Le verre à moitié plein

- 12 juillet 2025 - Par Flegmatic

Thomas Eychenne, Adrien Zychowski et Leo Margets font partie des 57 derniers prétendants au titre de Champion du Monde
Le clan français est bien moins fourni qu'attendu, mais l'espoir subsiste
Main Event 10 000 $ (Fin du Day 6)

Thomas Eychenne - Adrien Zychowski

14 Français au Day 6 du Main Event des World Series of Poker : l'événement ne s'était encore jamais présenté. Et malgré la présence de quelques profils controversés au sommet du classement, le casting dans son ensemble avait de quoi laisser rêveur. Plusieurs top regs habitués des tables finales des plus gros festivals du circuit, un ancien Top Shark passé tout récemment à deux doigts d'un premier bracelet, un vainqueur de Team Pro Experience franchissant un à un les obstacles se présentant face à lui, l'une des meilleures joueuses françaises en plein comeback, un ancien sur le retour ou encore des cash gameurs en plein one time : que pouvait-il mal se passer ? Pourtant, dix heures de poker plus tard, douze d'entre eux ont rendu les armes bien trop prématurément à notre goût, tous aux portes du Top 100.

Alors quoi, c'est fini ? Non, car si vous savez correctement compter, vous avez déduit qu'il reste encore deux Bleus en piste. Deux joueurs aux profils radicalement différents, qui ont d'ailleurs partagé une bonne partie de leur journée ensemble et qui nourrisssent les mêmes ambitions. Et attendez, on ne vous a pas tout dit. Pendant que nos Frenchies tombaient les uns après les autres, le clan espagnol, lui, restait 100% intact. Un trois sur trois qui nous rend un peu (beaucoup) jaloux, mais dont on se satisfait au moins à un tiers, puisque parmi ceux-là figurent la dernière femme de ce tournoi, et elle porte un W rouge. Alors, elle n'était pas si mal cette journée, finalement ? On débriefe. - Flegmatic

Leo Margets (Espagne, Team Winamax) : la lionne rugit encore
6,4 millions (32 BB)

Leo Margets

C'est une journée intense qui vient de s'achever pour Leo Margets. Déplacée de nombreuses fois d'une feature table à une autre, elle a dû batailler avec les mêmes adversaires une bonne partie de la journée, à la fois sous le feu des caméras de PokerGO, mais aussi (surtout en ce qui nous concerne) de celles de Dans la Tête d'un Pro. Impliquée dans de nombreux gros pots, la Barcelonaise s'est rapidement élevée au-dessus du tapis moyen, avant de perdre quelques plumes lors du dernier niveau. De quoi nourrir de nombreux épisodes de votre série préférée.

Avant de placer dans son sac ce qui représentera une grosse trentaine de blindes pour demain, Leo a connu un premier événement aujourd'hui : pour la deuxième fois de sa carrière, seize ans après la première, l'Espagnol est la Last Woman Standing de ce Main Event. Un exploit que seulement six femmes ont réalisé avant elle et qu'elle considère comme… un non-événement absolu. "Honnêtement, peu m'importe d'être la dernière joueuse en course, nous a-t-elle avoué. Bien sûr, c'est une bonne chose parce que ça montre que je vais loin dans le tournoi et que je joue bien. Mais tout ce qui m'intéresse est de jouer chaque main du mieux que je peux, de profiter du moment et, évidemment, d'aller le plus loin possible."

Leo Margets

Hier, Leo nous disait que sa table la plus relevée depuis le début du tournoi était, de loin, celle de son Day 2. À la fin de la journée, nous l'avions retrouvée épuisée. Aujourd'hui, elle était nettement plus enjouée et encore pleine d'énergie. Les derniers jours ont ainsi été plus tranquilles qu'escompté. "Oui, le Day 2 était le plus difficile à gérer. J'ai eu une tonne de spots compliqués. Aujourd'hui, j'en ai eu une juste avant d'être déplacée en feature table, où j'ai fold brelan. J'ai misé 500 000, mon adversaire m'a relancé à 1,35 million et j'ai abandonné. Je n'en revenais pas d'avoir fait ce fold, mais ça me montre à quel point je suis concentrée : je vais chercher des raisons pour prendre des décisions compliquées dans ce genre de situations." Même si elle devra négocier un tapis pas évident de 32 BB, les ingrédients semblent réunis pour que Leo efface des tablettes cette 27e place acquise en 2009. Avant de viser mieux ? - Jonas

