Entre révélations, confirmations et accusations

- 11 juillet 2025 - Par Benjo DiMeo

202 joueurs se qualifient pour le Day 6, dont 14 Français
Leo Margets tient sa deuxième chance sur le plus beau tournoi du monde, seize ans après s'y être révélée
Le jeune Sam Jakubowicz est en train de vivre la "Team Pro Experience" la plus belle qui soit !
Main Event 10 000 $ (Day 5)

Tout simplement bluffant !

Samu Jakubowicz
Impressionnant ? C’est un minimum. Remarquable ? Assurément. Les adjectifs ne manquent pas pour décrire ce que réalise Sam Jakubowicz sur ce Main Event des WSOP. Jour après jour, le Montpelliérain continue d’impressionner ses adversaires, les observateurs, et même ses coéquipiers du Team Winamax. À sa table, le constat est unanime. Chaque fois que Sam remporte un coup important, ses voisins le félicitent, admiratifs de la justesse de ses décisions. Une image de joueur solide qu’il cultive parfaitement. “J’ai l’impression que le patch Team Pro me fait gagner un peu de crédit, et que certains n’osent pas trop me jouer. Mais l’inverse est aussi vrai, car quand je bluffe, je sais que ça peut jouer contre moi.”

La main qui illustre le mieux cette dualité ? Ce pot gigantesque à près de 4 millions, disputé juste avant le dinner break, au cours duquel Sam a fait le plus gros bluff de son tournoi. “Je savais que je devais faire tapis à ce moment-là, car je me suis dit qu’il ne trouverait pas de bluff chez moi.” Bingo. Son adversaire, en tilt, finit par abandonner une couleur. “J’ai mis une heure à redescendre. C’est la première fois que je partais à tapis en étant couvert.” Le meilleur remède ? Une pause massage de trente minutes, qui lui a permis de souffler un bon coup avant de repartir au combat.

Mais après ça, Sam a connu un léger coup d’arrêt, perdant plus d’un million dans un pot contre ce même joueur, qui lui aurait, cette fois, renvoyé l’ascenseur avec un bluff. “Je ne sais pas s’il dit vrai, mais je suis content, car cela ne m'a pas du tout impacté.” Une journée faite de montagnes russes, mais avec une constante : le niveau de jeu affiché. Et à l’issue de ce Day 5, Sam pointe toujours solidement dans le haut du classement avec 3,1 millions (50 BB). Le chemin, il l’a bien en tête. Et pour le moment, il n’en dévie pas d’un pouce. - VictorP

L'expérience au service du jeu

Leo Margets
Au cours de ce Day 6, Leo Margets (2,8 millions, 47 BB) a vécu une journée faite de montagnes russes, entre émotions fortes et décisions clés. "Ça a été une journée complètement folle, un vrai roller coaster émotionnel." nous a-t-elle confié. Mais rien qui n'ait pu la déconcentrer, ni entacher le plaisir qu’elle a pris à être là. "Je me suis sentie très bien. Contente aussi, car j'ai réussi à rester focus tout au long de la journée, même si tout n'a pas été simple."

Ce genre de sensations, Leo les a déjà vécues, en 2009 notamment, lorsqu’elle s’était hissée jusqu’à la 27e place du tournoi. Mais la Leo de cette année n’a plus grand-chose à voir avec celle de l’époque. "J’étais beaucoup plus nerveuse, moins expérimentée. Maintenant, je sens que je suis bien mieux préparée." Mieux préparée, oui, mais pas pour autant dans un excès de confiance. "Je sais que tout peut arriver, et que je vais devoir faire face à des moments plus compliqués où je ne saurai peut-être pas quoi faire. Mais peu importe le résultat, je continuerai de donner le meilleur de moi-même." - VictorP

Les 14 Français du Day 6

Florian Ribouchon
Fin de journée agitée pour Florian Ribouchon... mais c'est surtout en raison des nombreux verres que le serveur lui a apporté : le dernier représentant du KING5, fidèle à ses penchants iconoclastes et jemenfoutistes, a commencé la troisième mi-temps bien avant la conclusion du Day 5. Peut-être parce que son stack réduit n'allait pas lui occasionner trop de décisions compliquées ?

