Notre ancien Top Shark Léo Lombardozzi nous raconte un peu, beaucoup, passionnément, ce qu'il est devenu depuis son année de contrat avec Winamax, pendant laquelle il n'a jamais porté le patch sur un tournoi.
Event #13 : 6-Max 1 500 $ (Day 2)
Caché derrière son drapeau irlandais, Léo Lombardozzi est en mode sous-marin sur ce 6-Max à 1 500 $, un tournoi qu'il a joué de son propre aveu "un peu par hasard". Ancien Top Shark (il a commencé son contrat en janvier 2020), "Ya 2 ecoles" a eu la douloureuse expérience de ne jouer aucun tournoi live avec le patch pendant toute la durée de son contrat (à cause de "vous-savez-quoi"), qui s'est achevé l'année suivante. "J'ai à peine rencontré l'équipe", me confiait Léo, visiblement bien frustré de son expérience trop courte de joueur sponsorisé, alors qu'il s'était pas mal donné pour alimenter les blogs et réaliser de nombreuses vidéos stratégiques et humoristiques.
Mais depuis, le joueur de cash-game de NL200 a fait du chemin. Globe-trotteur, il est devenu "l'un des plus gros gagnants français sur les tables de cash-game". Je vous laisse vérifier, c'est forcément difficile à traquer, d'autant que Léo m'explique avoir joué sur plus de 40 rooms différentes. Sa technique ? Se déplacer partout dans le monde pour voir comment ça se passe sur les différentes rooms. Etre là au lancement, quand il y a de l'argent à se faire. "Il se passe des brocantes", me lâche-t-il quand il s'agit de m'expliquer le processus de réflexion qui le pousse à voyager pour être là, au lancement d'une room. Parce qu'il ne le cache pas, l'ambition de Léo n'a jamais été d'être le meilleur joueur du monde, mais "de faire de l'oseille". C'est aussi pour ça qu'après une grosse année 2025 à Vegas, à jouer tous les 5 000 $, Léo privilégie cette année les fields plus soft. "C'est surtout par égo, ou pour gagner des bracelets que les gens vont jouer le 10k GGMillion$, alors que le niveau est hyper faible sur ce 6-Max. J'assume complètement d'être là pour gagner de l'argent, et je pense que quand j'aurai coffré 3 millions, j'arrêterai. Ce sera beaucoup moins que Luneau, mais je pense que c'est amplement suffisant pour tenir toute sa vie."
Installé à Dublin, où il a acheté une maison après avoir voyagé dans une quarantaine de pays comme Singapour, la Nouvelle-Zélande, la Colombie, Macao ou le Danemark, Léo héberge un certain... Benjamin Chalot depuis quelques mois. "On s'est rencontrés à Vegas, et on a fait pas mal de voyages ensemble depuis. Quand je l'ai rencontré, il m'a dit qu'il vivait à Budapest et que je pouvais passer le voir. C'était pendant le Vegas du COVID (Novembre 2021). Le mois suivant, je débarquais chez lui et on s'est tout de suite bien entendus, je l'ai pas mal regardé bosser son jeu aussi." Si les deux joueurs ont des profils très différents, ils se retrouvent chaque été à Vegas, Benjamin pour jouer des tournois et Léo pour profiter. "Pour moi, Vegas, c'est surtout les vacances, l'occasion de faire des restos entre potes, de profiter en villa, je joue très peu de tournois quand je suis ici, et je ne suis pas du tout en mode grind intensif."
Sa participation à ce 6-Max, il la doit au fait du manque d'action online sur WSOP.com, où il est assis tous les jours à la recherche de proies faciles. Léo me sort punchlines sur punchlines, à la vitesse d'une mitraillette, et quelques anecdotes croustillantes, comme cette fois où il s'est retrouvé à prendre 250 000 $ à Texas Mike (Michael Moncek), un célèbre spewtard des high-stakes. "Il venait de gagner un bracelet et est venu me sit en heads-up. Je me souviens d'un coup en particulier, où je 4-bet avec deux As. Je fais 3/4 pot sur le flop 10-9-2 et il jam pour 50K$ avec Roi-9. Je peux te dire que j'ai tremblé !"
Ce parcours assez fou, qui le fait jouer aujourd'hui sur les limites les plus chères des sites qu'il fréquente, Léo le doit au fait qu'il a su bien s'entourer. "J'ai eu énormément de coaches, dans tous les domaines par lesquels je suis passé, que ce soit en Expresso, en Cash-Game NL ou plus récemment en PLO." En Hold'em, Léo me racontait avoir pris plus de 200 heures avec un excellent joueur américain, qui lui a beaucoup appris, notamment sur quoi faire pour avoir le meilleur rendement aux tables.
Adepte des vidéos humoristiques pendant sa période chez Winamax, Léo a repris le chemin des contenus ces derniers temps, avec quelques vidéos où il revient sur son parcours et donne des conseils aux joueurs, la dernière en date a été postée il y a deux jours : l'occasion de revenir sur les meilleures destinations pour s'expatrier quand on est joueur de poker, un sujet qu'il maîtrise plutôt bien.
Et sinon, le poker dans tout ça ? Pendant qu'il me raconte quelques belles histoires, en totale décontraction avec un stack de 10 blindes devant lui, Léo trouve le moyen de doubler de manière chanceuse, avec un As-9 qui trouve une couleur contre As-Roi, pour revenir autour des 20 blindes à 60 joueurs restants. Comme souvent chez les joueurs de cash-game, pas beaucoup de respect pour les tournois chez l'ancien Top Shark, qui ironise sur ceux qui jouent les Tritons pour 5% de leur action. "Les tournois, c'est la maternelle", me lâchera-t-il avant de me raconter quelques mains rocambolesques dont il a été témoin aujourd'hui sur ce Day 2.
Si j'ai passé pas mal de temps à l'écouter raconter ses anecdotes de joueur high-stakes, on n'oublie pas non plus les autres tricolores qui sont encore en lice sur le tournoi, comme le mystérieux Klint Tevaearai ou Julien Duveau, dont on vous parlera très bientôt. Et bon, pour tout vous dire, j'ai été si lent pour écrire l'article que Léo en a profité pour bust dans mon dos, en 54ᵉ position pour un gain anecdotique de 5 442 $.



