Michael Mizrachi parachève son chef d'œuvre

- 17 juillet 2025 - Par Flegmatic

Michael Mizrachi remporte le Main Event des WSOP 2025 pour dix millions de dollars
Le Grinder a expédié en un temps record une finale qui lui semblait promise d'avance, pour conquérir son huitième bracelet

Deux semaines après sa victoire sur le Poker Players Championship, le Floridien signe un doublé historique qui lui permet d'intégrer le Poker Hall of Fame et d'entrer à jamais dans la légende de notre jeu
Main Event 10 000 $ (Fin)

Michael Mizrachi Champion WSOP

"Je ne sais pas : une heure ?"

Voilà ce qu'a répondu Michael Mizrachi mardi soir, au terme de la première partie de la table finale du Main Event des WSOP 2025, quand Jeff Platt lui a demandé au micro de PokerGO en combien de temps il comptait boucler l'affaire ce mercredi. N'y voyez aucune arrogance de la part du Grinder. Il n'était pas le seul à se voir déjà triompher aujourd'hui. À quatre joueurs restants, son nom figurait déjà en haut de notre tableau de résultats, et on connait plus d'un journaliste qui se préparait à annoncer un sacre plus qu'attendu.

Hier, 59 mains ont suffi à Michael Mizrachi pour multiplier son tapis par presque cinq et accaparer plus des trois quarts des jetons en circulation. Aujourd'hui, le Floridien n'en a eu besoin que de vingt supplémentaires, dont… 18 de heads-up, se chargeant lui-même de refermer le couvercle sur une victoire express autant qu'historique.

Michael Mizrachi

"Historique". Un terme souvent galvaudé. Mais comment appeler autrement un titre qui constitue à la fois le huitième bracelet en carrière de son champion et le deuxième de son été, 18 jours exactement après le précédent, et pas n'importe lequel : le Poker Players Championship à 50 000 $, que Mizrachi remportait… pour la quatrième fois. "C'est fou, je ne réalise pas. J'ai joué le meilleur poker de ma vie, surtout sur le PPC. J'ai donné le meilleur de moi-même, je n'ai rien lâché. C'était le destin, c'est tout ce que je peux dire. J'avais un pressentiment, je savais que j'allais gagner."

Un doublé irréel, surréaliste même, sur deux épreuves légendaires aussi différentes, qui ne font pas du tout appel aux mêmes qualités. Pourtant, à l'entendre, sur le PPC comme sur le Big One, face aux meilleurs du monde dans neuf variantes différentes ou en No-Limit Hold'em au milieu de presque 10 000 joueurs venus de tous horizons, Michael Mizrachi est resté Michael Mizrachi. "J'ai un style assez old school, je suis plus un "field player". J'ai les maths du jeu dans ma tête, bien sûr, mais je cible davantage les joueurs. Je joue agressivement, pour mettre mes adversaires dans des situations compliquées, et je pense que c'est ce qui me rend meilleur que beaucoup d'autres."

L'Élu

Comment contester cette déclaration quand, de l'extérieur, à partir disons du milieu du Day 8, le bracelet de Champion du Monde lui semblait promis. Mizrachi n'a jamais douté, jamais dévié de sa ligne. En face, plus les journées défilaient, plus les jetons partaient de son côté, plus ses adversaires avaient l'air groggys, comme saoulés de coups prenant la forme de relances poignée ou de showdowns défavorables. Devant les caméras, malgré quelques sourires et autres notes d'optimismes, ils apparaissaient comme résignés à l'idée de n'être que des personnages secondaires dans ce roman épique qui ne pouvait avoir qu'un héros.

Michael Mizrachi

Car il y a le fait de gagner le Main Event des World Series of Poker et il y a le fait de le gagner de cette manière. Avec une telle marge, une telle impression de facilité, qui donne à ce succès une ampleur et une démesure inédites. Il fallait voir Michael Mizrachi sur le plateau télévisé, comme dans un fauteuil, lever les pouces en regardant le croupier pour annoncer une relance, se marrer en perdant un coup qui ne changerait absolument rien au résultat final, célébrer avec son clan avant même que la dernière carte ne soit dévoilée, certain que son destin allait s'accomplir.

