La journée de la bulle s'achève avec un field réduit à 7 % de sa masse initiale
Muni du deuxième plus gros tapis, le Marseillais Julien Mariani mène un clan français réduit à 24 prétendants
Sam Jakubowicz poursuit sa chevauchée comme un vrai top reg, et Leo Margets virevolte jusqu'au Day 5
Main Event 10 000 $ (Fin du Day 4)
De 57 à 24 joueurs : la proportion de busts du Day 4 est peu ou prou la même chez nos Français. Mais nombre d'entre eux ont fait mal au field aujourd'hui. Julien Mariani le premier : artisan de la bulle, le Marseillais n'a fait que grimper au classement, froidement et méthodiquement, pour emballer à une heure du matin le deuxième plus gros stack.
Mariani est béni
"Ce sont les encouragements qui me poussent", raconte Julien Mariani au moment d’empaqueter ses 3,6 millions. Comme les acclamations du Vélodrome portent l’OM, les messages des amis du sudiste le transcendent. Si son club de cœur prend les trois points, lui, ce qu’il prend, c’est trois average. Armé de son maillot orange flashy, on ne voyait que lui aujourd’hui au sommet du chipcount. L’un des coups clés de la journée est un banal coup avec deux As contre As-Roi pour 1,3 million. Pour le reste, il nous dit : "J’ai bien run, surtout je ne ressens aucune pression. Est-ce parce qu’on est encore loin ? Je sais pas, en tout cas je ne visualise rien pour l’instant. L’essentiel c’est pas le stack, c’est la survie, mais avec des jetons, c'est mieux." Sur ce Day 4, le sudiste a parfaitement rempli son contrat en faisant péter la bulle tout en montant des montagnes. Pour son premier Main Event, Julien constate : "le niveau est vraiment faible, je sens qu'il y a quelque chose à faire, mais tu le sais, c'est long." En effet, et maintenant, il va falloir se reposer pour être en forme demain et affronter les douze nouvelles heures de bataille qui l'attende. - Phil AnthropikLa Nouvelle Star
Sam Jakubowicz continue de faire tomber les barrières les unes après les autres sur ce Main Event. Car avant de se qualifier pour le Day 5, le vainqueur de la Team Pro Experience a eu l'occasion d'évoluer pour la première fois sous les feux des projecteurs de l'une des tables télévisées annexes de l'Event Center du Horseshoe. Une énième nouveauté dont il s'est accommodé avec son flegme habituel, sans plus de pression, même s'il regrettait l'un de ses plays effectué devant les caméras. "J'ai fait un mauvais fold contre Isaac Haxton. Enfin, disons que j'ai abandonné la meilleure main. Je crois que je suis OK avec ce que j'ai fait, disons que c'était un spot où je pensais qu'il ne pouvait pas avoir de bluff… alors qu'il en avait." Qu'on le rassure, il n'est pas le premier et ne sera certainement pas le dernier à se retrouver pris dans les filets de l'actuel n°8 de la All-Time Money List. Ballotté notamment par Ike, Sam a également dû subir une journée "avec moins de mains. Donc c'est forcément plus difficile de monter des jetons." Le bilan comptable s'en ressent forcément avec un "-400 000" de résultat net. De deuxième en jetons au début du Day 4, le jeune Français passe à un stack légèrement au-dessus de la moyenne, d'1,4 million. "Je ne me fais pas de souci. On ne peut pas passer tout un tournoi avec trois fois l'average. Et puis de toute façon, je n'ai pas l'habitude de jouer 300 BB deep. Avec une cinquantaine de blindes, je suis plus dans mon élément." Il aura l'occasion de le prouver dès demain. - FlegmaticAu tour de Leo de crever l'écran
Leo Margets a pris le relais de Davidi Kitai dans la future saison de Dans la Tête d'un Pro... spoiler alert : l'Espagnole est bien partie pour nous offrir quelques juteux épisodes, au moins. Verbatim de sa réaction post Day 4 :"Franchement, la journée a été incroyable. J’ai été à la meilleure table du tournoi… voire la meilleure table de toute ma vie ! Les joueurs étaient vraiment faibles, et l'ambiance top. Tout le monde était super sympa, je me suis éclatée, et ça aide beaucoup. C’était fun, je me suis bien entendue avec tout le monde. Une super expérience."
