[ITW] Giuseppe Zarbo : 'Je veux chanter les deux hymnes'

- 6 juillet 2025 - Par Benjo DiMeo

Au lendemain de sa victoire sur le Summer Celebration à 800 $, le plus Français des Italiens se confie

Giuseppe Zarbo
Il nous l'avait promis : il était hors de question pour Giuseppe Zarbo d'arriver ne serait-ce qu'avec cinq minutes de retard sur le Day 1D du Main Event... Quand bien même il aurait vécu la plus belle journée de poker de sa vie la veille, en remportant peu avant une heure du matin le Summer Celebration, un tournoi low-cost des WSOP ayant attiré un field monstrueux de plus de 7 000 joueurs, lui apportant le bracelet et un demi-million de dollars. C'est donc seulement une douzaine d'heures après son triomphe qu'on a retrouvé l'Italien le plus célèbre du poker français, et profité de la première pause de la journée pour lui poser quelques questions. Ses impressions, ses émotions, son approche du jeu, ses projets, sa relation avec Winamax : l'amateur éclairé se raconte.

Hier soir, tu es parti te coucher en Champion du Monde. Tu peux nous décrire les sensations au réveil, toi qui joue les World Series of Poker depuis plus de quinze ans ?

Ce matin, j'ai regardé les vidéos de la dernière main du tournoi. J'avais des frissons. C'est surtout le fait que tous les copains étaient derrière. Cela m'a procuré des émotions énormes. Je ne faisais même pas attention à la somme en jeu [504 180 $, NDLR]. C'était surtout le bracelet qui comptait. Et plus que le bracelet : la victoire, sur les World Series. Après, quand j'ai réalisé que j'avais reçu des centaines de messages, de tous les copains, de tout le monde, j'ai compris que c'était quand même quelque chose d'énorme.

Dans une autre interview, tu as insisté sur l'importance du côté sportif. Tu essaies d'inculquer tes enfants l'esprit de compétition. Ta fille est devenue athlète de haut niveau... L'accomplissement, le fait d'avoir été jusqu'au bout, cela semble le plus important pour toi.

Depuis qu'ils sont tout petits, je répète à mes enfants que l'important c'est de gagner, pas de participer. Pour moi, c'est la bonne approche. Évidemment, on ne peut pas gagner à chaque fois. Mais il faut se préparer pour gagner, il faut avoir pour objectif de gagner. Ma fille Alessia s'entraîne avec acharnement pour atteindre ses objectifs, elle est focus. Derrière, bien sûr qu'elle ne gagne pas tout le temps, mais elle met tout pour atteindre la perf. Et quand la perf arrive, ce n'est pas hasard. Il y a une construction, un mental, une force qui te fait avancer.

Giuseppe ZarboCe qui est intéressant, c'est que, toi, au poker, tu es un amateur. Ce n'est pas ton métier. Tu as quand même des routines, tu te prépares un peu, tu bosses le jeu ? Tu essaies d'avoir une approche pro ?

Le travail technique, je ne peux pas en faire beaucoup, à cause de mon boulot. Donc mon travail technique, c'est : essayer d'apprendre quelque chose sur chaque tournoi. Les tournois des World Series, par exemple, ils sont à part, on ne les joue pas de la même manière. Et sur les EPT, tous les autres tournois le reste de l'année, tu apprends des techniques des autres. Tu essaies d'être une éponge. Sinon, je regarde des vidéos. Dans la Tête d'un Pro, je regarde tout le temps ! J'aime bien l'approche de pas mal de joueurs : Pierre, Adrián... Pierre, j'ai beaucoup appris de certaines de ses mains, j'ai eu l'occasion de lui dire.

Sur ce Summer Celebration, est-ce que tu as l'impression d'avoir « step up », d'avoir apporté à table un truc en plus qui t'a permis de gagner ?

