L'argent peut attendre

- 9 juillet 2025 - Par Flegmatic

Le Day 3 s'arrête à 15 éliminations des places payées
Beaucoup de casse dans le clan tricolore... mais pas mal de bonnes nouvelles aussi
Par exemple : le vainqueur de la Team Pro Experience Sam Jakubicz est co-chipealder !
Main Event 10 000 $ (Fin du Day 3)


Bieres
La bulle n'éclatera que demain, mais certains ont commencé à la fêter en fin de journée...


00h50 à Las Vegas. La tension régnait dans l'air depuis le retour du dîner. La voix du superviseur au micro, ordonnant le lancement du processus de « bagging » et sonnant donc la fin de la journée, n'y a pas mis fin. Cette tension est simplement mise en pause, reportée à demain. Avec 1 476 joueurs restants dans le Main Event pour 1 461 places payées, on connaît quelques short-stacks qui vont passer une nuit fiévreuse... et revenir au Horsheshoe mercredi stressés, se demandant à quelle sauce ils vont être mangés.

C'était annoncé : le Day 3 qui s'achève ce soir allait être celui des déceptions. Presque 2 000 sortants en l'espace de dix heures. Et tout le monde s'en est pris dans la gueule : les pros, les amateurs, les habitués, les petits nouveaux, ceux qui n'avaient rien demandé, ceux qui l'ont quand même un peu fait exprès.

Mais parlons d'abord de ceux qui sont encore là...

L'expérience est maximale

Le Day 3 de ce Main Event des WSOP aura été fatal à nombre de joueurs du Team W : Adrian Mateos, Pierre Calamusa, Gus Hansen, Mustapha Kanit, Julien Sitbon et Davidi Kitai… mais pas à Leo Margets et Sam Jakubowicz, qui reviendront défendre les couleurs du Team Winamax au Day 4.

Sam / Leo
La pression ? Sam Jakubowicz ne connaît visiblement pas. Pas du genre à trembler. Pas du genre à ralentir. Le jeune vainqueur de la Team Pro Experience a joué vite, et fort. Agressif, mais carré. Toujours les papiers. Toujours le bon timing. Pas besoin d’en faire trop. Il a dosé, il a contrôlé. Un seul moment de flottement : le retour du dinner break. Un léger stress. Vite évacué. Sam avait 462 000 en début de journée. Il finit à 1,8 million. Numéro 2 au classement général, hé oui ! Solide, propre, maîtrisé. Son objectif initial ? Gagner 50 000 dollars sur le séjour. Ce n’est pas encore fait. Mais il avance. Pas à pas. Dans le bon sens. Et à ce rythme-là, il ne devrait pas s’arrêter là

Concernant Leo Margets ? Beaucoup de swings, dès le départ. Un bon début. Puis plus rien. Carte dead. Aucun spot. Elle a tenu. Elle a résisté. Elle n’a pas craqué. Elle a payé quand il fallait. Demain ? Elle sait que ce sera dur. Mais elle est prête. Elle a les jetons. 388 000. Et ce soir ? Repos. Rien d’autre. - VictorP

Tout en haut de l'Eychenne

Thomas Eychenne
C'est un Thomas Eychenne tout sourire que nous avons retrouvé juste avant le "bagging". Et pour cause, avec un tapis final de 1,618 million, le Français se retrouve lui aussi bien au chaud dans le Top 10. "Ça fait super plaisir, lâche-t-il, les yeux qui pétillent. Il fait tellement rêver ce tournoi." Pourtant, les choses n'avaient pas forcément bien démarré. "J'ai eu un début de journée difficile. J'ai réussi à monter à 850 000, puis je suis retombé à 600 000, j'ai eu l'impression de perdre tous les coups." On se dirigeait alors vers une journée sans histoire, jusqu'à un dernier niveau paradisiaque. "J'ai pris les bonnes décisions, tout est passé... Le run good, quoi !" Jusqu'aux toutes dernières mains, Thomas n'a pas cessé d'accumuler des jetons. "C'était génial de monter un gros tapis pile pour pouvoir profiter de cette période de pré-bulle."

