Premier objectif Franchi

- 5 juin 2026 - Par Tapis_Volant

Malcolm Franchi s'arrête en 6ᵉ place, mais atteint l'objectif qu'il s'était fixé en revenant à Vegas un an après son magnifique deep run dans le Main. Il coche la case "table finale WSOP" et lance son Vegas avec un beau billet de 85 561 $
Event #16 : U.S. Circuit Championship 1 700 $ (Finale) 

WSOP2026

Les jours se suivent et se ressemblent au Paris. Les Français perfent, atteignent des tables finales, mais il manque toujours le soupçon de réussite qui transforme la grosse perf' en accomplissement ultime. Si en 2025, Malcolm Franchi se fixait comme objectif d'atteindre une table finale WSOP, aujourd'hui, il pouvait clairement nourrir d'autres ambitions, tant il a semblé dans la zone toute la journée, avec un stack qui ne faisait que grossir, toujours tout proche du chiplead. Soutenu par un rail de plus en plus nombreux à mesure que le bracelet se rapprochait, le Parisien a malheureusement vu son aventure s'achever en 6ᵉ place, pour un gain de 85 561 $. 

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Si Malcolm avait toutes les armes en main pour gagner, malgré un field qui s'est bien durci sur la table finale (avec quelques pointures comme Kartik Ved, déjà finaliste du Mini Mystery il y a quelques jours), Malcolm a connu une journée compliquée. "Ça n’a pas été la meilleure table finale de ma vie dans son déroulement. Les deux premières heures, j’ai été complètement card dead. Je crois que j’ai ouvert deux mains en deux heures alors que j’étais deuxième en stack. Donc j’ai un peu fondu. Puis il y a eu beaucoup de swings : des gros stacks qui ont fait doubler des joueurs, puis qui récupéraient ensuite des jetons. Il y avait aussi un très bon joueur à ma gauche, très agressif, très embêtant, qui a pris énormément de spots."

Le joueur en question, c'est Antonio Vargas, un joueur américain qui fait partie de la structure de coaching de Faraz Jaka et que Malcolm avait vu faire des dingueries sur le Day 2. "En demi-finale, il a joué un pot 3-bet avec 9-6 offsuit UTG contre UTG+1". C'est simple, sur cette table finale, l'Américain en mettait partout, bien aidé par un rail qui lui a même concocté une reprise de "Eye of a tiger" pour le féliciter d'avoir déstacké le 7ᵉ, Shawn Daniels (vainqueur du Lucky777 en 2023). C'est lui qui a relancé Malcolm, après que le Français ait perdu un énorme flip As-Roi contre 9-9.

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Malcolm Franchi face à Antonio Vargas

Tombé à une quinzaine de blindes, Malcolm met la moitié de son stack au bouton avec As-10. Et voit son voisin le mettre à tapis avec... As-9. L'atmosphère est étouffante, Malcolm est à tapis couvert pour la première fois de la table finale et parvient à éviter les balles. Alors que la turn ouvrait un flush-draw à son adversaire, Malcolm avouera ne même pas l'avoir remarqué, répétant dans sa tête "Pair the board !" Relancé, de nouveau tout proche du chiplead, Malcolm se retrouve alors propulsé dans un film d'action. Tous les joueurs veulent être le héros du film et font des moves dans tous les sens. Malcolm open UTG avec une premium (qu'il ne préfère pas révéler), se fait 3-bet au bouton et cold 4-bet en SB, et préfère folder. Une autre fois, il raise, voit son voisin le 3-bet, décide de 4-bet et voit Vargas le 5-bet shove.

Quelques mains plus tard, alors que la guerre est déclarée entre les deux hommes, Antonio 3-bet à nouveau Malcolm cut-off contre bouton. Et cette fois, le joueur parisien ne se laisse pas faire et envoie son tapis de 20 blindes avec A5. Mauvais timing, le protégé de Faraz Jaka détenait QQ. Tout le clan français appelle le pique après l'apparition d'un flop 3QT, mais ni la turn ni la rivière ne viendront aider le Français. Au grand désespoir de tous les tricolores arrivés au compte-gouttes pour soutenir leur ami. "En quelque sorte, moi voisin a été récompensé par l'image qu'il a construit. Dans les spots où il peut mettre la pression, on dirait presque qu’il ne regarde pas ses cartes."