On en aurait bien repris pendant des heures. Le Grinder, lui, avait décidé de passer en mode rouleau-compresseur. "Ç'a vraiment duré une heure ?, a plaisanté Mizrachi, au moment de lui rappeler ses paroles de la veille. Je ne m'attendais quand même pas à ce que ça dure une heure. Deux peut-être."

Michael Mizrachi - John Wasnok

Rien ni personne n'a pu se mettre en travers de Michael Mizrachi lors de ces deux dernières journées. Pas même le chipleader John Wasnock, balayé par un As river sur ce qui restera comme le tournant majeur de cette TF, avant de subir un setup de plus sur la dernière main. Pas même l'expérimenté Kenny Hallaert, sixième de ce Main Event en 2016, tombé short hier en fin de journée sur un call perdant puis défait en quatrième place sur un 60/40. Le favori a tenu son rang. Et de quelle manière.

De l'enfer au paradis…

Mais l'histoire de cette victoire est aussi celle d'une résurrection. Et on ne parle pas ici à l'échelle de la carrière de Michael Mizrachi, faite au moins d'autant de hauts que de bas, ponctuée de déboires avec le fisc et parsemée d'excès en tous genres. Non, il s'agit de ce que tout observateur de ce tournoi n'a pas pu oublier. Après une main jouée lors du Day 8, une rencontre entre son As-Valet et le As-Dame de John Wasnock, Michael Mizrachi est tombé à trois blindes. Durant les deux heures qui ont suivi, il a enchaîné les double ups (dont un sur un 3-outer), signant l'un des comebacks les plus retentissants de l'histoire du Main Event.

Michael Mizrachi

"Je sais que j'ai dit que c'était le destin, mais à un moment donné, il faut aussi être chanceux, a admis le Floridien. Pour gagner le Main Event, il faut gagner énormément de coups à tapis. Mais quand je tombe à trois blindes, je suis déjà très loin dans le tournoi. Je suis arrivé jusque-là en passant beaucoup de bluffs… mais l'an prochain, je ne blufferai pas !"

On est en droit d'en douter, même si, dans la dernière ligne droite de ce tournoi, il n'en a pas eu besoin. Cette finale 2025 ne restera pas dans les annales pour le niveau de jeu produit à table, mais on s'en souviendra pendant longtemps comme l'une des plus spectaculaires. Elle s'est ouverte avec la présence – historique, là encore – de Leo Margets, devenue la première femme en trente ans à y mettre les pieds, la première de l'histoire du poker moderne. Elle s'est fermée avec la consécration d'un talent et d'un profil hors normes, dont l'aura et le charisme débordent largement du tapis vert. Et si ce sont les cartes qui ont fait la décision, plus que les joueurs, elles ont parfaitement choisi leur champion.

…et parmi les immortels

Michael Mizrachi Hall of Fame

En guise d'épilogue, les World Series of Poker nous ont offert une dernière séquence émotions d'une rare justesse. En plus de son bracelet de Champion du Monde, Michael Mizrachi a reçu à la fin de ce Main Event l'un des plus beaux hommages qui soient : son intronisation au sein du Poker Hall of Fame. Alors qu'il ne faisait même pas partie de la short list présentée cette année, qui a débouché sur la nomination (fort méritée) de Nick Schulman, le Grinder a rejoint, à titre exceptionnel, le clan des immortels. Ces derniers, dont une partie s'est réunie pour lui remettre en personne le trophée honorant cette distinction (étaient là, entre autres : Phil Ivey, Phil Hellmuth, Eli Elezra, Jennifer Hartman, Brian Rast, David Oppenheim ou encore John Hennigan), n'ont pu rester sourd aux "Hall of Fame! Hall of Fame!" scandés par le rail de Mizrachi depuis le Day 7, et encore moins aveugles à ce nouveau haut fait.

