La légende ne suffit pas

- 30 junio 2026 - Par Phil Anthropik

Après une année 2025 qui l'a placé au sommet du poker mondial, Michael Mizrachi soulève son 9ᵉ bracelet et rentre un peu plus dans l'histoire des WSOP en remportant un autre tournoi de prestige : le Pot Limit Omaha Championship, doté d'1,3 million de dollars
Event #70 : Pot Limit Omaha Championship 10 000 $ (Fin)

Micheal Mizrachi
Le Poker Players Championship, le Main Event, l'intronisation immédiate au Hall of Fame Michael Mizrachi avait réussi une année 2025 irréelle, accomplissant quelque chose que personne n'aurait pu imaginer possible. Au summum de sa carrière, avec plus de 29 millions de dollars de gains accumulés en vingt ans sur le circuit, on pensait l'Américain suffisamment ancré dans la légende. Mais il n'en était rien, car le Grinder n'est pas du genre à se laisser aller une fois un objectif atteint : il s'en fixe immédiatement un autre. "Pour moi, le but est juste de faire la meilleure année possible. Bien sûr, 2025 était exceptionnelle, mais il faut en être conscient et aller chercher de nouveaux challenges. Et vu que j'espère doubler Phil Hellmuth dans la collection de bracelets, il y a encore pas mal de boulot !"

Micheal MizrachiArrivé au Day 4 avec 80 % des jetons à trois joueurs restants, tout le monde attendait une victoire rapide.  "On fêtait un anniversaire en famille aujourd'hui : tout le monde nous attend, on y retourne une fois que ça se termine !", expliquait Susan, la mère de Michael. Mais en vrai, il ne devait plus rester grand-monde à cette fête, puisqu'une bonne partie de la famille et des amis du Floridien était présente dans le rail.

Assise derrière son fils, Susan est son éternelle supportrice, m'expliquant l'avoir initié au jeu dès son plus jeune âge. Cependant, l'optimisme général allait progressivement perdre en intensité avec un scénario qui a vu ses adversaires doubler et réduire l'écart. Casque sur les oreilles, travaillant pour la régie TV des WSOP, Paul est le premier fils de Michael : forcément, il vit chaque pot avec un stress palpable. "Pour lui, c'est juste un jour de travail normal. Pour moi, c'est mon père qui peut devenir un nouveau champion du monde."

Mizrachi Family

Susan avait sa chaise au plus près de la table, tandis que Paul devait bosser en cachant son excitation

Pour Michael en revanche, quel que soit l'événement, le fun doit être présent. C'est ainsi qu'on le verra troller son clan en balançant un grand "Yes !" pour leur faire croire qu'il vient de remporter un all-in, entraînant cris et chants... alors qu'en réalité, il sait très bien qu'il a perdu le pot. C'est ça aussi, Michael Mizrachi : un mec qui a toujours laissé de la place au divertissement, même quand les enjeux nécessitent le plus grand sérieu. Rappelez-vous l'an passé : il s'était présenté au Day 7 du Main Event après avoir été aperçu en bonne compagnie à la sortie d'un strip-club seulement quelques heures plus tôt.

Des écarts de conduite compensés par un talent cartes en main indiscutable, dont il fournira une preuve supplémentaire en remettant la machine en marche pour aller chercher les derniers jetons qu'il restait chez ses adversaires. Quand on lui demande s'il n'a pas craint un renversement de situation après avoir perdu une bonne partie de son avance, il répond : " Pas vraiment. J'ai commencé avec 80 % des jetons, je suis retombé à 60 % dans le pire des cas. Et puis, si on veut parler chiffres, l'essentiel, c'est de retenir qu'à la fin j'ai eu 100 % des jetons en circulation", rigole-t-il.

TumboliUn capital qu'il collectera grâce à une dernière main où Zarvan Tumboli (photo) envoie son va-tout sur le flop 88J avec AA63. Michael s'acquitte de la somme avec J1076 pour s'apercevoir qu'il est derrière. Le rail pousse et appelle le Valet demandé par Michael. La mère est debout derrière son fils, Paul hurle, espérant voir les équités s'inverser. La turn 4 ne les change pas intégralement, mais elle amène quelques outs supplémentaires au Grinder, qui joue désormais 25 %. Comme un symbole, c'est le 9 qui s'abat sur la rivière pour délivrer tout le monde et offrir à Michael son 9ᵉ bracelet.

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Susan en pleure et son fils champion du monde se tombent dans les bras, rapidement rejoints par le frère Robert et le fiston Paul. L'exultation générale et la joie non dissimulée du Grinder prouvent bien qu'un bracelet ne compte pas plus qu'un autre pour lui. "Chaque bracelet est une aventure, et chaque histoire derrière est différente", confiera-t-il à un confrère. La victoire pour unique but, les trophées comme seul exutoire, ce bracelet raconte comment Michael a quitté une fête... pour la rendre encore plus folle une fois revenu.

Quelques jours après Benny Glaser, Micheal Mizrachi s'invite dans la sphère extrêmement restreinte des détenteurs de neuf bracelets : il rejoint Phil Ivey, Erik Seidel, Johnny Moss, Doyle Brunson, et donc Benny. Toujours disponible pour la presse, Michael rendra d'ailleurs hommage à son successeur au titre de vainqueur du Poker Player Championship. "Je suis content pour Benny, honnêtement il le méritait. Cette année, ce ne sera pas le PPC, mais le Main Event commence bientôt et vous pouvez compter sur moi pour tenter d'aller chercher un nouveau doublé." Au cas où vous en doutiez : le Grinder a toujours les crocs et il n'est pas près de s'arrêter.

Mama

 

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