Le deep run commence maintenant

- 10 juillet 2025 - Par Benjo DiMeo

La journée de la bulle s'achève avec un field réduit à 7 % de sa masse initiale
Muni du deuxième plus gros tapis, le Marseillais Julien Mariani mène un clan français réduit à 24 prétendants
Sam Jakubowicz poursuit sa chevauchée comme un vrai top reg, et Leo Margets virevolte jusqu'au Day 5

Main Event 10 000 $ (Fin du Day 4)

WSOP
De 1 461 à 522 joueurs, 65 % d'éliminés : la quatrième journée du Main a été tout aussi efficace que la précédente, question écrémage... sauf qie les joueurs busto que l'on a croisés aujourd'hui dans les couloirs du Horseshoe étaient un poil plus détendus et contents d'être là : contrairement à leurs collègues de la veille, eux ont quitté le Main Event avec un peu de sous en poche, après avoir franchi une gigantesque bulle, comme d'habitude orchestrée de main de maître par l'équipe organisatrice.

De 57 à 24 joueurs : la proportion de busts du Day 4 est peu ou prou la même chez nos Français. Mais nombre d'entre eux ont fait mal au field aujourd'hui. Julien Mariani le premier : artisan de la bulle, le Marseillais n'a fait que grimper au classement, froidement et méthodiquement, pour emballer à une heure du matin le deuxième plus gros stack.

Mariani est béni

Julien Mariani
"Ce sont les encouragements qui me poussent", raconte Julien Mariani au moment d’empaqueter ses 3,6 millions. Comme les acclamations du Vélodrome portent l’OM, les messages des amis du sudiste le transcendent. Si son club de cœur prend les trois points, lui, ce qu’il prend, c’est trois average. Armé de son maillot orange flashy, on ne voyait que lui aujourd’hui au sommet du chipcount. L’un des coups clés de la journée est un banal coup avec deux As contre As-Roi pour 1,3 million. Pour le reste, il nous dit : "J’ai bien run, surtout je ne ressens aucune pression. Est-ce parce qu’on est encore loin ? Je sais pas, en tout cas je ne visualise rien pour l’instant. L’essentiel c’est pas le stack, c’est la survie, mais avec des jetons, c'est mieux." Sur ce Day 4, le sudiste a parfaitement rempli son contrat en faisant péter la bulle tout en montant des montagnes. Pour son premier Main Event, Julien constate : "le niveau est vraiment faible, je sens qu'il y a quelque chose à faire, mais tu le sais, c'est long." En effet, et maintenant, il va falloir se reposer pour être en forme demain et affronter les douze nouvelles heures de bataille qui l'attende. - Phil Anthropik

La Nouvelle Star

Sam Jacubowicz
Sam Jakubowicz continue de faire tomber les barrières les unes après les autres sur ce Main Event. Car avant de se qualifier pour le Day 5, le vainqueur de la Team Pro Experience a eu l'occasion d'évoluer pour la première fois sous les feux des projecteurs de l'une des tables télévisées annexes de l'Event Center du Horseshoe. Une énième nouveauté dont il s'est accommodé avec son flegme habituel, sans plus de pression, même s'il regrettait l'un de ses plays effectué devant les caméras. "J'ai fait un mauvais fold contre Isaac Haxton. Enfin, disons que j'ai abandonné la meilleure main. Je crois que je suis OK avec ce que j'ai fait, disons que c'était un spot où je pensais qu'il ne pouvait pas avoir de bluff… alors qu'il en avait." Qu'on le rassure, il n'est pas le premier et ne sera certainement pas le dernier à se retrouver pris dans les filets de l'actuel n°8 de la All-Time Money List.

Sam Jacubowicz
Ballotté notamment par Ike, Sam a également dû subir une journée "avec moins de mains. Donc c'est forcément plus difficile de monter des jetons." Le bilan comptable s'en ressent forcément avec un "-400 000" de résultat net. De deuxième en jetons au début du Day 4, le jeune Français passe à un stack légèrement au-dessus de la moyenne, d'1,4 million. "Je ne me fais pas de souci. On ne peut pas passer tout un tournoi avec trois fois l'average. Et puis de toute façon, je n'ai pas l'habitude de jouer 300 BB deep. Avec une cinquantaine de blindes, je suis plus dans mon élément." Il aura l'occasion de le prouver dès demain. - Flegmatic

Au tour de Leo de crever l'écran

Leo Margets
Leo Margets a pris le relais de Davidi Kitai dans la future saison de Dans la Tête d'un Pro... spoiler alert : l'Espagnole est bien partie pour nous offrir quelques juteux épisodes, au moins. Verbatim de sa réaction post Day 4 : 

"Franchement, la journée a été incroyable. J’ai été à la meilleure table du tournoi… voire la meilleure table de toute ma vie ! Les joueurs étaient vraiment faibles, et l'ambiance top. Tout le monde était super sympa, je me suis éclatée, et ça aide beaucoup. C’était fun, je me suis bien entendue avec tout le monde. Une super expérience."