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Si Malcolm avait l'air sonné après sa sortie, il a vite relativisé en retrouvant ses potes venus le consoler. "Je suis content de la manière dont j’ai mené ma barque jusqu'au dernier coup. Je bust sur un 4-bet light, mais honnêtement, si je n’avais pas 3-bet light pendant cette table finale, je ne serais probablement plus là depuis longtemps. J’ai eu trop peu de spots vraiment évidents à jouer, et  je trouve que j’ai été solide. Je me suis accroché aux quelques opportunités que j’avais. Le bust, je ne le regrette pas. C’est un bon joueur, et il a énormément de bluffs ici. Dans ce spot-là, il avait. Grand bien lui fasse."

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Après une TF vécu avec ses fidèles potes de villa Virgile Turchi, Nicolas Vayssières et Julien Sitbon (qui a rejoint le rail après avoir bag le 25 000 $ High-Roller), Malcolm Franchi préférait retenir le positif. "On n'est que Jour 9, il reste encore beaucoup de temps pour claquer une nouvelle perf', là on va profiter dans le jacuzzi et demain, on repart au combat.

Half-français, moitié-australian

- 5 juin 2026 - Par Tapis_Volant

À la recherche des frenchies sur le plus gros tournoi de la journée, je suis tombé sur un certain Didier Guérin avec un beau drapeau tricolore. Spoil : il est australien. Rencontre.
Event #19 : High-Roller 25 000 $ (Day 1B) 

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Quand on se met à chercher les joueurs français au départ du Monster Stack, c'est assez facile. Vous laissez traîner vos oreilles, vous vous reconnaissez un accent très prononcé et vous tenez votre gars. Par contre, sur un 25 000 $ High-Roller, c'est une autre paire de manches. Enfin, je dis ça, mais ça, c'était avant l'appli. Maintenant, il nous suffit de checker le tournoi, de trouver un drapeau bleu-blanc-rouge et on a notre histoire. Merci les WSOP ! Aussi, quand j'ai vu un drapeau français associé à un nom bien de chez nous : "Didier Guérin", je me suis dit "bingo", on le tient notre random qualifié pour pas un rond sur un satellite. 

Une petite recherche Hendon Mob plus tard et je m'aperçois que notre Didier Guérin national (ou pas) n'a pas un seul drapeau français, mais a un palmarès des plus honnêtes avec 1,3 million de dollars de gains en carrière. Par contre, même s'il y a un drapeau australien sous son nom, il y a quand même écrit "Paris" comme vous pouvez le voir. 

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On oublie sa timidité maladive et on va le voir, d'autant qu'il est à une table costaude avec Marius Gierse, Aleksei Ponakovs ou Boris Angelov. "Hello, you parle français ?" - Un petit peu. Hormis ces trois mots-là et "Au revoir" à la fin de l'interview, c'est tout ce que je l'entendrai dire en français. En fait, son père est français - et s'appelle aussi Didier Guérin -, autant dire qu'en Australie où il a grandi et habite aujourd'hui, tout le monde savait que ce n'était un local à 100%. Bref, Didier n'est quasiment jamais venu en France mais tient à me préciser que la France est sa deuxième équipe de foot préférée, et qu'il jouerait bien sur Winamax, s'il le pouvait depuis l'Australie. 

Écumant le circuit australien entre Sydney et Melbourne, Didier Guérin se fait aussi plaisir à Vegas, où il est venu une bonne dizaine de fois, avec peu de grosses perfs dans la capitale du jeu, bien loin des gros scores à 6 chiffres qu'il a réalisés dans son pays. Avant de partir en break, quand je lui parle du coverage Winamax, il me glisse qu'il est super pote avec Mustapha Kanit, qui est venu plusieurs fois en Australie pour disputer de grosses séries de tournoi.

Allez promis, si Emilien Pitavy, Julien Sitbon, Adrien Delmas ou Franck Makaci se retrouvent hors course sur le Day 1B du 25 000 $ High-Roller qui a généré 156 entrées aujourd'hui, on considèrera que Didier Guérin est français. 