Thomas Eychenne : la force tranquille
7,2 millions (36 BB)

Thomas Eychenne

"Le premier Day 7 de ma vie, c'est fou quoi ! Il est tellement éprouvant ce tournoi…" À peine la fin de cette journée actée, les premiers mots de Thomas Eychenne ont été pour la dimension physique de ce Main Event, comme pour signifier qu'il s'agit de la véritable difficulté supplémentaire à prendre en compte ici. "Je n'arrive pas à trouver un bon rythme, donc je dors mal et je dors peu. En début de journée, ça va, mais le dernier niveau est très difficile. Par exemple, là, je n'étais pas dedans. À cause de la fatigue, j'ai joué plus tight que ce que j'aurais fait d'habitude. Je n'avais pas envie de rentrer dans des gros coups, de faire des erreurs."

Se préserver dans les moments difficiles pour conserver le peu d'énergie qu'il nous reste : c'est aussi ce qui peut faire la différence après des heures et des heures de poker. Pour l'aider dans cette tâche, Thomas a eu la chance de passer la journée à "une table très small ball. Il y a peut-être eu un ou deux gros coups. Moi, je n'en ai joué qu'un, le flip que je perds contre Adrien." Une journée placée sous le signe de la discipline, à l'opposée d'un Day 5 fulgurant durant lequel il a collectionné les premiums et multiplié les grosses rencontres. Une journée presque à l'économie, qui pourra l'aider dans sa conquête d'une nouvelle table finale de prestige, deux ans et demi après avoir terminé 7e du deuxième PSPC.

"J'ai conscience de vivre un truc assez fou, concède Thomas. Mais 57 joueurs restants, on est encore loin, et j'ai moins que la moyenne. Disons que c'est un nouveau tournoi qui commence, je ne me fais pas d'illusion ni de rêve." La tête sur les épaules, conscient d'être arrivé plus loin que 99,5% du field, mais avec encore énormément de travail devant lui. D'autant qu'avec 36 blindes, chaque coup peut être le dernier. "Il va falloir gagner des flips," conclut-il dans un sourire. - Flegmatic

Adrien Zychowski : dans sa bulle malgré l'effervescence
5,075 millions (25 BB)

Adrien Zychowski Team Elite

"Empile, gogogo !", hurlent les amis d'Adrien Zychowski depuis le rail, en voyant le membre de la Team Élite remonter des pions. 20 blindes au début de la journée, ça ne semblait pas être le bon scénario pour un joueur de cash game. Habitué à jouer 100 ou 200 BB deep, Adrien était loin de sa zone de confort. Pourtant, c'est un bloc qu'il a su manœuvrer avec résilience, laissant les mains passer les unes après les autres, les couchant sans s'impliquer dans des pots complexes. Puis est arrivé ce double up contre Thomas Eychenne, qui a lancé son tournoi lorsque ses Dames ont tenu face au As-Roi de son compatriote.

De là, un autre tournoi s'est engagé. "C'est le moment où j'ai commencé à visualiser, et me dire qu'il y avait quelque chose à faire." Adrien sort la panoplie : les 3-bets, les calls contre les relances, le jeu postflop, jusqu'à essuyer quelques revers qui l'ont remis dans un mode "rocher", comme il dit. La pause repas passe et le temps devient long, paraissant une éternité pour lui comme pour les autres participants. Il faut dire que six jours de jeu à raison de 10 heures de poker par jour, ça fatigue son homme.

Vidé de son énergie, Adrien ne maîtrise plus totalement ses gestes, à tel point qu'il doit s'y reprendre à deux fois pour mettre ses jetons dans son sac. Mais l'essentiel est préservé : avec 5,7 millions, il est toujours là, dans une zone qu'il semble finalement affectionner. Son clan sera là dès midi pour le soutenir, mais Adrien le dit lui-même : "L'ambiance est folle, mais je suis dans ma bulle. Je les entends, mais je pense qu'ils vibrent plus que moi pour l'instant." Pierre, le manager et caméraman de la team, le suit constamment dans cette aventure et vibre en continu. "C'est dingue, on vit une aventure de groupe folle", dit-il, avant d'embarquer tout le monde se coucher. Car demain c'est une très longue journée qu'ils vivront tous ensemble. - Phil Anthropik

Il y aura qui en face ?

