Le Day 3 s'arrête à 15 éliminations des places payées
Beaucoup de casse dans le clan tricolore... mais pas mal de bonnes nouvelles aussi
Par exemple : le vainqueur de la Team Pro Experience Sam Jakubicz est co-chipealder !
Main Event 10 000 $ (Fin du Day 3)
La bulle n'éclatera que demain, mais certains ont commencé à la fêter en fin de journée...
00h50 à Las Vegas. La tension régnait dans l'air depuis le retour du dîner. La voix du superviseur au micro, ordonnant le lancement du processus de « bagging » et sonnant donc la fin de la journée, n'y a pas mis fin. Cette tension est simplement mise en pause, reportée à demain. Avec 1 476 joueurs restants dans le Main Event pour 1 461 places payées, on connaît quelques short-stacks qui vont passer une nuit fiévreuse... et revenir au Horsheshoe mercredi stressés, se demandant à quelle sauce ils vont être mangés.
C'était annoncé : le Day 3 qui s'achève ce soir allait être celui des déceptions. Presque 2 000 sortants en l'espace de dix heures. Et tout le monde s'en est pris dans la gueule : les pros, les amateurs, les habitués, les petits nouveaux, ceux qui n'avaient rien demandé, ceux qui l'ont quand même un peu fait exprès.
Mais parlons d'abord de ceux qui sont encore là...
L'expérience est maximale
Le Day 3 de ce Main Event des WSOP aura été fatal à nombre de joueurs du Team W : Adrian Mateos, Pierre Calamusa, Gus Hansen, Mustapha Kanit, Julien Sitbon et Davidi Kitai… mais pas à Leo Margets et Sam Jakubowicz, qui reviendront défendre les couleurs du Team Winamax au Day 4.
La pression ? Sam Jakubowicz ne connaît visiblement pas. Pas du genre à trembler. Pas du genre à ralentir. Le jeune vainqueur de la Team Pro Experience a joué vite, et fort. Agressif, mais carré. Toujours les papiers. Toujours le bon timing. Pas besoin d’en faire trop. Il a dosé, il a contrôlé. Un seul moment de flottement : le retour du dinner break. Un léger stress. Vite évacué. Sam avait 462 000 en début de journée. Il finit à 1,8 million. Numéro 2 au classement général, hé oui ! Solide, propre, maîtrisé. Son objectif initial ? Gagner 50 000 dollars sur le séjour. Ce n’est pas encore fait. Mais il avance. Pas à pas. Dans le bon sens. Et à ce rythme-là, il ne devrait pas s’arrêter làConcernant Leo Margets ? Beaucoup de swings, dès le départ. Un bon début. Puis plus rien. Carte dead. Aucun spot. Elle a tenu. Elle a résisté. Elle n’a pas craqué. Elle a payé quand il fallait. Demain ? Elle sait que ce sera dur. Mais elle est prête. Elle a les jetons. 388 000. Et ce soir ? Repos. Rien d’autre. - VictorP
Tout en haut de l'Eychenne
C'est un Thomas Eychenne tout sourire que nous avons retrouvé juste avant le "bagging". Et pour cause, avec un tapis final de 1,618 million, le Français se retrouve lui aussi bien au chaud dans le Top 10. "Ça fait super plaisir, lâche-t-il, les yeux qui pétillent. Il fait tellement rêver ce tournoi." Pourtant, les choses n'avaient pas forcément bien démarré. "J'ai eu un début de journée difficile. J'ai réussi à monter à 850 000, puis je suis retombé à 600 000, j'ai eu l'impression de perdre tous les coups." On se dirigeait alors vers une journée sans histoire, jusqu'à un dernier niveau paradisiaque. "J'ai pris les bonnes décisions, tout est passé... Le run good, quoi !" Jusqu'aux toutes dernières mains, Thomas n'a pas cessé d'accumuler des jetons. "C'était génial de monter un gros tapis pile pour pouvoir profiter de cette période de pré-bulle."Si certains nous ont avoué considérer ce Main Event comme un tournoi comme les autres, pour Thomas Eychenne, on sent que ce Big One représente bien plus que ça. "Je me suis abonné à PokerGO, j'ai commencé à regarder leurs archives sur le Main Event. Ça commence en 1973, ce sont des petites vidéos d'une vingtaine de minutes, mais c'est génial. Tu vois les mecs fumer des gros cigares, avec le rail juste derrière eux. Amarillo Slim se prend trois barrels, il montre son brelan et fold face up après que l'autre lui montre un As. Tu vois arriver les mecs en cheval, avec un énorme chapeau de cow-boy sur la tête, c'est fou !" Vous la sentez, cette passion ? On espère qu'elle portera Thomas le plus loin possible. Qui sait, peut-être que ce sera lui que les jeunes joueurs de poker français regarderont avec des étoiles dans les yeux dans cinquante ans. - Flegmatic
Thi voit triple