"C'est incroyable, a commenté l'intéressé. Un grand merci aux 33 membres du Hall of Fame. Je sentais que ça allait arriver, mais je me disais 'Peut-être l'année prochaine'. Mais là, c'est fou : gagner le PPC, puis le Main Event et ensuite être intronisé au Hall of Fame : je ne me suis jamais senti aussi bien de ma vie !" Et dire que cet exploit ne se répètera peut-être jamais dans toute l'histoire du poker. "Qu'est-ce que vous racontez ? Je vais le refaire l'an prochain !"

Michael Mizrachi

En attendant, le futur proche s'annonce tout aussi épique. "Le plus grand gagnant aujourd'hui, c'est la ville de Las Vegas," ont déjà prophétisé certains, évoquant la longue histoire d'amour entre Michael Mizrachi et le monde de la nuit. On l'a déjà dit à demi-mot : le Grinder est aussi (surtout ?) connu pour ses "performances" en dehors des tables. Et une fois de plus, il semble prêt à confirmer toutes les attentes placées en lui.

"Ça va être une très grosse fête !, a-t-il souri. Il y a beaucoup de monde avec moi. Ma famille, mes amis, tout le monde est venu, certains de France. C'est très important pour moi, ça m'aide énormément à aller loin dans la vie." Et ensuite ? "Probablement Porto Rico, puis Miami pour me reposer en famille quelques jours. Après ça, on verra." Qu'il nous tarde de découvrir le nouveau chapitre de la grande fresque du Champion du Monde Michael Mizrachi.

Michael Mizrachi

Main Event WSOP 2025
9 735 joueurs - Résultats de la finale

# Joueur Gains
Vainqueur Michael Mizrachi (USA) 10 000 000 $
2 John Wasnock (USA) 6 000 000 $
3 Braxton Dunaway (USA) 4 000 000 $
4 Kenny Hallaert (Belgique) 3 000 000 $
5 Luka Bojovic (Serbie) 2 400 000 $
6 Adam Hendrix (USA) 1 900 000 $
7 Leo Margets (Espagne, Team Winamax) 1 500 000 $
8 Jarod Minghini (USA) 1 250 000 $
9 Lee Dae-Hyung (Corée du Sud) 1 000 000 $

WSOP 2025 : tous nos articles

La logique a été respectée

- 17 juillet 2025 - Par Benjo DiMeo

La remontada du siècle n'aura pas eu lieu : combattif mais dominé, l'amateur John Wasnock s'incline logiquement face à celui qui ne sera plus jamais autrement considéré que comme Saint-Patron des WSOP : Michael Mizrachi
Main Event 10 000 $ (C'est fini !)


John Wasnock
79ᵉ main de la finale, la 18ᵉ du heads-up : John Wasnock (photo) min-raise au bouton pour 5 millions avec A9. Michael Mizrachi défend sa BB avec 103

Le flop A97 apporte de belles choses à chaque joueur... mais tous les deux checkent.

Le turn 4 fait rentrer le tirage couleur de Mizrachi. Est-on en train d'assister à la dernière main du Main Event des WSOP 2025 ?

Oui ! Mizrachi check, mais c'est pour mieux envoyer 30 millions après le bet de 10 millions proposé par Wasnock. Ce dernier répond rapidement en prononçant les mots "all-in", pour 70,5 millions. Payé tout aussi vite par Mizrachi... qui, en voyant les cartes, se lève pour annoncer la bonne nouvelle à son rail : "C'est fini ! On a gagné !" Probablement submergé par une vague d'émotions indescriptibles, le Grinder ne réalise pas qu'il reste encore un mince espoir chez Wasnock : quatre outs pour transformer ses deux paires en full !

Mais la rivière est un 5 qui confirme ce que, franchement, tout le monde savait déjà depuis 24 heures, si ce n'est 48 : ce tournoi ne pouvait pas échapper à Michael Mizrachi.

John Wasnock
Jouant le rôle de David contre Goliath, John Wasnock a montré de bonnes choses avant et pendant le heads-up. Qui sait, avec deux ou trois coups favorables, le consultant en investissements basé à Washington (143 000 $ de gains de carrière depuis 2014) aurait pu terrasser celui qui ne sera jamais plus considéré autrement que comme le Saint-Patron ultime des WSOP (8 bracelets, 29 millions de dollars en carrière).