Leo nous a fait le résumé d'une journée "pleine de swings" : on ne vous dira pas tout, après tout il ne faut pas trop gâcher ce qui vous attend sur YouTube d'ici à quelques mois ! Son Day 5 débutera avec 810 000 aux blindes 15 000 / 30 000. - Benjo & Renato
Les dix plus gros stacks en fin de Day 3
Harold Lam (USA) 4,2 millionsJérémy Kotter (USA) 3.7 m.
Julien Mariani (France) 3,6 m.
Kohei Arai (Japon) 3,6 m.
Benjamin Williams (USA) 3,6 m.
Arenii Karmatckii (Russie) 3,4 m.
Michael Hawker (USA) 3,4 m.
Ramon Pessoa (Brésil) 3,4 m.
Mounir Tajiou (Suèdeà 3,3 m.
Luke Chung (USA) 3,2 m.
Mêmes freerolleurs jouent encore
Ce qui restait du KING5 en début de Day 3 a survécu à un Day 4 pas tendre pour le reste du field. "J'aime bien souffrir", lâche Gabriel Bardini avant la traditionnelle photo souvenir. Il est vrai que son tout premier Main Event continue de suivre une tendance short stack, où chaque décision doit être soupesée avec délicatesse. Jamais dans la zone de confort - il n'est pas monté plus haut que 36 blindes - "le Barde" a exécuté un vrai numéro de danseur pour éviter les balles et ne pas rejoindre la (très longue) liste des petits stacks éliminés. "Tous mes 4-bets all-ins, j'ai eu des folds, et vous avez raconté le seul coup à tapis que j'ai joué de la journée..." Une paire de 7 qui tient contre une paire de 4. Le rêve continue pour ce fada de poker depuis ses 18 ans (il en a 36 aujourd'hui), qui a commencé à jouer dans des garages avec ses potes, et a fini par quitter la France et des petits jobs sans avenir pour en faire son métier, après avoir "rencontré les bonnes personnes". Florian Ribouchon est l'une de ces personnes : avec 1,325 million au compteur, son quatrième ITM consécutif sur le Main Event sera quoi qu'il arrive le mieux "deep-runné". - BenjoLes 24 Français qualifiés pour le Day 4
Décidément en forme, Romain Locquet a enchaîné les éliminations lors d'une deuxième apparition en table télé, aussi fructueuse que la première, lors du Day 1
Julien Mariani 3 600 000
Adrien Delmas 2 900 000
Romain Locquet 2 500 000
Thi Nguyen 2 100 000
Arnaud Mattern 2 000 000
Jordan Dumas 1 800 000
Sam Jakubowicz (Team Pro Experience) 1 400 000
Florian Ribouchon (Vainqueur KING5) 1 325 000
Vladimir Nex 1 300 000
Christopher Chaudey 1 300 000
Alexis Lucarini 1 200 000
Fabrice Bigot 1 200 000
Josselin Gardes 1 000 000
Antoine Berruel 910 000
Cyrille Rousset 900 000
Pierre Drochon 870 000
Yves Hallague 855 000
Damien Luis 835 000
Gabriel Bardini (vainqueur KING5) 460 000
Adrien Zychowski 400 000
Samuel Dray 335 000
Steven Touitou 295 000
Thomas Eychenne 290 000
Ibrahim Senoussi 245 000
Il a un temps tutoyé le sommet du chip-count : Thomas Eychenne termine le Day 4 en fort moins belle posture
Damien Luis ne dirait pas non à une nouvelle place de "Last French Standing"... Avec 30 BB, tous les espoirs sont permis
Adrien Zychowski est le dernier représentant de la Team Elite. 400 000, soit 16 BB à la reprise : "Il n'y aura pas vraiment d'autre stratégie que d'attendre le bon spot... et avant, de se reposer un peu !"