Après un Day 2ABC terminé solidement (390 000), Thi Nguyen s'invite carrément dans le petit club des millionnaires en jetons (76 membres). La pro d'origine vietnamienne ne pouvait rêver meilleur scénario pour ses retrouvailles avec les WSOP, après deux années d'absence qui s'expliquent par la meilleure des raisons. Enfin, deux raisons. Avec l'arrivée de jumeaux dans le foyer que Thi a fondé avec Jimmy Guerrero, le tandem de choc élève désormais trois gamins. Pour revenir au Main Event, Thi nous expliquera qu'elle a été chip-leadeuse de ses tables pendant grosso modo deux jours. « Du coup, c'est un peu facile. Enfin, je ne veux pas dire que c'est facile, mais cela permet de mettre la pression. » D'ordinaire concentrée sur le cash-game, c'est un avec stack lui rappelant justement son format préféré (150 BB) qu'elle va attaquer la bulle demain. - BenjoKING2
Les vainqueurs du KING5 ont franchi le Day 3 avec la plus petite quantité de membres leur permettant encore le qualificatif d'équipe : deux. On a perdu Erwann Pecheux durant le dernier niveau... Un peu plus tôt, c'est Pierre Merlin qui s'en allait. Mais la bonne nouvelle, c'est que Florian Ribouchon a bien voulu me raconter des hand histories. Enfin ! « T'es pas prêt, c'est sale... » Vas-y, envoie. « As-8 contre As-Roi pour ma survie... et deux 10 contre deux Valets pour beaucoup de jetons. Et je suis couvert aussi, sinon c'est pas drôle. » Deux bons gros coups de chatte qui lui permettent d'emballer 800 000, soit 100 BB à la reprise. À ses côtés, "le barde" Gabriel Bardini peut souffler : c'est une journée bien mal engagée qui se termine avec presque la moyenne, 304 000. Douze heures plus tôt, il pointait en bas de tableau avec 44 000. De quoi s'assurer virtuellement son premier ITM sur le Main Event, pour son tout premier Vegas. Assurément le maillot à poids du meilleur grimpeur, qu'il peut partager avec Stéphane Viget : le restaurateur d'Orléans parrainné par Jonathan Pastore s'est maintenu longuement avec très peu de jetons. - BenjoSans peur ni sommeil
Il n'a pas la forme, mais il a des jetons. "Je n'ai pas dormi la nuit dernière, nous a soufflé un Fabrice Bigot que nous n'étions pas encore venu voir de tout ce tournoi. Ça m'arrive parfois, je me réveille avec un énorme mal de crâne et impossible de me rendormir. Mais c'est pas grave, j'ai l'habitude." Pour preuve, cela ne l'a pas empêché de transformer un tapis de 169 000 en un stack bien costaud de plus de 947 000 jetons."Au début, j'avais une table qui ne bataillait pas trop. J'ai fait des moves, disons peu orthodoxes. Enfin, des plays ICM quoi, si tu as un peu étudié, tu comprends ce que je fais. Mais j'ai rendu un mec fou comme ça, le gars juste à ma gauche, qui avait 680 000. Je l'ai setup une fois comme ça : j'ai block bet, il raise et j'ai click back. Il a fold mais en se demandant pendant des heures s'il avait fait le bon choix." Vous voyez le coup venir : cette séquence, Fabrice l'a répété une nouvelle fois, en pure value. "Sauf que cette fois, il a call. Il est parti se prendre la tête à deux mains, il n'était pas bien." Voilà ce qui s'appelle refiler son mal de crâne de la plus belle des manières. À demain Fabrice, essaie de dormir quand même cette fois ! - Flegmatic
Un président en campagne
Rare Tricolore à ne pas encore avoir eu droit à son portrait sur cette page, Paul Andrade De Almeida s’apprête pourtant à vivre un moment qu’il attend depuis des années : franchir la bulle du Main Event des WSOP. Président du Club Poker 95, ce passionné originaire de Pontoise a décidé de s’offrir son ticket d’entrée pour le plus beau tournoi du monde, comme un rêve à cocher dans une vie. Une promesse qu’il s’est tenue d’honorer, même si ses amis, initialement partants, ont préféré jouer le Seniors Event. “Je suis les coverages Winamax depuis des années, chaque été ça me démangeait… alors cette fois, je me suis dit que c’était à mon tour de vivre l’expérience.” Et ça se passe bien. Très bien même. Après avoir bag 68 000 jetons à l’issue du Day 1, puis 114 000 à la fin du Day 2, c’est avec 360 000 qu’il attaquera demain midi le Day 4, à une quinzaine de place de l’argent. Détendu, serein, cet assureur vit pleinement son rêve. “Je dors bien, je joue bien, je ne pense pas à l’argent. Le seul moment de stress que j’ai eu, c’est quand je suis parti à tapis… mais sinon, c’est que du kiff.” - VictorPDay 4 : le top 10
Shotaro Kobayshi (Japon) 2 millionsSam Jakubowicz (France) 1,8 m.