C'était un tournoi avec une structure très rapide, et très peu de profondeur. Du coup, il y a des mains qu'il était impossible de jouer. Des paires de 3, de 4... je ne pouvais pas faire tapis pour 15 BB avec ce genre de mains, je devais attendre des meilleurs spots. À l'inverse, tu pouvais trouver des spots en regardant les stacks des autres joueurs. Je te donne un exemple : on est aux blindes 100 000 / 200 000, on est ITM depuis longtemps, et le chip-leader est à ma droite avec 10 millions, moi j'ai 3,5 millions. Il limp, et moi j'ai 7-2 à trèfle. Je sais qu'il ne pourra jamais payer une relance, car il n'a pas relancé lui-même. Donc j'ai fait tapis avec mon 7-2. Je ne vais pas jouer de cette manière sur tous les tournois ! Dans l'ensemble, j'ai vraiment essayé d'atteindre chaque palier, et de prendre les spots pour faire tapis, plutôt que d'open avec 15 BB. Car faire directement tapis avec 15 BB, ça t'en fait gagner 4, c'est énorme. Pareil avec As-Dame, je préfère faire all-in que d'open, et gagner les blindes. Prendre les blindes une fois par tour pour se maintenir, c'était ça l'objectif.

Le coup clé, celui qui te propulse vers le bracelet, il se produit à trois joueurs restants...

J'ai As-9, un tapis de 45 millions, et le gros chip-leader il a 200 millions, et le short-stack, ancien gros chip-leader, a 35 millions. Le chip-leader open-shove au bouton, je sais qu'il est très large. Le short-stack réfléchit longtemps avant de payer pour son tapis. Là, je comprends qu'avec As-9, je suis devant lui. J'ai deux choix : soit folder, et probablement arriver en heads-up, mais je serai très short. Ou alors gagner le coup, et avoir une vraie chance de prendre le bracelet. Si je perds ce coup-là, de toute façon je termine deuxième, car j'ai plus de jetons que le short. [En tête face à QJ (chez le short) et 104, Giuseppe gagnera effectivement le showdown, et entamera le heads-up quasiment à égalité avec Rui Kotake, NLDR]
 

Giuseppe Zarbo
Heads-up final contre le Japonais Rui Kotake

 

En heads-up, tu as été très agressif...

Il m'a gagné un coup où j'étais bien devant, il a touché, mais après j'ai continué à attaquer. Je pense qu'il ne comprenait pas mes bluffs !

Parlons de ton statut un peu particulier. Un Italien, mais qui en France depuis très longtemps. Tu as très vite été adopté par tous les joueurs de poker français. Hier, il y avait beaucoup de monde pour te soutenir... que des Français !

Je vis en France depuis 1996, cela représente plus de la moitié de ma vie ! Je vis à Antibes, je travaille à Paris, je fais la navette depuis 21 ans. Tout le monde me connaît dans le poker. Mais... je suis Italien à 100 %. Donc [pour la cérémonie de remise de bracelet] j'ai demandé si on pouvait envisager de jouer les deux hymnes nationaux. On m'a dit non ! Alors évidemment, s'il faut choisir, ça sera l'hymne italien. Mais j'aimerais bien, tout de même, qu'on essaie de chanter la Marseillaise aussi, en a cappela... S'ils me donnent le micro, je le fais !

Giuseppe ZarboTes enfants, ils se considèrent comme...

Français ! Nés en France, élevés en France. Ils ont la double nationalité, mais ils ont toujours vécu en France. Ses compétitions, c'est dans l'équipe de France qu'Alessia les dispute.

Tu finiras tes jours en France ?

Je pense que oui. Surtout en vivant dans le sud. C'est trop beau. Et j'ai une phrase fétiche : il faut toujours désirer ce qu'on a. Mon rêve dans la vie, c'est de conserver ce que j'ai déjà, et continuer de l'apprécier tous les jours. En premier lieu ma famille.

Et dans le poker, tu as un nouveau rêve après ce bracelet WSOP ?

Peut-être gagner sur un autre circuit. EPT, WPT...

Parlons de ce logo Winamax que tu portais en table finale. Les gens qui verront les photos, ils vont peut-être se dire qu'on t'a filé du blé, qu'il y a eu un arrangement en coulisses... Alors que pas du tout ! C'est toi qui a réclamé un autocollant avant le début de la finale ! Explique-nous un peu.

Je connais bien les équipes de Winamax. Je connais bien les dirigeants aussi. Et en ce moment, ma société collabore avec Winamax.

Justement, dis-en nous plus sur ta boîte.

J'ai une société de conseil en finance, et on aide aussi les entreprises pour tout ce qui concerne la responsabilité sociétale des entreprises (RSE) : mise en conformité, obligations... [pour simplifier, cela concerne la contribution volontaire des entreprises aux enjeux du développement durable, NDLR]. On a accompagné Winamax pour les aider à obtenir des certifications ISO nécessaires à leur activité.

