Le poker français a-t-il pris un coup de vieux ?

- 19 juin 2026 - Par Soflo

Des fois, il nous arrive de nous poser des questions. Ce soir, l'idée nous est venue de nous arrêter sur l'âge de nos plus jeunes représentants tricolores. Les pépites d'aujourd'hui verront-elles, un jour, celles de demain leur succéder ? Premiers éléments de réponse parmi les Bleus des WSOP.

Hugo De Lafourchadière

C'est un constat qu'on se fait maintenant depuis plusieurs années entre couvreurs : le field vieillit. Il suffit de défiler les articles de ces derniers jours sur le coverage où les séniors ont la part belle. En parcourant nos reportages de la décennie précédente, on pouvait lire qu'en 2011, un joueur de poker avait en moyenne 37,33 ans, quand l'âge moyen des participants du Main Event en 2018 grimpait à 41,23 ans. Depuis, les données se font plus rares sur les Series, ce qui complexifie quelconque comparaison dans le temps. 

Alors, nous couvreurs, sommes-nous influencés par le fait de voir toujours les mêmes têtes et de reconnaître sans cesse les mêmes joueurs, festival après festival ? Ou bien ce constat, depuis la tribune de presse, est-il partagé par les premiers concernés, les acteurs du field, avec les joueurs de la dernière génération en première ligne ?

Aux États-Unis, impossible de trouver plus jeune que 21 ans aux tables, loi américaine oblige. Alors quand on a croisé Timothée Labassa, le runner-up du WPO Bratislava 2024, on était bien content de l'interpeler sur cette question. À 24 ans, le grinder online expatrié au Portugal s'offre quelques sessions live dans l'année, entre festivals Winamax et WSOP. Alors Timothée, ne te sens-tu pas trop seul parmi les vieux cowboys américains ? "Ça change toutes les années, à Vegas on joue contre 80 % d’Américains où la moyenne d’âge est plus élevée qu’en Europe. Les jeunes sont plus des étrangers."

Corentin SoulierMême constat partagé par Virigile Turchi, de deux ans son aîné. "Il y a quand même un renouvellement. Chez les regs français, il y en a des nouveaux qui arrivent cet été qu’on n’avait que très peu vu : Antonin Hays, Corentin Soulier (photo ci-contre), Hugo De La Fourchadière (ci-dessus). Après, sur le field des High Rollers, c’est difficile de se faire sa place. On peut se dire que la population est relativement vieillissante surtout aux États-Unis, sans l’arrivée d’une nouvelle vague de top regs. Du côté des Européens, j’ai quand même l’impression qu’il y a une nouvelle génération qui pousse. Quand je suis arrivé, j’étais le plus jeune à jouer le circuit à mes limites. Dorénavant, il commence à y avoir plus jeune que moi et je n’avais jamais vu ça auparavant. Chez les Français, on a une bonne génération, plus que chez les Américains." 

Si chez les jeunes loups, le constat d'un renouvellement permanent des pépites françaises semble unanime, qu'en pensent les vieux loups de mer, ceux qui sont à la recherche constante des jeunes pousses demain ? On est allé demander à Julien Duveau, coach MTT chez SpinElite. "Chez nous, c’est principalement des jeunes qui ont moins de 25 ans. Ce n’était pas du tout les mêmes profils quand j’ai démarré. Ils font ça vraiment sérieusement : ils arrivent avec un plan de carrière, ils ont déjà étudié le jeu, ils ont déjà les outils. C’est même déjà arrivé qu’ils connaissent plus de notions théoriques que moi", s'amuse le 82e du Day 2A du Millionaire Maker.  

La relève française serait donc là, prête à succéder aux Réard, Sitbon et autres têtes d'affiches, qui prouvent encore chaque année leur niveau d'excellence. Elle est peut-être moins volumineuse que par le passé, mais mieux armée et plus préparée à faire le grand saut vers les High Rollers. Ne manque plus que la petite perf' sur ces WSOP pour la faire définitivement sortir du bois...

WSOP 2026 : tous nos articles