Leo nous a fait le résumé d'une journée "pleine de swings" : on ne vous dira pas tout, après tout il ne faut pas trop gâcher ce qui vous attend sur YouTube d'ici à quelques mois ! Son Day 5 débutera avec 810 000 aux blindes 15 000 / 30 000. - Benjo & Renato

Les dix plus gros stacks en fin de Day 3

TV
Harold Lam (USA) 4,2 millions
Jérémy Kotter (USA) 3.7 m.
Julien Mariani (France) 3,6 m.
Kohei Arai (Japon) 3,6 m.
Benjamin Williams (USA) 3,6 m.
Arenii Karmatckii (Russie) 3,4 m.
Michael Hawker (USA) 3,4 m.
Ramon Pessoa (Brésil) 3,4 m.
Mounir Tajiou (Suèdeà 3,3 m.
Luke Chung (USA) 3,2 m.

Mêmes freerolleurs jouent encore

Ribouchon / Bardini
Ce qui restait du KING5 en début de Day 3 a survécu à un Day 4 pas tendre pour le reste du field. "J'aime bien souffrir", lâche Gabriel Bardini avant la traditionnelle photo souvenir. Il est vrai que son tout premier Main Event continue de suivre une tendance short stack, où chaque décision doit être soupesée avec délicatesse. Jamais dans la zone de confort - il n'est pas monté plus haut que 36 blindes - "le Barde" a exécuté un vrai numéro de danseur pour éviter les balles et ne pas rejoindre la (très longue) liste des petits stacks éliminés. "Tous mes 4-bets all-ins, j'ai eu des folds, et vous avez raconté le seul coup à tapis que j'ai joué de la journée..." Une paire de 7 qui tient contre une paire de 4. Le rêve continue pour ce fada de poker depuis ses 18 ans (il en a 36 aujourd'hui), qui a commencé à jouer dans des garages avec ses potes, et a fini par quitter la France et des petits jobs sans avenir pour en faire son métier, après avoir "rencontré les bonnes personnes". Florian Ribouchon est l'une de ces personnes : avec 1,325 million au compteur, son quatrième ITM consécutif sur le Main Event sera quoi qu'il arrive le mieux "deep-runné". - Benjo

Les 24 Français qualifiés pour le Day 4

Romain Locquet
Décidément en forme, Romain Locquet a enchaîné les éliminations lors d'une deuxième apparition en table télé, aussi fructueuse que la première, lors du Day 1

Julien Mariani 3 600 000
Adrien Delmas 2 900 000
Romain Locquet 2 500 000
Thi Nguyen 2 100 000
Arnaud Mattern 2 000 000
Jordan Dumas 1 800 000
Sam Jakubowicz (Team Pro Experience) 1 400 000
Florian Ribouchon (Vainqueur KING5) 1 325 000

Vladimir Nex 1 300 000
Christopher Chaudey 1 300 000
Alexis Lucarini 1 200 000
Fabrice Bigot 1 200 000
Josselin Gardes 1 000 000
Antoine Berruel 910 000
Cyrille Rousset 900 000
Pierre Drochon 870 000
Yves Hallague 855 000
Damien Luis 835 000
Gabriel Bardini (vainqueur KING5) 460 000
Adrien Zychowski 400 000
Samuel Dray 335 000
Steven Touitou 295 000
Thomas Eychenne 290 000
Ibrahim Senoussi 245 000

Thomas Eychenne
Il a un temps tutoyé le sommet du chip-count : Thomas Eychenne termine le Day 4 en fort moins belle posture

Damien Luis
Damien Luis ne dirait pas non à une nouvelle place de "Last French Standing"... Avec 30 BB, tous les espoirs sont permis

Adrien
Adrien Zychowski est le dernier représentant de la Team Elite. 400 000, soit 16 BB à la reprise : "Il n'y aura pas vraiment d'autre stratégie que d'attendre le bon spot... et avant, de se reposer un peu !"

Arnaud Enselme
Le dernier sortant tricolore du jour : Arnaud Enselme (535e pour 32 500 $)

Delmas en grâce

Adrien Delmas
"Allez, la bonne soirée, je suis épuisé." C'est un Adrien Delmas fourbu, mais bien doté en jetons qui a quitté la Ballroom du Horseshoe. 2,86 millions dans le sac, treize heures après être arrivé avec 617 000, c'est ce qui s'appelle une bonne journée de travail. Surtout en ayant passé une bonne partie du Day en compagnie de Joseph Cheong, troisième de ce tournoi en 2010. Et si l'ancien Top Shark n'a pas été très loquace sur le moment, il avait, là encore, fait le taff un peu plus tôt, en nous racontant rien de moins qu'un carré.

