Nouvelle recrue du Team Winamax, Émilien Pitavy démarre ses WSOP 2026 par un petit échauffement sur le High Roller à 25 000 $, où sont réunis une bonne soixantaine de top regs mondiaux
Event #19 : High-Roller 25 000 $ (Day 1A)
Certains préfèrent se chauffer sur un petit tournoi dans un casino reculé de Vegas avant d'entamer leur programme des World Series, d'autres démarrent directement sur un High-Roller à 25 000 $, comme le petit nouveau du Team Émilien Pitavy. Il faut dire que pour notre nouvelle recrue, un 25 000 $, ce n'est plus vraiment un High Roller, quand on voit ce qu'il joue sur les Tritons ou ce qu'il s'apprête à jouer au cours des prochaines semaines.
Arrivé au cours du deuxième niveau de la journée, Émilien s'est installé à une table très "française", en compagnie de son collègue du Team Julien Sitbon et d'Alexandre Réard. On en a profité pour en savoir un peu plus sur ses débuts dans le Team.
"L'intégration s'est très bien passée dans l'ensemble. J'ai rencontré tous les membres du Team pendant le séminaire. On a passé trois ou quatre jours ensemble et c'était incroyable. Pour tout l'aspect team building, notamment, j'ai appris à mieux connaître tout le monde, donc c'était une belle expérience." Après des débuts difficiles sur le Triton Montenegro, Emilien vient cette année sur les WSOP pour le plus gros Vegas qu'il n'ait jamais fait. Il y a deux ans, il débarquait en fin de Series pour jouer principalement le Main Event. L'an dernier, il avait focus surtout les High-Rollers de début de festival, avec une belle 7ᵉ place sur le High Roller à 100 000 $. Cette année, il va essayer de mixer les deux expériences. "Je fais deux ou trois semaines ici, jusqu'aux tournois les plus chers. Ça monte crescendo : il y a deux 25K, ensuite le 100K, et probablement le 250K. Je ne sais pas encore si je vais le jouer. Après ça, je vais couper pendant une semaine ou dix jours pour ne pas rester un mois et demi ici. Puis je reviendrai pour la fin du programme avec le Main Event, évidemment, ainsi que le 10K 6-max de la fin."
Quand Émilien Pitavy commençait le poker, il y a six ou sept ans, il ne s'imaginait pas un jour porter les couleurs du Team Winamax. "Quand tu commences, c'est tellement loin que tu n'y penses pas. Ma carrière s'est un peu construite en parallèle de cette équipe. Au début, je regardais les vidéos de contenus pour progresser. Ensuite, tu mates Dans la Tête d'un Pro et tu apprends à mieux connaître les joueurs suivis. Après, j'ai aussi beaucoup travaillé avec Pierre [Calamusa]. Ma carrière a toujours été jalonnée par le Team Winamax, mais à aucun moment je ne me suis réellement dit que ça pourrait arriver un jour. Là où ça a commencé à devenir un peu plus concret, c'est depuis un an et demi, parce que je commençais à jouer vraiment cher. Je savais que mon profil correspondait un peu à ce qu'ils pouvaient rechercher actuellement. Quand j'ai reçu l'appel de Stéphane, j'étais quand même surpris. C'était aussi quelque chose que je pouvais imaginer dans le futur... mais beaucoup plus loin dans le temps."
Porter le logo Winamax, ça change la donne pour Émilien : une bonne pression qui te pousse à te surpasser. "Quand tu ne fais aucun résultat sur un festival, tu te dis qu'au final ce n'est pas grave quand tu joues uniquement pour toi. Maintenant, tu as une petite obligation de résultat. Évidemment, il y a beaucoup de variance. Mais à l'échelle d'un festival ou d'une année, tu sais que cette obligation de résultat va forcément revenir dans un coin de ta tête. Ça met une petite horloge mentale, mais j'essaie de m'en détacher et de rester concentré sur moi-même. Et puis je sais que, de toute façon, il y aura bien un jour où une performance arrivera."
Adrián Mateos : "Mais si, je te jure, ils ont pris Pitavy !"
Sur ce High Roller, Émilien retrouve également Adrián Mateos, et peut-être João Vieira, qui jouera probablement le Day 1B. Deux nouveaux collègues qui étaient avant - et qui demeurent - des adversaires sur les plus gros tournois de la planète. Alors, comment le vit Émilien, maintenant qu'il porte le même logo ? "C'est drôle parce que c'est la seule chose qui m'inquiétait quand j'ai rejoint le Team Winamax. João et Adrián sont vraiment les joueurs que j'affrontais le plus, que ce soit online ou en live. Quand tu joues des tournois aussi chers, tu retrouves quasiment toujours les mêmes joueurs dans des fields très restreints. Donc forcément, si un ou deux joueurs de ton environnement progressent grâce à des échanges avec toi, cela peut avoir un impact sur tes propres résultats. J'appréhendais donc un peu cette situation et je me demandais comment ça allait fonctionner entre nous. Au final, dès le premier jour du séminaire, on est arrivés un peu plus tôt avec João et il m'a tout de suite proposé qu'on fasse une review ensemble. Il m'a expliqué son approche : être totalement dans le partage dans ce genre de situation. De mon côté, je me dois d'être dans le même état d'esprit pour que ce soit une relation gagnant-gagnant. Je pense que c'est ce qui a bien fonctionné pendant le séminaire et ce qui continue à travers pas mal de discussions sur des conversations WhatsApp."
Pour le brag (ça fait longtemps que je n’en ai pas casé un, n'est-ce pas Benjo ?) [ND Benjo : ça fait même pas 24 heures, non ?], Émilien m'a promis qu'il allait se mater Nosebleed après sa journée, un film qu'il n'a jamais vu mais dont on lui a parlé pendant le séminaire, notamment par rapport aux passages avec Gus Hansen. Ça te file un petit coup de vieux quand on te dit ça ! Faut dire qu'Émilien n'était même pas majeur au moment où Seb Sabic et Alex Luneau disputaient les WSOP devant ma caméra, en 2014...