Si certains nous ont avoué considérer ce Main Event comme un tournoi comme les autres, pour Thomas Eychenne, on sent que ce Big One représente bien plus que ça. "Je me suis abonné à PokerGO, j'ai commencé à regarder leurs archives sur le Main Event. Ça commence en 1973, ce sont des petites vidéos d'une vingtaine de minutes, mais c'est génial. Tu vois les mecs fumer des gros cigares, avec le rail juste derrière eux. Amarillo Slim se prend trois barrels, il montre son brelan et fold face up après que l'autre lui montre un As. Tu vois arriver les mecs en cheval, avec un énorme chapeau de cow-boy sur la tête, c'est fou !" Vous la sentez, cette passion ? On espère qu'elle portera Thomas le plus loin possible. Qui sait, peut-être que ce sera lui que les jeunes joueurs de poker français regarderont avec des étoiles dans les yeux dans cinquante ans. - Flegmatic

Thi voit triple

Thi Nguyen
Après un Day 2ABC terminé solidement (390 000), Thi Nguyen s'invite carrément dans le petit club des millionnaires en jetons (76 membres). La pro d'origine vietnamienne ne pouvait rêver meilleur scénario pour ses retrouvailles avec les WSOP, après deux années d'absence qui s'expliquent par la meilleure des raisons. Enfin, deux raisons. Avec l'arrivée de jumeaux dans le foyer que Thi a fondé avec Jimmy Guerrero, le tandem de choc élève désormais trois gamins. Pour revenir au Main Event, Thi nous expliquera qu'elle a été chip-leadeuse de ses tables pendant grosso modo deux jours. « Du coup, c'est un peu facile. Enfin, je ne veux pas dire que c'est facile, mais cela permet de mettre la pression. » D'ordinaire concentrée sur le cash-game, c'est un avec stack lui rappelant justement son format préféré (150 BB) qu'elle va attaquer la bulle demain. - Benjo

KING2

Ribouchon / Bardini
Les vainqueurs du KING5 ont franchi le Day 3 avec la plus petite quantité de membres leur permettant encore le qualificatif d'équipe : deux. On a perdu Erwann Pecheux durant le dernier niveau... Un peu plus tôt, c'est Pierre Merlin qui s'en allait. Mais la bonne nouvelle, c'est que Florian Ribouchon a bien voulu me raconter des hand histories. Enfin ! « T'es pas prêt, c'est sale... » Vas-y, envoie. « As-8 contre As-Roi pour ma survie... et deux 10 contre deux Valets pour beaucoup de jetons. Et je suis couvert aussi, sinon c'est pas drôle. » Deux bons gros coups de chatte qui lui permettent d'emballer 800 000, soit 100 BB à la reprise. À ses côtés, "le barde" Gabriel Bardini peut souffler : c'est une journée bien mal engagée qui se termine avec presque la moyenne, 304 000. Douze heures plus tôt, il pointait en bas de tableau avec 44 000. De quoi s'assurer virtuellement son premier ITM sur le Main Event, pour son tout premier Vegas. Assurément le maillot à poids du meilleur grimpeur, qu'il peut partager avec Stéphane Viget : le restaurateur d'Orléans parrainné par Jonathan Pastore s'est maintenu longuement avec très peu de jetons. - Benjo

Sans peur ni sommeil

Fabrice Bigot
Il n'a pas la forme, mais il a des jetons. "Je n'ai pas dormi la nuit dernière, nous a soufflé un Fabrice Bigot que nous n'étions pas encore venu voir de tout ce tournoi. Ça m'arrive parfois, je me réveille avec un énorme mal de crâne et impossible de me rendormir. Mais c'est pas grave, j'ai l'habitude." Pour preuve, cela ne l'a pas empêché de transformer un tapis de 169 000 en un stack bien costaud de plus de 947 000 jetons.

"Au début, j'avais une table qui ne bataillait pas trop. J'ai fait des moves, disons peu orthodoxes. Enfin, des plays ICM quoi, si tu as un peu étudié, tu comprends ce que je fais. Mais j'ai rendu un mec fou comme ça, le gars juste à ma gauche, qui avait 680 000. Je l'ai setup une fois comme ça : j'ai block bet, il raise et j'ai click back. Il a fold mais en se demandant pendant des heures s'il avait fait le bon choix." Vous voyez le coup venir : cette séquence, Fabrice l'a répété une nouvelle fois, en pure value. "Sauf que cette fois, il a call. Il est parti se prendre la tête à deux mains, il n'était pas bien." Voilà ce qui s'appelle refiler son mal de crâne de la plus belle des manières. À demain Fabrice, essaie de dormir quand même cette fois ! - Flegmatic