Nom Stack BB
Arnaud Mattern 5 800 000 97
Romain Locquet 4 100 000 68
Thomas Eychenne 4 000 000 67
Adrien Delmas 3 600 000 60
Sam Jakubowicz
(Team Pro Experience)
3 100 000 50
Damien Luis 3 000 000 50
Jordan Dumas 3 000 000 50
Validmir Nex 2 100 000 35
Thi Nguyen 2 000 000 33
Adrien Zychowski 1 300 000 22
Florian Ribouchon
(Vainqueur KING5)
1 200 000 18
Alexis Lucarini 1 100 000 18
Fabrice Bigot 1 100 000 18
Julien Mariani 540 000 9


Un leader controversé (bis)

Rappelez-vous : en fin de Day 2D, on mentionnait que le chip-leader du clan français de ce soir-là, Romain Locquet, se traînait une réputation peu enviable sur le forum du ClubPoker. En raison, en autres, d'un pari à gros enjeux avec la communauté poker numéro 1 en France qui s'était terminé en eau de boudin, entre insultes et menaces... Ce soir, en guise de nouveau chip-leader tricolore, cette fois avec seulement 202 compétiteurs restants, que diriez-vous d'un joueur récemment accusé de faire partie d'un réseau d'organisateurs de parties de poker truquées ? 

Arnaud Mattern
C'est un fait : depuis décembre 2023 et les accusations d'un joueur high-stakes chinois nommé Wesley Fei, le nom d'Arnaud Mattern n'évoque plus les souvenirs une victoire à l'EPT (Prague, 2007), ni un passage dans deux écuries de prestige au tournant des années 2010 (Winamax puis PokerStars), mais plutôt la réputation, osons le mot, d'un infréquentable. Du genre dont la simple présence sur les WSOP, qui plus est au Day 6 du plus gros tournoi du monde, fait littéralement hurler nombre de pros que vous connaissez bien et qui ne se privent pas d'en faire profiter nos oreilles. Du genre dont on hésite depuis le Day 1 à raconter le moindre coup dans le coverage, de peur que les lecteurs nous accusent à notre tour d'être indulgents avec celui qui a perdu toute leur estime. Du genre dont on ne passe plus la pause-dîner avec, comme on l'a si souvent pu le faire à une époque. Quelqu'un envers qui la confiance est rompue, tout simplement.

Dans la foulée de ces graves accusations, Mattern avait lancé une procédure en diffamation contre deux de ses pourfendeurs, et répondu aux questions du ClubPoker, dans un droit de réponse somme toute légitime vu sa position. Mais ses explications n'avaient pas convaincu tout le monde (euphémisme), car le mis en cause, dans un exercice pour le moins acrobatique, niait en bloc tout comportement litigieux... tout en concédant que certains éléments de l'histoire étaient véridiques. Oui, il officiait bien de temps à autre comme croupier dans des parties privées en Californie pour s'assurer des revenus réguliers. Oui, la magie et les tours de cartes furent (sont ?) une de ses passions. Mais non, il ne manipulait pas la distribution des cartes de ces parties pour le profit d'un complice. Et non, les parties durant lesquelles il a officié n'avaient rien de suspect à ses yeux. Mattern a eu d'autant plus de mal à convaincre que cette breaking news a délié des langues, concernant une autre partie privée, cette fois jouée en France, en compagnie de noms bien connus du circuit.

Entre Yves Hallague, Romain Locquet et Arnaud Mattern (et peut-être d'autres dont on ignore les histoires - n'allez pas vous imaginer qu'on a des dossiers sur tout le monde, loin de là), cette année nous avons été servis en matière de deep-runs de joueurs "à problèmes"... On est loin du prestige qu'on associe au Main Event des WSOP, la beauté de la compétition qu'on aime y voir, la passion pour le beau jeu qui nous anime au moment d'écrire des histoires qui se veulent épiques. Il y aurait matière à un article : comment couvrir les joueurs controversés ? On fait comme si de rien n'était ? Là, tout de suite, l'évidence s'imposait : ne pas passer sous silence lesdits problèmes... quand bien même ils ne consistent, dans le cas de Mattern, qu'en des accusations. Car oui, il faut tout de même le préciser : rien de tout ce qui précède n'est véritablement prouvé. Tout n'est que déclarations. Version contre version. Parole contre parole. Soyons précis : paroles contre parole.