Finalement, c'est Tapis_Volant qui avait vu juste en regardant le profil des finalistes avant-hier : "Wasnock, c'est Darvin Moon !" Le bûcheron du Maryland (RIP) nous avait en effet laissé une impression similaire en 2009 : un profil amateur mais sérieux, pas impressioné par les évènements, et qui aurait très bien pu rafler la mise contre Joe Cada.

Wasnock semblait évidemment déçu au moment de nous confier ses impressions, mais il a su garder la tête froide. "C'était mon deuxième Main Event, dix ans après le premier. D'habitude, je joue plutôt des 500 dollars, mais mes résultats récents m'ont donné la confiance pour rejouer le Main. C'est assez incroyable d'arriver en heads-up." Pas trop intimidé par toutes les stars en finale ? "Oui, ce sont des grands noms, oui on les voit à la télé, mais je n'ai pas ressenti de pression. À une table de poker, on est là pour jouer. Je me suis senti à ma place."

Bien entendu, il faudra à Wasnock un peu de temps pour se remettre de cette victoire manquée de si peu. "Je me doutais que les choses iraient vite. Michael avait un gros stack, nous non, il fallait jouer l'ICM." Il n'oubliera pas le soutien de ses proches en TF... "J'ai reçu des messages pendant tout le tournoi. Certains ont pu se libérer pour venir. Ils ont été un vrai moteur. Merci à eux !"
 



John Wasnock

Comme le veut la tradition la (fausse) pile de billets de cent dollars a été apportée à table avant le coup d'envoi du heads-up

John Wasnock

John Wasnock

John Wasnock

John Wasnock

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Dunaway run away

- 17 juillet 2025 - Par Flegmatic

Qu'est-ce que c'est que cette folie ? Deuxième main et deuxième élimination !
Braxton Dunaway se fait concasser par Michael Mizrachi et s'arrête sur la troisième marche du podium pour 4 000 000 $
En jetant deux fois ses cartes, John Wasnock a gagné trois millions de dollars
En moins de cinq minutes de jeu aujourd'hui, le heads-up est déjà avancé
Main Event 10 000 $ (Finale)

Braxton Dunaway
L'Event Center du Horseshoe est sous le choc. En deux mains (2), les ultimes prétendants au titre de Champion du Monde sont passés de quatre… à deux. À peine le temps de se remettre de l'élimination de Kenny Hallaert ni de regarder notre montre que, ça y est, le heads-up de ce Main Event est annoncé. Sans surprise, Michael Mizrachi en est le gigantissime favori face à l'amateur John Wasnock. Mais attendez, que s'est-il passé ?

Deuxième main du jour, donc. Michael Mizrachi vient à peine d'ajouter à son stack les derniers jetons de Kenny Hallaert que la parole lui arrive en petite blinde après un fold de Wasnock. À sa gauche, Braxton Dunaway n'a que dix blindes et on peut supposer qu'il va le mettre à tapis avec énormément de mains. Logiquement, c'est ce qu'il fait… et il est payé !

Braxton Dunaway
Se sachant décroché, Dunaway n'a pas hésité à engager son tournoi avec 106, une main qui a de l'équité contre beaucoup d'autres... mais nettement moins face au A10 du Grinder, qui a donc trouvé deux monstres à ce niveau du tournoi dès les deux premières mains de la journée. Comme si cela ne suffisait pas, Mizrachi trouve le moyen de faire flush le long d'un board Q4K43 qui n'aura pas laissé le moindre espoir à l'ami Braxton.

"Je ne suis pas triste, je suis heureux, nous a confié Dunaway. En ayant pris le palier avec l'élimination de Kenny, j'étais en quelque sorte en freeroll, à espérer que quelque chose se passe. Donc quand j'ai vu ma main, je n'ai pas hésité. Il y a plein de cœur dans le paquet, ça pouvait le faire. Bien sûr, c'était dommage de me retrouver dominé à ce point-là. Au final, je prends quatre millions de dollars en dix jours, je crois que n'importe qui serait heureux d'un tel résultat."

