Level 4 : bluff ou value ?

- 5 juillet 2026 - Par Phil Anthropik

Main Event 10 000 $ (Day 1C)
Level 4 : 300 / 500 / 500

Perdu sous les drapeaux

Nassim Benrejeb
Après Zafar Huseinow, on trouve un autre Français épinglé sous une autre bannière sur Hendon Mob. "Ah bon ? Je suis affiché avec le drapeau australien ? Pourtant, j'habite Marseille !", lâche Nassim Benrejeb. Effectivement, tout de suite, le profil devient moins exotique, mais pas moins sympathique pour autant. Nassim m'explique avoir vécu un an au pays des kangourous dans sa jeunesse, bénéficiant d'un PVT (Programme Vacances-Travail) qu'il a mis à profit pour s'essayer au poker un peu plus assidûment. "Finalement, je suis revenu en France pour monter des commerces dans l'automobile en ouvrant une concession et un garage."

Venu sur ses propres deniers, Nassim est venu se croustiller ce Main Event pour vivre l'aventure rêvée de tout joueur de poker. "C'est un truc de fou d'être là, les sensations, le jeu, on y est", explique-t-il, toujours incrédule de sa présence sur le plus gros tournoi du monde. Arrivé il y a deux jours après l'odyssée classique du voyageur malchanceux, au cours de laquelle il s'est retrouvé bloqué dans un aéroport de transit à la suite d'une correspondance ratée, il avoue ne pas être dans les meilleures conditions. "Je suis complètement jetlag, c'est l'adrénaline qui me fait tenir", raconte le Sudiste, dont le tapis de 62 000 n'a guère évolué depuis le début de la journée. Mais on le sait, ce tournoi est un marathon et tout n'est qu'une question de patience. - Phil Anthropik

Entre famille, boulot et poker

Julien Thome
Il y a les grinders online à plein temps, les réguliers du circuit live, et puis il y a ceux qui doivent composer avec une autre réalité : un travail prenant, une vie de famille bien remplie et un temps de jeu forcément limité. Julien Thome appartient clairement à cette dernière catégorie. Chef d’entreprise dans le secteur des panneaux solaires en Suisse, père de deux petites filles basé à Annecy, il profite de chacune de ses venues à Las Vegas pour s’offrir une parenthèse poker devenue, au fil des années, de plus en plus rare. "J’essaye de me faire ce plaisir le plus souvent possible, mais c’est forcément plus compliqué depuis que j’ai mes enfants. J’essaie de concilier du mieux possible ma vie de famille, mon travail et ma passion pour le poker. Et pour ça, je dois avouer qu'il n’y a rien de mieux que le cash game, même si j’ai toujours aimé jouer de beaux tournois ici à Vegas.”

Un format qu’il affectionne particulièrement sur lequel il n’a pas manqué de s’essayer depuis son arrivée à Sin City il y a quelques jours. “J’ai joué au Bellagio et on va dire que ça s’est plutôt bien passé. Enfin, ça m’a surtout permis de rattraper un début de Vegas un peu compliqué.” Car jusqu’ici, les résultats en tournoi se font attendre."J’ai joué le Mini Main Event, ça n’a rien donné. J’ai tenté le Turbo à 5 000 $ hier, ça ne s’est pas bien passé non plus. Heureusement, j’ai quand même réussi à faire un ITM sur un 800 $." Une entame de séjour finalement assez similaire à cette première partie de journée sur le Day 1C du Main Event, qu’il dispute pour la quatrième fois de sa carrière. Une épreuve qu’il a même bien failli jouer à moindre coût après être passé tout près de décrocher son siège sur un satellite à 2 200 $ disputé la veille."C’est un peu comme un Hit'n'Run. On démarre avec 20 000 jetons et dès qu’on atteint les 100 000, on gagne son ticket. Moi, je suis monté à 96 000 sans jamais réussir à trouver les 4 000 jetons qui me manquaient. C’est forcément un peu frustrant, mais bon, c’est le jeu."

Une déception vite oubliée, puisqu’il avait quoi qu’il arrive prévu de prendre place sur le Big One."Je l’aurais joué dans tous les cas, mais, il est vrai que pour l’instant, ça ne se passe pas très bien. Je suis complètement 'carte dead' depuis ce midi. J’ai une table plutôt mitigée, avec les trois seuls bons joueurs assis directement à ma gauche. Et avoir trois bons joueurs à sa gauche, ce n’est jamais une très bonne nouvelle", plaisante-t-il. Mais avec des niveaux de deux heures et une journée loin d'être terminée, Julien sait que rien n’est encore joué. "Je ne me mets pas de pression pour le moment, la journée est encore bien longue. L’objectif, c’est simplement de passer le Day 1 aujourd'hui, quel que soit le stack avec lequel je termine." - VictorP

Triple donk bet

Joseph Sabe
Un petit coup remporté à l'instant par Joseph Sabe, on n'a pas vu les cartes, mais il est marrant quand même. Le Franco-Libanais (5ᵉ d'un 5 000 $ l'an passé) défend sa BB face à une relance en milieu de parole. Derrière, Sabe va s'employer à faire monter les enchères à coups de donk bets soigneusement calibrés : 1 000 sur le flop 738, 6 000 sur le turn 6, et enfin 10 000 sur la rivière 7. En face : un call flop, un call turn, puis un... tank/fold rivière. Selon vous, il avait quoi le Sabe ? Je n'en sais rien, mais je pencherais bien sur un petit 910 (pour une value) ou un 56 (pour un bluff)... - Benjo

Le cliché du jour

Rail
La plus belle photo prise par Caroline Darcourt aujourd'hui ne provient pas du Main Event... mais des demi-finales du tournoi PLO Double Board Bomb Pot. On y voit un Jean-Marc Thomas debout auprès du rail tricolore. Littéralement ! Quelques heures plus tard, le Parisien s'est installé autour de sa deuxième table WSOP... mais elle fut beaucoup plus brève que la première (runner-up en PLO High-Low en 2015), avec une élimination en neuvième place (26 878 $). Antoine Labat, lui, tient bon la barre... Affaire à suivre.

Rail
On en profite pour féliciter un autre finaliste de ce Double Board Bomb Pot, Jesse Lonis, dont la famille va bientôt s'agrandir avec l'arrivée d'un quatrième enfant. Encore une fille ! Du coup, nous dit Jesse, le projet est de continuer à en avoir jusqu'à avoir un garçon... J'espère que ça ne va pas faire comme à la roulette, quand tu continues de jouer le rouge en te disant qu'il va bien finir par tomber un jour, pour au final te manger une série de 26 noirs de suite.

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