Un président en campagne

Paul Andrade De Almeida
Rare Tricolore à ne pas encore avoir eu droit à son portrait sur cette page, Paul Andrade De Almeida s’apprête pourtant à vivre un moment qu’il attend depuis des années : franchir la bulle du Main Event des WSOP. Président du Club Poker 95, ce passionné originaire de Pontoise a décidé de s’offrir son ticket d’entrée pour le plus beau tournoi du monde, comme un rêve à cocher dans une vie. Une promesse qu’il s’est tenue d’honorer, même si ses amis, initialement partants, ont préféré jouer le Seniors Event. “Je suis les coverages Winamax depuis des années, chaque été ça me démangeait… alors cette fois, je me suis dit que c’était à mon tour de vivre l’expérience.” Et ça se passe bien. Très bien même. Après avoir bag 68 000 jetons à l’issue du Day 1, puis 114 000 à la fin du Day 2, c’est avec 360 000 qu’il attaquera demain midi le Day 4, à une quinzaine de place de l’argent. Détendu, serein, cet assureur vit pleinement son rêve. “Je dors bien, je joue bien, je ne pense pas à l’argent. Le seul moment de stress que j’ai eu, c’est quand je suis parti à tapis… mais sinon, c’est que du kiff.” - VictorP

Day 4 : le top 10

Juliet Hegedus (Russie - photo) 1,7 m.
Shotaro Kobayshi (Japon) 2 millions
Sam Jakubowicz (France) 1,8 m.
Juliet Hegedus (Russie - photo) 1,7 m.
Tomas Szwarcberg (Mexique) 1,7 m.
David Alvarez (Espagne) 1,6 m.
Thomas Eychenne (France) 1,6 m.
Brandon Harris (UK) 1,6 m.
Luke Chung (USA) 1,6 m.
Chad Power (USA) 1,5 m.
John Barr (Usa) 1,5 m.

Blindes : 4 000 / 8000

FR : le top 5

Julien Mariani
Sam Jakubowicz 1,8 m.
Thomas Eychenne 1,6 m.
Romain Locquet 1,2 m.
Thi Nguyen 1,2 m.
Julien Mariani 1,1 m. (photo)

Notre Google Doc est à jour avec le classement officiel des 57 derniers Français :

Main Event : le gros Google Doc

Thomas Boivin
Double finaliste de deux des plus gros tournois des WSOP de l'été, Thomas Boivin reviendra au Day 4 avec 873 000.

Will Kassouf
Les spectateurs du streaming de PokerGo ont dû souffrir pendant de longues heures un William Kassouf toujours aussi actif, dans tous les sens du terme. Demi-finaliste en 2016 (17e), le Britannique sera de retour au Day 4 avec 957 000 pions.

JJ Liu
Quel chapeau JJ Liu sortira-t-elle de son dressing pour le Day 4 ? Ce dont on est certain en revanche, c'est qu'elle reviendra avec 318 000 jetons – aux côtés de pas moins de six homonymes.

Angelo Besnainou
Angelo Besnainou : « J'ai voyagé dix heures avec un stack de 50 000... » C'est un savoir-faire ! Comme toujours, le Parisien a fait confiance à sa superstition ancestrale : saupoudrer du sucre autour de ses jetons. « C'est pour rendre les choses plus douces... A l'époque de l'ACF, Bruno [Fitoussi] avait fini par acheter un mini-aspirateur. Nicolas [Fraioli, le TD] le passait sur la table à chaque pause. Derrière, je recommençais !" Une belle fin de journée avec 250 000 jetons pour ce jovial livetard.

Josh Arieh
Qualif aussi pour Josh Arieh (204 000), qui avait bien failli gagner en 2004

Matt Affleck
Sa sortie du Main Event 2010 fait partie intégrante de l'histoire des WSOP. Depuis, Matt Affleck n'a eu de cesse de revenir sur le plus beau tournoi du monde. Il aura 460 000 jetons devant lui pour tenter d'effacer le souvenir de cette cruelle 15e place.

Katie Lindsay
Huitième du Mini Main Event il y a une semaine, Katie Lindsay enchaîne de fort belle manière avec un Day 4 de Main Event, avec cinquante belles blindes.

Sergio Aido
Adrián Mateos a tiré sa révérence, mais le clan espagnol peut toujours compter sur le solide Sergio Aido, compté autour des 20 BB.

Viktor Blom
Viktor Blom (986 000)

Et maintenant : la bulle !

Croupière
Enfin, on y est ! Le Day 4 débutera mercredi à midi (21 heures en France), et n'arrivez pas en retard afin de vivre l'un des moments les plus excitants de la saison poker : la bulle du plus gros tournoi du monde. Toute l'équipe sera sur le pont pour vivre ce joyeux bordel et vous le raconter.