Aujourd'hui, Arnaud Mattern pointe en 18ᵉ place parmi les 202 derniers joueurs du Main Event, avec un tapis de 5,84 millions. 97 BB : c'est probablement bien suffisant pour prédire que ces histoires vont remonter en première page des gazettes, inonder le chat des streams, et faire remonter quelques topics en première page. Ce soir, l'intéressé nous dit qu'il n'y pensera pas. Ils peuvent parler, lui va se concentrer sur les dix millions qu'il espère gagner. Dans l'immédiat, c'est effectivement la seule chose à faire. - Benjo

Mariani dans le dur

Julien Mariani
C’est une deuxième partie de journée cauchemardesque qu’a vécue Julien Mariani. Après deux jours passés dans le haut du chipcount, le Marseillais termine ce Day 5 en glissant sous la barre des 10 blindes. "Je me suis fait déchirer", résume-t-il succinctement, après une série de coups perdus, entre variance cruelle et setups inévitables, comme cette paire de Rois qui s’écrase contre une paire d’As dans un pot de 5,4 millions de jetons.

Ajoutez à cela un call-muck douloureux pour un pot de près de 2 millions, avec As-Roi sur un board 3 5 K Q 7, face à un Michael Paris qui mise pot à la rivière avec K5. On comprend le désarroi du Sudiste au moment de quitter la salle. Au poker, ce n’est que rarement droit au but, mais l’histoire est souvent plus belle lorsqu’elle passe par une série de dribbles. Avec 10 blindes à la reprise, Mariani est certes dans la zone rouge, mais rien n’est encore écrit. - Phil Anthropik

Thomas enchaîne

Thomas Eychenne
De son propre aveu, "c’est une journée de folie" qu’a traversée Thomas Eychenne. "Je ne compte plus les premiums", sourit-il, alignant les As et les Rois à plusieurs reprises, ou encore les Dames contre As-Roi dans un pot décisif qui l’a propulsé au-delà des 5 millions.

Pourtant, toutes les rencontres n’ont pas tourné en sa faveur. Deux gros flips lui échappent, dont un qui l’aurait fait grimper à plus de 9 millions. Malgré l’intensité, Thomas garde la tête froide : "Tu sais, il reste encore plus de 200 joueurs. On est encore très loin. Demain, ce sera un nouveau tournoi qui commencera. Je ne me projette pas. Des deep runs, j’en ai fait, mais des tables finales… pas beaucoup."

Certes, mais l’une d’elles était celle du PSPC, un 25 000 $ au field gigantesque de plus de 1 000 joueurs. Alors oui, on est encore loin, mais dans un coin de la tête, l’idée que l’exploit soit à nouveau possible sur le plus beau tournoi du monde nous trotte déjà. - Phil Anthropik

La surprise qui dure

Adrien Zychowski
Ce n'est peut-être que son deuxième tournoi live… mais Adrien Zychowski joue comme s’il en avait cent au compteur. Dernier membre de la Team Elite Poker encore en course sur ce Main Event, le grinder de cash game continue d’impressionner. Parti avec 400 000 jetons, il termine ce Day 5 avec 1 260 000 (2BB) et son ticket pour le Day 6. “C'était une journée de fou. Entre le moment où j'ai chatté en début de journée alors que je me voyais bust et la fois où je suis parti à tapis, c'était intense. Mais je suis très content de la façon dont j'ai joué. Je ne suis jamais sorti de mon tournoi, je n'ai pas fait de move insensé, j’ai juste joué mon jeu”, glisse-t-il avec le sourire.

Résultat, 60 000 dollars assurés. “Je vois les paliers passer, mais j’essaie de ne pas y penser pour rester focus.” Le petit clin d’œil de fin ? Deux Rois trouvés sur la dernière main de la journée. “J’avais juste envie de bag… Et là, boom, deux Rois. J’open, la BB défend, flop As high, il muck direct en me disant : ‘Elle est pour toi celle-là’.” - VictorP

2010 - 2025 : Damien Luis, l'art du grand écart

Damien Luis
Il n'est pas le visage le plus familier parmi les prétendants tricolores... mais Damien Luis a quelque chose que les Mariani, Ribouchon, Eychenne et autres Bigot n'ont pas : le trophée officieux (mais somme toute prestigieux, en tout cas pour nous) de dernier Français en lice sur une précédente édition du Main Event. Et ça ne date pas d'hier : en 2010, alors que les grinders d'aujourd'hui étaient encore au collège, le Lyonnais atteignait le Day 7, et signait une 41ᵉ place bonne pour plus de 200 000 dollars de gains. L'évocation de ce souvenir fait sourire Luis. Bien sûr, il n'a rien oublié, mais ne comptez pas sur lui pour être nostalgique de ce temps révolu. "Je me sens bien mieux aujourd'hui ! En 2010, j'étais complètement débutant, impressionné. Je me rappelle mon arrivée en table télé..." Il rigole. Non, vraiment, ce n'était pas mieux avant. A part peut-être une chose : le niveau de jeu. "A l'époque, il y avait quand même plus de 'gamble', les pots partaient facilement en 3-bet, 4-bet... Ca s'est durci aujourd'hui."