Juliet Hegedus (Russie - photo) 1,7 m.
Tomas Szwarcberg (Mexique) 1,7 m.
David Alvarez (Espagne) 1,6 m.
Thomas Eychenne (France) 1,6 m.
Brandon Harris (UK) 1,6 m.
Luke Chung (USA) 1,6 m.
Chad Power (USA) 1,5 m.
John Barr (Usa) 1,5 m.
Blindes : 4 000 / 8000
FR : le top 5
Sam Jakubowicz 1,8 m.Thomas Eychenne 1,6 m.
Romain Locquet 1,2 m.
Thi Nguyen 1,2 m.
Julien Mariani 1,1 m. (photo)
Notre Google Doc est à jour avec le classement officiel des 57 derniers Français :
Main Event : le gros Google Doc
Double finaliste de deux des plus gros tournois des WSOP de l'été, Thomas Boivin reviendra au Day 4 avec 873 000.
Les spectateurs du streaming de PokerGo ont dû souffrir pendant de longues heures un William Kassouf toujours aussi actif, dans tous les sens du terme. Demi-finaliste en 2016 (17e), le Britannique sera de retour au Day 4 avec 957 000 pions.
Quel chapeau JJ Liu sortira-t-elle de son dressing pour le Day 4 ? Ce dont on est certain en revanche, c'est qu'elle reviendra avec 318 000 jetons – aux côtés de pas moins de six homonymes.
Angelo Besnainou : « J'ai voyagé dix heures avec un stack de 50 000... » C'est un savoir-faire ! Comme toujours, le Parisien a fait confiance à sa superstition ancestrale : saupoudrer du sucre autour de ses jetons. « C'est pour rendre les choses plus douces... A l'époque de l'ACF, Bruno [Fitoussi] avait fini par acheter un mini-aspirateur. Nicolas [Fraioli, le TD] le passait sur la table à chaque pause. Derrière, je recommençais !" Une belle fin de journée avec 250 000 jetons pour ce jovial livetard.
Qualif aussi pour Josh Arieh (204 000), qui avait bien failli gagner en 2004
Sa sortie du Main Event 2010 fait partie intégrante de l'histoire des WSOP. Depuis, Matt Affleck n'a eu de cesse de revenir sur le plus beau tournoi du monde. Il aura 460 000 jetons devant lui pour tenter d'effacer le souvenir de cette cruelle 15e place.
Huitième du Mini Main Event il y a une semaine, Katie Lindsay enchaîne de fort belle manière avec un Day 4 de Main Event, avec cinquante belles blindes.
Adrián Mateos a tiré sa révérence, mais le clan espagnol peut toujours compter sur le solide Sergio Aido, compté autour des 20 BB.
Viktor Blom (986 000)
Et maintenant : la bulle !
Enfin, on y est ! Le Day 4 débutera mercredi à midi (21 heures en France), et n'arrivez pas en retard afin de vivre l'un des moments les plus excitants de la saison poker : la bulle du plus gros tournoi du monde. Toute l'équipe sera sur le pont pour vivre ce joyeux bordel et vous le raconter.
Benjo, Flegmatic, VictorP & Caroline Darcourt























7









63 : le nombre de Français encore en course à deux heures de la fin du Day 3. C'est pile le nombre d'ITM sur l'édition 2024. Un petit cru, ce Main Event 2025 ? Allons, il est bien trop tôt pour rendre le verdict.















4
Q
