En parallèle des classiques tournois WSOP, on joue une très grosse partie de cash game télévisée au Paris. Au milieu des hommes d'affaires, on retrouve notamment Yoh Viral, Martin Kabrhel ou encore le jeune créateur de contenu Rampage. Ce dernier ne vous dit rien ? On vous le présente.
On s'éloigne un temps de l'effervescence des tournois WSOP, car côté français aujourd'hui, ce n'est pas vraiment la journée espérée. Certes, Nicolas Milgrom a rallié une nouvelle fois une table finale, s'inclinant en septième position, mais nos chances françaises sur le 6-Max à 3K n'ont pas fait long feu. Nicolas Jean est vite parti à la 47ᵉ place, tandis que Thomas Eychenne a emboîté le pas d'Adrien Delmas, tous deux sortis en 27ᵉ et 29ᵉ place. Enfin, David Benyamine a assuré l'argent sur le PLO à 50K en terminant 17ᵉ pour un min cash à 102 800 $. Bref, pour le bracelet, on repassera.
Et si on lâchait un petit peu les tournois ? Depuis quatre jours, une table monopolise autant d'attention qu'une finale WSOP. Sur cette dernière, certains pots rapportent autant que la win de certains events. Des pots de centaines de milliers dollars se construisent chaque soir. Autour, on retrouve des joueurs reconnus du circuit tels que les Champions du Monde Santhosh Suvarna, Martin Kabrhel ou encore le Français Yoh Viral. Mais ce n'est pas tout, car entre les sharks et les baleines se cache un spécimen hybride : le créateur de contenu. Parfois aussi aguerri qu'un pro avec, en supplément, la folie d'un one timer. Rampage pourrait rentrer dans ce registre.
Les plus anciens d'entre vous ne le connaissent certainement pas, et si vous n'avez pas Instagram, on ne peut pas vous jeter la pierre. Rampage a ce qu'on appelle la "double casquette" : capable de monter des milliers d'abonnés sur les réseaux (221K à ce jour sur Instagram), tout comme des milliers de dollars en une seule petite soirée. C'est bien beau tout ça, mais en chiffres ça donne quoi ? Vous êtes prêts ? Car ça donne le tournis. Sur les quatre soirées de stream du High Stake Live, Ethan Yau (son vrai nom) a monté 1,57 million de dollars, dont une soirée à plus de 700K hier soir !
Alors, pour en apprendre un peu plus sur cet entertainer, demandons donc à l'un de ses adversaires du soir de nous rencarder. La parole est à Yoh Viral. "C’est un joueur que je connais depuis longtemps. Je l’ai rencontré pour la première fois au PokerGO Studios où on a l’habitude de jouer des High Rollers. Je me rappelle, c'était un HR 10K et il était en plein shot. Il me faisait rire parce que je savais qu’il était déjà un peu connu sur les réseaux sociaux et il s’en foutait de shooter un 10k. Si je devais estimer sa bankroll à l’époque, je pense qu’il avait 200K de bankroll. C’est quelqu’un qui a toujours shot. Et là, il a gagné 1,5 million en quatre streams. C’est le plus gros gagnant des streams au Paris. Je ne serais même pas étonné qu’il ait doublé sa bankroll. C’est quelqu’un qui prend des risques et je trouve ça assez incroyable", développe Yoh dans un premier temps, avant de prolonger.
"Il vit pour le poker, pour le contenu et il est récompensé par ce qu’il fait. Je ne dis pas que c’est un bon exemple à suivre en termes de gestion de bankroll. Mais la partie contenu et comment il fait ressentir ses émotions à travers ses vlogs, c’est ce pour quoi les gens le regardent. C’est aussi quelqu’un de très sympathique. On est allé cet après-midi à la conférence Pokémon ensemble. Il a une carte Pokemon autour du cou à 180k, une autre aussi à 500k dollars. Ça ne m’étonnerait même pas qu’il ait 30 % de son capital dans les cartes Pokemon. Il vit juste ses émotions et ses passions à fond. Je lui souhaite beaucoup de succès."
Des paroles dithyrambiques de la part du précurseur de ce genre de contenu en France. Alors, à la fin d'une énième partie gagnante pour Rampage, je décide d'aller taper la discut' en mode questions/réponses.