Benjo, Flegmatic, VictorP & Caroline Darcourt

WSOP 2025 : tous nos articles

Level 15 : à cent places de l'argent

- 9 juillet 2025 - Par Benjo DiMeo

Level 15 : blindes 3 000 / 6 000 BB ante 6 000
Main Event 10 000 $ (Day 3)

WSOP
"No bubble! They're stopping it." Croisant un technicien de l'équipe TV pendant la dernière pause, j'ai obtenu le scoop de cette fin de Day 3 : quoi qu'il arrive, la bulle devra attendre demain. On s'en rapproche dangereusement (1 561 restants pour 1 461 payés à 78 minutes du gong), mais si jamais on venait à y arriver franchement, alors les superviseurs arrêteraient la partie avant l'heure prévue. Si l'on en croit ce techos, en tout cas... mais ce dernier ne me raconte généralement pas de bêtises (pendant les WSOP 2011 il m'avait rencardé à propos d'un nouveau truc appelé le Bitcoin. Vous pensez que j'ai suivi son conseil d'investissement ? Indice : je suis en train d'écrire cet article.) Bref, il nous reste encore quelques joueurs à vous présenter avant d'aller se coucher... et aussi quelques disparitions à regretter.

Enselme sur un nuage

Arnaud Enselme
On ne lui avait pas encore parlé. Mais il est déjà bien connu dans le petit monde du poker. Arnaud Enselme. Inutile de vous le présenter plus longtemps, son nom vous dit forcément quelque chose, et s’il ne vous dit rien… tant pis pour vous. Ce qui compte aujourd’hui, c’est son sixième Main Event des World Series of Poker, et surtout, la première fois qu’il passe enfin la barre des 100 000 jetons. Oui, une première. Et donc, logiquement, son premier vrai deep run sur le plus beau tournoi du monde.

Car cette année, tout semble aller dans son sens. Revenu au Day 3 avec 410 000 jetons, l’ancien sportif de haut niveau (en voile) vit un tournoi presque irréel depuis le Day 2. “Je run tellement bien, c’est indécent. Et puis attends, j’ai reçu une livraison assez folle”, me dit-il, encore mi-choqué, mi-amusé. On le comprend vite en écoutant le récit. “Open à 6 000 du bouton. Je fais 24 000 en small blind avec mes deux As. Et là, il me clique à 66 000. Je décide de juste payer. Flop 9-5-5 avec deux piques. Je check, et là… il shove. Évidemment, je snap. Et il retourne K7 ! Merci les Ricains, hein !”

Un coup lunaire, improbable, qui le propulse à 760 000 jetons, soit plus de deux averages à quelques heures de la fin du Day 3. Mais pas de quoi s’enflammer. Arnaud préfère rester lucide, conscient que le poker ne pardonne pas ceux qui se projettent trop loin. “Je veux seulement aller le plus loin possible, jouer mon meilleur poker, et ne rien regretter.” - VictorP

Du cash-game online aux MTT live

Vladimir Nex
Pile la moyenne à l'entame du Level 15, le dernier de la journée : une bonne occasion de vous présenter Vladimir Nex, un des Français restés invisibles dans cette gazette jusqu'à présent (il en reste une petite poignée). Basé à Nantes, Vladimir se présente comme joueur pro depuis sept ans. "Je joue pas mal en cash-game, surtout en ligne, mais je fais de plus en plus de tournois live..." Tellement d'autres pros nous l'ont dit avant lui : le challenge présenté par les MTT live à une saveur particulière, qu'on ne retrouve pas dans la routine du CG.

Il s'agit de son troisième Main Event : demain, Vladimir entrera peut-être dans l'argent pour la première fois. "J'ai commencé avec 310 000, puis je n'ai fait que descendre... jusqu'à 70 000." Derrière, un coin-flip classique (les Valets contre As-Roi) l'a remis en selle, avec une succession de "petits coups gagnés". On devrait le retrouver sans problème dans le trombinoscope officiel des tricolores payés sur le Main Event. - Benjo

Revelly-lumination

Stéphane Revelly
Il fait partie de ces joueurs français qu’on n’avait pas encore eu l’occasion de croiser dans les allées du Horseshoe. Le rythme se ralentit en cette fin de journée ? Dirigeons-nous vers la table de Stéphane Revelly, l’un des derniers tricolores dont le nom restait encore un peu trop discret sur notre carnet de bord. Seul petit hic, une fois arrivé, pas de trace de Stéphane. Nouvelle table ? L’appli officielle des WSOP fait des merveilles et quelques instants plus tard, me voilà enfin devant lui.