Cela remonte à quand, tes débuts d'entrepreneur ?

J'ai fondé ma société en 2004. Aujourd'hui, on a 250 collaborateurs qui font du conseil en finance. Soit en support opérationnel, soit sur des projets finance, comme la mise en place d'outils comme les RP, PM... [là, Giuseppe se met à rentrer dans des explications techniques ultra-pointues, on dirait Adrián Mateos en train de solver un spot GTO - je vous passe les détails car je ne comprends pas tout]. On ne travaille qu'avec des grands groupes : Engie, Louis Vuitton, EDF, Société Générale, Danone, avec lesquels on a de gros contrats, et un beau chiffre d'affaires. En fait, Winamax est notre plus petit client ! [rires]

Giuseppe Zarbo
Tu n'as jamais pensé à entreprendre quelque chose spécifiquement dans le poker ?

J'adore l'entreprenariat. Quand j'ai créé ma troisième boîte, je me suis pris deux fois le mur. Mais un échec n'est pas un échec : c'est un apprentissage. Et il y a un truc que je répète toujours : mon deuxième échec est la plus grande réussite de ma carrière. Car même si ça n'a pas marché, j'ai appris énormément. J'encourage les gens à entreprendre. Mais il faut savoir que c'est quelque chose qui t'occupe 24 heures sur 24, en termes de focus. Ça te réveille la nuit, tu y penses dès le réveil. Le moment où l'on se lance, il est particulier. La réussite, quand elle arrive, est visible, mais les efforts qu'il y a derrière pour y arriver, on ne les voit pas. Passer de 1 à 10, c'est beaucoup plus dur que de passer ensuite de 10 à 100.

[Réponse intéressante, mais un peu à côté. Du coup, je retente.] Pas de projets dans le poker, donc ?

Tu veux dire, devenir pro ?

Non, pas ça !

Ah, OK... Oui, j'ai quelques investissements à côté. Mais je n'aime pas trop en parler. Disons qu'avec mon ami Apo, on a une très bonne relation !

Dernières questions... tu as démarré le Main Event aujourd'hui, un tournoi que tu connais par cœur : tu as atteint six fois les places payées depuis 2011. Un conseil pour gérer le Day 1, pour ceux qui se lancent pour la première fois ?

Je ne late reg pas, car honnêtement, il y a beaucoup trop d'amateurs... pas éclairés ! Moi, je me considère comme un amateur éclairé. Les fautes dans le jeu, ils en font dès le début, il y a des jetons à gagner tout de suite. Les 30 000, 40 000 jetons que tu peux gagner sur le Day 1 grâce aux fautes des amateurs, ils font que ça vaut la peine d'arriver à l'heure. À part ça, je dirais qu'il faut être patient. Le tournoi est très long. Statistiquement, on reçoit une premium toutes les 45 mains. Donc les grosses mains finissent toujours par arriver. Mais il faut faire attention, garder les pots petits. On peut perdre beaucoup avec deux As sur le Day 1 ! Les jetons perdus ont plus de valeur que les jetons gagnés. Surtout sur le Main Event !

Ton bracelet, il va finir où ?

Sur une étagère, avec les trophées de ma fille... et les miens. Elle en a beaucoup plus que moi ! [rires] Mais quand même, le bracelet, ça vaut au moins plusieurs coupes, non ?

Un mot pour tous ceux qui t'ont suivi à ta distance ?

Merci pour le soutien, pour tous les messages qui font chaud au cœur. J'espère vous rencontrer. Rêvez, n'écoutez rien !

Résultats - Summer Celebration 800 $
7 078 inscrits - Dotation  3 698 201 $


Giuseppe Zarbo
Avec une partie de l'équipe du RMC Poker Show, dont Giuseppe sera l'invité d'honneur dimanche (en compagnie de votre serviteur !)
 

Place Joueur Pays Prix
Vainqueur Giuseppe Zarbo Italie 504 180 $
Runner-up Ryo Kotake Japon 332 840 $
3e Wai Kit Lo Hong Kong 248 320 $
4e Jonathan Stoeber USA 186 650 $
5e Ciaran Duffy Irlande 141 350 $
6e Yansong Kou USA 107 850 $
7e Ionannis Panagopoulos Grèce 82 920 $
8e Marat Shafigullin Russie 64 250 $
9e Quinterol Mallette USA 50 161 $


Giuseppe Zarbo
Chaque moment crucial de la finale a été vécu avec ferveur. Comme ce double-up à sept joueurs restants...