Un ancien Champion du Monde, un ancien finaliste, un Espagnol spécialiste de PLO, une valeur sûre du circuit américain, un régulier du circuit Triton, une tête à claques britannique ou encore un imprévisible amateur canadien : il reste encore du beau monde pour se dresser entre nos trois petits chouchous et le bracelet. On vous en présente une poignée.

Kenny Hallaert

"Ils ont tué Kenny !", c'est pour South Park. Sur ce Main Event c'est plutôt "Ils ont engraissé Kenny". Avec un énorme pot gagné dans un 3-way all-in (AA vs QQ vs JJ) sur l'une des dernières mains de la journée, le Belge prend les commandes de ce tournoi qu'il a deep run quatre fois en dix ans, se hissant jusqu'en 6e place en 2016.

Eric Afriat
Avec un pot de 20 millions encaissé dans style de poker non conventionnel, Eric Afriat est l'un des profils qui peut animer ce Day 7. Mais qu'on ne s'y trompe pas : avec 6 millions sur Hendon Mob, le gaillard n'est pas le perdreau de l'année.

Greg Merson
Vainqueur en 2012, Gerg Merson est sur le bon chemin pour retrouver la table finale. Ça passera par un Day 7 qu'il abordera avec un petit stack de 3 millions.

Will Kassouf
Pour combien de temps encore entendra-t-on "9 high like a boss!" dans ce tournoi ? Avec 2,5 millions à la reprise, acquis grâce à un double up salutaire en toute fin de Day, William Kassouf fait partie des favoris pour sauter avant la pause dîner.

Leon Sturm
Leon Sturm sillonne le circuit Triton mais c'est sur les WSOP qu'il a réalisé son plus gros gain, en prenant un bracelet sur le Highroller à 50 000 $ de 2023. Celui-là même sur lequel Alex Réard s'est incliné en heads-up ce soir. L'Allemand aura 34 blindes à faire fructifier demain.

Michael Mizrachi
La table finale mythique de 2010 dont il avait été un des grands acteurs est a porté de main pour Michael Mizrachi qui termine 3e de ce Day 6 avec 19 millions de jetons.

Chad Power
Power Ranger force rouge pour Chad qui continue son incroyable comeback en se positionnant 5e sur la grille de départ du Day 7.

Tony Gregg
12 millions de gains dont un quart furent collectés lors de son bracelet sur le One Drop Highroller à 111 111 $ en 2013, ça vous donne une idée du pédigree de Tony Gregg qu'on suivra de très près avec son tapis de 10 millions (50 BB).

Lautaro Guerra
Lautaro Guerra à fait une incartade qui pourrait lui rapporter du pognon en s'inscrivant à son premier tournoi de No-Limit Hold'em de l'année. Spécialiste de Omaha, il est déjà allé chercher un bracelet dans le prestigieux PLO 100K organisé aux Bahamas en décembre dernier. 11,7 millions dans le sac pour l'Espagnol.

Theo Tran
Leo Margets retrouvera peut-être sur son chemin Théo Tran, qui avait également réalisé un beau deep run (126e) sur le Main Event 2009.

Les éliminés français du Day 6

Sam Jakubowicz

Cliquez pour consulter l'article correspondant à chaque déception tricolore du jour :

103ᵉ : Arnaud Mattern 70 000 $
107ᵉ : Adrien Delmas 70 000 $
108ᵉ : Damien Luis 70 000 $
111ᵉ : Vladimir Nex 70 000 $
114ᵉ : Florian Ribouchon 70 000 $
117ᵉ : Fabrice Bigot 70 000 $
128ᵉ : Jordan Dumas 70 000 $
136ᵉ : Sam Jakubowicz (photo) 70 000 $
164ᵉ : Romain Locquet 60 000 $
169ᵉ : Alexis Lucarini 60 000 $
171ᵉ : Thi Xoa Nguyen 60 000 $
202ᵉ : Julien Mariani 60 000 $

Mounir Tajiou

Trublion bordeline dans la veine d'un Kassouf, animateur numéro de la table télévisée lors du Day 5, le Suédois Mounir Tajiou fut le dernier sortant de cette journée (58e, 165 000 $).