Des cancres aux premiers de la classe

- 4 juin 2026 - Par Tapis_Volant

Une petite réflexion sur l'évolution du profil des joueurs de poker en marge du 25 000 $ High-Roller

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En discutant avec Julien "JELLYFISH" Duveau, finaliste du 1 500 $ 6-handed hier, j'ai été frappé par la description qu'il faisait de lui-même au moment où il a débuté le poker. "J'étais le mec du fond de la classe, le fumeur de oinj, le mec un peu saoulé par le système scolaire et qui n'ouvre pas beaucoup ses manuels scolaires." Un profil finalement assez courant à l'époque, qui a trouvé dans le poker un moyen de vivre en marge du système et trouver une alternative aux grandes études qui leur étaient prohibées. "J'ai raté le brevet", me lâche Florian Ribouchon quand je lui parle de son expérience scolaire, avant de me dire qu'il se considère comme un "branleur débrouillard" et de valider le fait qu'il a trouvé comme beaucoup dans le poker un moyen de s'exprimer. Un choix de vie qui lui a permis de décrocher un million sur le Millionair Maker il y a quelques années, une belle revanche pour les cancres. Si on devait écrire l'appréciation-type des joueurs de poker de 2010 à l'école, possible qu'on lise souvent "A des capacités mais se contente d'être un branleur". 

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À titre perso, j'avais eu un choc en découvrant la vidéo de Winamax "La journée d'un Pro"Adrien Delmas explique sa manière de travailler le jeu, un marqueur puissant d'un moment où les choses étaient en train de changer si on voulait continuer à gagner à ce jeu. Ce qui est marrant, c'est que quand tu demandes à Adrien, présent sur ce 25 000 $, il te dit qu'il faisait aussi partie ceux qui n'en foutaient pas une : "J'ai fait une école de commerce, mais c'était vraiment pour les branleurs, les mecs qui travaillaient bien à école, ils n'allaient pas jouer aux cartes et ils finissaient en école d'ingé." Alors aujourd'hui, est-ce encore possible d'être un "branleur" et d'arriver à performer sur le circuit ? Quand on regarde le field du 25 000 $ High-Roller d'aujourd'hui, sans être non plus dans les préjugés, difficile d'imaginer les joueurs recevoir un 0 à un contrôle de maths. "Je pense qu'il y a beaucoup de profils neuroatypiques dans le poker", me disait hier Malcolm Franchi quand j'évoquais le sujet. "Parce que ce jeu demande de réfléchir différemment. Tu dois avoir une capacité d'analyse très poussée. Beaucoup de personnes neuroatypiques sont extrêmement intelligentes, mais le système scolaire n'est pas tendre avec eux. Par contre, ils peuvent s'épanouir dans une activité comme le poker, parce qu'ils peuvent se donner à fond dans un domaine qu'ils apprécient." Le sujet mériterait d'être approfondi, mais quand on regarde des profils comme Daniel "Jungleman" Cates, Tom Dwan ou même Martin Kabhrel, on est parfois à la limite de l'autisme.

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Pour Alexandre Réard, présent aujourd'hui sur le field de ce High-Roller, c'est une évidence que les meilleurs joueurs de poker sont smart. "Regarde un Mateos, tu crois vraiment qu'il était nul à l'école. Il y a quelques années, on pouvait s'en sortir avec de l'empathie et de l'instinct en live, mais maintenant, il faut bosser. Il y a beaucoup de notions mathématiques à maîtriser et de mécaniques de jeu à connaître. Et tu dois constamment te tenir au courant des avancées, sinon t'es largué." Conscient de ne pas être le plus bosseur du field, "par manque de temps principalement", Alex se met pourtant régulièrement à niveau, entouré de spécialistes qui run des spots pour lui et le font progresser dans la théorie. "Si je voulais être dans le Top 10 mondial, il faudrait que je m'arrête deux ans et que je passe mes journées derrière un solveur pour apprendre", m'avouait-il, avant d'ajouter qu'il ne le fera sans doute jamais. À quelques mètres de là, Emilien Pitavy ne rate pas une miette de la conversation. Alex l'apostrophe : "Tu vois, Emilien, je suis sûr qu'il bossait bien à l'école." Un simple hochement de tête pour confirmer et on comprend aisément qu'Emilien fait partie de la génération 2.0 des joueurs de poker, ceux qui ont beaucoup étudié le jeu avant de venir jouer contre les meilleurs du monde. "Aujourd'hui, sur les High-Rollers, tu n'as quasiment plus de profils de joueurs à l'ancienne, qui jouent à l'instinct et se foutent de la GTO. Il y a peut-être juste Inaus, mais lui, c'est un génie à sa façon."