Giuseppe Zarbo

Giuseppe Zarbo

 

WSOP 2025 : tous nos articles

[ITW] Sacha Cohen, le poker dans le sang

- 20 juin 2025 - Par Tapis_Volant

Il y a 28 ans, son père Claude Cohen gagnait le 2ᵉ bracelet WSOP tricolore de l'histoire : aujourd'hui, Sacha "PyroSC" Cohen suit ses traces avec un gros programme à Vegas
Event #53 : Millionnaire Maker (Day 1B)

Cohen
Sacha Cohen n'était pas encore né quand son père est allé décrocher le deuxième bracelet WSOP français de l'histoire, c'était en... 1997. Ancien streameur de jeux vidéo, celui qui s'est fait connaître sous le pseudo de "PyroSC" s'est récemment à fond dans le poker, après quelques années de fréquentation régulière du circuit mid-stakes. Avec l'objectif affiché de marcher sur les traces de son père Claude Cohen, vainqueur de l'Event #3 des WSOP 1997, un Limit Omaha à 1 500 $ (pour un gain de 110 400 $). Cette année-là, Claude était devenu le deuxième Français à gagner un bracelet WSOP, après la victoire inaugurale de Gilbert Gross en 1988. Rappelons l'anecdote marrante : Claude pensait que le tournoi était un Pot-Limit et a un peu déchanté en découvrant que c'était du Limit. Cela ne l'a cependant pas empêché de faire parler son talent !

Auteur d'un beau deep run en 2023 sur le DeepStack Championship 600 $ (25ᵉ pour 10 247 $) alors qu'il s'était qualifié pour son deuxième Vegas, Sacha Cohen est aujourd'hui sur le Millionaire Maker, avec un beau petit stack au dinner-break. L'occasion de lui poser quelques questions, notamment à propos de son illustre darron. Entretien. 

Comment on grandit avec un père qui a eu un bracelet ?
On ne me l'a jamais vraiment posée, cette question, étonnamment. De base, j'étais passionné de jeux vidéo, donc on va dire que j'étais fier, mais je n'y faisais pas trop attention. Puis j'ai découvert le poker et j'ai pris goût au jeu, parce que je suis très joueur, je suis un compétiteur... D'un coup, on grandit avec les yeux qui brillent, des étoiles dans les yeux et surtout avec un objectif en tête. Le bracelet, je pense que ça a une grande valeur pour quelqu'un comme moi, qui n'est pas forcément la même que pour les gens qui ont découvert le jeu par eux-mêmes. Moi, j'ai un lien très particulier avec mon père. Ce Monsieur, c'est vraiment toute ma vie. Donc le bracelet pour moi, c'est le Saint-Graal.

Il a gagné son bracelet avant que tu sois né, non ?
Ouais, un an avant que je naisse. Donc j'étais peut-être sa célébration du bracelet, je ne sais pas, mais niveau dates, ça colle pas mal donc ce n'est pas impossible...

Claude CohenComment en as-tu entendu parler, il jouait encore quand tu étais enfant ?
Je ne voyais pas beaucoup mon père quand j'étais très jeune, il jouait à l'ACFà l'époque, la nuit, et il rentrait quand j'allais à l'école le matin. Donc, je ne le voyais pas beaucoup, et après, plus j'ai grandi, plus on se voyait, on s'est beaucoup rapprochés. C'est quelque chose d'incroyable de partager une passion avec un de ses parents, moi j'ai une chance folle de ce côté-là. Et puis surtout, j'ai eu la chance qu'il me soutienne et qu'il soit à 200 % derrière moi. Même s'il a fait ça de sa vie, il connait aussi les risques et tout ce qui entoure ce milieu et malgré ça, il est vraiment à fond derrière moi parce qu'il sait que ce jeu me passionne et que je ne fais pas ça que parce que mon papa l'a fait avant moi. C'est avant tout parce que je suis un énorme passionné de ce jeu et que je l'adore.