Gold Tables

On se donne désormais rendez-vous samedi à partir de midi (21 heures en France), pour le dernier virage avant le sprint final vers la TF de ce Main Event. On ne sait pas encore si les plans seront de tomber à 18 joueurs ou de disputer un certain nombre de niveaux, mais avec deux Français et une Team Pro Winamax encore dans le coup, il y aura de toute façon largement de quoi vibrer. Avec vous ?

Flegmatic, Phil Anthropik, Jonas & Caroline Darcourt

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Un pot démentiel enflamme le tournoi

- 12 juillet 2025 - Par Phil Anthropik

Eric Afriat s'empare d'un pot délirant de 20 millions de jetons au cours d'une main ubuesque
Le Canadien s'envole tout en haut du chipcount
Il reste 75 joueurs
Level 28 : blindes 60 000 / 120 000 BB ante 120 000
Main Event 10 000 $ (Day 6)

Eric Afriat

22 heures, la dernière pause de la journée arrive. Les deux heures écoulées ont été bien plus animées par le clan français qui supporte Alexandre Réard en finale du High Roller, que sur le Main Event, où la digestion se fait encore sentir. La digestion, parlons-en, car deux joueurs sont plutôt aller vomir leurs tripes après ce coup monstrueux, le plus gros du tournoi à l'heure actuelle, remporté par Eric Afriat.

Un coup qu'il nous a fallu lire, relire, vérifier encore et encore pour voir si l'ensemble des données correspondaient. Le genre de dinguerie qu'on peut éventuellement voir en début de Day 1, mais plus rarement en fin de Day 6 du Main Event. Tout commence par une ouverture UTG d'Afriat avec JT, payé par le double vainqueur de bracelet Bruno Furth au lo-jack, avant que Benjamin Williams fasse tapis au bouton pour 1,4 million.

Afriat

"Je me suis dit, en ce moment, j'ai de la chance, allez je paye", balance Eric Afriat en nous racontant la main après coup. Bruno Furth reste dans le coup. Vous suivez ? Trois joueurs dont un à tapis, on va jouer pour un side pot. Le flop arrive Q32, Afriat lead 1 million avec son tirage couleur, Bruno continue de payer. La turn est un 9 sur lequel Afriat envoie un deuxième péchon à 3 millions de jetons, avant que Furth n'envoie son tapis pour 8,1 millions. Avec ses tirages couleur et quinte par les deux bouts, la réflexion du Canadien est la suivante, "Si je prends ce pot je deviens monstrueux, sinon j'ai encore des jetons, et en plus j'ai ma masseuse fétiche." Une succession d'arguments imparables qui l'incite à investir la somme, formant ainsi un pot monstre de 20 millions de jetons. L'équivalent de presque trois fois la moyenne.

Les caméras affluent dans tous les sens, un attroupement se forme aussi avec une clameur montante. Les jeux sont dévoilés : AA pour Williams à tapis préflop, QQ pour Furth qui avait sa slowplay sa premium préflop, puis son brelan. La tension est palpable, on joue pour un pot qui pèse des dizaines, voire des centaines de milliers de dollars. Caroline Darcourt a le temps de trouver le bon angle, pendant que les caméras de PokerGO se placent encore. Tout le monde retient son souffle.

