Malcolm Franchi s'arrête en 6ᵉ place, mais atteint l'objectif qu'il s'était fixé en revenant à Vegas un an après son magnifique deep run dans le Main. Il coche la case "table finale WSOP" et lance son Vegas avec un beau billet de 85 561 $
Event #16 : U.S. Circuit Championship 1 700 $ (Finale)
Les jours se suivent et se ressemblent au Paris. Les Français perfent, atteignent des tables finales, mais il manque toujours le soupçon de réussite qui transforme la grosse perf' en accomplissement ultime. Si en 2025, Malcolm Franchi se fixait comme objectif d'atteindre une table finale WSOP, aujourd'hui, il pouvait clairement nourrir d'autres ambitions, tant il a semblé dans la zone toute la journée, avec un stack qui ne faisait que grossir, toujours tout proche du chiplead. Soutenu par un rail de plus en plus nombreux à mesure que le bracelet se rapprochait, le Parisien a malheureusement vu son aventure s'achever en 6ᵉ place, pour un gain de 85 561 $.
Si Malcolm avait toutes les armes en main pour gagner, malgré un field qui s'est bien durci sur la table finale (avec quelques pointures comme Kartik Ved, déjà finaliste du Mini Mystery il y a quelques jours), Malcolm a connu une journée compliquée. "Ça n’a pas été la meilleure table finale de ma vie dans son déroulement. Les deux premières heures, j’ai été complètement card dead. Je crois que j’ai ouvert deux mains en deux heures alors que j’étais deuxième en stack. Donc j’ai un peu fondu. Puis il y a eu beaucoup de swings : des gros stacks qui ont fait doubler des joueurs, puis qui récupéraient ensuite des jetons. Il y avait aussi un très bon joueur à ma gauche, très agressif, très embêtant, qui a pris énormément de spots."
Le joueur en question, c'est Antonio Vargas, un joueur américain qui fait partie de la structure de coaching de Faraz Jaka et que Malcolm avait vu faire des dingueries sur le Day 2. "En demi-finale, il a joué un pot 3-bet avec 9-6 offsuit UTG contre UTG+1". C'est simple, sur cette table finale, l'Américain en mettait partout, bien aidé par un rail qui lui a même concocté une reprise de "Eye of a tiger" pour le féliciter d'avoir déstacké le 7ᵉ, Shawn Daniels (vainqueur du Lucky777 en 2023). C'est lui qui a relancé Malcolm, après que le Français ait perdu un énorme flip As-Roi contre 9-9.
Malcolm Franchi face à Antonio Vargas
Tombé à une quinzaine de blindes, Malcolm met la moitié de son stack au bouton avec As-10. Et voit son voisin le mettre à tapis avec... As-9. L'atmosphère est étouffante, Malcolm est à tapis couvert pour la première fois de la table finale et parvient à éviter les balles. Alors que la turn ouvrait un flush-draw à son adversaire, Malcolm avouera ne même pas l'avoir remarqué, répétant dans sa tête "Pair the board !" Relancé, de nouveau tout proche du chiplead, Malcolm se retrouve alors propulsé dans un film d'action. Tous les joueurs veulent être le héros du film et font des moves dans tous les sens. Malcolm open UTG avec une premium (qu'il ne préfère pas révéler), se fait 3-bet au bouton et cold 4-bet en SB, et préfère folder. Une autre fois, il raise, voit son voisin le 3-bet, décide de 4-bet et voit Vargas le 5-bet shove.
Quelques mains plus tard, alors que la guerre est déclarée entre les deux hommes, Antonio 3-bet à nouveau Malcolm cut-off contre bouton. Et cette fois, le joueur parisien ne se laisse pas faire et envoie son tapis de 20 blindes avec A
5
. Mauvais timing, le protégé de Faraz Jaka détenait Q
Q
. Tout le clan français appelle le pique après l'apparition d'un flop 3
Q
T
, mais ni la turn ni la rivière ne viendront aider le Français. Au grand désespoir de tous les tricolores arrivés au compte-gouttes pour soutenir leur ami. "En quelque sorte, moi voisin a été récompensé par l'image qu'il a construit. Dans les spots où il peut mettre la pression, on dirait presque qu’il ne regarde pas ses cartes."
Si Malcolm avait l'air sonné après sa sortie, il a vite relativisé en retrouvant ses potes venus le consoler. "Je suis content de la manière dont j’ai mené ma barque jusqu'au dernier coup. Je bust sur un 4-bet light, mais honnêtement, si je n’avais pas 3-bet light pendant cette table finale, je ne serais probablement plus là depuis longtemps. J’ai eu trop peu de spots vraiment évidents à jouer, et je trouve que j’ai été solide. Je me suis accroché aux quelques opportunités que j’avais. Le bust, je ne le regrette pas. C’est un bon joueur, et il a énormément de bluffs ici. Dans ce spot-là, il avait. Grand bien lui fasse."
Après une TF vécu avec ses fidèles potes de villa Virgile Turchi, Nicolas Vayssières et Julien Sitbon (qui a rejoint le rail après avoir bag le 25 000 $ High-Roller), Malcolm Franchi préférait retenir le positif. "On n'est que Jour 9, il reste encore beaucoup de temps pour claquer une nouvelle perf', là on va profiter dans le jacuzzi et demain, on repart au combat."





