Qu'est-ce que l'on fait, justement, quand on est un joueur amateur (dans le civil, Dunaway travaille dans le secteur pétrolier au Texas) qui vient de prendre une telle somme ? "On avait déjà prévu de partir aux Bahamas avec ma famille. On s'en va lundi, on va en profiter pour se détendre là-bas tous ensemble." Et ce sera amplement mérité !

Si vous aviez fait un sondage parmi les observateurs de ce Main Event au sein de l'Event Center du Horseshoe, l'immense majorité vous aurait probablement prédit une ultime journée extrêmement courte. Mais à ce point-là, sans doute pas. Bien sûr, elle n'est pas terminée, loin de là. mais si l'on parlait de la montagne Mizrachi hier soir à l'issue de la première partie de cette finale, pour Wasnock, désormais, elle ressemble à l'Everest.
 


Braxton Dunaway

Braxton Dunaway

Braxton Dunaway

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Hallaert générale !

- 17 juillet 2025 - Par Benjo DiMeo

Pas de miracle pour Kenny Hallaert, éliminé dès la reprise. La deuxième finale Main Event du Belge s'achève en quatrième position, avec trois millions de dollars de récompense
Main Event 10 000 $ (Finale)


Kenny Hallaert
On se doutait qu'il ne fallait pas arriver en retard au Horseshoe aujourd'hui, et ça n'a pas loupé : dès la toute première main de la seconde partie de la finale, les jetons partent au milieu, les cartes sont retournées, le public est debout.

Reprenant la finale en position UTG, Kenny Hallaert a reçu AQ de la part du croupier... Ses 8 BB sont évidemment parties au milieu. Braxton Dunaway a passé son Dame-3, John Wasnock a fait de même avec Roi-7, et Michael Mizrachi... a bien entendu payé, car il a tous les jetons, et surtout un KJ tout à fait jouable.

Un 60/40, voilà ce que je joue le Belge pour sa survie. Presque un flip... qui tombera du mauvais côté avec l'apparition d'un J sur le turn.

Kenny Hallaert
Aujourd'hui, Kenny Hallaert n'aura donc eu besoin que de quelques minutes de présence pour ajouter 3 millions de dollars à sa bankroll. Le plus gros du travail, bien sûr, il a été fait au cours des neuf journées précédentes du tournoi : la prestation d'une vie, dans la lignée de celle déjà accomplie lors de l'édition 2016 du Main Event, dont il était sorti sixième.

Kenny est resté très souriant au moment de faire le bilan au micro de Winamax. "C'était super. Ça reste magnifique, quatrième. Quand je suis arrivé ce midi, je savais qu'il faudrait trouver un spot. Je l'ai eu tout de suite. Et bien sûr, en face il y avait un call évident." Le Belge est réputé pour son fair play... "Michael a très bien joué hier."

Comment comparer cette perf' avec celle de 2016 ? "J'ai neuf ans d'expérience supplémentaire, j'ai beaucoup joué en live depuis. Sans ça, cela aurait été très difficile : le niveau a beaucoup augmenté." Mais le sien aussi ! "Je suis content de voir que je suis toujours au niveau... et content de voir que je run toujours super bien !"
 


Kenny Hallaert

Kenny Hallaert

Kenny Hallaert

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Mizrachi seul au monde

- 16 juillet 2025 - Par Flegmatic

Une journée éclair et un run frôlant l'indécence propulsent Michael Mizrachi au firmament du Main Event
Il reste une journée et trois joueurs face à lui... mais avec les trois quarts des jetons en circulation, le Grinder a déjà une main et demie sur le trophée
Rendez-vous à partir de 14 heures mercredi (23 heures en France - minuit pour le stream) pour savoir si l'ultra-favori parviendra à terminer le boulot 
Main Event 10 000 $ (Finale)