Vous avez déjà joué les mêmes tournois ensemble ?
C'est une bonne question. Je crois qu'on n'a jamais fait le même tournoi. On a très peu joué ensemble. J'ai toujours essayé de me faire ma propre expérience, et de ne jamais trop le solliciter, parce que j'avais envie d'être Sacha et pas "le fils de Claude". Je crois qu'on n'a jamais vraiment joué juste tous les deux, juste de temps en temps en variantes en heads-up pour s'amuser, à la maison. Je pense que ça y est, il a fait son temps en No-Limit Hold'em. En revanche, je pense que quand je me mettrai aux variantes, il pourra me donner quelques précieux conseils. Je pense qu'il a énormément de choses à m'apprendre

Est-ce qu'il suit tes résultats ? Est-ce que vous échangez sur des mains ?
Grave. C'est mon premier supporter, il n'y a aucun doute là-dessus. Et inversement, je serai toujours son premier supporter. Il me demande toujours des news, j'essaye toujours de lui envoyer un message quand je peux. Ici, à Vegas, c'est un peu le feu, mais j'essaye de le tenir au courant, c'est vraiment très important de le tenir au courant. Et je sais que s'il pouvait, il serait là ici et il me supporterait. Il est à la maison, mais il me suit à 200 % depuis chez lui. Loin des yeux, près du cœur.

Le bracelet, ça représente quelque chose pour toi ?
Ça représente quelque chose de très fort. Pour être honnête, Vegas, c'est quand même particulier. Il faut être extrêmement bien rollé, et il y a peu de joueurs en France qui peuvent se permettre de jouer absolument tous les 10K sans staking. Mais j'ai l'impression que ces tournois sont en quelque sorte plus accessibles, puisqu'ils ont des petits fields. Ça fait deux ans que je suis pro, j'ai fait un an et demi de MTT online, où ça s'est très bien passé pour moi, mais pour assumer un Vegas d'un mois et demi et chasser les bracelets tous les étés, il faut être vraiment bien rollé. Moi, typiquement, je suis staké, donc ça me permet de venir, mais ça reste un engagement financier assez conséquent. J'ai envie d'être raisonnable vis-à-vis de ça. J'ai énormément progressé ces deux dernières années, mais j'ai encore beaucoup de progrès à faire. Je prends un kiff de fou à venir et à jouer, mais je joue majoritairement des gros fields, donc le bracelet est plus dur à aller chercher. Je ne dis pas que les 10K sont plus faciles, mais disons qu'on trouve plus facilement des opportunités. Je suis très motivé, et plus le temps passe, plus je me donne les moyens d'aller le chercher. J'en rêvais il y a déjà cinq ans, mais j'étais loin de me rendre compte à quel point il fallait travailler pour espérer atteindre cet objectif. J'ai pris conscience de ça ces dernières années, et j'ai beaucoup bossé. Il y a de la route encore, mais on est sur la bonne voie.

Quel est ton programme cette année sur les WSOP ?
Je reste jusqu'à la fin, ça va être mon premier Main Event, je suis comme un ouf, très excité. Forcément, parce que ça fait partie des tournois qui me font rêver depuis que je suis tout petit. Je suis arrivé il y a cinq jours. Le programme, c'est d'abord de bag le Millionaire Maker sur cette troisième et dernière bullet, mais ça se passe bien pour l'instant (NDLR : Sacha possède déjà 4 stacks de départ au dinner-break). Je rentre après le Main. C'est le rêve de tout joueur de poker de faire ce tournoi. Ça va être fou. J'avais envie de vivre ça et je vais enfin pouvoir le faire. Espérons ramener un petit bout d'or à la maison autour du poignet.

Ton père joue-t-il encore au poker ?
On va dire qu'il est à la retraite. Mais je pense qu'il y a des gens qui ont ça en eux, les cartes. C'est un truc qui est en moi, j'aime jouer, j'aime la compétition, j'aime les cartes. Je pense que c'est pareil pour lui, il aime tout ça. Il joue encore de temps en temps, il essaye de garder le cap. Il est plus tout jeune, il va sur ses 70 ans, mais je pense qu'il aura toujours la petite flamme en lui, parce que c'est un jeu qui nous anime. Je pense qu'il nous a transmis ça, c'est dans le sang. 

Cohen journal

La version 1.0 d'un coverage poker. Gloire aux pionniers de notre métier ! Si vous avez cinq minutes, n'hésitez pas à vous plonger dans les archives de 1997 (peut-être la première année où un vrai reportage live fut proposé sur le web), cela vaut le détour !

WSOP 2025 : tous nos articles

[ITW] Ribouchon de champagne !