Face à moi, un habitué. “Je viens à Vegas tous les ans depuis 2018, mais je ne joue le Main Event que depuis 2021." Le tournoi roi, il commence donc à bien le connaître. Quatre participations déjà, dont une belle perf’ l’an dernier avec une 748ᵉ place synonyme d’ITM (et de 25 000 dollars en prime). De quoi croire à un profil de joueur pro ? Pas tout à fait. En réalité, Stéphane vit à Paris, bosse dans la finance, et garde le poker comme une grosse passion. "J’étudie beaucoup le jeu, c’est quelque chose qui me passionne. J’ai d’ailleurs eu plusieurs coachs différents ces dernières années." Une passion sérieuse, nourrie de réflexion, qui se traduit aujourd’hui par de nombreuses sessions online sur nos MTTs midstakes et highstakes quand le temps le lui permet. "J’ai une femme, deux enfants… donc forcément, je ne joue pas beaucoup en live. Le seul moment que je m’accorde dans l’année, c’est pour venir ici."

Et pour sa cinquième participation au plus beau tournoi du monde, l’investissement a l’air de payer. Enfin, presque. Car son Day 3 a longtemps ressemblé à un calvaire. "J’ai vécu une journée vraiment très compliquée, jusqu’à cette dernière heure…" Tombé à 15 blindes au retour de dinner break, il pensait bien devoir s’en remettre à un coin flip de la dernière chance. Et puis, les étoiles se sont alignées. Un, deux, trois spots bien négociés, et le Parisien se retrouve désormais assis derrière un tapis de 350 000 jetons. Le genre de revirement de situation qu’on adore. "Ce sont sans doute les meilleures 30 minutes de ma journée… Que dis-je, de mon tournoi !" sourit-il. On lui souhaite à présent que les 30 prochaines soient du même acabit... - VictorP

Les bustos de la dernière heure

Jimmy Guerrero
"Sale temps pour les Guerrero", nous dit Tapis_Volant depuis Paris. Il est vrai qu'entre Antonio, Jimmy (photo) et Fabien (ortographié Guerreiro), tous éliminés après le dîner, ce patronyme martial a complètement disparu du Main Event. Autres Français qui ne verront pas la couleur de l'argent sur cette édition 2025 : le top reg Benjamin Chalot et Ludovic Uzan.

Antonio Guerrero
Antonio Guerrero : OUT

Benjamin Chalot
Benjamin Chalot : OUT

Ludovic Uzan
Ludovic Uzan : OUT

WSOP 2025 : tous nos articles

Level 14 : faites quelque chose c'est un désatre

- 9 juillet 2025 - Par Benjo DiMeo

Level 14 : blindes 3 000 / 5 000 BB ante 6 000
Main Event 10 000 $ (Day 3)

Clap de fin

Davidi Kitai
Vous voulez un spoiler de la saison WSOP 2025 de Dans la Tête d'un Pro ? À un moment, dans un épisode, Davidi Kitai va sauter... pas très loin des places payées. Une fin de partie frustrante : Davidi avait une très bonne main de départ pour s'engager préflop contre un joueur ayant fait preuve de beaucoup d'agressivité... et ce dernier a montré la meilleure des mains de départ. Vous découvrirez ça quelque part en 2026 (ou fin 2025 ? Peut-être, pas sûr). En attendant, les caméras vont bientôt se tourner vers un autre pro... - Benjo

Un jeune espoir qui impressionne

Sam Jakubociwz
Depuis l’élimination de Davidi Kitai, tous les regards sont tournés vers Leo Margets, dernier espoir officiel du Team Winamax. Du moins… si l’on ne compte pas Sam Jakubowicz. Car oui, le jeune vainqueur de la Team Pro Expérience (et donc membre temporaire de notre équipe préférée) est encore là. Et bien là ! Assis au départ de ce Day 3 devant un tapis de 462 000 jetons, Sam aurait pu trembler. Il faut dire que pour ses premiers WSOP dans la peau d’un Team Pro Winamax, le Montpelliérain s’est retrouvé à la table du chipleader Oleksii Kravchuk dès les premières heures. Mais finalement ? Rien. Aucune peur, aucun blocage. Juste du jeu, du calme, du grind. Résultat, une montée linéaire, propre, jusqu’à atteindre les 700 000 après deux premières heures de jeu. Et ce n’était que le début.

Car Sam, lui, ne veut pas juste survivre. Il veut dominer. Alors, il continue de marcher sur sa table, d’enfoncer le clou à chaque spot. Au moment où je vous écris ces lignes, le voilà assis devant un tapis de près d’un million de jetons. Oui oui, 1 000 000, soit presque trois averages ! De quoi faire rêver n’importe quel joueur... sauf lui, qui reste aussi concentré que jamais. “On se sent bien, à l’aise. Je ne perds quasiment pas de coups. Et quand j’en perds, ce sont des petits pots, aucune grosse décision.”

