Leo Margets se qualifie de nouveau pour les phases finales du Main Event des WSOP. Améliorant son high-score de 2009 sur le plus beau tournoi du monde, la Barcelonaise reste en lice pour devenir la première femme de l'ère moderne à atteindre la finale du Big One. Plusieurs gros bras du poker mondial se dressent face à notre Pro W, dont le chipleader Kenny Hallaert et le septuple champion WSOP Michael Mizrachi. Il reste 24 joueurs : on connaîtra les finalistes dimanche soir
Main Event 10 000 $ (Fin du Day 7)
Portée par les siens
Le début de journée de notre W rouge n fut pourtant pas des plus rassurants. Comme souvent, il a suffi d'un coinflip pour relancer la machine. Tout aurait pu s'arrêter sur cette confrontation entre sa paire de 7 et le As-10 de Michael Mizrachi, mais la pièce est tombée du bon côté. Au retour de la pause dîner, elle profite d'un call peut-être un peu light de son compatriote Lautaro Guerra, à qui elle avait déjà gratté quelques pots, pour doubler à nouveau et quasiment sécuriser son siège pour cette ultime journée avant la table finale. Deux coups clés lors desquels elle a pu bénéficier du soutien d'un rail ibérique de plus en plus fourni au fil des heures.
"Cette journée a été incroyable, a réagi Leo à chaud. "Tous mes amis étaient là. C'était d'ailleurs un vrai défi pour moi de rester concentrée, sur mon jeu, parce que j'avais envie de célébrer chaque coup avec eux." À l'arrivée, sans surprise, le professionnalisme a pris le dessus, Leo se servant de ses briefings matinaux avec le coach Stéphane Matheu – dont vous pourrez profiter dans une future saison de Dans la Tête d'un Pro appelée à entrer dans les annales – pour se remettre la tête à l'endroit. "La seule chose que je voulais, c'était d'être fière de moi, de jouer en gardant mes objectifs en tête, de ne pas me laisser dépasser par le cadre et les enjeux de ce tournoi, qui est vraiment le plus beau du monde !"
À partir d'aujourd'hui, on ne lui parlera plus de cette fameuse 27ᵉ place acquise en 2009. Ou alors, simplement pour évoquer ses débuts dans le monde du poker de tournoi, pour parler d'une autre époque. Depuis, Leo Margets est devenue Championne du Monde, a intégré le Poker Hall of Fame espagnol, a résisté au passage du temps pour rester l'une des joueuses les plus connues, reconnues et compétentes du poker européen. Ce dimanche 13 juillet, elle aura une formidable occasion de devenir la première femme de l'histoire du poker moderne à gagner sa place autour de la table finale du Main Event des WSOP. D'autres sont passées tout près avant elle, à commencer par son ancienne collègue du Team Winamax Gaëlle Baumann (10ᵉ en 2012) ou l'une des meilleures joueuses de ces dernières années, Kristen Foxen (13ᵉ en 2024). Mais de la même manière qu'elle n'avait que faire du titre honorifique de Last Woman Standing, on sait que cette immense compétitrice ne se satisfera de rien d'autre que d'avoir tout donné jusqu'à la dernière main. Et alors, on a envie de croire que les portes de la TF s'ouvriront d'elle-même. - FlegmaticHallaert l'intraitable
C'est son 17ᵉ Main Event. Il se retrouve au moins au Day 5 pour la cinquième fois, avec comme meilleur résultat cette 6ᵉ place en 2016, pour plus d'1,4 million de dollars. On l'a déjà dit et répété dans ces colonnes, mais cela se confirme jour après jour : Kenny Hallaert est dans son jardin sur ce Main Event, et il l'a encore prouvé aujourd'hui. Parti en tête ce midi avec 37 millions de jetons, il termine treize heures plus tard… en tête avec 63,6 millions de jetons. Une journée parfaite en somme, non ?"Je suis monté progressivement, sans jamais jouer de pot à plus de dix millions de jetons, a débriefé le Belge, et c'est ça que tu veux sur un tournoi comme ça. Je n'ai jamais risqué de perdre une grosse partie de mon tapis, je n'ai pas eu de grosses confrontations. Donc si je peux signer pour avoir la même chose demain, je prends ! Là, je me retrouve avec un stack très confortable, l'équivalent d'un tapis moyen en finale, mais il reste encore 24 joueurs, on en est loin."