Eric Afriat

Vas-y croupier, balance la sauce : K. La quinte rentre pour Eric qui ne se rend même pas compte qu'il a gagné le coup, focalisant toute son attention sur une couleur à venir. Pourtant, c'est bien lui qui remporte ce coup venu d'ailleurs, le propulsant au sommet du chipcount avec un tapis avoisinant les 30 millions de jetons. Une main légendaire comme seul le Main Event sait nous en offrir. - Phil Anthropik

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Les Français tombent comme des mouches

- 12 juillet 2025 - Par Phil Anthropik

Six Bleus rendent les armes en moins d'une heure
Level 27 : blindes 50 000 / 100 000 BB ante 100 000
Main Event 10 000 $ (Day 4)

Vladimir : Next

Nex
Décidément, c'est l'hécatombe du côté des Français, après avoir perdu Fabrice Bigot et Florian Ribouchon, c'est Valdimir Nex qui se fait éjecter du plateau TV. Le cash gameur pro Nantais a progressivement perdu ses jetons, le forçant à pousser ses dernières 8,5 BB depuis le cut-off avec A9, payé par l'Américain John Wasnock en grosse blinde avec KJ. Le Board KJ222 scelle le sort du Français, qui termine son périple en 111ᵉ place, pour 70 000 $.

Ce pot permet à son adversaire de franchir les 5 millions de jetons. Ce qui nous permet de nous renseigner davantage sur son profil. Wasnock semble être un amateur travaillant pour un fonds d'investissement. Habitué à des buy-in entre 500 $ et 1 000 $, il a signé une victoire avant le Main Event sur un petit field, qui a dû le mettre bien en confiance pour jouer ce qui semble être son plus gros buy in. - Phil Anthropik

Pas dernier, mais pas dégueu

Luis
Dernier Français en lice 2010, Damien Luis ne rééditera pas cet exploit cette année. Cette journée aura été, pour le Français, un vrai calvaire, avec toujours moins de jetons à chacun de nos passages. On l’a vu s’embarquer dans des 3-bets préflop sur lesquels il a dû fold, abandonner après des c-bets… Bref, le combo parfait pour dégrind.

Tombé à 1,1 million, il a envoyé la couscoussière préflop avec AJ après une ouverture UTG de Yong Han. Ce dernier, avec sa paire de Rois, ne se fait pas prier. Si le flop amène un K, il apporte aussi un 10, laissant à Damien une gutshot comme seul espoir. Deux cartes insignifiantes plus tard, il n’y a plus l’ombre d’un espoir.

Damien se lève pour aller encaisser les 70 000 $ correspondant à sa 108ᵉ place. L'amateur lyonnais rentre à la maison avec un nouveau deep run sur un tournoi qu’il ne joue qu’occasionnellement, mais sur lequel il affiche désormais une certaine régularité. Si nous avons manqué sa sortie, il est fort probable qu’il nous racontera son expérience à froid quand on le croisera au prochain WPO d’Aix-les-Bains. - Phil Anthropik

Adrien Hélas

Adrien Delmas

On poursuit l'hécatombe au sein de la délégation française avec les éliminations coup sur coup d’Adrien Delmas (107ᵉ) et Arnaud Mattern (103ᵉ).

Pour l'ancien Top Shark, l’histoire s’est terminée sans éclat. Deux semaines après avoir signé le plus gros résultat français de l’été avec une place de runner-up sur le 5 000 $ 6-max (570 284 $), le joueur tricolore a connu une journée bien plus compliquée. Tombé à 22 blindes, Adrien pousse son tapis avec As-Dame après un open adverse, et se heurte à un snap call du relanceur initial en possession d’une paire d’As. Le board A-6-3-4-5 ne changera rien, et met un terme à un été incroyable pour le Français, qui ajoute malgré tout 70 000 $ à sa bankroll.

Un deep run ? Pas vraiment pour Adrien. “Tout le monde en fait tout un plat, mais selon moi, tant que tu n’es pas à 30 left avec des paliers significatifs, ce n’est pas un vrai deep run.” Le bilan, lui, reste positif : “Je n’ai aucun regret. C’est mon meilleur Vegas, et il reste encore le 10 000 $ 6-max de demain.” - VictorP

Arnaud à terre

Arnaud Mattern
La sortie d’Arnaud Mattern, elle, a surpris davantage. Et pour cause, il avait entamé la journée avec le plus gros tapis des 14 Drançais encore en course. Mais au fil des heures, les jetons se sont évaporés, jusqu’à ce qu’il se retrouve avec une quinzaine de blindes.