Ses voyages à Vegas restent sporadiques : après la perf qui l'a révélé, Luis n'est pas devenu un de ces regs retentant le coup chaque année. "Ha non, vraiment pas. Ça doit être mon quatrième Vegas au total !" Durant ce Day 5, il a dû prendre son mal en patience, restant longtemps assis derrière un short-stack. Pas réellement un problème pour celui qui se définit comme naturellement zen, "cool, à l'aise". Et puis, le spot favorable a fini par arriver. "Ça s'est accéléré à la fin", notamment grâce à "une erreur de Greg Merson." Résultat : 3 millions pour entamer le Day 6. Pile la moyenne, 50 BB, tout peut arriver. Sauf une chose... "En principe, je dois être bientôt dans l'avion du retour. Les vacances en famille. Bon, elles vont devoir attendre la fin de tout ça !" -  Benjo

Day 6 : le top 10

Sebastien Schulze
L'Autrichien Sebastian Schulze fut le premier joueur à se monter un tapis à huit chiffres. 620 000 dollars de gains en live, d'après Hendon Mob

Nom Pays Stack BB
Sebastian Schulze Autriche 12 700 000 212
Chad Power USA 9 500 000 158
Braxton Dunaway USA 8 600 000 143
Sergio Da Silva Veloso Portugal 8 200 000 137
Richard Buckingham USA 7 600 000 127
Albert Calderon USA 7 400 000 123
Muhamet Perati Italie 7 000 000 117
William Kassouf UK 6 900 000 115
Pedro Padilha Chaves Brésil 6 800 000 113
Michael Garner USA 6 500 000 108

On va jouer contre qui ?

Une toute petite sélection de ce qui attend nos Français sur le Day 6. On a volontairement mis de côté la plupart des grands noms (Haxton, Hastings, etc) pour se concentrer sur quelques profils moins connus.
 

Michael Mizrachi
Après un 4e titre sur le Poker Player Championship, Micheal Mizrachi est en forme pour tenter de retrouver la table finale du Main Event atteinte en 2010

Greg Merson
Greg Merson n'avait pas seulement atteint la table finale. Il était allé au bout en 2012 et soulevé le bracelet et les 8,5 millions de la win

Chad Power
Une seule ligne en 2024 sur un 500 $, Chad Power semble s'être rangé des cartes après une période pré-Covid très fast. Fera-t-il le come-back incroyable ? Avec le deuxième stack à la reprise, tous les espoirs sont permis

Andre Ali
André Ali : un nom inconnu. Sera-t-il le "random deep run" de l'année, comme John Hesp en 2017, ou Darvin Moon en 2009 ?

Stephan Nemetz
L'Autrichien Stefan Nemetz (5,2 millions) accompagnera son compatriote chipleader Sebastian Schulze (12,7 millions)

Eric Afriat
6 millions d'euros, 3 victoires sur le circuit WPT, une finale sur l'EPT Paris, voilà le pédigrée (enviable) du Canadien Eric Afriat

Albert Calderon
6e à la reprise,l'Américain Albert Calderon a le tapis nécessaire pour faire parler la poudre et son expérience, lui qui cumule plus d'1,3 millions sur Hendon Mob

Octavian Vogele
Autrichien, Australien ? Entre la nationalité et le pays où il semble vivre on s'y perd un peu. Retenez juste qu'Octavian Vogele joue depuis 2010 et qu'il est 44e au classement de fin de Day 5

Sergio Da Silva
Bom Dia pour le Portugais Sergio Da Silva, qui bag le 4e stack avec 8,2 millions de jetons

Daniele Primerano
Daniele Primerano est un gros collectionneur de drapeaux qui a fait des performances tant en Suisse qu'en République tchèque, avec aussi une insolite victoire en Uruguay à Punta del Este pour 108 000 $

Yuchen Chen
Yuchen Chen (ici aux côtés de Fabrice Bigot) naviguera avec 50 blindes en début de Day 6

René Charles Angelil
René Charles Angelil, on retranscrit en VO : "J'ai beaucoup swing, avec un bluff ben cher où je me suis fait call par 2e pâr, c'était ben sick" Avec 39 blindes à la reprise, on conserve intact l'espoir de voir débarquer Céline Dion dans le rail de la finale ! 


