Malcolm back

- 4 junio 2026 - Par Tapis_Volant

De retour sur la terre de ses exploits passés, Malcolm Franchi, en plein deep run sur un tournoi qu'il a préféré jouer à la place du 10k GGMillion$, nous a accordé une petite interview pour revenir sur le Main Event qui a changé sa vie
Event #16 : U.S.
Circuit Championship 1 700 $ (Day 2)

WSOP26

Il y a des joueurs pour qui Las Vegas sera toujours coché au moment d'établir son planning de l'année. Pour Malcolm Franchi, qui a explosé en 2024 en finissant 11ᵉ du Main Event, difficile d'oublier "ce moment qui a tout changé." En même temps, pourquoi voudrait-il oublier ce magnifique deep run sur le plus beau tournoi du monde ? Une somme vertigineuse, 800 000 €, un énorme boost de bankroll, même si Malcolm n'avait pas toute son action. Mais surtout, un gros boost de confiance pour le joueur parisien. "Ça m'a permis de prendre confiance en moi, en mon jeu, et de prendre aussi conscience que je suis capable de faire de grandes choses dans ce milieu." Un déclic mental qui lui a permis de croire en ses capacités et de pousser l'aventure beaucoup plus loin. "En quelque sorte, ce déclic mental, c'est de la variance invisible. Certains mettent dix ou quinze ans avant de faire leur première grosse perf'. Ils doivent monter les limites progressivement. Moi, j'ai eu la chance de vivre ce boom très tôt dans ma carrière. Je suis simplement hyper reconnaissant d'avoir pu vivre ça aussi tôt. Parce que, honnêtement, avant ce Vegas-là, si tu m'avais dit que j'allais gagner 800 000 $ aux World Series, je ne l'aurais jamais imaginé. Mon objectif, pour mes deuxièmes World Series, c'était juste de finir gagnant sur le séjour."

Si les gros one time peuvent parfois ne jamais générer de réplique, le jeune Parisien a largement confirmé depuis en réalisant plusieurs grosses perf', une 13ᵉ place sur l'EPT Monte-Carlo, une place de runner-up sur le Main Event des WSOP-C Marrakech, entre autres belles lignes d'un palmarès en construction. S'il ne repense pas tous les jours au Main, et n'a aucun regret sur sa fin de tournoi, ce sont surtout ses proches ou les gens qu'il croise qui l'associent à cette grosse performance et lui rappellent régulièrement le moment. Lucide, Malcolm est conscient qu'il ne refera peut-être jamais un aussi gros deep run sur le Main Event. 11ᵉ, c'est déjà fou. Mais d'un point de vue financier, il se voit bien faire mieux, avec l'objectif assumé de décrocher un premier gros titre sur le circuit, un EPT ou un bracelet WSOP, et pourquoi pas cette année ?

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Les Tritons ont aussi été un objectif à une certaine période, en tout cas Malcolm a envisagé d'aller y faire une apparition, avec l'envie de se confronter aux meilleurs. Avant de se demander si ce n'était pas qu'une histoire d'égo. Aujourd'hui, même s'il a encore cet objectif dans un coin de la tête, Malcolm est très à l'aise sur les buy-ins qu'il joue et avoue avoir besoin d'être à l'aise pour développer pleinement son style de jeu. C'est d'ailleurs pour ça qu'il a choisi ce tournoi à 1 700 $ plutôt que le GGMillion$ à 10 000 $, parce qu'il est conscient qu'il y a beaucoup plus d'EV sur ces tournois. "Est-ce qu'on veut affronter les meilleurs pour se prouver quelque chose, ou est-ce qu'on cherche simplement où l'EV est la plus grande ?", se demande régulièrement Malcolm avant de prendre part à un tournoi. Et c'est pour que ça que malgré la présence de ses potes sur le 10K bien reggish, il a préféré se sentir à l'aise dans un field beaucoup plus soft. À raison.

Difficile de définir le style de jeu de Malcolm et pourquoi il performe autant sur le circuit. Pour beaucoup, et notamment pour les joueurs qui ne jurent que par les solveurs, Malcolm est une énigme. Car Malcolm est un pur produit du live et s'est formé sur le tas, surtout grâce aux rencontres. S'il avoue avoir été coaché par un-joueur-dont-on-ne-peut-pas-dire-le-nom et beaucoup appris d'une masterclass de Nick Petrangelo et Darren Elias juste avant sa perf' sur le Main, c'est surtout au contact des autres que Malcolm a progressé. "J'ai un peu fait l'éponge", me raconte-t-il en se remémorant les moments marquants de sa progression. Il ne joue que depuis 2021, mais a déjà rencontré tout le gratin du poker français, et a beaucoup appris à leurs côtés, à force de discussions techniques ou de partages d'expérience. "À chaque fois, on se raconte nos mains, histoire de confronter les points de vue, ça aide à prendre conscience qu'une autre voie est possible." Ce qui frappe quand on écoute Malcolm parler, c'est à quel point son edge repose sur le fait qu'il tente de comprendre les adversaires pour s'adapter à eux et même apprendre de leur manière de jouer. Une forme de discernement et d'empathie, qui lui permet de ressentir les émotions des joueurs à sa table. "Je ne suis pas du tout dans le jugement. Si quelqu'un fait un play bizarre, j'essaye de comprendre son raisonnement. Même si le solveur n'approuve pas, j'essaie de comprendre ce que le joueur avait en tête. Parce qu'au final, je joue contre des humains. La majorité de mon volume se fait contre des humains, pas contre un ordinateur."

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Malcolm Franchi avec Malo Latinois sur le Main en 2024

Après un Vegas compliqué l'an dernier, sans pour autant être catastrophique, Malcolm Franchi a de grandes ambitions pour cet été, avec plusieurs 10K au programme (le Main, le 10K du Wynn et peut-être le 10K Mystery). La belle histoire pourrait commencer dès ce 1 700 $ U.S Championship où il est à 50 left au moment où j'écris ces lignes. Avec un beau billet de 439 000 $ à aller chercher et un stack d'une trentaine de blindes qui lui permet de rêver à son premier objectif de l'été : atteindre une table finale WSOP. Et pour mettre toutes les chances de son côté, Malcolm a sorti sa botte secrète. Il partage une villa avec Julien Sitbon, Virgile Turchi et Nicolas Vayssières (et le frère de Virgile qui cuisine pour ce beau petit monde). Mais surtout, c'est la villa dans laquelle Malo Latinois séjournait avec ATM quand il a atteint la table finale du Main Event il y a deux ans. "J'ai même pris sa chambre", ajoute Malcolm avant de m'expliquer que ce n'est pas que par superstition, mais aussi parce que c'est la plus isolée de toutes et qu'il peut tranquillement regarder ses émissions préférées le soir sans emmerder le monde. Vous l'aurez compris, avec Malcolm, la perf' peut arriver d'un moment à l'autre, et peut-être bien que demain, on aurta une nouvelle table finale française à se mettre sous la dent. 

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