"J'open UTG K9 30 000, payé par le bouton. Sur Q99 je fais 25 000, il raise 80 000, je call. La turn est le 9, check / check, la river est un K, je check encore et il fait 225 000, je lui mets 800 000, il paye." Le bon été vegassien ne semble pas vouloir prendre fin pour celui qui a terminé runner-up du "5K 6-max" quelques jours avant le coup d'envoi du Big One- Flegmatic

Chaud derrière

Christopher Chaudey
Quelques minutes avant la fin de ce Day 4, des exclamations se sont fait entendre autour de la table 496, celle de Christopher Chaudey. La raison, c'est que parti à tapis avec Dame-Valet sur un flop As-Dame-Valet, le Français a trouvé son 2-outer dès le turn pour passer devant As-Dame et se propulser à 1,2 million. L'ultime rebondissement d'une journée en forme de montagnes russes. "Je me suis fait craquer des brelans deux fois, se lamente Christopher. Je suis tombé à 8 BB, je suis remonté. Puis 6 BB, idem. 9 BB et maintenant ça. Les mecs à table n'en revenaient pas, mais j'ai le droit de chatter moi aussi, non ?"

On parle souvent de la composante physique qu'implique un deep run sur le Main Event, mais elle va de pair avec l'aspect mental, indispensable pour encaisser swings, setups et autres bad beats. "C'est dans la tête," résume Chris, en mettant un doigt sur sa tempe, tel un tennisman venant de remporter le match après avoir été mené 2 sets à 0. Pour l'heure, le trophée est encore loin, mais il Christopher pourra au moins se soucher en savourant cette petite victoire. - Flegmatic

On termine avec les internationaux

Greg Merson
L'un des deux derniers Champions du Monde encore en course : Greg Merson, lauréat de l'édition 2012 (1,5 million)

Nate Silver
Statisticien attitré de la rubrique politique du New York Time, co-animateur avec Maria Konnikova d'un podcast mélangeant poker et actualité mainstream, et aussi un pratiquant régulier du Texas Hold'em : Nate Silver (805 000)

Brian Hastings
Six bracelets (dont cinq en mixed games), des milliers d'heures de CG high-stakes en ligne, et un high-score pas dégueu sur le Main Event (49e en 2015) : Brian Hastings (1,5 million)

Samuel Chartier
Celui qui aimerait bien rejoindre Jonathan Duhamel au panthéon du poker canadien : Samuel Chartier (1,1 million)

Ebony Kenney
Aucun lien de parenté avec Bryn, mais une même propension à aller taquiner le circuit Triton : Ebony Kenney (315 000)

Stephen Chidwick
Si les MTT en No-Limit ont un jour leur Mont Rushmore, un bout de roche lui sera réservé : Stephen Chidwick (1,9 million)


Kenny Hallaert
Un Belge avec autant de longévité que notre Davidi adoré : Kenny Hallaert (2,8 millions)

Michael Mizrachi
Il cherche sa revanche sur un Main Event qu'il a failli gagner il y a quinze ans : Michael Mizrachi (2,3 millions)

Le plus dur reste à venir

WSOP
Un dernier mot, à propos sur la temporalité du tournoi, pour remettre cette quatrième journée dans son contexte. Ce soir, les joueurs ont fait la moitié du chemin... sans compter la table finale ! On en connaît qui sont déjà bien crevés après quarante heures de poker jouées depuis une semaine. Cette fois, ça y est : tous les joueurs en course peuvent véritablement évoquer l'expression "deep run". Mais pour qu'il se poursuivre, il leur faudra trouver beaucoup, beaucoup de force intérieure pour parcourir une distance identique une seconde fois, et bien plus encore en finale. On ne se rend pas bien compte de l'effort que cela demande... On ne peut qu'être admiratifs, et féliciter tous ceux qui sont encore là. A très vite pour le Day 5 !

Benjo, Flegmatic & Phil Anthropik

Au revoir Président

- 10 juillet 2025 - Par Flegmatic

Il reste 570 joueurs
Level 19 : blindes 10 000 / 15 000 BB ante 15 000
Main Event 10 000 $ (Day 4)

Démis de ses fonctions

Paul Andrade De Almeida

S’il fallait attribuer un prix de la sympathie sur ce Main Event des WSOP, Paul Andrade De Almeida ferait sans aucun doute partie des grands favoris. Le président du Club Poker 95, grand amoureux de nos coverages, s’est envolé quelques jours plus tôt pour Las Vegas avec sa bande de copains dans l’idée de cocher une case sur sa bucket list : jouer le plus beau tournoi du monde au moins une fois dans sa vie. Si ses amis ont finalement préféré tenter leur chance sur le Seniors Event, lui a tenu bon jusqu’au bout, fidèle à sa parole.

Et sur ce tournoi, Paul n’a pas seulement fait acte de présence. À l’aise, concentré, il a parfaitement su transposer son expérience acquise dans son club et sur nos festivals live, à Dublin comme à Bratislava, pour faire face à un field bien différent. Après trois jours relativement tranquilles où il n’a cessé de faire grimper son tapis en flèche, c’est lors de ce Day 4 qu’il a validé sa place payée, avant de se faire sortir au terme d’une journée difficile, conclue par deux setups cruels à encaisser.

