202 joueurs se qualifient pour le Day 6, dont 14 Français
Leo Margets tient sa deuxième chance sur le plus beau tournoi du monde, seize ans après s'y être révélée
Le jeune Sam Jakubowicz est en train de vivre la "Team Pro Experience" la plus belle qui soit !
Main Event 10 000 $ (Day 5)
Tout simplement bluffant !
Impressionnant ? C’est un minimum. Remarquable ? Assurément. Les adjectifs ne manquent pas pour décrire ce que réalise Sam Jakubowicz sur ce Main Event des WSOP. Jour après jour, le Montpelliérain continue d’impressionner ses adversaires, les observateurs, et même ses coéquipiers du Team Winamax. À sa table, le constat est unanime. Chaque fois que Sam remporte un coup important, ses voisins le félicitent, admiratifs de la justesse de ses décisions. Une image de joueur solide qu’il cultive parfaitement. “J’ai l’impression que le patch Team Pro me fait gagner un peu de crédit, et que certains n’osent pas trop me jouer. Mais l’inverse est aussi vrai, car quand je bluffe, je sais que ça peut jouer contre moi.”La main qui illustre le mieux cette dualité ? Ce pot gigantesque à près de 4 millions, disputé juste avant le dinner break, au cours duquel Sam a fait le plus gros bluff de son tournoi. “Je savais que je devais faire tapis à ce moment-là, car je me suis dit qu’il ne trouverait pas de bluff chez moi.” Bingo. Son adversaire, en tilt, finit par abandonner une couleur. “J’ai mis une heure à redescendre. C’est la première fois que je partais à tapis en étant couvert.” Le meilleur remède ? Une pause massage de trente minutes, qui lui a permis de souffler un bon coup avant de repartir au combat.
Mais après ça, Sam a connu un léger coup d’arrêt, perdant plus d’un million dans un pot contre ce même joueur, qui lui aurait, cette fois, renvoyé l’ascenseur avec un bluff. “Je ne sais pas s’il dit vrai, mais je suis content, car cela ne m'a pas du tout impacté.” Une journée faite de montagnes russes, mais avec une constante : le niveau de jeu affiché. Et à l’issue de ce Day 5, Sam pointe toujours solidement dans le haut du classement avec 3,1 millions (50 BB). Le chemin, il l’a bien en tête. Et pour le moment, il n’en dévie pas d’un pouce. - VictorP
L'expérience au service du jeu
Au cours de ce Day 6, Leo Margets (2,8 millions, 47 BB) a vécu une journée faite de montagnes russes, entre émotions fortes et décisions clés. "Ça a été une journée complètement folle, un vrai roller coaster émotionnel." nous a-t-elle confié. Mais rien qui n'ait pu la déconcentrer, ni entacher le plaisir qu’elle a pris à être là. "Je me suis sentie très bien. Contente aussi, car j'ai réussi à rester focus tout au long de la journée, même si tout n'a pas été simple."Ce genre de sensations, Leo les a déjà vécues, en 2009 notamment, lorsqu’elle s’était hissée jusqu’à la 27e place du tournoi. Mais la Leo de cette année n’a plus grand-chose à voir avec celle de l’époque. "J’étais beaucoup plus nerveuse, moins expérimentée. Maintenant, je sens que je suis bien mieux préparée." Mieux préparée, oui, mais pas pour autant dans un excès de confiance. "Je sais que tout peut arriver, et que je vais devoir faire face à des moments plus compliqués où je ne saurai peut-être pas quoi faire. Mais peu importe le résultat, je continuerai de donner le meilleur de moi-même." - VictorP
Les 14 Français du Day 6
Fin de journée agitée pour Florian Ribouchon... mais c'est surtout en raison des nombreux verres que le serveur lui a apporté : le dernier représentant du KING5, fidèle à ses penchants iconoclastes et jemenfoutistes, a commencé la troisième mi-temps bien avant la conclusion du Day 5. Peut-être parce que son stack réduit n'allait pas lui occasionner trop de décisions compliquées ?
| Nom | Stack | BB |
|---|---|---|
| Arnaud Mattern | 5 800 000 | 97 |
| Romain Locquet | 4 100 000 | 68 |
| Thomas Eychenne | 4 000 000 | 67 |
| Adrien Delmas | 3 600 000 | 60 |
| Sam Jakubowicz (Team Pro Experience) |
3 100 000 | 50 |
| Damien Luis | 3 000 000 | 50 |
| Jordan Dumas | 3 000 000 | 50 |
| Validmir Nex | 2 100 000 | 35 |
| Thi Nguyen | 2 000 000 | 33 |
| Adrien Zychowski | 1 300 000 | 22 |
| Florian Ribouchon (Vainqueur KING5) |
1 200 000 | 18 |
| Alexis Lucarini | 1 100 000 | 18 |
| Fabrice Bigot | 1 100 000 | 18 |
| Julien Mariani | 540 000 | 9 |
Un leader controversé (bis)
Rappelez-vous : en fin de Day 2D, on mentionnait que le chip-leader du clan français de ce soir-là, Romain Locquet, se traînait une réputation peu enviable sur le forum du ClubPoker. En raison, en autres, d'un pari à gros enjeux avec la communauté poker numéro 1 en France qui s'était terminé en eau de boudin, entre insultes et menaces... Ce soir, en guise de nouveau chip-leader tricolore, cette fois avec seulement 202 compétiteurs restants, que diriez-vous d'un joueur récemment accusé de faire partie d'un réseau d'organisateurs de parties de poker truquées ?