RDV vendredi à midi (21h en France) pour le coup d'envoi du Day 6. Bonne journée !

Benjo, VictorP & Phil Anthropik

WSOP 2025 : tous nos articles

Les shorts se taillent

- 11 juillet 2025 - Par Phil Anthropik

Il reste 211 joueurs, dont 14 Français
Level 24 : blindes 25 000 / 50 000 BB ante 50 000
Main Event 10 000 $ (Day 5)

Trois abandons Français à l'arrière du peloton

Les trois dernières éliminations tricolores en date concernent des joueurs qui n'ont jamais véritablement réussi à se sortir du bas de tableau aujourd'hui... Ils ont pris quelques beaux paliers, c'est déjà ça ! On tombe à 14 Français restants, à une heure de la fin du Day 5.

Steven Touitou
Deux Valets qui se retrouvent à tapis contre deux fois As-Roi (chez Greg Merson et Santiago Montes) : le deuxième deep run en trois ans de Steven Touitou s'est achevé en 253ᵉ place, mieux que la 415e place acquise en 2022. On avait mis du temps à repérer Touitou dans le field... la faute au drapeau américain apposé à côté de son nom dans l'appli WSOP+. Installé aux USA depuis 2005, il possède aujourd'hui les deux passeports. D'ordinaire installé aux tables de cash-game des casinos les plus luxueux du Strip (Bellagio, Wynn, jusqu'à 20$/40$), Touitou remporte 52 500 dollars, son plus beau cash sur un tournoi live.

Cyrille Rousset
Un des derniers vrais récréatifs du clan français a vu son parcours s'arrêter en 253e position. Cyrille Rousset tentait sa chance sur le Main Event pour la seconde fois : le commerçant basé à Nouméa aura tenu cinq belles journées, et part collecter 52 500 dollars à la caisse du casino. Les vacances américaines, elles, se poursuivent en compagnie de son épouse.

Yves Hallague
Yves Hallague aura passé du bon temps en table télé. Parmi les bons souvenirs qu'il gardera de ce Day 5 : un 2-outer trouvé avec une paire de 2, pour battre les Valets et doubler son petit stack. Premier ITM sur le Main Event pour ce joueur désormais basé en Israël, très en vue sur le circuit au début des années 2010. Il n'a jamais vraiment disparu des radars, mais cette grave faute commise en 2012 au beau milieu d'un tournoi, qui n'avait pas échappé à l'œil de la sécurité du casino de Ribeauvillé, l'avait forcé à se faire discret, et plus ou moins réduit à zéro son aura au sein de la commu. - Benjo

Elle a fait des p'Thi

Thi
Au milieu des années 2010, les Winamax Live Sessions squattaient le Cercle Clichy Montmartre. Le concept ? Des parties de cash game où les membres de la Team W se confrontaient à des regs locaux et des people du monde du foot ou de la musique. Parmi toutes les personnalités passées autour de cet ovale emblématique, le couple Thi Xoa Nguyen / Jimmy Guerrero a marqué le show de son empreinte.

Plus discrète que son phénoménal mari, Thi a laissé à Jimmy le soin de gérer les cartes ces derniers temps, pendant qu’elle se mettait en retrait pour donner naissance à des jumeaux. "C’est le premier festival que je fais depuis ma grossesse", dit-elle avec un grand sourire. "Ça m’avait manqué de ne pas toucher les cartes.".

D’ailleurs, des petits, elle en fait également avec ses jetons, montant progressivement depuis le Day 2, même si elle nous explique avoir perdu un coup à tapis préflop avec une paire de 9 contre une paire de 5, dans un spot au bouton contre la grosse blinde. Un troisième cinq au flop prive Thi d’un pot de 1,4 million. Avec la moyenne encore en sa possession, elle a encore largement de quoi faire. - Phil Anthropik

Il reste Hallaert 

Kenny Hallaert
Après avoir commencé sa carrière comme floor au casino de Namur, Kenny Hallaert est passé de l'autre côté de la barrière depuis bien des années. 6ᵉ du Main Event en 2016, il a réalisé un autre deep run l'année suivante en terminant 64ᵉ.

