Le goût amer d'une finale trop brève

- 29 juin 2026 - Par VictorP

Portée par un rail français en folie, Victoria Ailloud rêvait d’offrir son deuxième bracelet de l'été au clan français. Mais au terme d’une TF frustrante où les cartes n'auront jamais vraiment été de son côté, la Niçoise s’incline finalement en 6ᵉ position pour 37 192 $
Ladies Championship 1 000 $ (Finale)

Victoria Ailloud
Hier soir, Victoria Ailloud quittait la salle du Paris avec un immense sourire et une certitude : moins de vingt-quatre heures plus tard, elle reviendrait jouer la plus grande finale de sa carrière. “J’ai mal dormi avec toute l’adrénaline. Ce matin, j’étais comme une folle”, nous confiait-elle quelques instants avant de prendre place pour le dernier jour du Ladies des WSOP. Entre les centaines de messages reçus, un rail français qui avait décidé de mettre ses propres tournois entre parenthèses pour la soutenir et une finale qu’elle avait minutieusement préparée en revisionnant le stream de la veille pour analyser chacune de ses adversaires, la Niçoise avait tout fait pour arriver prête. Restait désormais à transformer le rêve en bracelet. La suite, malheureusement, n’allait jamais vraiment lui laisser cette possibilité.

Victoria AilloudRevenue avec le quatrième tapis des six dernières survivantes, soit 26 blindes, Victoria voit très vite l’une des joueuses les plus short de la table, Caitlin Comeskey, envoyer ses 13 blindes au milieu. En découvrant un bel As-Dix suité en petite blinde, la Française prend le temps de réfléchir quelques instants avant de reshove. “J’ai vérifié, c’est bon, c’est dans les tableaux” me dira-t-elle après coup. Une décision logique… jusqu’à ce que l’Américaine retourne As-Roi. Pour son premier coup à tapis dans cette finale, Victoria est en bien mauvaise posture. Le flop 5-4-3 entretient encore l’espoir. L'As sur le turn ouvre même la porte à un improbable partage, voire à un miracle en cas de Dix sur la river. Mais c’est finalement une Dame qui tombe. Le pot s’envole chez l’Américaine, et avec l’augmentation des blindes, Victoria chute alors à une quinzaine de blindes.

À partir de là, la finale prend une autre tournure. Coincée dans une zone où chacune de ses décisions peut être la dernière, la Française attend patiemment son spot. Trois fois, elle pousse son tapis. Trois fois, tout le monde passe. Ce, pour le plus grand bonheur de son rail qui avait visiblement répété comme il fallait.

Victoria Ailloud
“Elle s’appelle Victoria… Elle est là pour le bracelet… Son nom est prédestiné… Elle va toutes les faire buster… Oh oh oh oh oh” entendait-on chanter à tue-tête. Un soutien indéfectible et de précieux jetons grappillés, suffisants pour respirer encore un peu… mais pas assez pour réellement se relancer. Les orbites s’enchaînent, les blindes continuent d’augmenter et, sans jouer le moindre coup, son tapis fond inexorablement jusqu’à ne compter que huit petites blindes.

Cette fois, Victoria n’a plus le choix. Alors lorsqu’elle découvre une paire de six au hijack, l’ancienne membre de la Queens Squad envoie logiquement ses derniers jetons au milieu de la table. Le clan français retient son souffle. D’autant plus lorsque Aubrey Williams se réveille au bouton avec… As-Roi. Le flip d’une vie... pour rester en vie. Les encouragements redoublent dans le rail, chaque Français présent appelle un six salvateur. Mais c'est finalement un board 23A99 qui vient mettre fin au rêve de Victoria. Cette fois, pas de miracle.

Victoria Ailloud
L’aventure s’arrête là. Pas de bracelet. Pas de deuxième sacre français en trois jours après Lionel Barracano. Juste une immense frustration sur l’instant… mais, avec un peu de recul, la plus belle performance de sa jeune carrière aux World Series of Poker. Pour sa toute première finale mondiale, Victoria Ailloud repart avec 37 192 $ et, surtout, la confirmation qu’à seulement 23 ans, elle a tout pour faire partie des joueuses à suivre dans les années à venir.

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