Benny Glaser remporte l'édition 2026 du Poker Players Championship. La consécration ultime pour ce travailleur acharné des formats Mixed Games, qui avait déjà gagné huit bracelets dans de multiples formes de poker au cours des onze dernières années. Ce soir, il s'empare du titre ultime des professionnels les plus aboutis
Event #60 : Poker Players Championship 50 000 $ (Fin)
Heureusement, il reste un tournoi high stakes pas comme les autres, à la saveur unique, impossible à reproduire sur un Triton, un EPT où même les High Rollers des WSOP. Quel bonheur immense d'avoir pu être aux premières loges sur la dernière main du Poker Players Championship à 50 000 $ ! Ce fut tout le contraire d'un moment banal. Tout le monde dans le rail - les amis, les croupiers, l'équipe TV, les couvreurs et photographes, tout le monde - a instantanément pris conscience qu'il assistait à un moment rare et beau en voyant Benny Glaser s'effondrer à genoux, la tête enfouie entre les mains. Les sanglots, longs et étouffés, ont duré bien après la traditionnelle interview avec le présentateur des WSOP Jeff Platt. Quand le Britannique s'est enfin découvert le visage, c'est parce que le moment était venu de soulever le bracelet pour la photo souvenir.
À eux six, ils avaient déjà disputé onze finales du PPC. Pour Glaser, la troisième fut la bonne, après une 5ᵉ place en 2018 et une 4ᵉ place en 2022. On le connaissait déjà comme un géant du poker "tout-terrain", avec huit bracelets remportés depuis 2015, dans sept formes de poker différentes. Ce soir, il entre dans le cénacle des immortels : le petit club - il n'en est que le 14ᵉ membre - de ceux qui ont écrit leur nom sur le trophée portant le nom du regretté Chip Reese, premier vainqueur du tournoi en 2006. Un autre comité restreint l'attend : celui des détenteurs neuf bracelets ou plus : le voilà en compagnie de Phil Hellmuth (17), Phil Ivey (11), Doyle Brunson, Johnny Chan (10 chacun), Erik Seidel et Johnny Moss (9 chacun).
J'ai été le premier à m'approcher de Glaser pour une interview à chaud, profitant d'un bref moment de flottement tandis qu'un superviseur empilait les jetons pour former de belles piles destinées à la photo officielle. Je vous mentirais si je disais que ce fut une bonne interview, sûrement que d'autres feront un meilleur job que moi. Ll'Anglais était loin d'être redescendu de son nuage... et sans doute que moi aussi, j'étais un peu perdu, hébété par la puissance du moment (à ma décharge, je crois que je n'étais pas le seul).
J'ai demandé à Glaser s'il pouvait verbaliser ses émotions, mettre des mots sur son état. "Ce tournoi est tellement, tellement spécial. Et l'accomplissement est spécial aussi pour moi. J'attendais ça depuis un moment, c'est beaucoup trop d'émotions." Puis j'ai essayé de lui faire dire les sacrifices nécessaires pour arriver à un tel niveau. "C'est beaucoup de travail acharné. J'ai bossé énormément pendant de longues années. Et c'est tellement, tellement bien de voir que ça a porté ses fruits. J'ai l'impression d'avoir atteint le firmament." Oui, probablement. On n'aura pas besoin d'en entendre plus pour le moment : la performance parle d'elle-même.
Résultats - Poker Players Championship 50 000 $
108 joueurs - Dotation 5 130 000 $
| Rang | Joueur | Pays | Gain |
|---|---|---|---|
| 1 | Benny Glaser | UK | 1 343 764 $ |
| 2 | Josh Arieh | USA | 895 837 $ |
| 3 | Phil Ivey | USA | 600 698 $ |
| 4 | Maxx Coleman | USA | 417 607 $ |
| 5 | Paul Volpe | USA | 301 405 $ |
| 6 | Kristopher Tong | USA | 226 172 $ |
| 7 | Jason Mercier | USA | 176 732 $ |
| 8 | Nick Guagenti | USA | 144 054 $ |
Avec ses six bracelets et deux finales PPC perdues en 2019 et 2021, Josh Arieh était lui aussi en quête d'immortalité ce soir. Pour la seconde fois de sa carrière, il devra se contenter de la seconde place...
Phil Ivey s'en fout, lui : il est déjà immortel, "Hall of Famer" depuis un bail, avec un compteur de bracelets à deux chiffres. Il fallait voir l'interview soupe à lait qu'il a donné à Jeff Plat après sa sortie en troisième place : il n'a pas réussi à l'esquiver, et a puni le présentateur avec des demi-réponses je-m'en-foutistes. On imagine que c'est en grande partie due à la guerre qui oppose actuellement son sponsor, le World Poker Tour, avec les WSOP, dont il est l'un des dommages collatéraux cet été : Phil n'a pas le droit de porter son logo !
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