Qui plus est, Kenny s'est offert un petit bonbon aujourd'hui, en étant celui qui a signé l'élimination tant attendue de William Kassouf. Un joueur qui avait, comme lui, explosé à la face du monde du poker lors de son deep run en 2016. "Je pense qu'il n'a pas beaucoup changé entre temps, mais moi oui. Je sentais que certains joueurs étaient déconcentrés par son numéro, mais pas moi." Et alors, comment on se sent en mettant à la porte un tel moulin à paroles ? "Soulagé. L'ambiance était bien meilleure une fois qu'il était parti." Merci beaucoup Kenny, et à demain ! - Flegmatic
Les derniers adversaires de Leo
Le Grinder est encore et toujours là. Présent depuis le milieu des années 2000, Michael Mizrachi est de ceux dont la longévité dans cette discipline laisse admiratif. Avec sept bracelets au compteur, dont quatre Poker Players Championship (le dernier en date il y a tout juste deux semaines) et une aura toujours aussi intacte, le Floridien fait partie des candidats qu'on veut voir se hisser au Day 9. Problème : arrivé avec le troisième tapis aujourd'hui, il n'a pas réussi à tenir la distance, pénalisé par un jeu sans doute un poil trop large agressif et un manque flagrant de réussite à tapis. Stefan Nemetz portera les couleurs de l'Autriche sur le Day 8. Il n'est pas très connu de nos services, mais avec près d'un million de dollars de gains au compteur – dont une bonne partie acquise en remportant un 3 500 $ du Wynn à l'été 2023 – et un tapis dans la moyenne de 23 millions, il sera forcément à surveiller de près. Dans la famille Hendrix, je voudrais celui qui joue au poker et qui gagne beaucoup d'argent, et qui s'appelle Adam s'il vous plaît. Avec plus de 8 millions de gains en 284 lignes décrochés depuis 2016, et le quatrième tapis à l'entame du Day 8 – merci aux nombreuses premius touchées en fin de journée – il représentera le clan des infatigables grinders américains. Leo Margets ne sera pas seule à représenter l'Espagne sur ce Day 8. Après avoir bien malgré lui contribué à sa qualification, son compatriote Lautaro Guerra aura ainsi un stack similaire à la reprise. Spécialiste du PLO, terrain sur lequel il a décroché son premier bracelet WSOP aux Bahamas en décembre dernier et disputé deux finales cet été, il continue d'impressionner pour ce qui est apparemment son tout premier tournoi de No-Limit Hold'em de l'année.Pour faire plus ample connaissance avec le reste du casting, on vous renvoie vers nos deux galeries réalisées plus tôt dans la journée. - Phil Anthropik
Les Nations Unies du poker
La tendance observée depuis l'ère Covid se confirme : en majorité écrasante au départ du Main Event, les Américains ne sont plus que dix parmi les demi-finalistes. Avec notamment deux Portugais, deux Espagnols et un Belge bien connu de nos services, l'Europe a encore une belle carte à jouer. Mais attention... les USA restent sur deux victoires consécutives, et rappelez-vous de cette finale 2023, où figuraient seulement trois locaux : ils ont fini sur le podium !| Nom | Pays | Jetons |
|---|---|---|
| Kenny Hallaert | Belgique | 63,6 m. (106 BB) |
| Braxton Dunaway | USA | 51,1 m. (85 BB) |
| Muhamet Perati | Italie | 50,1 m. (83 BB) |
| Adam Hendrix | USA | 39,5 m. (66 BB) |
| Luka Bojovic | Serbie | 33,9 m. (56 BB) |
| Richard Freitas | Brésil | 32,5 m. (54 BB) |
| Joey Padron | USA | 32,5 m. (54 BB) |
| Daniel Iachan | USA | 28,1 m. (47 BB) |
| Ruben Correia | Portugal | 26,7 m. (44 BB) |
| Daehyung Lee | Corée du Sud | 25,6 m. (43 BB) |
| Stefan Nemetz | Autriche | 23,2 m. (39 BB) |
| Tony Gregg | USA | 22,5 m. (37 BB) |
| Maksim Pisarenko | Russie | 18,9 m. (31 BB) |
| Lautaro Guerra | Espagne | 18 m. (30 BB) |
| Leo Margets (Team Winamax) |