Mais alors, c’est quoi son secret ? “Je continue de toucher les boards, beaucoup de boards…” me glisse-t-il dans un sourire, faussement modeste. Parlons-en, des boards. Comme celui de ce pot charnière, gros d’un peu plus de 100 000 jetons. Sur un open d’un bon joueur en early position, Sam défend sa grosse blinde avec 4-5 dépareillé. Flop A-8-6 avec un flush draw. Mise d’un quart pot, payé. Le turn ? Le rêve : un 7 qui lui donne la quinte, tout en ouvrant un deuxième flush draw. Sam donk bet deux tiers du pot. Payé encore. La river ? Un autre 7, ne faisant rentrer aucune flush. Le jeune Montpelliérain envoie alors une praline à hauteur du pot. Son adversaire tank un instant… et finit par passer. Encore un pot pour Sam. Encore une démonstration. - VictorP

Les bustos de la dernière heure

Karim Lehoussine
Ajoutez le finaliste du WiPT Karim Lehoussine (3e en 2024) à la liste des éliminés pré-bulle, ainsi que Fabien Guerreiro (que l'on n'aura pas eu le temps de connaître) et l'ancien membre du Team Winamax François Pirault.

Fabien Guerreiro
Fabien Guerreiro OUT

Anecdotes, statistiques et citations à la con

 63 : le nombre de Français encore en course à deux heures de la fin du Day 3. C'est pile le nombre d'ITM sur l'édition 2024. Un petit cru, ce Main Event 2025 ? Allons, il est bien trop tôt pour rendre le verdict.

1 626 : le nombre de joueurs restants à deux heures de la fin du Day 3. On est à 200 places de la bulle ! Elle pourrait éclater dès ce soir... Sauf si les joueurs - ou les organisateurs ! - en décident autrement. Les uns en serrant le jeu, les autres en décrétant une fin prématurée.

Sam Abernathy
Ces quelques instants de plénitude au milieu de ce massacre qu'est le Day 3 vous sont offerts par Samantha Abernathy

WSOP 2025 : tous nos articles

Level 14 : rubrique nécrologique

- 9 juillet 2025 - Par Benjo DiMeo

Level 14 : blindes 1 500 / 3 000 BB ante 3 000
Main Event 10 000 $ (Day 3)

Croupier

Tiens, personne sur le banc de presse au retour du dîner... Ah oui, ils sont encore tous sur le Media Freeroll, à l'autre bout du casino. Même ceux qui ont bust au sein de la rédac' sont restés pour rail les survivants. Du coup, c'est bibi qui va vous apporter les dernières (mauvaises) nouvelles en date.

Les bustos de l'heure écoulée

Wouf
Profitez bien de ce toutou, c'est le dernier truc un peu joyeux avant une litanie de déceptions

Pas le moindre début de ralentissement du massacre, quand bien même les joueurs auraient le ventre plein. Pire : parmi les sortants, on compte nombre de nos favoris de toujours, comme des chouchous plus récents. Du côté des anciens : Pierre Calamusa, après un reshove avec paire de 5 payé par deux As. Sortie particulièrement douloureuse, car Pierre, encore en recherche du premier ITM Main Event de sa carrière de pro, pouvait presque le toucher. Du côté des révélations récentes : Malo Latinois, meilleur tricolore du Big One en 2024, qui chute ici juste avant la pause-dîner du Day 3. Il a résumé le coup sur son fil Instagram : "J'ai fait straight avec A7s en pot 4-bet, perdu contre 65o qui a straight supérieure."

Qui d'autre en train de prendre une photo de la moquette ? Trop de (beau) monde : Pierre Merlin (plus que trois KING5 en course !), Greg Ravise, Virgile Turchi, Cédric Schwaerderle, mais aussi Arnaud Fabre, David Vago, Jean-Robert Autran, Edouard Sacrispeyre ou encore Selim Oulmekki.

Pour suivre la réduction du field FR en temps réel (ou quasi), nous mettons à jour un Google Doc dédié tout au long de chaque journée.
 

Selim Oulmekki
Selim Oulmekki : OUT

Pierre Merlin
Pierre Merlin : OUT

Arnaud Fabre
Arnaud Fabre : OUT

Greg Ravise
Greg Ravise : OUT

Edouard Sacrispeyre
Edouard Sacripseyre : OUT

cedric_schwaederle
Cedric Schwaederle : OUT

Français : le top 5 après le dîner

Thi Xoa Nguyen 1 million
Romain Locquet 996 000 (199 BB)
Julien Mariani 920 000 (184 BB)
Ibrahim Senoussi 877 000 (175 BB)
Adrien Delmas 840 000 (168 BB)

Anecdotes, statistiques et citations à la con

 67 : le nombre de Français encore en course une demi-heure après le retour du dîner.