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Aux "branleurs débrouillards" du début des années 2010 succèdent maintenant les élèves studieux qui respirent GTO et arrivent sur le circuit avec un gros bagage technique et beaucoup de certitudes. Julien Duveau, encore lui, me faisait part de son travail en tant que manager de l'écurie Spin Elite. "Parfois, je reçois des CVs de mecs qui ont 19 ans et me disent 'Ça fait deux ans que je travaille sur GTO Wizard, j'ai solve des milliers de spots, bien avant de pouvoir jouer online. À 18 ans, je me suis mis à jouer et j'ai tout de suite crush." Et pourtant, à quelques rares exceptions, les jeunes joueurs sont encore très loin de faire la loi sur les High-Stakes. Sans doute aussi parce qu'il faut du temps pour avoir la chance de se faire repérer et espérer trouver un deal pour jouer contre les meilleurs joueurs du monde. Même si on connaît la théorie sur le bout des doigts. 

Jeudi 4 juin : Vas-y, Franchi, c'est bon !

- 4 juin 2026 - Par Tapis_Volant

À chaque journée de cette 57ᵉ édition des WSOP, sa petite vibration du côté tricolore. Aujourd'hui, c'est au tour de Malcolm Franchi d'être au centre de l'attention avec le 3ᵉ stack du 1 700 $ U.S Circuit Championship à 32 joueurs restants. Pour le reste, on suivra de loin le Monster Stack avec en parallèle le Day 2A et le lancement du Day 1B, ainsi que le 25 000 $ High-Roller où nos Team Pros remettront une bullet aujourd'hui.

Malcolm, une évidence

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Hier, on ne s'était pas trompé en allant retrouver Malcolm Franchi pendant le dinner-break, histoire de prendre de ses nouvelles. Et savoir ce que ça faisait de revenir dans un lieu où est passé à un cheveu d'une table finale sur le plus beau tournoi du monde. Il nous confiait notamment que l'un de ses premiers objectifs est d'atteindre une table finale WSOP. Et si c'était pour aujourd'hui ? Avec un field restant de 32 joueurs qui paraît assez soft sur le papier, Malcolm Franchi fait partie des favoris de ce Final Day du 1 700 $ U.S Circuit Championship. On ne le quittera pas d'une semelle s'il parvient à nous ramener la troisième table finale française de l'été. 439 000 $ à aller chercher sur ce tournoi, et déjà 15 416 $ sécurisés pour notre sympathique parisien.

Un Monster Stack à la mode des Bahamas

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Même si je me suis promis de ne pas parler du Monster Stack avant un bon moment, je garderai un œil sur nos frenchies qui ont réussi à s'extirper d'un Day 1A qui a généré 1 685 entrées. Parce que les organisateurs ont décidé de nous la jouer comme sur le 25 000 $ des Bahamas l'hiver dernier. À savoir que vous pouvez bust sur le Day 2A, dans l'argent, et quand même... vous ré-inscrire sur le Day 1B. Autant dire qu'avant qu'on sache quels sont les heureux frenchies qui vont deep run, il y a le temps. Parmi ceux qui ont composté leur billet, Pierre-Jean Roche occupe la tête du contingent tricolore, dans lequel on retrouve également Boris Berthomet, Léo Soma, Safwane Bahri, Florian Ribouchon, Thomas Eychenne (qui a jump après sa sortie brutale du 10 000 $ GG Million$), Sonny Franco, Antonin Teisseire ou un certain David Benyamine. Comme c'est autorisé, certains arriveront directement à l'entame de ce Day 2A, plutôt de démarrer avec un stack "monstrueux" sur le Day 1B, c'est le cas de Nicolas Barthe, Jonathan Guez, Antoine Goutard ou Virgile Turchi. 