Espagne | 17,8 m. (30 BB) |
| Joseph Ozimok | USA | 15,1 m. (25 BB) |
| Diego Ponce | Mexique | 14,9 m. (25 BB) |
| Jarod Minghini | USA | 14,2 m. (24 BB) |
| Michael Mizrachi | USA | 11,4 m. (19 BB) |
| Sergio Veloso | Portugal | 11,2 m. (19 BB) |
| Sebastian Schulze | Allemagne | 11 m. (18 BB) |
| Chris Dombrowski | USA | 11 m. (18 BB) |
| John Wasnock | USA | 9,5 m. (16 BB) |
| Tomas Szwarcberg | Mexique | 5,4 m. (9 BB) |
Ils nous auront fait vibrer
Le Main Event est la grande conclusion des WSOP, le point d'orgue ultime, qui, comme cette ponctuation musicale, peut durer autant que le chef d'orchestre le désire. Les chefs, ils étaient deux aujourd’hui pour mener le clan français. Depuis des jours, ils font vibrer toute la communauté bleue restée au pays. Rapidement, c'est Thomas Eychenne qui a calanché, avec une chute en deux temps. D'abord en perdant la moitié de son stack en abandonnant un brelan contre un bluff signé Nadav Barash, puis dans une classique confrontation avec As-Roi contre deux Rois. 47ᵉ, LaWatch est reparti avec un chèque XXL de 200 000 dollars. Le résident maltais laissait seul Adrien Zychowski porter l'étendard français. Il s’est battu comme un lion, malgré un stack tournant autour des 20 blindes toute la journée. Le field se réduisait, et on commençait à y croire, mais un 3-way all-in avec paire de 7 contre As-Dame et As-Roi a tourné au vinaigre, mettant fin au magnifique deep run du membre de la Team Élite Poker. Nos espoirs, il les a portés jusqu’à une 34ᵉ place qui le couronne de 300 000 dollars. - Phil AnthropikLeur départ nous a rendus tristes (ou pas)
Une élimination de ce Day 7 éclipse évidemment toutes les autres (le dernier ancien vainqueur encore en course Greg Merson, l'imprévisible canadien Eric Afriat, le vétéran Theo Tran...) Celle d'un joueur qui n'a cessé de se faire remarquer par son comportement hyperactif, agressif, incontrôlable depuis deux jours (voire : depuis dix ans, car ce n'est pas un nouveau venu). Celle d'un joueur que rien n'a pu faire revenir à la raison, ni l'indifférence que lui ont témoignée la plupart de ses adversaires, ni la quantité incalculable d'avertissements que les arbitres lui ont infligé. Celle d'un joueur qui est mort comme il a vécu dans le tournoi : dans une logorrhée verbale allant bien au-delà du supportable, un flot de paroles ininterrompu à s'en faire péter les oreilles, la même litanie qu'il n'avait cessée de servir à toute la salle (et tout le stream) tout au long des 48 dernières heures. William Kassouf : l'incarnation suprême de l'absence de surmoi à la table de poker, a quitté le tournoi en 33e position. Deux minutes après sa dernière main, l'ancien avocat était encore à la table, en train d'argumenter avec les floors, se présentant en victime innocente seule contre tous. Ce n'est qu'après l'arrivée de la sécurité qu'il a consenti à quitter la zone de jeu... non sans avoir été informé qu'il ne serait plus le bienvenu sur les WSOP jusqu'à la fin du festival. Lorsque la scène a été diffusée une heure plus tard sur l'écran géant de la grande ballroom du Paris, des centaines de joueurs en lice dans les autres tournois des WSOP ont applaudi comme un seul homme. Du jamais vu. Et, on l'espère, du jamais revu. - BenjoLe Day 8 débutera exceptionnellement une heure plus tard que prévu (on a joué tard ce soir !), dimanche à 13 heures. Le streaming débutera avec une heure de décalage, soit 23 heures pour ceux qui n'ont pas peur de faire une nuit blanche depuis la France !



















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après une relance de Kohei Arai (cut-off) et un call de Lautaro Guerra (bouton), trouvé la top paire sur 10
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