Michael Mizrachi
Un cavalier seul. Une démonstration. Une demontada. Peu importe le terme que l'on utilise, le constat reste le même : Michael Mizrachi a écrasé la première partie de cette table finale de Main Event WSOP 2025. Avant la reprise de la partie, le Grinder en était déjà le favori. Avec le deuxième tapis devant lui, une position préférentielle à table, en position sur le chipleader (John Wasnock) et les joueurs les plus dangereux (Kenny Hallaert et Leo Margets), un style de jeu agressif et surtout une expérience monstre sur ce genre de grands rendez-vous, Mizrachi avait tout ce qu'il fallait pour prendre les commandes de la table et ne plus les lâcher.

59 mains ont été disputées aujourd'hui, pour un temps de jeu effectif de 3 heures, 6 minutes et 41 secondes (oui, c'est précis). Autant dire : quasi rien. Pourtant, cela a suffi à Michael Mizrachi pour multiplier son tapis par 4,8, passant de 93 millions à 445,5 millions. Pour mieux vous faire comprendre : demain, il reprendra la partie avec en sa possession les trois quarts des jetons en circulation ! A-t-on déjà vu une telle domination avant d'attaquer l'ultime journée d'un Main Event WSOP ? Probablement pas. Les trois autres joueurs autour de lui pourront-ils jouer autre chose que les faire-valoir ? Rien n'est moins sûr. Doit-on d'ores et déjà décerner à Michael Mizrachi le bracelet de Champion du Monde et les dix millions de dollars qui vont avec ? Bien sûr que non ! Cela reste du poker et on a déjà vu des chipleaders encore bien mieux engagés repartir sans le trophée. Mais une chose est sûre : face à lui, John Wasnock, Braxton Dunaway et Kenny Hallaert devront faire fort et compter sur davantage que leur seul talent cartes en mains pour espérer renverser la situation.

WSOP
Ce mardi, Michael Mizrachi a évidemment fait parler son style, comme on pouvait s'y attendre, mais tout septuple vainqueur de bracelet qu'il est, même lui doit compter sur un petit coup de pouce du croupier de temps en temps. Sans cet As river qui l'a maintenu en vie et propulsé dans le fauteuil de chipleader, c'est un tout autre article que nous serions en train d'écrire, alors que le Grinder aurait vu sa deuxième table finale de Main Event s'achever en septième position. La grande histoire du poker s'écrit à partir de ce genre de détails, et cette TF 2025, rendue historique par la simple présence de Leo Margets, peut entrer dans la légende. Michael Mizrachi a l'occasion unique de devenir le premier joueur à remporter la même année le Poker Players Championship et le Main Event des World Series of Poker. Les portes du Hall of Fame s'ouvriraient alors en grand devant lui, comme le réclament à cor et à cri ses supporters depuis plusieurs jours. Pour l'instant, les jetons, les cartes et la confiance sont de son côté. Ses trois adversaires ont beau avoir déjà couru l'équivalent d'un marathon, mercredi, il leur restera une montagne à gravir. Une montagne nommée Michael Mizrachi. - Flegmatic

Michael Mizrachi – 44 ans – Miami Beach, Floride
445 500 000 (178 BB)

Mizrachi
Le favori a tenu son rang, mais il lui a fallu de l'aide, sous la forme d'un As river complètement dingue pour craquer avec As-Roi les Rois de John Wasnock et lui subtiliser sa place de leader. "Honnêtement ? J'ai ressenti la même chose qu'au moment de la naissance de mon premier fils." Imaginez la puissance de l'émotion. Et si le Floridien a de nouveau eu la réussite avec lui en remportant le lancer de pièce qui a précipité la sortie d'Adam Hendrix (la seule élimination signée de sa main aujourd'hui d'ailleurs), il n'a cessé d'impressionner en dehors de ces confrontations à tapis. Certes, même lors des coups développés, il a eu la chance de son côté, comme sur cette défense de blinde en 3-way avec 10-7 off qui floppe deux paires, mais son agressivité a fait le gros du travail, lui rapportant une tonne de pots sans showdown. Il ne faudrait pas longtemps pour compter le nombre de mains sur lesquelles il n'est PAS impliqué sur les 59 jouées ce jour – de quoi générer de délicieuses blagues sur les réseaux. "J'ai vraiment bien run, je suis très content de mon jeu, mais il faut admettre que j'ai eu de la chance, a confirmé le Grinder au terme de ce qui restera sans doute comme l'une des plus belles journées de sa carrière. Je n'oublie pas les fois où la réussite m'a fait défaut, mais aujourd'hui, elle était en ma faveur et pour aller loin dans un Main Event, il en faut beaucoup." Demain, il en aura encore besoin, mais nettement moins que les autres. - Flegmatic