Deuxième round

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Le gros morceau de la journée pour nos Team Pros sera le Day 1B du 25 000 $ sur lequel Adrián Mateos, Emilien Pitavy et Julien Sitbon vont remettre une bullet sur un tournoi un peu décevant en termes de fréquentation pour le moment, avec seulement 81 entrées sur le Day 1A. Ils seront sans doute rejoints par João Vieira qui a réalisé une prometteuse 24ᵉ place sur le 10 000 $ No Limit 2-to-7 Championship, un tournoi dont on suivra l'épilogue aujourd'hui avec un certain Shaun Deeb en tête à 13 left avec un beau casting réunissant quelques grands noms comme John Monnette, Alex Foxen ou Phil Hellmuth.

Et les autres ?

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Shaun Deeb gagnera-t-il son 8ᵉ bracelet WSOP aujourd'hui ?

Au programme des tournois qui se dérouleront probablement loin de nous en ce jeudi 4 juin, la fin du 10 000 $ GGMillion$ où Chris Brewer va tenter d'amener les jetons de Thomas Eychenne vers la victoire, le 1 500 $ Dealers Choice où aucun tricolore n'est parvenu à se hisser au Day 2 et le 1 500 $ PLO Hi-Lo où on attendra que les choses sérieuses commencent pour s'y intéresser. 

Cinq étoiles de plus sur le drapeau

- 4 juin 2026 - Par Flegmatic

À croire que le reste du monde a oublié de prendre son billet d’avion. Les cinq vainqueurs dont nous allons parler dans cet article ont tous un point commun : ils sont Américains. Une razzia locale qui n’a finalement rien d’étonnant lorsque plusieurs milliers de joueurs venus des quatre coins du pays débarquent chaque été à Las Vegas avec le rêve de décrocher un bracelet.

Event #10 : Deepstack 600 $

Karapet Galstyan Winner Photo
Karapet Galstyan (USA) 259 829 $

Le premier d’entre eux se nomme Karapet Galstyan. Vingt ans de métier, déjà un bracelet Online et deux bagues WSOP Circuit à la maison. Vous l’aurez compris : l’Américain d’origine arménienne n’est pas ce qu’on peut appeler un pur amateur. Une expérience dont il a largement su tirer profit sur ce Deepstack 600 $. "J’ai observé attentivement mes adversaires et essayé de déceler leurs faiblesses", résumait-il après son sacre, acquis au terme d’une table finale où il était le plus expérimenté. Soutenu depuis ses débuts par son épouse, Galstyan n’a d’ailleurs cessé de la tenir informée de sa progression tout au long du tournoi. Au point même de croire qu’elle s’était endormie lorsqu’elle a soudainement cessé de répondre à ses messages en pleine finale. Une inquiétude finalement vite dissipée par la conquête d’un nouveau bracelet. Après une courte croisière en Alaska avec sa femme au cours des prochains jours, Galstyan reviendra à Las Vegas pour la suite des WSOP. Et surtout pour tenter de régler une anomalie statistique : en dix participations au Main Event, il n’a encore jamais réussi à atteindre les places payées. Comme quoi, même avec deux bracelets WSOP au poignet, il reste toujours quelques cases à cocher.

4 622 inscrits (1 re-entry autorisé)

9 Français ITM dont...
88ᵉ : Loïc Dobrigna 2 964 $

Event #12 : No-Limit Deuce to Seven 1 500 $

Stephen Hubbard Winner Photo
Stephen Hubbard (USA) 155 819 $

Premier, premier, cinquième et premier : elles ont de la gueule les quatre dernières lignes Hendon Mob de Stephen Hubbard ! Passé tout près du bracelet quelques jours plus tôt sur le 5K PLO, le résident de l'Utah voisin est cette fois allé au bout sur une variante bien loin d'être sa préférée. D'habitude, son truc, à Stephen, c'est plutôt le Pot-Limit Omaha, un jeu sur lequel il avait signé ses deux victoires précédentes, sur le PokerGO Tour de Houston en novembre. "Je me considère comme un spécialiste du PLO, a-t-il confirmé à PokerNews après son sacre, mais, avec le temps, j'essaie de me familiariser avec d'autres variantes, et pourquoi pas revenir au No-Limit Hold'em un jour." Un joueur tout terrain donc, actuel 7ᵉ au classement Player of the Year et que nous n'avons peut-être pas fini de croiser cet été.