Toujours présent parmi les 230 joueurs restants, Kenny prouve qu’il est, sur ce tournoi, comme à la maison. En témoigne ce coup où il gratte un pot de 1,5 million. Le Belge ouvre A Q UTG. Relance d’UTG+1 par le Colombien Farid Jattin, Kenny complète préflop, puis paie le c-bet adverse sur 102J. L'action ralentira sur la turn 4 et la rivière 10 : Kenny montrera sa hauteur As, qui suffira à prendre les jetons. Assis derrière 3,3 millions de jetons, Kenny prouve qu’il est toujours alerte. - Phil Anthropik

WSOP 2025 : tous nos articles

Team Pro vs Team Pro

- 11 juillet 2025 - Par Phil Anthropik

Il reste 247 joueurs, dont 17 Français
Level 23: blindes 20 000 / 40 000 BB ante 40 000
Main Event 10 000 $ (Day 5)

Gardes baissé

Josselin Gardes
C'est en table télé que Josselin Gardes a joué son dernier coup... Le récit qui suit, on le doit à PokerNews : on avait le dos tourné vers d'autres tables au moment du drame.

Selon les confrères, Gardes et son tapis de 265 000 ont défendu leur blinde avec 103 après une relance à 65 000 de Santiago Montes (joueur américain) en début de parole.

Semi-jackpot sur le flop 924 : le reste du petit stack de Gardes part évidemment au milieun sur un classique enchaînement check/raise all-in. Problème : avec son AK, Monte coupe pas mal des outs du Français.

Turn A, rivière 6 : c'est non !

Connu comme l'un des meilleurs regs de la section MTT de Winamax sous le pseudo JossTheBoss9 (trois Winamax Series, la deuxième place de la Top Shark en 2023, entre autres), Josselin Gardies bat aujourd'hui son high-score en live, avec une 315ᵉ place valant 45 000 dollars. C'est propre. - Benjo

Les pros se bouffent entre eux

Stephen Chidwick
Qui a dit que les pros évitaient de se bagarrer dans les tournois remplis de joueurs plus faibles qu'eux ? Il ou elle se trompe : c'est bien Isaac Haxon en personne qui s'est chargé de réduire à néant les espoirs de Stephen Chidwick... Dans ce combat entre tauliers de la All-Time Money List, c'est donc l'actuel huitième (55,3 millions de gains en carrière) qui a eu le dessus sur le runner-up (68,1 millions). - Benjo

On achève bien les chevaux

Antoine Berruel
La chevauchée fantastique prend fin pour le nouveau Team Pro PMU Antoine Berruel. Pour LeBerru, lla journée n’a été que dans un sens : celui du cheval en fin de course se dirigeant vers l’abattoir. Avant la pause, le Français va prendre un spot de reshove avec 88 et un stack réduit à 10 BB. Deux joueurs accepteront l’invitation... dont un certain Sam Jackubowicz, oui, notre canasson à nous. Si l’espoir d’un triple up est réel sur le flop 759, Berruel sera douché lorsque le vainqueur la Team Pro Expérience misera avec sa paire de 10 pour isoler son compatriote. Ce dernier ne touchera pas l’un des deux outs nécessaires. Il repart avec 45 000 dollars et un très beau parcours pour honorer le début de son contrat. - Phil Anthropik

De la petite lucarne au Main Event

Alexis Lucarini
Il y a quelques années, Alexis Lucarini avait commencé à faire parler de lui sur Twitch, en streamant ses parties en compagnie de Némo "K0ering" Israël. Déterminé, Alexis a ensuite avancé dans la professionnalisation du poker, passant par l’écurie ATM (Aim the Millions), s'installant même dans leur fief de Budapest. Le grinder, qui jouait les moyennes limites sur Winamax, progresse et claque en live sa première table finale sur le FPS Paris 2023. Depuis, Alexis continue son ascension tout en sillonnant le monde. "Actuellement, je vis au Panama, mais avant j’étais au Costa Rica et au Canada." Tout porte à croire qu’il s’agit du genre de joueur à n’avoir besoin que d’un PC et d’une connexion pour être heureux.