"Tu as vu le coup ?", me lance-t-il, encore sonné, alors que je reviens de pause. Non, je n’ai pas vu, mais vu sa tête, ça ne sent pas bon. Dans le premier, Paul se voit offrir une paire de Dames, mais se heurte à un joueur armé d’une paire de Dix. Et vous connaissez la suite : un 10 au flop, et c’est le début de la fin. Quelques mains plus tard, il trouve cette fois deux beaux Rois et pense logiquement pouvoir se refaire. Problème, son adversaire a les As. Les deux touchent brelan, puis full sur la river. Rideau. Paul ne peut que constater les dégâts, éliminé en 640e position, pour un gain de 27 500 €. De loin le plus beau de sa carrière, lui dont la meilleure perf’ live s’élevait jusque-là à 1 990 € pour une victoire à Saint-Amand-les-Eaux.

"Bien sûr que je suis content. C’est une expérience incroyable. Mais c’est frustrant de sortir sur des coups comme ça, surtout après avoir eu autant de jeu. Et puis, c’était clairement la table la plus difficile que j’ai eue du tournoi." Point positif à retenir dans tout ça ? Il n’aura pas à modifier ses plans. “Mon vol est demain, au moins, je n’aurai pas à le changer”. - VictorP

Touitou gazouille

Il était le dernier de nos compatriotes en lice à qui nous n'avions pas encore parlé et pour cause : Steven Touitou s'est longtemps caché de nos regards derrière un drapeau américain sur l'application WSOP+. "C'est parce que je vis aux États-Unis depuis 2005, j'ai les deux passeports," explique celui qui est bel et bien né en France.

D'abord arrivé à Miami, Steven est ensuite parti pour la Ville du Vice il y a cinq ans. Pas étonnant pour quelqu'un qui nous répond par un mouvement de tête vers le tapis vert lorsqu'on lui demande ce qu'il fait dans la vie. "Ça, appuie-t-il, désignant table et jetons. Je suis joueur de cash game live. Je vais principalement jouer au Wynn, à l'Aria et au Bellagio entre 5/10 et 20/40." Tout de même. Ce qui ne l'empêche pas de faire preuve d'un pedigree tout ce qu'il y a de plus correct en tournoi live, compilant 157 000 $.

Sur ce Main Event, Steven est monté aussi haut qu'1,2 million, avant de se prendre les Dames contre les Rois pour retomber dans des eaux bien plus troubles. Au milieu de cette conversation, il pousse d'ailleurs son tapis derrière une ouverture du joueur UTG, qui préfère abandonner. De quoi récupérer quelques pions et passer à 350 000, pour continuer d'espérer faire mieux que sa 415e place acquise en 2022. - Flegmatic

Isaac a une tonne

Isaac Haxton

Déplacé sur l'une des tables télévisées annexes Sam Jakubowicz continue de se maintenir avec 1,3 million de jetons, malgré un bon coup perdu contre Romain Locquet. Mais l’ogre de la table s’appelle Isaac Haxton. "Il écrase la table", résume Sam. Effectivement, l’Américain commence à monter des piles de jetons qui ressemblent à des montagnes. Avec 2,1 millions de jetons, il est parfaitement lancé dans ce Main Event, lui qui, cet été, a déjà terminé 2e du PLO 10 000 $ et 4e du High Roller 100 000 $. "Il joue 50 % des coups, il martyrise tout le monde, c’est compliqué." C'est aussi ça que veut la Team Pro Expérience, jouer en dur les joueurs qu'on voit de l'autre côté de l'écran.

Franchissant les étapes jour après jour, Sam vit le plus gros tournoi de monde à fond. Il ne lui reste plus qu’une seule collègue en lice : Leo Margets, qui se débat comme une diablesse aux côtés du High Staker Brandon Wittmeyer- Phil Anthropik

Les bustos de la dernière heure

Bruno Soutavong

Cinq nouveaux Bleus sont venus s'ajouter à la liste des sortants au retour de dinner break. Et si nous n'avons pas d'infos sur les éliminations de Julien Van Pelt (728ᵉ), Stéphane Revelly (703ᵉ) et Jean Lhuillier (618ᵉ), notre collègue Greg Ceran-Maillard est venu nous rancarder sur la sortie de Bruno Soutavong. C'est simple, le restaurateur parisien a mangé deux setups pour passer de deux millions à rien du tout : un premier avec As-Valet contre Roi-Dame le long d'un board Valet-10-6-4-As et le deuxième avec les Rois contre les As. En résulte une fin de tournoi prématurée en 630e place pour 27 500 $.

Jean Lhuillier

Jean Lhuillier 618e pour 27 500 $

Julien Van Pelt
Julien Van Pelt : 728ᵉ pour 25 000 $

Liv Boeree

Et à part ça, on déplore aussi les éliminations de Chris 'Big Huni' Hunichen (719ᵉ) du quintuple vainqueur de bracelet et Player of the Year 2016 Jason Mercier (707ᵉ), du vainqueur EPT San Remo Andrey Pateychuk (701ᵉ, 25 000 $ chacun), ainsi que de... la vainqueur EPT San Remo et récente finaliste du Main Event des WSOP Paradise Liv Boeree (645ᵉ, 27 500 $).

