si ça reste évidemment deux formats très différents.” Du temps, Audrey en possède encore largement sur ce Day 1D. Malgré un tapis légèrement en dessous du stack de départ, elle refuse pour autant de se mettre la moindre pression. “Pour l’instant, j’ai 46 000 jetons, mais je ne veux surtout pas me précipiter et me laisser distraire. L’objectif est simple : bag ce soir, peu importe le stack.” C’est tout le mal qu’on te souhaite Audrey ! - VictorP

Le sang de la Veyn

Samy Dubonnet

Si vous allez jeter un œil à la page Hendon Mob de Samy Dubonnet, vous verrez cinq places payées répartis entre le Wynn et l'Aria, dont une troisième place sur un 1 100 $ pour près de 28 000 $. Pas si mal, non ? Sauf qu'à l'entendre, le constat n'est pas tout à fait le même. "J'ai tout blank, nous souffle La Dubonne. Enfin, à part un deep run quoi. Pour l'instant, je suis toujours tombé du mauvais côté." Et ce n'est pas faute d'essayer, puisque, depuis fin mai, le Montpellier a tout joué ou presque "entre 1 500 et 5 000, avec quelques shots à 10 000." Ce ne sont donc pas les quelque 50 000 $ collectés qui suffiront à son bonheur. Mais entre ce Main Event, le "10K 6-max" ou encore le Mid-Stakes Championship à 3 000 $, les occasions de finir en beauté ne manqueront pas.

Venu ici avec Adrien Delmas et Robin Guillaumot, Samy ne fait plus partie de la Team ATM depuis plusieurs mois - "Ils voulaient se recentrer sur quelques joueurs qui vont pouvoir jouer très cher." - mais continue d'avancer groupé. "En novembre, j'ai lancé ma propre structure. Je n'en ai pas trop parlé, tout simplement parce que je n'ai pas eu besoin d'en faire la pub, et parce que ça reste quelque chose d'assez élitiste, pour des ABI autour de 80/100."

Rapidement, Samy s'est donc retrouvé à la tête d'une petite bande de huit élèves, regroupés au sein de The Veyn. "Quand je jouais au basket, j'avais un coach, un ancien militaire, dont le mantra était 'Le sang à l'entraînement évite la mort au combat'. C'est une phrase qui m'a beaucoup marqué, qui continue de me suivre aujourd'hui et me pousse à me défoncer au travail. Au départ, je n'étais pas sûr de vouloir donner un nom à ma structure. Et en fait, il se trouve que les gens aiment avoir le sentiment d'appartenir à quelque chose, moi le premier. Puis "la veine", c'est aussi la famille, justement." On espère qu'elle coulera en lui pendant encore de longs jours sur ce Main Event. - Flegmatic

Statistiques, anecdotes et citations à la con

Moundir

Deux mauvaises nouvelles à signaler du côté de nos W rouges. D'abord, la sortie de route de notre WIP en chef Moundir. L'aventurier nous a fait parvenir la photo d'un board 8510Q2. Devant lui, une paire de 8 et, chez son adversaire, J9. "Un peu lourd ce coup mais encore une fois, pas de c** et j'ai pas pu folder," a sobrement commenté la Moun'. GG.

Joao

Quelques minutes plus tard, ce fut au tour de João Vieira de nous annoncer sa sortie. Le Portugais rejoint ainsi Adrián Mateos, Leo Margets et Davidi Kitai dans le cimetière du Team Winamax sur ce Main Event. Eh beh.

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