Voix irremplaçable de l'UFC, Bruce Buffer est aussi un passionné de poker de longue date. En fan inconditionnel de ses prestations lyriques d'avant match, je ne peux résister à lui poser quelques questions qui me brûlent les lèvres.
Event #56 : 6-max 3 000 $ (Day 1)
"It's timeeeeeeee !" La petite phrase est reprise en cœur par des milliers de fans dans les arènes de l'UFC. Derrière le micro, pour chauffer à blanc un public en manque d'hémoglobine, on retrouve Bruce Buffer. Légende vivante de l'announcing outre-Atlantique, il a vécu ce week-end le genre d'évènement qu'on ne vit qu'une fois dans une carrière : présenter la nouvelle rencontre UFC dans les jardins de la Maison Blanche. Alors, à la pause du "3K 6-max", je décide de le coincer le temps d'un petit round de questions/réponses en cinq minutes top chrono !
Bonjour Bruce. Enchanté, je peux prendre cinq minutes de ton temps [un petit acquiescement et une tape sur l'épaule et c'est parti]. Raconte-nous : comment devient-on la voix de l’UFC ?
C’est une longue histoire. Je fais ce métier depuis 30 ans et je me suis battu pour avoir ce job. En gros, j’ai fait mes premières annonces d’avant match à l’UFC 8 à Puerto Rico. Ensuite, ils m’ont engagé un an plus tard pour faire l’UFC 10. Je commence en quelque sorte par me présenter en tant que commentateur de l’UFC à mes amis. J’ai rencontré le commentateur et je lui ai dit : « Me voilà dans la plus grande émission de télévision. Je suis le commentateur de l’Octogone. Ça fait plus d’un an que je te demande ce poste. C’est la dernière fois que je te le demande. Dis oui ou non, je t’aiderai à développer cette marque parce que je suis fait pour ça, mais j’ai besoin d’évoluer à tes côtés en tant que commentateur de l’Octogone .» Et, c’était la meilleure main de poker que j’aie jamais jouée.
Qu’est-ce que ça fait d’être speaker ?
C’est incroyable, c’est un honneur. Je me réveille tous les jours, je suis très fier d’être le speaker de l’UFC. C’est quelque chose que je prends très au sérieux et très à cœur. C’est un métier passionnant. Je transmets aux combattants toute mon énergie, toute ma voix et tout mon souffle, pour rendre ce moment encore plus intense pour eux et pour les spectateurs.
Il y a eu plusieurs events UFC à Paris. Les fans ont toujours mis le feu derrière leurs combattants, dirais-tu que le public français est l’un des plus bruyants ?
Chaque ville a son charme et ses spécificités, mais Paris dégage sans aucun doute une énergie incroyable. C'est l'un de mes endroits préférés pour commenter. J'adore les fans français. Et c'est sans conteste l'un des endroits les plus agréables pour ressentir l'énergie de la foule, ce qui me motive encore plus quand j'annonce les combattants.
Tu étais à la Maison Blanche le week-end dernier. En tant qu’Américain, qu’est-ce que ça te fait de présenter un event UFC dans cet endroit si symbolique ?
Ce fut un honneur de me retrouver là-bas ; ce fut un moment historique, une superbe soirée de combats. J'ai eu le privilège d'être aux côtés de tous ces militaires, dans une ambiance empreinte de respect. C'est un souvenir qui restera gravé dans ma mémoire pour le reste de ma vie.
Tu as vu passer énormément d’athlètes au cours de ta carrière, lequel t’a le plus impressionné ?
C'est difficile à dire, car ça fait plus de 30 ans que je suis speaker. Il y a beaucoup de grands noms : Jon Jones, Georges Saint-Pierre, Chuck Waddell, Justin Gaethje. C'est vraiment difficile. Il y a tellement de grands combattants.
Cyril Gane a remporté la ceinture intérimaire des poids lourds, ce dimanche, comment as-tu trouvé ce combat face à Pereira ?
Ce fut un combat acharné. Au final, Cyril le mérite. Il se déplace comme un poids mi-lourd. Il est constamment en mouvement et il sait aussi bien frapper avec ses poings que donner des coups de pied. J’étais content pour lui. J’apprécie beaucoup Pereira. J’aurais été content, peu importe le vainqueur de ce combat, et donc bravo à Cyril. Il évolue dans ce milieu depuis un certain temps déjà, et j’étais très heureux de le voir remporter la ceinture.
Enfin, on va quand même parler un peu poker avec toi. On te voit de temps en temps aux tables, comment et quand as-tu commencé à jouer ?
J'ai appris à jouer au poker à neuf ans. Je joue des parties en cash depuis l'âge de 15 ans, et c'est à ce moment-là que j'ai commencé à m'investir sérieusement dans ce jeu. Lorsque j'ai disputé mon premier tournoi, le World Poker Tour existait déjà, et j'ai atteint la table finale. Il s'agissait du Celebrity Poker Tournament, organisé au Commerce Casino de Los Angeles. J'ai participé à l'émission télévisée et, dès lors, je me suis passionné pour le poker.
Je pratique les arts martiaux depuis toujours, mais je ne combats plus. Cela dit, quand je m’assois à une table, que je remporte les jetons de quelqu’un et que je le mets K.O., ça me procure la même excitation. C’est pour ça que j’adore le poker. Je n’ai pas souvent l’occasion de participer aux tournois des WSOP, même si j’aimerais bien, vu mon emploi du temps chargé. Je suis donc très heureux d’être ici en ce moment pour jouer.
Merci beaucoup Bruce et bonne chance !