WSOP 2025 : tous nos articles

Queen Céline dans le rail de la finale ?

- 10 juillet 2025 - Par Phil Anthropik

Il reste 740 joueurs
Level 18 : blindes 6 000 / 12 000 BB ante 12 000
Main Event 10 000 $ (Day 4)

Changement de refrain

Las Vegas est bien entendu la capitale du jeu, mais c’est également la ville du show business, dans laquelle se produisent les artistes les plus bankable de la planète. Parmi les stars en résidence dans la ville du vice, Céline Dion a marqué de son empreinte le Caesars Palace, où elle s'est produite en résidence de longues années, à chaque fois à guichets fermés. Installé à Vegas, son fils René-Charles Angélil est un passionné de poker, qu’il pratique depuis de nombreuses années. Manager de sa superstar de maman, son emploi du temps très rempli ne lui laisse que très peu de temps pour fréquenter les casinos, aussi proches soient-ils.

René Charles Angelil
Pour sa troisième participation au Main Event, René-Charles réalise pour l’instant son plus beau deep run.  "La première fois que je l’ai joué, je n’ai même pas passé le dinner break", raconte-t-il en rigolant. Sur cette édition, changement de refrain : les dinner breaks, il en a déjà passé trois et est en bonne voie pour profiter de son quatrième, avec 1,4 million devant lui. "Je me sens bien. Tout à l’heure, j’étais en table télé, j’étais assez stressé. Je suis concentré, j’ai fait de beaux calls, de beaux bluffs, je suis très content de mon jeu."

Pourtant, l’Américain n’est pas assis à une table facile, puisque ses voisins de droite sont Juliet Hegedus (6ᵉ du Ladies) et Julien Mariani, qui vit un début de journée tonitruant. "Tu me fais passer pour une truffe !", se marre ce dernier. "Tu as mal écrit le coup à la bulle." Effectivement, il arrive que nous nous trompions sur les hand histories, mea culpa. On se fait donc un devoir de corriger notre erreur : "La SB est à tapis préflop, je relance UTG avec K6, Juliet Hegedus sur-relance, payé par la BB et moi. Sur le flop 334, tout le monde check, et sur le 8 à la turn, je mise en bluff après un check de la BB pour récupérer le side pot." Encore désolé !

Toujours est-il que Julien a continué sa progression pour culminer à plus de 2 millions de jetons, doublant le capital qu’il avait en début de journée, un stack monté à la force du poignet, sans jamais partir à tapis. Lui qui disait ne pas être en forme en ce moment… qu’est-ce que ce serait s’il l’était ? - Phil Anthropik

Nex, pas prêt à dire "next"

Vladimir Nex
Le Main Event plaît de plus en plus au cash-gameur pro Vladimir Nex. Peu avant le dîner, on a croisé le Nantais assis derrière un stack ayant doublé de volume par rapport à midi : plus de 1,5 millions. Ses piles de jetons jaunes (1 000 chacun) étaient-elles qu'un superviseur s'est pointé pour les lui échanger contre l'encore très rare jeton de 100 000, couleur lavande. C'est son troisième "Big One", mais le premier où il a encore des jetons au Day 4.

Si Nex s'amuse autant, c'est probablement parce que le Main Event offre une profondeur qui lui rappelle le cash-game, et lui permet de petites folies qu'il ne pourrait s'amuser à tenter sur le Colossus ou autre épreuve moins deep. "On peut jouer sans showdown, c'est agréable."

Un exemple ? "J'ai 5-bet shove le joueur japonais avec Roi-Dame assortis... Il a fold", sourit-il. " Sinon, il n'y a pas eu de gros coup. Il y a eu beaucoup d'éliminations de short-stacks." Nex a soldé le compte de l'un d'eux avec 99 contre 88, puis un autre sur un coup moins académique. "Bataille de blindes, le voisin min-raise, je défends avec 9-4 off. " Un 9 au flop est suivi d'un autre sur la rivière : c'est là que la SB envoie son tapis avec un Dame-Valet qui avait trouvé la deuxième paire au flop. "Je sais pas s'il était en value ou non..."  - Benjo

Prenez Gardes

Josselin Gardes
Tiens donc, mais qui se retrouve à faire irruption dans les hauteurs du classement tricolore ? Josselin Gardes, le runner-up de la Top Shark Academy 2023. De 500 000 ce midi, JossTheBoss pointe au-dessus des 2 millions, ce qui le place potentiellement dans le Top 20 du tournoi, sur environ 750 joueurs. Pourtant, rien au départ ne laissait présager une telle embellie. "C'est simple, durant toute la phase de la bulle, je n'ai pas joué une main. Littéralement, précise-t-il. Bon, il faut aussi dire que certains à ma table mettaient des plombes avant de jouer. Et même pas les short stacks, hein."

