Les armes à la main

- 24 juin 2026 - Par Tapis_Volant

Nos deux Français Samuel Rannou et Julien Duveau sont les deux premiers éliminés d'une table finale où ils auraient pu briller s'ils avaient eu des jetons pour se battre
Event #59 : Salute to Warriors 500 $ (Day 3 et Finale)

Voir deux Frenchies en train de deep run le Salute to Warriors à deux tables restantes nous donnait beaucoup d'espoirs en ce début de journée chargée. À première vue, le tournoi avait été un peu boudé par les regs et envahi par les récréatifs. En allant checker le palmarès des adversaires de Julien Duveau et Samuel Rannou sur l'ultime table de ce tournoi, la moitié de mes recherches aboutissaient au même constat : un zéro pointé. Une opportunité en or d'aller chercher un bracelet, sur un field incroyablement soft à la reprise de ce Day 3, où la seule tête connue se nomme alors Jamie Gold, vainqueur du Main Event il y a vingt ans déjà. Et qui n'a à peu près rien fait depuis.

Rannou

Si l'on commence à bien connaître Julien Duveau (on y reviendra !), la belle histoire de ce Salute to Warriors nous vient de Samuel Rannou (photo), qui disputait ici son tout premier tournoi WSOP. "On est partis en vacances aux États-Unis pour trois semaines avec ma femme, d'abord à New-York pour voir Brésil-Maroc, puis sur la côte ouest avec San Francisco, Los Angeles, puis Vegas. On avait prévu de venir quatre jours à Vegas et j'avais prévu de jouer uniquement ce tournoi, en partant sur l'idée de pouvoir mettre deux bullets." Le plan, c'était d'aller profiter de Vegas en cas de bust. Au final, Samuel aura passé deux jours et demi aux tables à deep run le premier gros tournoi de sa vie. "Tu as vu ma Hendon Mob ?", me demande-t-il au moment de notre interview. "Oui, j'ai vu." En tout et pour tout, 290 €, remportés en 2022 sur un tournoi à 170 € du Club Circus.

WSOP26

Pour préparer son passage à Vegas, Samuel s'est un peu entraîné en allant faire deux ou trois tournois à Paris avant son voyage. "Dans toute ma vie, j'ai dû en jouer une dizaine à tout casser, même si j'aime beaucoup le poker", confesse-t-il. Et pourtant, Samuel est là, à 10 restants de 200 000 $ et d'un bracelet WSOP, avec sa femme dans le rail qui se demande s'ils pourront aller ce soir voir un spectacle du Cirque du Soleil; et tente de comprendre le concept de "se faire déblinder". Ce qu'on a envie de retenir quand on écoute Samuel nous narrer sa belle aventure, c'est l'enthousiasme communicatif qui émane de ses paroles. "J'ai joué avec Jamie Gold, un mec que je voyais dans High Stakes Poker il y a des années. On s'est vraiment bien marrés, j'ai même failli lui prendre un énorme pot, avec Roi-6 contre Roi-4 sur Roi-6-4, mais ça a fini en split. Je suis comme un gamin, j'essaye de ne pas penser à tout l'argent qu'il y a à gagner, je suis déjà très content d'avoir joué aussi longtemps."

WSOP26

À la base, Samuel pensait que le niveau de ce Salute to Warriors à 500 $ serait plus relevé, mais il a eu beaucoup de tables assez soft, à tel point qu'il ne s'est jamais senti le fish de la table. Lui, dont la passion est la course à pied (il a un très bon niveau au marathon) a réussi à apercevoir la ligne d'arrivée, pour le premier tournoi de sa vie aux WSOP. Malheureusement, l'emballage final lui a été fatal. Short-stack, notre Frenchie attendait patiemment un spot pour mettre ses derniers jetons au milieu. L'opportunité s'est proposée à lui quand il a découvert les Rois de grosse blinde après un shove d'un autre short qui détenait As-Dame de cœur. "C'est un 70/30, c'est ça ?", me demande Samuel, qui a vu le croupier dévoiler trois cœurs au flop pour mettre un terme à cette belle aventure en 10ᵉ place (sur 4 478 joueurs !). La bonne nouvelle, c'est qu'il pourra amener sa femme voir le Cirque du Soleil, plus riche de 15 660 $.

Duveau

On comptait ensuite sur Julien Duveau, manager de l'écurie MTT de Spin Elite, pour sa deuxième table finale de l'été, après sa 6ᵉ place sur le 6-max à 1 500 $ en début de festival. Mais malheureusement, les espoirs auront été de courte durée. Nos deux Français étaient les deux plus shorts et ils ont lâché prise l'un après l'autre. JELLYFISH s'est retrouvé à shove quatre blindes UTG avec As-6 pour se voir payer par 9-8 chez le chipleader. Sans exprimer la moindre frustration, Julien préférait retenir le positif d'un Vegas où il "existe dans les tournois". Comprendre qu'il peut jouer aux cartes, qu'il monte des jetons et qu'il ne bust pas au premier flip perdu.

Et pourtant, c'est un gros downswing qu'il vit depuis sa perf', comme beaucoup de Français qui jouent tous les jours dans cette ville. "Je ne priorise pas spécialement les WSOP, je joue à l'Aria, au Venetian, au Wynn, dans des meilleures conditions d'ailleurs, surtout concernant les croupiers. Jai fait quelques beaux deep runs, mais ça ne suffit pas pour faire la diff'." Pour cette frustrante 9ᵉ place, Julien Duveau encaisse 19 930 $, quelques cartouches pour les prochains jours d'un Vegas où il n'a pas pris un seul jour de repos depuis fin mai.

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