Passé entre les mailles de nos filets pendant les quatre premiers jours du tournoi, il aura fallu attendre le dinner break du Day 5 pour le voir popper dans les hauteurs du chipcount. L'an passé il nous avait régalé d'un coup mythique dans lequel était déjà impliqué un certain Thomas Eychenne. Avec un tapis de 4,5 millions devant lui, vous pensez bien qu’on va désormais garder un œil sur lui pour suivre sa progression. - Phil Anthropik

WSOP 2025 : tous nos articles

Un amateur chute à l'arrière

- 11 juillet 2025 - Par Phil Anthropik

Il reste 317 joueurs
Level 22 : blindes 15 000 / 30 000 BB ante 20 000
Main Event 10 000 $ (Day 5)

Chaudey refroidi

Christopher Chaudey
Déjà croisé l’an dernier sur le Main Event, Christopher Chaudey a remis ça en 2025. Sa routine est restée la même : un programme resserré, bien ciblé, avec en point d’orgue sa deuxième participation au plus beau tournoi du monde. Un choix payant, puisque cet amateur éclairé a franchi les jours les uns après les autres, non sans quelques rebondissements, dont ce one outer trouvé sur la river hier, lui permettant d'entamer le Day 5 avec l’espoir de viser encore plus haut. Mais le rêve a finalement fini par se heurter à la réalité d’un stack réduit à une dizaine de blindes.

Jouant sa survie dans un pot en 3-way, l'entrepreneur basé à Dakar découvre un flop K52. Après un check du relanceur initial, le Français décide de pousser ses quelques blindes au milieu de la table. Le troisième larron dans le coup fait de même, poussant le premier à s’effacer.

Showdown ? Q10 pour Chaudey, KJ en face. Le turn, un K, fait grimacer Christopher. À raison. Car à l'arrivée, la river n’est pas le fameux pique espéré. Le Français quitte le Big One à la 348ᵉ place, pour un gain de 45 000 dollars. De quoi en faire sa deuxième plus belle performance en live, deux ans après son deep run sur un 3 500 $ du Wynn (69 835 $). - VictorP

Tour de France : les Tricolores passent les cols

Cyril Rousset
On rassure la Nouvelle-Calédonie, Cyril Rousset est toujours dans le tournoi et il a pris du gras, passant de 1 à 2 millions de jetons après deux niveaux de jeu. Une progression suite à une confrontation avec deux Rois contre deux Dames. Tout sourire, le Néo-Calédonien poursuit son aventure. "C'est mon deuxième Main Event, la première fois, j'avais fait Day 3, cette année, je suis encore là, c'est incroyable, maintenant ce n'est que du bonus." Avec un peu moins de 70 blindes devant lui, il franchit le palier de 45 000 $ et il peut encore viser plus loin.

Thomas Eychenne
On vous avait bien dit qu'il y aurait de l'action en table télé, et c'est l'homme aux multiples challenges réussis qui en a fourni. Thomas Eychenne s'est retrouvé impliqué avec A9 dans un pot contre l'Américain Brad Owen, qui avait ouvert l'action avec KQ. Sur le flop A910, l'Américain mise un tirage quinte flush royale, payé par le Français avec ses deux paires. La turn Q amène une paire en plus pour Brad, qui envoie ses 620 000 derniers jetons au milieu, que le Tricolore paye sans trop hésiter. Malgré les deux paires du tricolore, Brad Owen joue encore 35 % d'équité river, tentant même le coup de la veste pour essayer de se contre-jynx, mais aucun de ses 15 outs ne viendra frapper la river, offrant un pot de 1,7 million à Thomas, qui franchit la barre des 2 millions de jetons.

Romain Loquet
En parallèle, Romain Loquet poursuit son parcours en reprenant les rênes du clan français, dépassant 4 millions de jetons, pendant que Florian Ribouchon franchit les 2 millions. Il reste encore 17 Français en lice à l'approche du dinner break, avec en fond de liste un Antoine Berruel qui se bat comme un lion avec 10 blindes. - Phil Anthropik

WSOP 2025 : tous nos articles

Une expérience de ouf

- 11 juillet 2025 - Par VictorP

Il reste 341 joueurs
Level 22 : blindes 15 000 / 30 000 BB ante 30 000
Main Event 10 000 $ (Day 5)