Mais tout ça a changé à partir du niveau précédent "J'ai sunrun, résume-t-il. J'ai joué quatre gros pots et je les ai tous gagnés. Il y en a un qui était un peu chelou d'ailleurs. J'arrive à table et j'open UTG As-Roi off. Là-dessus, le joueur en small blind envoie une grosse pile de jetons... sauf qu'il n'avait pas vu que j'avais relancé et se pensait en bataille de blindes. Je shove et comme il lui restait un peu plus de 100 000 derrière, il call commit avec As-10." Après ça, nous avons vu Josselin récupérer avec une paire de Dames les 155 000 derniers jetons d'un autre short stack qui avait tout envoyé en squeeze avec AJ. C'est facile parfois le poker. - Flegmatic

Trois bonnes nouvelles sinon rien

Arnaud Enselme
On vous le disait plus tôt : malgré la litanie de paragraphes consacrés à des busts, on n’est pas là que pour faire pleurer dans les chaumières. On a aussi de vraies bonnes nouvelles à vous servir et elles sont même trois pour le prix d’une. La première nous vient d’Arnaud Enselme. Pour sa sixième participation au Main Event, le Français vit enfin le deep run tant attendu. Après avoir mis 700 000 jetons dans son sac à l’issue du Day 3, le voilà désormais assis derrière un stack flirtant gentiment avec les 1,1 million. La forme est là, la confiance aussi. Seul petit nuage dans ce ciel bleu ? Une nouvelle table où trois bons joueurs l’attendent de pied ferme à sa gauche. “La stratégie, c’est de ne pas trop s’emballer, éviter les gros pots, et attendre que la table casse”, souffle-t-il prudemment.

Ribouchon / Dray
Deuxième rayon de soleil : Florian Ribouchon. Parti ce matin avec 800 000 jetons, le magicien des Merlin Magic Cards (vainqueurs du KING5 2025) est lui assis devant un stack d’1,1 million. Sa recette ? Simple. “Une ‘salopade’ par jour, c’est l’objectif”, balance-t-il hilare, en repensant à son joli A-J dépareillé qui a craqué les Dames de l’un de ses adversaires. De quoi faire réagir son voisin de gauche, en la personne de Samuel Dray. “Moi, c’est trois par jour !”, rigole-t-il après avoir envoyé au fond du trou un adversaire déjà à moitié en tilt, en craquant les As avec un A-5 de carreaux transformé en flush sur le turn.

Bardini
Et parce qu’on aime les belles histoires de groupe, le deuxième mousquetaire des Merlin Magic Cards est toujours là lui aussi. Gabriel Bardini, short stack mais pas de courage, a lui doublé sur un joli setup paire de 7 contre paire de 4 sur un open du chipleader. Le timing parfait pour Gabriel qui se donne de l’air en remontant à une trentaine de blindes. - VictorP

Les bustos de la dernière heure

Avant le dîner, on a ôté de notre liste Philippe Noble et Gaëtan Balleur. Premier ITM sur le Main Event pour le premier, tandis que le second y avait déjà inscrit son nom en... 2011 !
 

Philippe Noble
Philippe Noble : 814e pour 22 500 $

Gaëtan Balleur
Gaëtan Balleur : 751e pour 25 000 $

À l'international, on dit ciao à...

Sergio Aido
759e : Sergio Aido 25 000 $ (photo)
770e : Mike Matusow 22 500 $
799e : Josh Arieh 22 500 $
802e : Sebastian Pauli 22 500 $

WSOP 2025 : tous nos articles
  

Sous la barre des 1 000 joueurs

- 10 juillet 2025 - Par Flegmatic

Il reste 840 joueurs
Level 18 : blindes 6 000 / 12 000 BB ante 12 000
Main Event 10 000 $ (Day 4)

Folder KK à la bulle ?

Valentin Antoine
Une 932e place, dans le top 1 % du field, et 20 000 dollars, le double du buy-in : c'est le bilan comptable de Valentin Antoine sur son premier Main Event. Des chiffres moins importants que l'expérience globale vécue par le grinder pendant quatre jours. Elle semble positive : "Que des gens sympas, les meilleurs joueurs du monde sont présents... Si on m'avait dit que j'allais être assis à table avec Liv Boeree ou Andy Stacks !" Si la sortie de Valentin est plutôt anecdotique (il perd 27 blindes avec As-Roi contre deux Valets, double à 13 BB avec Roi-Dame contre deux As, puis se heurte à As-Dame avec As-Valet), cette HH "spéciale bulle" qu'il nous a racontée mérite d'être recopiée ici.

"Je suis arrivé avec 28 blindes. Je me disais : pas moyen que je fasse la bulle. Puis je reçois deux Rois ! Un top reg open, un Français 3-bet... Je me contente de flat, je me dis que le Français n'est pas light. Flop As-Roi-4 avec deux carreaux. Je check/call. Turn : Dame. Check... Il fait tapis ! C'est chaud, soit il est en pleine pampa, soit il a les As. Je paie. Il a Valet-10 ! Rivière : As. Sinon, je sautais en 1 467e position, pas payé !"