Dans la foulée de ces graves accusations, Mattern avait lancé une procédure en diffamation contre deux de ses pourfendeurs, et répondu aux questions du ClubPoker, dans un droit de réponse somme toute légitime vu sa position. Mais ses explications n'avaient pas convaincu tout le monde (euphémisme), car le mis en cause, dans un exercice pour le moins acrobatique, niait en bloc tout comportement litigieux... tout en concédant que certains éléments de l'histoire étaient véridiques. Oui, il officiait bien de temps à autre comme croupier dans des parties privées en Californie pour s'assurer des revenus réguliers. Oui, la magie et les tours de cartes furent (sont ?) une de ses passions. Mais non, il ne manipulait pas la distribution des cartes de ces parties pour le profit d'un complice. Et non, les parties durant lesquelles il a officié n'avaient rien de suspect à ses yeux. Mattern a eu d'autant plus de mal à convaincre que cette breaking news a délié des langues, concernant une autre partie privée, cette fois jouée en France, en compagnie de noms bien connus du circuit.
Entre Yves Hallague, Romain Locquet et Arnaud Mattern (et peut-être d'autres dont on ignore les histoires - n'allez pas vous imaginer qu'on a des dossiers sur tout le monde, loin de là), cette année nous avons été servis en matière de deep-runs de joueurs "à problèmes"... On est loin du prestige qu'on associe au Main Event des WSOP, la beauté de la compétition qu'on aime y voir, la passion pour le beau jeu qui nous anime au moment d'écrire des histoires qui se veulent épiques. Il y aurait matière à un article : comment couvrir les joueurs controversés ? On fait comme si de rien n'était ? Là, tout de suite, l'évidence s'imposait : ne pas passer sous silence lesdits problèmes... quand bien même ils ne consistent, dans le cas de Mattern, qu'en des accusations. Car oui, il faut tout de même le préciser : rien de tout ce qui précède n'est véritablement prouvé. Tout n'est que déclarations. Version contre version. Parole contre parole. Soyons précis : paroles contre parole.
Aujourd'hui, Arnaud Mattern pointe en 18ᵉ place parmi les 202 derniers joueurs du Main Event, avec un tapis de 5,84 millions. 97 BB : c'est probablement bien suffisant pour prédire que ces histoires vont remonter en première page des gazettes, inonder le chat des streams, et faire remonter quelques topics en première page. Ce soir, l'intéressé nous dit qu'il n'y pensera pas. Ils peuvent parler, lui va se concentrer sur les dix millions qu'il espère gagner. Dans l'immédiat, c'est effectivement la seule chose à faire. - Benjo
Mariani dans le dur
C’est une deuxième partie de journée cauchemardesque qu’a vécue Julien Mariani. Après deux jours passés dans le haut du chipcount, le Marseillais termine ce Day 5 en glissant sous la barre des 10 blindes. "Je me suis fait déchirer", résume-t-il succinctement, après une série de coups perdus, entre variance cruelle et setups inévitables, comme cette paire de Rois qui s’écrase contre une paire d’As dans un pot de 5,4 millions de jetons.Ajoutez à cela un call-muck douloureux pour un pot de près de 2 millions, avec As-Roi sur un board 3
5
K
Q
7
, face à un Michael Paris qui mise pot à la rivière avec K
5
. On comprend le désarroi du Sudiste au moment de quitter la salle. Au poker, ce n’est que rarement droit au but, mais l’histoire est souvent plus belle lorsqu’elle passe par une série de dribbles. Avec 10 blindes à la reprise, Mariani est certes dans la zone rouge, mais rien n’est encore écrit. - Phil Anthropik
Thomas enchaîne
De son propre aveu, "c’est une journée de folie" qu’a traversée Thomas Eychenne. "Je ne compte plus les premiums", sourit-il, alignant les As et les Rois à plusieurs reprises, ou encore les Dames contre As-Roi dans un pot décisif qui l’a propulsé au-delà des 5 millions.Pourtant, toutes les rencontres n’ont pas tourné en sa faveur. Deux gros flips lui échappent, dont un qui l’aurait fait grimper à plus de 9 millions. Malgré l’intensité, Thomas garde la tête froide : "Tu sais, il reste encore plus de 200 joueurs. On est encore très loin. Demain, ce sera un nouveau tournoi qui commencera. Je ne me projette pas. Des deep runs, j’en ai fait, mais des tables finales… pas beaucoup."