- 15 juin 2025 - Par mama913

Assuré d'un gain de 34 761 dollars, Florian Ribouchon sera en finale du PLO avec 40 blindes, dimanche dès midi à Las Vegas (à partir de 21 heures en France). Le Français était cuit mais il a pris trois minutes pour rigoler avant de filer en compagnie d'une dizaine de Français venus assister à la fin de son Jour 2... Gouailleur et toujours facétieux, l'envie de gagner du tricolore est bien là!
Event #42 : PLO 1 000 $ (Fin du Day 2)

Flo Ribouchon heureux avant sa deuxième finale WSOP

Flo Ribouchon heureux avant sa deuxième finale WSOP

Alors Florian, comment-tu te sens après dix heures de poker. Content d'être là dimanche? 
"Hamdullah". Fatigué, j'ai envie de dormir, on remet l'interview après la victoire ? Allez, on fait ça rapide... 

Raconte-nous surtout ce que tu fais dans ce tournoi de variantes ? 
Je venais de sauter du Monster Stack et il était encore tôt, 15 heures... Il fallait jouer donc j'ai register mon tournoi de PLO de l'été. C'est pas mon jeu, mais je m'amuse et tout s'est bien déroulé, j'ai toujours eu un gros tapis. 

Ton Day 2 a-t-il été fluide, tu nous fais le récap' de cette journée?
Ça va, c'est parti fort au début et puis j'ai mis des crasses. Bon là, j'ai la flemme de raconter, j'ai joué tellement de mains. J'ai perdu les coups contre les mecs qui avaient 5 blindes et j'ai gagné deux gros coups pour beaucoup de blindes en résumé. J'étais énorme tout le long et me revoilà short avec mes 40 blindes (rires). 

Les Français sont venus te voir tout au long de la journée, cela t'a fait plaisir qu'ils soient là et qu'ils viennent demain ? 
Tous sauf pour Erwann (Pecheux, qui est juste derrière nous pendant cet l'entretien, ndlr) de toute façon, il ne sera pas là demain, il y a le Salute To Warriors et puis il ira faire le 500 dollars de l'Aria derrière quoi qu'il arrive... Il n'y aura personne de toute façon avec le Monster Stack. "Inchallah" ils sautent tous et ils viennent ! 

Ribouchon vient debrief son rail
Tu as pu évoluer sur la dernière table pendant plus d'un level d'une heure, qui t'as marqué chez tes adversaires ?
Il y a l'argentin (le chipleader Carlos Leiva, ndlr) et l'Américain, (Dylan) Weisman... les autres sont nuls (rires). 

Quelles sont tes attentes pour cette finale ?
En vrai, j'ai pas d'attentes... Gagner un bracelet, c'est une bonne attente non ? 

Florian Ribouchon
Tu nous avais parlé de 236 barres tout en haut à mi-parcours de cette journée, cela ne changera rien à ton approche ? 
Respecte l'argent, c'est 237 000 dollars... Ce n'est pas parce que t'es surpayé qu'il faut négliger ça (rires). Il ne faut pas négliger une telle somme, c'est beau, tu finis up ton Vegas sûr déjà, c'est bien...

Tu as un plan de jeu, une idée en tête pour cette finale ?
On verra demain matin, cela reprend vite, je suis fatigué. Et j'ai ping-pong en rentrant. Il faut jouer à la villa avant d'aller au lit ! 

Les finalistes du Pot Limit Omaha à 1 000 $

Carlos Leiva a éliminé Ernest Essad (10e) à la bulle de la dernière table avant d'accentuer son avance en sortant Bradley Anderson puis Eric Buchman... 
 

Siège Nom Pays Stack BB
1 Joshua Palmer USA 6 180 000 62
2 Kyle Rosnes Canada 3 475 000 35
3 Flo Ribouchon France 4 030 000 41
4 Homan Nikzad USA 7 940 000 80
5
6 Carlos Leiva Argentine 10 230 000 103
7 Biran McKain USA 2 500 000 25
8 Dylan Weisman  USA 3 235 000 33

Event #42 - PLO 8-max 1 000 $
1 923 inscriptions - Dotation : 1 700 160 $

Place Joueur Pays Prix
Vainqueur 237 852 $
Runner-up 158 481 $
3e 114 399 $
4e 83 503 $
5e 61 641 $
6e 46 024 $
7e 34 761$
8e Eric Buchman CAN 25 562 $
9e Bradley Anderson USA 20 538 $

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