"C'est pas très bien joué, concède-t-il, mais je ne le voyais vraiment pas là-dessus. J'ai dit à mes potes que je folderais KK... J'ai pas foldé KK !" Il se marre. Revenant sur son début de tournoi, Valentin explique que "c'était incroyable au début : Day 1, Day 2, c'était tout droit. Au Day 3, ça a été très dur, avec Liv Boeree, quatre ou cinq autres gros pros..."

Si l'on en croit son palmarès live, Valentin passe du temps aux USA : ses 14 ITM collectés en quatre ans sont tous sous bannière étoilée. Dont une bague WSOP Circuit, remportée en février dernier en Californie... Mais ce Main Event, c'est à refaire ? "Oui... mais c'est un grind de ouf, quand même. J'ai joué quatre jours, et c'était déjà très fatiguant. Je suis content d'avoir choisi un Day 1 qui me permette des breaks. Les gens ne se rendent pas comptent à quel point c'est crevant !" Combien de fois avons-nous entendu cette phrase sur le plus gros tournoi du monde... - Benjo

Au cours de la dernière heure, on a aussi perdu Jérémie Sarda, qui franchit le palier garantissant 22 500 dollars de gains.

Jérémie Sarda
843e : Jérémie Sarda (22 500 $)

 

À l'ouest, plein de bustos

David Ballestero
Rassurez-vous, il n'y a pas que les Français qui voient leurs rangs se dégarnir à vitesse grand V. À l'international aussi, certaines têtes d'affiche n'ont pas joué plus de deux niveaux aujourd'hui. Mais ne venez surtout pas penser que nous y trouvons une quelconque satisfaction. D'accord, ça rassure un peu, mais sur un tournoi comme le Main Event, on a toujours envie de voir de grosses stars deep run, ne serait-ce que pour le spectacle !

Elle remporte 20 000 $

894ᵉ : Katie Lindsay

Ils remportent 17 500 $

1 015ᵉ : Samantha Abernathy 17 500 $
1 046ᵉ : Darren Elias 17 500 $
1 048ᵉ : Connor Drinan 17 500 $
1 068ᵉ : Dylan Linde 17 500 $
1 162ᵉ : Vanessa Kade 17 500 $
1 219ᵉ : Martin Finger 17 500 $
1 250ᵉ : David Ballestero 17 500 $ (photo)

Ils remportent 15 000 $

1 274ᵉ : Anthony Zinno 15 000 $
1 278ᵉ : Roman Hrabec 15 000 $
1 378ᵉ : Timur Margolin 15 000 $

WSOP 2025 : tous nos articles

En immersion dans la plus grosse bulle de l'année

- 10 juillet 2025 - Par Phil Anthropik

La bulle du Main Event vue de l'intérieur
Main Event 10 000 $ (Day 4)

Bulle
À l'heure du coup d'envoi du Day 4, nous lancions quelques side bets avec les Français que nous croisions, pour prédire combien de temps durerait la bulle. Ceux qui vivent ce moment pour la première fois sont ambitieux : "Quarante minutes !" annoncent Gabriel Bardini et Samuel Jackubowicz, tandis qu'Adrien Guyader propose cinquante. L'approximation la plus proche du résultat final, c’est Damien Luis qui nous la donnera, pariant sur plus d'une heure de jeu avant l’ITM.

Vétéran du Main Event, Luis se rappelle au bon souvenir de la bulle qui avait précédé son deep run, cela remonte à 2010. Cependant, son estimation reste loin de la réalité... puisque, avec quinze éliminations à vivre avant d’entrer dans l’argent, les phases de tank exagérées vont commencer très tôt. "C’est long... la table derrière moi a mis 18 minutes pour jouer la première main" se lamente Clément Meunier. "Enfin bon, je suis obligé de les imiter parce qu’avec mon tapis, je perds beaucoup trop si je ne le fais pas."

Après une heure de jeu, l’un des moments les plus attendus de la planète poker arrive enfin : la bulle du plus gros tournoi de l'année. Enfin, pas tout à fait. Avant ça, il faut traverser la phase de main par main. Et Dieu sait si elle est importante, car c’est le moment où l’organisation ne doit pas flancher dans le décompte des bustos.

Heureusement, cette année, la révolution technologique introduite par l'appli WSOP+ va grandement les aider. Chaque bust est saisi en temps réel sur l'ordinateur, d'un simple clic du croupier sur une tablette placée devant chacun d'entre eux. Rien à voir avec le fonctionnement à l'ancienne que l'on avait connu jusqu'en 2024, lorsque tout était encore fait à la main, et avec les yeux.

cohue biss
La machine WSOP est bien rodée. Un ballet en trois phases démarre. Les mains sont d'abord distribuées simultanément sur les 162 tables en jeu. Une fois le pot donné au joueur ayant remporté le coup, le croupier se lève pour indiquer que sa table est prête à jouer une nouvelle main. S’il y a une situation de all-in and a call, l’information est transmise au Tournament Director emblématique des WSOP, Jack Effel. Une fois toutes les autres mains jouées, celui-ci part se dirige, micro à la main, sur le lieu de l'action.