Certes, mais l’une d’elles était celle du PSPC, un 25 000 $ au field gigantesque de plus de 1 000 joueurs. Alors oui, on est encore loin, mais dans un coin de la tête, l’idée que l’exploit soit à nouveau possible sur le plus beau tournoi du monde nous trotte déjà. - Phil Anthropik
La surprise qui dure
Ce n'est peut-être que son deuxième tournoi live… mais Adrien Zychowski joue comme s’il en avait cent au compteur. Dernier membre de la Team Elite Poker encore en course sur ce Main Event, le grinder de cash game continue d’impressionner. Parti avec 400 000 jetons, il termine ce Day 5 avec 1 260 000 (2BB) et son ticket pour le Day 6. “C'était une journée de fou. Entre le moment où j'ai chatté en début de journée alors que je me voyais bust et la fois où je suis parti à tapis, c'était intense. Mais je suis très content de la façon dont j'ai joué. Je ne suis jamais sorti de mon tournoi, je n'ai pas fait de move insensé, j’ai juste joué mon jeu”, glisse-t-il avec le sourire.Résultat, 60 000 dollars assurés. “Je vois les paliers passer, mais j’essaie de ne pas y penser pour rester focus.” Le petit clin d’œil de fin ? Deux Rois trouvés sur la dernière main de la journée. “J’avais juste envie de bag… Et là, boom, deux Rois. J’open, la BB défend, flop As high, il muck direct en me disant : ‘Elle est pour toi celle-là’.” - VictorP
2010 - 2025 : Damien Luis, l'art du grand écart
Il n'est pas le visage le plus familier parmi les prétendants tricolores... mais Damien Luis a quelque chose que les Mariani, Ribouchon, Eychenne et autres Bigot n'ont pas : le trophée officieux (mais somme toute prestigieux, en tout cas pour nous) de dernier Français en lice sur une précédente édition du Main Event. Et ça ne date pas d'hier : en 2010, alors que les grinders d'aujourd'hui étaient encore au collège, le Lyonnais atteignait le Day 7, et signait une 41ᵉ place bonne pour plus de 200 000 dollars de gains. L'évocation de ce souvenir fait sourire Luis. Bien sûr, il n'a rien oublié, mais ne comptez pas sur lui pour être nostalgique de ce temps révolu. "Je me sens bien mieux aujourd'hui ! En 2010, j'étais complètement débutant, impressionné. Je me rappelle mon arrivée en table télé..." Il rigole. Non, vraiment, ce n'était pas mieux avant. A part peut-être une chose : le niveau de jeu. "A l'époque, il y avait quand même plus de 'gamble', les pots partaient facilement en 3-bet, 4-bet... Ca s'est durci aujourd'hui."Ses voyages à Vegas restent sporadiques : après la perf qui l'a révélé, Luis n'est pas devenu un de ces regs retentant le coup chaque année. "Ha non, vraiment pas. Ça doit être mon quatrième Vegas au total !" Durant ce Day 5, il a dû prendre son mal en patience, restant longtemps assis derrière un short-stack. Pas réellement un problème pour celui qui se définit comme naturellement zen, "cool, à l'aise". Et puis, le spot favorable a fini par arriver. "Ça s'est accéléré à la fin", notamment grâce à "une erreur de Greg Merson." Résultat : 3 millions pour entamer le Day 6. Pile la moyenne, 50 BB, tout peut arriver. Sauf une chose... "En principe, je dois être bientôt dans l'avion du retour. Les vacances en famille. Bon, elles vont devoir attendre la fin de tout ça !" - Benjo
Day 6 : le top 10
L'Autrichien Sebastian Schulze fut le premier joueur à se monter un tapis à huit chiffres. 620 000 dollars de gains en live, d'après Hendon Mob
| Nom | Pays | Stack | BB |
|---|---|---|---|
| Sebastian Schulze | Autriche | 12 700 000 | 212 |
| Chad Power | USA | 9 500 000 | 158 |
| Braxton Dunaway | USA | 8 600 000 | 143 |
| Sergio Da Silva Veloso | Portugal | 8 200 000 | 137 |
| Richard Buckingham | USA | 7 600 000 | 127 |
| Albert Calderon | USA | 7 400 000 | 123 |
| Muhamet Perati | Italie | 7 000 000 | 117 |
| William Kassouf | UK | 6 900 000 | 115 |
| Pedro Padilha Chaves | Brésil | 6 800 000 | 113 |
| Michael Garner | USA | 6 500 000 | 108 |
On va jouer contre qui ?
Une toute petite sélection de ce qui attend nos Français sur le Day 6. On a volontairement mis de côté la plupart des grands noms (Haxton, Hastings, etc) pour se concentrer sur quelques profils moins connus.
René Charles Angelil, on retranscrit en VO : "J'ai beaucoup swing, avec un bluff ben cher où je me suis fait call par 2e pâr, c'était ben sick" Avec 39 blindes à la reprise, on conserve intact l'espoir de voir débarquer Céline Dion dans le rail de la finale !
RDV vendredi à midi (21h en France) pour le coup d'envoi du Day 6. Bonne journée !
Benjo, VictorP & Phil Anthropik






