Salut Rampage ! Je te suis sur les réseaux sociaux, mais je ne pense pas que le public français te connaisse tant que ça. Peux-tu nous parler un peu de toi ? D’où tu viens et ce que tu faisais dans la vie avant de devenir créateur de contenu poker ?
Alors, par où commencer : j’ai 28 ans et je viens de Boston, dans le Massachusetts. Je fais des vidéos sur le poker depuis que j’ai 21 ans. J’ai filmé et publié sur YouTube ma troisième session de poker seulement, en jouant des parties de cash game à 1/2 $ et 1/3 $, alors que je n'avais que 3 000 dollars de bankroll. Et pourtant, je jouais déjà des parties avec des caves entre 300 et 500 dollars. J’ai toujours voulu être YouTubeur. À l’époque, j’étais à l’université et je voulais essayer à la fois YouTube et le poker. Sept ans plus tard, me voilà : je joue des parties de cash game à gros enjeux, des tournois, et je m’amuse toujours autant.
Comment et quand as-tu découvert le poker ?
J’ai découvert le poker parce que j’adorais les paris sportifs et le blackjack quand j’avais 21 ans. Des amis m’ont dit : « Tu devrais peut-être essayer le poker, parce que tu ne joues pas contre le casino, mais contre d’autres personnes. » La première fois que je suis allé dans un casino, j’avais 20 ans. On a roulé une heure et demie pour aller dans un casino accessible dès 18 ans — parce qu’aux États-Unis, c’est l’âge minimum dans certains endroits. J’ai perdu 500 dollars en trente minutes. Immédiatement après, je me suis dit : «Ce jeu est nul.» Puis j’ai découvert qu’il existait une petite niche sur YouTube consacrée au poker. À l’époque, il n’y avait peut-être que cinq créateurs de contenu. J’ai donc été parmi les premiers à me lancer dans cette scène YouTube poker, et j’ai commencé à faire des vidéos. C’est comme ça que tout a commencé.
Comment se sont passés tes débuts ? C'était tout droit ou tu t'es broke plusieurs fois ?
J’ai eu énormément de réussite à mes débuts dans les parties de 1/2 $ et 1/3 $, exactement au moment où j’en avais le plus besoin. Je n’avais que six caves en poche. J’ai run très bien dans ces limites, puis j’ai tenté de monter de niveau. J’ai toujours été très transparent à ce sujet, et pratiquement toutes mes tentatives aux limites supérieures se sont mal passées. Mais j’ai réussi à reconstruire ma bankroll aux petites limites et à repartir de là.
Au final, tu te vois plus comme un créateur de contenu ou un joueur de poker ?
Le contenu est toujours passé avant tout. Je faisais déjà des vidéos depuis l’âge de douze ans. J’ai essayé et échoué dans une vingtaine d’idées différentes avant d’arriver au poker. Le poker n’était qu’une idée parmi d’autres. D’ailleurs, mon pseudo « Rampage » vient de cette époque-là. Je l’ai créé quand j’avais douze ans et que je faisais des vidéos et des montages sur Call of Duty. Au final, le poker est devenu le projet qui a fonctionné.
Quelle est la partie la plus folle que tu aies jouée dans ta vie ?
C’était hier. On devait jouer une partie à 200/400 $. Puis Texas Mike est arrivé. Finalement, on a commencé à jouer avec des straddles qui montaient à 800 $, 1 600 $, 4 800 $, 9 600 $, jusqu’à 25 000 $. Je m’étais inscrit pour une grosse partie de 200/400 $, mais elle est devenue complètement folle. On jouait des pots d’environ 800 000 dollars. Donc oui, il y a vingt-quatre heures à peine, j’ai disputé la partie la plus folle de ma vie.
Réalises-tu parfois à quel point les montants que tu joues sont énormes ?
Hier, je perdais complètement la tête parce que c’était la plus grosse partie que j’aie jamais jouée. J’avais envie de vomir à chaque fois que j’entrais dans un coup. J’étais prêt à mourir et à perdre tout mon argent. Mais bon… on joue, on prend des risques. On ne vit qu’une fois. Heureusement, je suis entré dans la partie avec seulement 50 000 dollars, et j’ai réussi à faire grimper ça jusqu’à 700 000 dollars de gain.
Merci Rampage !