La deuxième phase est le mouvement général qui s’ensuit, avec une cohorte de journalistes du monde entier se traînant dans le sillage du chef des WSOP, tentant d’obtenir la meilleure place autour de l’ovale concerné. Celles-ci sont chères. Des caméras mastoc de PokerGO au téléphone du vlogger de quartier en passant par l'appareil de LA photographe du poker, Caroline Darcourt, la masse d’objectifs qui se rue d’une table à l’autre ne laisse pas de place au faux pas, sous peine d’être piétiné sans vergogne avec, pour seule excuse de notre bourreau, l’envie d’obtenir le meilleur angle.

Cohue
Arrive ensuite le troisième acte : une fois tout le monde en place, la main est jouée là où l’action s’est arrêtée, c’est-à-dire au moment où le tapis a été payé. L’abattage se fait en direct : Jack Effel met sa casquette de speaker pour narrer la situation au reste du field, qui peut également suivre le coup sur les écrans géants de la salle.

Pour chaque main jouée, la clock du tournoi est arrêté deux minutes. Mais vous vous doutez bien que l’ensemble du processus est infiniment plus long. Un chronométrage perso d’une de ces séquences a mesuré dix minutes entières. Et encore, il s’agissait d’une séquence où seuls deux joueurs étaient à tapis, dont aucun ne s’est fait éliminer. Maintenant que vous avez cette donnée, sortez vos calculettes et faites le calcul approximatif pour neuf situations similaires. On vous épargne la recherche : ce sont bien 90 minutes qui furent nécessaires pour la seule phase de main par main. Si la plupart des joueurs sont restés pour assister au spectacle, on a repéré des vétérans du Main Event qui connaissaient la musique et en profitaient pour faire autre chose. Parmi ceux-ci, Antonin Teisseire s’est levé dès le lancement du "hand for hand" pour aller griller une cigarette, tandis que J-C Tran, croisé aux toilettes, savait qu’il aurait largement le temps de faire sa commission avant que la prochaine main ait lieu.

Bulle
À l’autre bout de la salle, PonceP et Erika Moulet découvrent cet événement hors normes pour leur premier Vegas, un épisode qu’ils évoqueront dans le prochain 100 % Poker tourné sur place. Annoncé en début de journée, le bubble boy ne repartira pas les mains vides, puisque l’organisation le gratifiera d’un package d'une valeur de 30 000 $ pour les WSOP Bahamas, qui auront lieu en décembre prochain. J’assiste à une discussion de regs entre Florian Ribouchon, Léo Soma et Loïc Debregeas sur le "risk premium" de terminer à la bulle. Je m'enfuis. 

Vous l’avez compris : le bubble boy, qui n’est initialement pas censé prendre un kopeck, en prendra quand même (en "value" si ce n'est en cash), ce qui explique que cinq joueurs se sont retrouvés à tapis à la "stone bubble". Pourtant, ce n’est pas sous l’œil des caméras mobiles de PokerGO que la bulle officielle sautera, puisque c’est Julien Mariani qui se chargera de libérer tout le monde, directement depuis le plateau télé. En début de parole, il open/call avec K6 la sur-relance d’un joueur, alors qu’un troisième, nommé Sachin Joshi, est à tapis forcé de BB... Ils sont donc trois à jouer, dont deux pour un side pot. Une mise du Sudiste sur un flop anodin suffit à faire fuir son adversaire. Les joueurs retournent leur jeu : Joshi est mal embarqué avec un 96 qui restera derrière après l'apparition d'un 8 puis d'un 6.

Dans la ballroom où toutes les autres tables sont réunies, le rush des caméras se remet en branle : il reste quatre autres situations à aller voir. Deux d’entre eux se sauveront, mais pas Marco Dickner ni Mathew Frankland. L'avantage, pour les trois, d'avoir sauté simultanément à la "stone bubble", c'est qu'ils ne repartent pas les mains vides. Techniquement, les deux premières places payées leur reviennent de droit. Deux fois 15 000 dollars à partager en trois parts. Bref, ils récupèrent leur investissement initial de 10 000 balles.

Mais il reste encore à les départager pour recevoir le prix du "vrai" bubble boy : le package pour les Bahamas. 

Bulle
Une table annexe s’ouvre donc : les trois vont jouer un bon vieux "flash", un coup de Hold'em sans jetons. On vous épargne les détails de ce crapshoot à 30 000 dollars, mais c’est finalement Matthew Frankland qui se consolera d’avoir bust ce Main en s’envolant pour les Bahamas cet hiver. Il délivre officiellement les autres joueurs de ce tournoi, tandis que Jack Effel annonce : « You’re all in the money! », engendrant cris, applaudissements et accolades de tous les survivants.

Après une heure trente d’une intensité rare, le jeu reprend. La machine à éliminations va recommencer à tourner à plein régime. Vous l'avez déjà constaté en lisant les articles écrits par mes collègues tandis que je tapais ce récit. It's popcorn time! - Phil Anthropik

La bulle en images

Jack

Frankland

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Belucci Matusow

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