"Mon Roi-Valet s'est fait craquer par les As !" - Un journaliste busto du Media Freeroll, un tournoi où les HH n'ont pas la même profondeur que sur les autres tournois des WSOP.


Doug Polk
Solide tapis après manger chez Doug Polk (445 000 sur 3 000 / 5 000)

Greg Raymer
Un ancien Champion du Monde qui n'avait pas encore eu l'honneur de la photo cette année : Greg Raymer, vainqueur en 2004 (311 000)

WSOP 2025 : tous nos articles

Level 13 : quand te reverrai-je, ITM merveilleux

- 9 juillet 2025 - Par Benjo DiMeo

Level 13 : blindes 1 500 / 3 000 BB ante 3 000
Main Event 10 000 $ (Day 3)

À la recherche du deep run perdu

Pierre Calamusa
Dix tentatives au cours de sa carrière... pour zéro virgule zéro places payées. Tel est le bilan de Pierre Calamusa sur le Main Event des WSOP. L'intéressé le déplore, certains souvenirs sont très douloureux, mais il sait aussi s'en amuser. C'est d'ailleurs lui qui nous suggère des blagues en mode auto-dérision pour les réseaux sociaux de Wina. Comme il y a deux jours, lorsqu'on a publié un très sérieux classement des joueurs les plus réguliers sur le Main Event (voir ci-dessous)...

Sur cette édition 2025, LeVietF0u a somme toute connu le meilleur départ possible, vu son pedigree : 200 000 jetons emballés en fin de Day 1A, avant un Day 2 moins performant, mais sans catastrophes. Pour scorer son premier cash sur le Main Event, il ne lui restait donc plus qu'à passer entre les balles du Day 3.

Las : Pierre s'est pris deux headshots en guise d'intro au Day 3. Un premier très classique : deux Dames qui ne battent pas As-Roi, la faute à un Roi sur la rivière. 250 000 dans le pot. "Derrière, je remonte à 200 000, puis je perds A10 contre deux Rois sur un flop 1062... Pot de 250 000 aussi."

On a compté 110 000 chez Pierrot au milieu du niveau 2 000 / 4 000. Il y a encore un peu de place pour jouer... mais c'est une stratégie forcément tight qu'il va devoir appliquer durant la seconde moitié de la journée, alors que la bulle commence à prendre de plus en plus de places dans les esprits de tous les joueurs restants et que les joueurs les plus deep font régner la terreur. - Benjo
 

Pierre
Pierre, community manager à ses heures perdues

Pierre
Tes désirs sont des ordres !

 

Jamais deux sans trois

Clément Meunier
Vous vouliez de l’action ? En voilà. Clément Meunier, qualifié pour 25 € sur Winamax via un Expresso, continue de faire parler de lui sur le plus beau tournoi du monde. Alors que les Français tombent les uns après les autres dans une débandade assez douloureuse à suivre, lui résiste. Mieux que ça, il rend coup pour coup. Et c’est peu dire. Car pile au moment où je m’approche pour lui demander comment s’est passée son début de journée, le Français est en plein bras de fer avec son voisin de droite espagnol.

Sur la river d'un board 7-Dame-As-4-8, Clément réclame le tapis de son adversaire. Au sortir d'un très long moment de réflexion, peut-être bien dix minutes, l'Espagnol finit par payer avec son A-10 suité... au grand désarroi de Clément qui est muni d'un Roi-Valet dépareillé. Premier coup dur pour le Français, qui ne va cependant pas avoir le temps de souffler.  Car dès la main d'après, il doit retourner au combat face à un autre adversaire, celui sur sa gauche, en small blind.

Sur un flop Dame-5-4, son adversaire envoie un c-bet à 10 000. Clément le relance instantanément à hauteur de 35 000. Payé. Le turn ? Un Valet sur lequel Clément envoie une praline à 60 000. Encore payé. River, un 8 qui fait rentrer la quinte. Le moment venu pour Clément d'envoyer tapis. Son opposant l’observe intensément, scanne son corps, fixe sa glotte, mais finit par fold. Soupir de soulagement pour notre qualifié qui remporte un très gros pot. 