Et lorsque l’Américain Daniel Iachan opte pour une relance, Arnaud trouve As-Dame et décide de faire tapis. Malheureusement, Iachan le paye rapidement avec la pointure au-dessus, As-Roi, et une fois encore, aucun miracle ne vient inverser la tendace sur le board. En quelques coups, c’est donc une vague bleu-blanc-rouge qui a quitté le tournoi. Et le clan tricolore, pourtant si bien représenté au départ de ce Day 6, se retrouve sérieusement amputé. VictorP

Les Français présents dans le Top 100 (2009-2025)

graphe

Deux Français dans le top 100 : chose qu’on n’avait plus vue depuis 2021 et cette édition un peu spéciale, marquée par le Covid. Avant ça, il faut remonter à 2016 pour trouver trace d'une présence aussi faible. Quasiment une autre époque. Quoi qu'il en soit, le record de huit tricolores, atteint l'an passé, semble déjà bien loin.

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Sale temps pour les top regs

- 12 juillet 2025 - Par Flegmatic

Fabrice Bigot (117ᵉ) et Florian Ribouchon (114ᵉ, 70 000 $ chacun) sortis coup sur coup
Il reste 100 joueurs
Level 27 : Blindes 50 000 / 100 000 BB ante 100 000
Main Event 10 000 $ (Day 6)

Bigot ne répond plus

Fabrice Bigot

Rien ne va plus chez nos Bleus, qui tombent comme des mouches en ce début de Day 6. En difficulté depuis le milieu du Day 5, arrivé avec 18 blindes ce midi, c'est Fabrice Bigot qui a rejoint à son tour le camp des déçus du jour. Pour ce qui était sa dernière main, le Français a défendu sa grosse blinde suite à une ouverture du joueur au lo-jack, avant de pousser ses 800 000 jetons restants dès l'arrivée du flop 1086.

Son adversaire se résout à payer avec un maigre Q9, en mauvaise posture face au 98 de Fabrice. Mais un 10 turn puis un 9 river plus tard, le finaliste de l'EPT Paris 2023 n'a d'autre choix que de se lever de sa chaise. 248ᵉ en 2022, Fabrice Bigot établit un nouvel high score personnel sur le Big One, avec cette 117e place, bonne pour 70 000 $. - Flegmatic

Ribouchonné

Florian Ribouchon

Quelques minutes plus tard, alors que nous regardions Adrien Zychowski envoyer son tapis sans être payé suite à une relance d'Arnaud Mattern, nous apercevons un Florian Ribouchon debout, sac sur le dos. Pas besoin d'avoir dix ans d'expérience de coverage pour savoir que ce n'est pas une bonne nouvelle pour notre dernier qualifié KING5.

"Open d'UTG, 3-bet d'UTG+1, j'ai deux beaux vélos et trente blindes au bouton. J'envoie tout et le 3-betteur avait les femmes," résume la Ribouch'. Alors qu'il venait tout juste de s'extirper de la zone rouge en remportant trois lancers de pièce d'affilée, le membre de Merlin Magic Cards est brusquement éliminé en 114ᵉ place pour 70 000 $, signant, lui-aussi, sa meilleure perf' sur le Big One pour son quatrième ITM de suite. Mais la journée n'est pas terminée pour autant pour Florian, qui s'est empressé de rejoindre le rail d'Alexandre Réard, installé juste à côté autour de la table finale du High Roller 50K. "Bon, j'ai soif !", l'a-t-on entendu aboyer. Cette élimination sera vite oubliée. - Flegmatic

Ils ont (encore) énervé Kenny

Kenny Hallaert

323ᵉ en 2012, 123ᵉ en 2015, 6ᵉ en 2016, 64ᵉ en 2017 et 862ᵉ en 2022 : le palmarès de Kenny Hallaert sur le Main Event des WSOP force le respect. Et une fois de plus, l'ancien floor manager belge prouve qu'il est comme chez lui sur le plus beau tournoi du monde. Non seulement, il vient d'atteindre le Top 100 pour la troisième fois de sa longue et prolifique carrière, mais en plus, celui qui est désormais Team Pro d'une célèbre room au pique continue de marcher sur ce Day 6.

