Julien "JELLYFISH" Duveau signe la deuxième table finale française de l'été. La belle aventure du manager de l'écurie MTT de Spin Elite s'arrête en 6ᵉ place pour un gain de 62 501 $
Event #13 : 6-max 1 500 $ (Finale)
Si l'on peut parfois avoir des regrets quand on sort en 6ᵉ position d'une table finale, ce n'était pas le cas de Julien Duveau au moment d'aller évacuer la pression après son élimination. "Je rejouerais toutes les mains de la même manière si je devais les rejouer." Démarrant la journée avec le cinquième tapis sur neuf, Julien s'est retrouvé rapidement le plus short du field à huit joueurs restants, après avoir perdu la moitié de son tapis. Avec J
T
en main, il trouve une turn magique sur un tableau 2
7
9
Q
. Après avoir payé un check/raise au flop avec ses backdoors, Julien paye une nouvelle grosse praline sur le turn où il joue "tout le paquet", avant d'abandonner sur la rivière où il n'a plus que hauteur Valet.
La suite fut une longue bataille pour le coach Spin Elite. Il survit, tant bien que mal, avec une vingtaine de blindes, en prenant les meilleurs spots pour maintenir son tapis à flot, sans jamais se retrouver à tapis couvert. Sans être en mode grattage de paliers intensif, JELLYFISH profite de l'élimination de certains favoris comme Rania Nasreddine (9ᵉ) ou Justin Arnwine (8ᵉ) pour se hisser jusqu'à la table finale officielle et prendre un peu plus d'oseille à chaque élimination.
La bonne nouvelle de cette table finale est aussi ce qui va provoquer la chute de Julien. Le favori des bookies, Michel Molenaar est éliminé sur un énorme setup en 7ᵉ place, où ses deux paires se font battre par une improbable couleur runner-runner chez le chipleader. Un peu moins timide sur ses calls avec son tapis monstrueux de 22 millions (la moitié des jetons en jeu à 6 left), Harlan Karnofsky, qui arbore une casquette "Fuck GTO" du plus bel effet, paye le maigre tapis du Français (un peu moins de 10 blindes) avec As-7, pas vraiment convaincu de son move. Le double-up inespéré tend les bras à Julien avec As-10, mais un violent 7
vient s'écraser sur le flop pour offrir la gagne à l'Américain et mettre fin à l'aventure de notre frenchie.
Pas plus déçu que ça, Julien se montrait très lucide sur le scénario inévitable qu'il a vécu. "J'ai pris les bonnes décisions, je ne regrette rien, j'ai eu quelques premiums au tout début, mais il n'y avait jamais d'action en face." Un peu blasé avant ce Vegas, Julien pensait qu'il ne ferait jamais partie de "ces Français qui perfent dès leur premier tournoi à Vegas et freeroll le séjour." C'est pourtant chose faite avec 62 501 $ pour aborder plus sereinement ce mois intensif de grind, en récompense de sa belle 6ᵉ place sur ce 1 500 $ 6-max, un tournoi qui réussit décidément toujours aussi bien aux tricolores.
Le bourreau de Julien
Il y a trois mois, Julien venait un peu par hasard à Vegas avec son ami Benjamin Souriau et raflait la mise sur un 600 $ du Wynn pour 50 000 $, un tournoi qui lui a provoqué une sorte de déclic. "Avant, je stressais beaucoup sur les fins de tournois, je n'avais pas envie de m'en vouloir. Maintenant, je suis beaucoup plus décontracté, je joue mon jeu, je ne me mets plus autant de pression." Pour sa première grosse table finale WSOP, le manager de l'écurie MTT de Spin Elite, qui s'occupe aussi de coacher une quarantaine de joueurs de petites limites pour la structure, a prouvé qu'il était prêt à aller chercher cette grosse perf' qui lui tend les bras depuis une quinzaine d'années. Et si c'était sur le Monster Stack, qu'il s'apprête déjà à rejoindre après avoir juste soufflé une petite demi-heure aux côtés de son collègue de Team Adrien Guyader ?