Mais une fois de plus, le répit est de courte durée. Main suivante encore, un Américain au bouton envoie ses cinq dernières blindes au milieu de la table. En small blind, Clément découvre A-3 off et paie. En face, K-3 dépareillé. Ça tient. Le Français peut respirer, et retrouver son stack de début de journée, soit 500 000. Mais pour la discussion, on repassera. - VictorP

Pulsar cherche le bon rythme

 Jean-Robert Autran
40 000 dollars de buy-in pour 20 000 dollars de pertes, quatre petits ITM depuis son arrivée il y a un mois : le troisième gros Vegas d'affilée de Jean-Robert Autran a des allures de chemin de croix. Autant dire que ce troisième Main Event pourrait être l'occasion d'inverser la tendance… mais ce ne sont pas les dix-quinze minutes que nous avons pu observer autour de sa table qui l'auront aidé à aller dans le bon sens.

Alors que nous arrivons sur la rivière d'un board J42Q10, le Français abandonne suite à une mise de 40 000 (dans un pot de 75 000) de son voisin au hi-jack. Derrière, il perd une petite bataille de blindes, arrête les frais après s'être fait 3-bet, puis lâche l'affaire au flop dans un autre pot 3-bet. Résultat des courses : un tapis qui a fondu progressivement sous la barre des 150 000 jetons, alors qu'il en avait 168 000 ce midi.

Autant dire que celui qui s'est fait connaître sous le pseudo de Pulsar était un peu moins enjoué que sur ses streams, qu'il a repris avec assiduité depuis décembre, pour d'excellents résultats. Même l'arrête du poker sur Twitch et le départ forcé vers YouTube n'ont pas impacté son audience. "Tout le monde a fait la migration," confirme-t-il. Ils étaient ainsi nombreux à assister en janvier à la troisième place de "DrivingRange" sur le Million Event des Winamax Series, pour un gain de plus de 50 000 €. Un tournoi qui avait réuni plus de 32 500 entrants. Alors ce n'est pas une mauvaise passe sur une petite sauterie à même pas 10 000 qui va faire tressauter Pulsar ! - Flegmatic

Florian, as-tu du Pique

 Florian Pique
Si vous tapez le nom de Florian Pique dans votre moteur de recherche préféré, accompagné de la mention "poker" ou "hendon", le résultat le plus probable est que vous ne trouviez… absolument rien. Et pour cause : membre de la Team Élite, Florian évolue essentiellement en cash game, loin des radars de toute base de données. Surtout, il n'a mis un pied dans le monde du poker professionnel que tout récemment. "J'étais prof' d'EPS jusqu'à il n'y a pas si longtemps, démarre-t-il. Puis j'ai fait un road trip en Asie, dont l'un des objectifs était de jouer au poker… et je me suis rendu compte que c'était ça que j'avais envie de faire !"

Nous sommes en février 2024 et Florian se décide alors à tenter l'aventure pro aux tables de cash game live, grindant notamment pendant un mois au Cambodge. C'est alors qu'il entend parler de la Team Élite, pour laquelle il postule durant l'été, avant d'être accepté en septembre. Depuis, Florian a fait la migration à Macao, devenue la terre d'accueil d'une bonne partie de l'équipe. "La vie est sympa, bien plus que ce que je pensais. Parce que je ne suis pas un fan des villes style Las Vegas, où tout me parait trop artificiel. Mais là-bas, il y a quelques coins cools, de la nature…" On le comprend, la transition s'est opérée en douceur et semble pour l'instant lui convenir.

Ah, et son Main Event ? "L'expérience est super ! Bon, je n'ai jamais été vraiment très deep, à part au début. J'ai pas mal fait les montagnes russes."  Après avoir démarré la journée avec 161 000, soit plus de 60 blindes, Florian évolue désormais dans la zone rouge, autour des 20 BB. Loin de sa zone de confort. Mais il l'a prouvé, il sait s'adapter. - Flegmatic

Les bustos de l'heure écoulée

Olivier Arnault
Et ça continue, d'accord, d'accord : au revoir Phil Hellmuth Jr, ainsi que le fiston Phil Hellmuth III (on peut penser que le petit-fils s'appelera Phil Hellmuth IV, et que ce ne sera pas le meilleur de la saga), et aussi David Benyamine, Michael Gathy, Jalik Mekouane, Stéphane Serfati et Julien Mayeux (dont on venait tout juste de vous causer), ou encore Olivier Arnault (photo).

N'oubliez pas que, pour suivre la réduction du field FR en temps réel (ou quasi), nous mettons à jour un Google Doc dédié tout au long de chaque journée.

Anecdotes, statistiques et citations à la con

 76 : le nombre de Français encore en course à une heure de la pause-dîner.

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