Le dernier sortant tricolore du jour : Arnaud Enselme (535e pour 32 500 $)
Delmas en grâce
"Allez, la bonne soirée, je suis épuisé." C'est un Adrien Delmas fourbu, mais bien doté en jetons qui a quitté la Ballroom du Horseshoe. 2,86 millions dans le sac, treize heures après être arrivé avec 617 000, c'est ce qui s'appelle une bonne journée de travail. Surtout en ayant passé une bonne partie du Day en compagnie de Joseph Cheong, troisième de ce tournoi en 2010. Et si l'ancien Top Shark n'a pas été très loquace sur le moment, il avait, là encore, fait le taff un peu plus tôt, en nous racontant rien de moins qu'un carré."J'open UTG K
9
30 000, payé par le bouton. Sur Q
9
9
je fais 25 000, il raise 80 000, je call. La turn est le 9
, check / check, la river est un K
, je check encore et il fait 225 000, je lui mets 800 000, il paye." Le bon été vegassien ne semble pas vouloir prendre fin pour celui qui a terminé runner-up du "5K 6-max" quelques jours avant le coup d'envoi du Big One. - Flegmatic
Chaud derrière
Quelques minutes avant la fin de ce Day 4, des exclamations se sont fait entendre autour de la table 496, celle de Christopher Chaudey. La raison, c'est que parti à tapis avec Dame-Valet sur un flop As-Dame-Valet, le Français a trouvé son 2-outer dès le turn pour passer devant As-Dame et se propulser à 1,2 million. L'ultime rebondissement d'une journée en forme de montagnes russes. "Je me suis fait craquer des brelans deux fois, se lamente Christopher. Je suis tombé à 8 BB, je suis remonté. Puis 6 BB, idem. 9 BB et maintenant ça. Les mecs à table n'en revenaient pas, mais j'ai le droit de chatter moi aussi, non ?"On parle souvent de la composante physique qu'implique un deep run sur le Main Event, mais elle va de pair avec l'aspect mental, indispensable pour encaisser swings, setups et autres bad beats. "C'est dans la tête," résume Chris, en mettant un doigt sur sa tempe, tel un tennisman venant de remporter le match après avoir été mené 2 sets à 0. Pour l'heure, le trophée est encore loin, mais il Christopher pourra au moins se soucher en savourant cette petite victoire. - Flegmatic
On termine avec les internationaux
L'un des deux derniers Champions du Monde encore en course : Greg Merson, lauréat de l'édition 2012 (1,5 million)
Statisticien attitré de la rubrique politique du New York Time, co-animateur avec Maria Konnikova d'un podcast mélangeant poker et actualité mainstream, et aussi un pratiquant régulier du Texas Hold'em : Nate Silver (805 000)
Six bracelets (dont cinq en mixed games), des milliers d'heures de CG high-stakes en ligne, et un high-score pas dégueu sur le Main Event (49e en 2015) : Brian Hastings (1,5 million)
Celui qui aimerait bien rejoindre Jonathan Duhamel au panthéon du poker canadien : Samuel Chartier (1,1 million)
Aucun lien de parenté avec Bryn, mais une même propension à aller taquiner le circuit Triton : Ebony Kenney (315 000)
Si les MTT en No-Limit ont un jour leur Mont Rushmore, un bout de roche lui sera réservé : Stephen Chidwick (1,9 million)
Un Belge avec autant de longévité que notre Davidi adoré : Kenny Hallaert (2,8 millions)
Il cherche sa revanche sur un Main Event qu'il a failli gagner il y a quinze ans : Michael Mizrachi (2,3 millions)
Le plus dur reste à venir
Un dernier mot, à propos sur la temporalité du tournoi, pour remettre cette quatrième journée dans son contexte. Ce soir, les joueurs ont fait la moitié du chemin... sans compter la table finale ! On en connaît qui sont déjà bien crevés après quarante heures de poker jouées depuis une semaine. Cette fois, ça y est : tous les joueurs en course peuvent véritablement évoquer l'expression "deep run". Mais pour qu'il se poursuivre, il leur faudra trouver beaucoup, beaucoup de force intérieure pour parcourir une distance identique une seconde fois, et bien plus encore en finale. On ne se rend pas bien compte de l'effort que cela demande... On ne peut qu'être admiratifs, et féliciter tous ceux qui sont encore là. A très vite pour le Day 5 !Benjo, Flegmatic & Phil Anthropik
































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