De suiveur à suivi

Gabriel Bardini
"C'est dingue, quand même : j'ai été short-stack pendant trois jours... et là, j'arrive enfin à monter des jetons, et..." Gabriel Bardini en fait le constat après son élimination en 383e place : avec le recul, c'est durant les longues journées où il a navigué dans les profondeurs du classement que le vainqueur du KING5 a vécu ses meilleurs moments. Car lorsque les Dieux du poker ont enfin fait pleuvoir des jetons dans sa direction en début de Day 5, ce fut pour aussitôt les lui retirer. "J'ai eu un début de journée magnifique : je suis monté à 57 blindes." À midi, il en avait 23 devant lui... Mais l'embellie sera de courte durée, avec trois coups de poings encaissés en peu de temps. "La SB limp avec ses 18 BB", commence Bardini, "j'isole avec As-10 off, tapis, je paie, il a As-Roi, je tombe à 34 BB." Derrière : "open du hijack avec 25 BB, j'ai JJ au bouton, je 3-bet 5 BB, il jam, payé. Il a deux As." Grrr. Tombé à 8 BB, Gabriel fera tapis une fois, deux fois... Ça sera la dernière fois : un adversaire italien, qui avait ouvert au cut-off, paiera le total (11 BB) avec... Roi-3. "Le Barde" avait shove de grosse blinde avec As-10, et perdra le 60/40.

Le moment semble déjà digéré quelques minutes plus tard. "C'était une expérience de ouf. Je n'ai aucun regret." Au sein d'une équipe KING5 100% top regs (Pecheux, Ribouchon, Merlin, Biffarella), il était le petit nouveau, celui qui découvrait Vegas, en plus du plus beau tournoi du monde. "Avant le Main Event, ça s'était super mal passé, mais je savais pourquoi j'étais là, alors j'ai continué. Tout ce que je te raconte, c'est rien par rapport à ce que je ressens. C'est dix fois plus gros ! Je souhaite à tout le monde de vivre ça, y compris les joueurs qui jouent des 10 euros et qui bossent leur jeu." Avis aux récréatifs qui attendent déjà la prochaine édition du KING5 et rêvent de Vegas en freeroll...

"Avec ce tournoi, je me rends compte du nombre de gens qui aiment et suivent le poker. J'ai reçu tellement de messages de soutien. Et c'est surtout ça qui m'a donné autant d'émotions tout au long du tournoi." Il y a encore quelques années, Gabriel était de ceux qui suivaient les WSOP à distance en stream et sur les coverages. C'est lui qui envoyait des messages d'encouragement. Aujourd'hui, il a franchi un cap à son tour d'être suivi quatre jours durant, et de faire durer le plaisir jusqu'à entrer dans le top 4 % du tournoi, et remporter 40 000 dollars. On retrouvera Gabriel Bardini sur les derniers tournois au programme des WSOP... ainsi que dans le rail du Main Event, de nouveau en position de supporter. "Ribouchon, Mariani, ce sont des bons potes. Je leur souhaite d'aller le plus loin possible." - Benjo

Sam garde le contrôle

Sam / Kassouf
Assis devant un tapis de 1,4 million au moment d'entamer cette cinquième journée, Sam Jakubowicz a connu une petite alerte en début de journée. “Je suis redescendu à 1 million après quelques pots perdus, mais rien d’inquiétant.” Pas de panique pour le grinder montpelliérain, qui a rapidement repris le contrôle, notamment aux dépens de William Kassouf. “On m’avait prévenu sur lui et son trash talk, mais honnêtement, j’ai plutôt vu un joueur loose aggro pas si bon que ça.”

Face au Britannique le plus bavard du circuit, Sam s’est lancé dans un duel à couteaux tirés. “On a joué pas mal de petits pots ensemble. Dans l’un d’eux, je limp 7-8 en petite blinde, il isole 4 BB, je le 3-bet 12 BB, il tank et finit par fold en montrant A-J dépareillé.” Rien de spectaculaire, mais assez pour grignoter l’adversaire et comptabiliser à l'heure actuelle un stack de 2,5 millions. “J’ai dit à mes potes : ce sera lui ou moi… et pour l’instant, c’est moi, donc ça me va !” Affaire à suivre. VictorP

À l'international

JJ Liu
On vous raconte les bustos français dans le détail, mais n'oublions pas de dire au revoir à quelques étrangers partis durant les trois premières heures, comme JJ Liu (photo - 430ᵉ), le YouTubeur Brad Owen (373ᵉ), Joseph Cheong (440ᵉ), ou encore Damien Salas, champion du monde pas entièrement légitime de la bizarre édition spéciale COVID, même si on l'aime bien quand même (440ᵉ).

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