John Wasnock – 50 ans – North Bend, Washington
94 500 000 (38 BB)

John Wasnock
Il a éliminé Daehyung Lee sur la première main de la finale, puis Luka Bojovic sur l'une des dernières... pour au final terminer la première partie de la TF avec 14 millions de jetons de moins qu'en arrivant ce midi. La raison, évidemment, est ce 3-outer touché par Michael Mizrachi sur un pot énorme qui aurait dû envoyer le futur membre du Hall of Fame vers la sortie. Le statut d'amateur de John Wasnock fait qu'on a plusieurs fois essayé de lui marcher dessus, par exemple en payant ses relances préflop avec des mains pas forcément règlementaires. Mais dans l'ensemble, le consultant en investissements ne s'est pas laissé faire. 38 BB pour reprendre la partie mercredi : la montagne Michael Mizrachi sera dure à gravir, mais les WSOP nous ont déjà offert des comebacks de ce genre... - Benjo

Braxton Dunaway – 42 ans – Midland, Texas
25 500 000 (10 BB)

Braxton Dunaway
Avec seulement 10 BB pour entamer le 4-handed, la tâche sera ardue pour ce récréatif accompli, victorieux sur le Monster Stack des WSOP en 2023, qui travaille dans le prospère secteur pétrolier du Texas. Demain, le seul membre du dernier carré à n'avoir éliminé personne aujourd'hui va probablement jouer l'ICM, c'est à dire espérer l'élimination rapide de Kenny Hallaert. Sur la première partie de la finale, on a vu Braxton Dunaway passer quelques shoves préflop, faire des folds corrects lorsqu'il était dominé, rater un bluff rivière contre John Wasnick (forcément, ce dernier avait une quinte), et 3-bet préflop avec 7-3 assortis (ça gagne). Un joueur solide, mais pas incapable de fantaisie. Bon, comme pour John Wasnock, aller chercher le titre risque tout de même d'être compliqué... - Benjo

Kenny Hallaert – 43 ans – Belgique (vit à Londres)
19 000 000 (8 BB)

Kenny Hallaert
Tout avait pourtant démarré à merveille pour celui qui dispute, comme Michael Mizrachi, sa deuxième finale de Main Event WSOP. Un lancer de pièce pour éliminer le short stack Jarod Minghini, un autre pour se débarrasser de la gênante Leo Margets : Kenny Hallaert tenait son rang, se présentant comme la menace n°1 derrière l'intouchable Mizrachi. Un statut qu'il a tenu à garder à tout prix, en adoptant une stratégie conservatrice préflop contre son principal rival. À six joueurs restants, après avoir ouvert et vu Braxton Dunaway puis Michael Mizrachi le surrelancer, le Belge a mis de longues minutes avant d'abandonner… As-Roi ! Armé d'une paire de Valets, on ne sait pas si le Grinder aurait payé un éventuel 5-bet shove, mais la note d'intention était claire. C'est pourtant postflop que Kenny perdra le plus gros, sur l'une des toutes dernières mains de la journée. Suite à une ouverture de Mizrachi au bouton, Kenny se contente de payer avec KJ depuis la small blind, avant de payer trois mises à 4,3 millions, 12,6 millions puis 60 millions (!) sur un tableau K103Q4. Sauf que Mizrachi avait trouvé la turn parfaite pour son Q10, réduisant le tapis du Flamand à peau de chagrin. "C'est une bonne main pour call à mon avis, nous a-t-il ensuite expliqué. J'ai suivi la stratégie que j'avais mis en place depuis le début de la journée, je n'ai pas de regrets." Mais encore de l'espoir. "C'était une journée courte et intense. Mes chances sont maigres, mais je suis encore là, j'ai encore une chance et je continue à rêver. Tout s'est passé très vite, je ne réalise pas encore. Il y a une heure, j'avais le deuxième tapis sur cinq et maintenant, je suis en quatrième position sur quatre. Ce qui est sûr, c'est qu'il y a 9 731 joueurs qui aimeraient être à ma place. Je fais partie du Final Four, je suis assuré de 3 millions de dollars : tout va bien !" Et demain, Kenny Hallaert sera dans la position de celui qui a tout à gagner. - Flegmatic

