Et si on touchait le grand public ?

- 3 juin 2026 - Par Tapis_Volant

Le directeur des WSOP nous en dit plus sur les nouveautés de la 57ᵉ édition des World Series

WSOP2026

Comme le veut la tradition des coverages Winamax, nous sommes allés retrouver le boss de fin des WSOP Grégory Chochon pour discuter un peu des évolutions de cette 57ᵉ édition des World Series : un mélange de retour en arrière et d'avancées technologiques. En effet, ce qui frappe, quand on rentre au Paris cette année, c'est le nouveau setup déployé pour le streaming des dernières tables de tournoi. Finie la caméra zénithale unique où l'on ne parvient même pas à reconnaître les joueurs, les WSOP se donnent les moyens d'offrir du grand spectacle aux spectateurs. Plusieurs millions de dollars investis, 200 personnes au turbin tout l'été pour assurer le bon fonctionnement du streaming et un spectacle totalement gratuit. "Depuis des années, on voulait rendre le poker plus accessible. PokerGo, il fallait payer pour regarder. La première chose qu'on a décidée, c'est de rendre ça gratuit, disponible sur Youtube."

Surtout, c'est la qualité qui était au centre des débats. "Quand tu regardais l'e-sport, l'UFC ou les grands événements sportifs, tu te rendais compte qu'il y avait un énorme écart entre ce qui se faisait dans le poker et ce qui se faisait ailleurs. L'idée, c'est de se positionner comme un vrai sport. Le modèle absolu, c'est l'UFC. L'UFC a réussi à rendre sa marque plus importante que le sport lui-même. Les gens disent : 'Je vais regarder l'UFC', alors que l'UFC est une marque. Nous, on aimerait que les gens disent : 'Je vais regarder les WSOP.' Donc, retour sur ESPN, investissement massif, contenu de qualité. Et surtout, se donner une chance qu'une belle histoire émerge et crée un buzz bien au-delà du poker." Curieusement, malgré l'ampleur de l'exploit accompli par Michael Mizrachi l'an dernier (gagner le Main Event et le 50K$ Players Championship la même année), pas de véritable retentissement dans les médias hors poker. Une petite déception pour Grégory, qui estime que ce qui a été défini comme "le plus grand exploit de l'histoire du gambling" aurait mérité plus d'attention. Se donner les moyens d'atteindre le plus possible de gens avec de belles histoires est la priorité des WSOP cette année : "Si Leo Margets avait réalisé sa perf' cette année plutôt que l'année dernière, la situation aurait été très différente aussi. Imagine : elle se qualifie pour la table finale. On enregistre des émissions pour M6, pour ESPN, on raconte son histoire pendant plusieurs semaines. Tout le monde parle de cette possibilité de voir, pour la première fois de l'histoire, une femme gagner le Main Event. Les gens auraient eu envie de regarder. L'an dernier, tout s'est enchaîné très vite. Deux jours après, c'était terminé. Là, on aurait pu créer un véritable événement autour de cette histoire. C'est exactement ce qu'on cherche à faire : se donner une chance de construire de grandes histoires."

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C'est surtout pour cette raison que le grand changement de cette année est le retour à la table finale différée. Comme à l'époque des November Nine, les neuf finalistes de l'édition 2026 devront revenir quelques semaines plus tard au Horseshoe, en août, pour disputer la table finale. "C'est clairement pour le storytelling, avoue Greg. L'idée, c'est que lorsque tu regardes la table finale, tu connaisses déjà les joueurs et leur histoire. C'est ça qui a fait le succès des émissions ESPN à l'époque : raconter le background de chaque joueur et comment ils en sont arrivés là. Quand tu regardes la table finale, tu connais déjà les profils, tu peux t'identifier plus facilement." Pour le Main Event, les WSOP ont sorti la grosse artillerie, puisqu'ils ont demandé à la société de production de Peyton et Eli Manning (qui produisent notamment la série documentaire Quarterback sur Netflix) de venir assurer la production télé. Ça se passera avec le setup actuel du Paris, mais déplacé dans la salle du Horseshoe où avaient lieu les tables finales jusqu'à cette année. 

Et pour parler du reste des World Series, pas beaucoup de nouveautés à signaler, quelques nouveaux tournois ajoutés au programme, mais pas de grosse révolution. Les chiffres sont un peu à la baisse sur les plus petits buy-ins, rien de dramatique pour Grégory qui estime que beaucoup de joueurs devraient arriver plus tard, et que la Coupe du Monde peut aussi jouer son rôle sur les fields. Les projections sur le Main Event sont globalement les mêmes que sur les précédentes années. "On a passé les 10 000, on la refait une année, mais la tendance, c'est plutôt entre 9 000 et 10 000, on a conscience que c'est grâce aux qualifs online de nos partenaires qu'on a atteint ces chiffres et donc ça dépend de combien de joueurs ils qualifient si on veut faire des gros chiffres.

Une chose est sûre, la politique actuelle des WSOP est celle de l'ouverture. Du buzz médiatique pour que les exploits sortent de la niche du poker. Que ce soit par la décision d'offrir un Mystery Bounty à un million de dollars, qui provoque de nombreuses réactions sur les réseaux, ou de cette envie de diffuser le plus largement possible les événements majeurs du festival, les WSOP espèrent que les quatre lettres de leur marque parlent à d'autres gens qu'aux fans inconditionnels du poker et touchent enfin le grand public.

Chochon

Greg : "Pas bête cette idée de bracelet d'immunité, merci Jo !"