Aux dernières nouvelles, Kenny navigue avec un tapis d'environ 18 millions, le plaçant tout en haut du classement. On souhaite maintenant bien du courage à ses adversaires pour venir l'en déloger. Car en dehors du Champion du Monde 2012 Greg Merson, du taulier Isaac Haxton ou de notre W rouge Leo Margets, ils ne sont plus très nombreux à faire preuve d'une telle expérience. - Flegmatic

René-Charles Angelil

À l'international, on pleure également à chaudes larmes l'élimination de René-Charles Angelil, 123ᵉ pour 70 000 $. Pourquoi ? Parce que le fils de Céline Dion l'avait affirmé la veille devant les caméras de PokerGO : en cas de table finale, sa superstar de maman serait venue le soutenir dans le rail, comme nous l'avions semi-ironiquement laissé entendre quelques jours plus tôt. L'occasion d'une vie, envolée en un clin d'œil.

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Drapeau à tête de mort en haut Dumas

- 12 juillet 2025 - Par Phil Anthropik

Jordan Dumas s'incline en 128ᵉ place, pendant que les français se donnent rendez-vous à la même table.
Level 25 : Blindes 30 000 / 60 000 BB ante 60 000
Main Event 10 000 $ (Day 6)

Dumas trépasse 

Jordan Dumas
Arrivé pour ce Day 6 avec un gros drapeau tricolore, Jordan Dumas a fait vibrer l'Hexagone du poker jusqu'en 128e place. Avec un tapis de 3 millions de jetons au moment d'entamer la journée, le Lyonnais d'origine est vite tombé dans une zone délicate en perdant quelques coups, dont un flip avec As-Roi contre une paire de 9 pour un pot de plus d'un million. Les événements sont allés de mal en pis lorsqu’il a envoyé ses 14 dernières blindes avec Roi-Valet, qui se sont écrasées contre un random As-Roi.

Professionnel depuis 4 ans, Jordan vivait son deuxième Main Event. L'an dernier, il avait poussé l'aventure jusqu'au Day 2. Cette année, il a découvert l'argent et la joie d'un deep run sur lequel il se sera battu pendant six jours. "C'est déjà magnifique d’arriver là, relativise-t-il immédiatement. Bien sûr, c’est frustrant. Je suis encore sous le choc que tout s’arrête d’un coup, mais combien de personnes auraient voulu ce run ?"

Jordan a en lui la fibre nationale, soutenant les Français jusqu'au bout : "Je vais me poser un peu, mais je reviens vite, peut-être plus tard dans la journée, sinon demain, pour rail les Bleus." Ce très beau parcours s’achève avec une magnifique place, qui le récompense de 70 000 $. - Phil Anthropik

La France contre le reste du monde

Après l'arrivée de Fabrice Bigot, ils se retrouvent quatre Tricolores à la même table : Arnaud Mattern, Adrien Zykowski et l’inarrêtable Thomas Eychenne, qui passe la barre des 8 millions de jetons. Prenant le temps de discuter avec nous, Adrien nous confie qu’il est bien dans son jeu, malgré des connaissances limitées dans le jeu à 20 BB deep. Sa stratégie est en place : "Je vais jouer solide. Pour l’instant, les autres s’entretuent, je vais prendre les spots les plus simples. Au moins, l’avantage que j’ai, c’est d’avoir la position sur le chipleader."

 Daniel Iachan
Deux crans à sa droite : l’Américain Daniel Iachan, avec 11,8 millions et un pedigree Hendon Mob évalué à... 205 $. A-t-il reset son compte ? Est-il vraiment le total inconnu qu’il prétend être ? Affaire à suivre. [Edit de Flegmatic : sous le choc de la découverte, Phil Anthropik a confondu Daniel Iachan (avec un "i") et Daniel Lachan (avec un "l"). Celui qui nous intéresse a en fait 87 539 $ recensés sur Hendon Mob, ce qui reste tout de même peu quand on se retrouve aussi loin sur un tournoi à 10 000 $]

Florian Ribouchon
Sur la table adjacente, Florian Ribouchon est en pleine forme, ayant gagné trois flips d’affilée : paire de 4 contre As-Roi, As-Dame contre paire de 9 et paire de Valets contre As-Roi pour remonter à 3,6 millions. De quoi respirer un peu. - Phil Anthropik

EDIT : Aïe… On nous annonce dans l’oreillette que Florian vient de se prendre les pieds dans le tapis. On vous raconte ça très vite.

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