Ils n'obtientront pas le titre suprême

Leo
9e : Lee Dae-Hyung (Corée du Sud) 1 000 000 $
14 heures, les neufs joueurs sont assis, et le shuffle up and deal est prononcé. 14h05 :  le premier éliminé se lève, après une seule main jouée. Lee Dae-Hyung prend la porte après avoir envoyé son tapis avec AQ, faisant culminer la succession de relances observées sur le flop QJ5. Avec 55John Wasnock ne s'est pas fait prier. Bonjour, aurevoir.

8e : Jarod Minghini (USA) 1 250 000 $
Six mains plus tard, c'est le cool guy Jarod Minghini qui envoie ses 15 dernières blindes avec AQ et se confronte aux 44 de Kenny Hallaert. Un flip perdu qui sera vécu comme une faute de carre pour cet ancien snowboarder professionnel terminant dans les filets de sécurité.

7e : Leo Margets (Espagne - Team Winamax) 1 500 000 $
On l'attendait, on la soutenait, on voulait la voir soulever le bracelet ! Notre Espagnole a vu son exceptionnel parcours se terminer en 7e position. En bataille de blindes, Leo limp/call all-in avec A10 le shove de Kenny Hallaert, qui avait tout mis avec 66. Le coup s'apparente à celui qui l'avait propulsée dans les hauteurs du classement durant le Day 8, mais en inversé : après un flop J75 et un turn A, c'est un terrible 9 qui fait rentrer la couleur pour le Belge. Malgré une tristesse compréhensible, Leo se consolera le temps venu, lorsqu'elle elle réalisera la beauté de son parcours.

6e : Adam Hendrix (USA) 1 900 000 $
Moins de 10 minutes plus tard, c'est le jeune américain Adam Hendrix qui se lance dans la course au flip. Avec JJ contre le AK de Michael Mizrachi. Un 50/50 qui se terminera en queue de poisson, avec un Grinder frappant le Roi sur le turn.

5e : Luka Bojovic (Serbie) 2 400 000 $
Le dernier joueur à prendre la porte l'a fait avec le sourire. Troisième plus petit tapis à l'entame de la finale, le Serbe a gratté les paliers tout en traversant un désert de cartes qui l'a empêché de jouer. La seule main potable qu'il verra est cet AK qui se fracassera contre le AJ de John Wasnock dans un coup joué préflop. 

# Joueur Prix
1 À déterminer
(mais ça sera Mizrachi)
10 millions de dollars
2 À déterminer 6 000 000 $
3 À déterminer 4 000 000 $
4 À déterminer 3 000 000 $
5 Luka Bojovic (Serbie) 2 400 000 $
6 Adam Hendrix (USA) 1 900 000 $
7 Leo Margets
(Espagne - Team Winamax)
1 500 000 $
8 Jarod Minghini (USA) 1 250 000 $
9 Daehyung Lee (Corée du Sud) 1 000 000 $

La finale reprendra mercredi à 14 heures au casino Horseshoe de Las Vegas, puis à 15 heures sur les streams de PokerGo et RMC Sport (minuit en France). Nous y sommes : la dernière journée du Main Event. La dernière journée des WSOP 2025 !

Benjo, Flegmatic, Phil Anthropik & Caroline Darcourt

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