626 inscrits (2 re-entries autorisés)
Pas de Français ITM

Event #13 : 6-max 1 500 $

Honghao Zhang Winner Photo
Honghao Zhang (USA) 346 108 $

Prendre un bracelet avant de replonger sa tête dans les bouquins, c’est le petit exploit réalisé par Honghao Zhang. Sur le "tournoi des Frenchies", le 1 500 $ 6-Handed NLHE, le doctorant de l’Université de Georgia Tech a présenté une copie parfaite en table finale où notre Français Julien Duveau s’est arrêté en 6e place. Car, si le jeune Américain pratique le poker à côté de ses études depuis 2023, il signe ici son premier ITM en carrière sur les WSOP. Et de quelle manière : un bracelet de Champion du monde et la coquette somme de 346 108 $. Il n’y a plus qu’à décrocher le diplôme maintenant…

1 840 joueurs (1 re-entry autorisé)

14 Français ITM dont...
6ᵉ : Julien Duveau 62 501 $
52ᵉ : Alexandre Servies 6 306 $
54ᵉ : Léo Lombardozzi 5 442 $

Event #14 : Mixed PLO8 / O8 / Big O 1 500 $

Justin Liberto Winner Photo
Justin Liberto (USA) 265 297 $

7,5 millions de dollars de gains en tournois live, plus de quinze ans de présence ininterrompue sur le circuit et désormais deux bracelets WSOP : tel est désormais le palmarès de Justin Liberto, figure connue et reconnue du circuit américain. Mais que cette deuxième breloque fut longue à conquérir ! Onze ans séparent ainsi son premier titre, décroché sur le 3K 6-max, du second, obtenu sur une épreuve sensiblement différente, combinant trois jeux de partage en Omaha. "Il était temps !, a-t-il soufflé, soulagé. Depuis mon premier bracelet, j'avais terminé à toutes les places possibles d'une table finale WSOP." Chipleader au départ du Day 3, Justin a connu une dernière journée mouvementée, aussi bien par les variations de son stack que le soutien d'un rail aussi bruyant que fourni. On lui souhaite maintenant de ne pas devoir attendre onze ans de plus avant son troisième bracelet...

1 287 inscrits (2 re-entries autorisés)
Pas de Français ITM

Event #15 : PLO Deepstack 600 $

Philip Ardire Winner Photo
Philip Ardire (USA) 171 589 $

À l’origine, Philip Ardire n’était même pas censé être là. Pas pour ce tournoi en tout cas. Ancien habitué des MTTs, l’Américain s’était progressivement tourné vers le cash game ces dernières années, avant de retrouver récemment le goût des tournois, et plus particulièrement du Pot-Limit Omaha. De passage à Las Vegas sans réel programme WSOP en tête, il devait même rentrer chez lui le jour de ce tournoi. Finalement, il a repoussé son vol. Une décision qui s’est révélée être l’une des meilleures de sa vie. Face à un field de 2 636 entrants, Ardire a finalement décroché le premier bracelet de sa carrière, lui qui a avoué avoir davantage rêvé du trophée que de l’argent. "Je n’aurais jamais cru pouvoir aller aussi loin", confiait-il quelques minutes après sa victoire. Il faut dire que pour en arriver là, l'Américain a dû faire preuve de patience, beaucoup de patience. S’il abordait la dernière ligne droite avec un tapis confortable, la finale a rapidement pris des allures de mission impossible. Face à lui se dressait notamment Randy Jacks, immense chipleader qui a survolé les débats jusqu’à entamer le heads-up avec près de quatre fois plus de jetons. Comme si cela ne suffisait pas, Ardire s’est même retrouvé à seulement deux blindes. Pas de quoi le décourager pour autant, l'Américain signant ensuite une remontée aussi improbable que spectaculaire.

2 636 inscrits (2 re-entries autorisés)

6 Français ITM dont...
54e : Thomas Cazayous 3 407 $

Photos : PokerNews.com