Qualifiés online via leurs clubs, Pierrick Letailleur et Fabien Bleas ont déjà connu de belles joies grâce au poker…
…pour mieux remettre ça cet été ?
Event #75 : Mini Main Event 1 000 $ (Day 1B)
Benjo vous en a parlé hier à l'occasion du Day 1A de ce Mini Main Event : depuis peu, Winamax permet à ses clubs partenaires d'envoyer une poignée de leurs représentants à Las Vegas, disputer un Event des World Series of Poker. Nous en avons retrouvé deux au milieu de ce Day 1B d'une densité folle (on remercie déjà l'application WSOP+ pour faciliter tout ça). Deux joueurs à ranger dans le rayon des "amateurs éclairés", mais qui ont bien vibré par le passé grâce à notre jeu préféré.
On commence avec Pierrick Letailleur. Qualifié via son club du Montpellier Poker, dont il est le président, il était apparu sur nos radars en 2022, sur notre premier tournoi live post-pandémie, le Winamax Poker Open de Madrid. Débarqué dans la capitale espagnole grâce à un package gagné en ligne (déjà) pour huit petits euros, ce psychologue de métier avait poussé le bouchon jusqu'en neuvième place, pour un gain de 11 400 €. "C'était un put*** de rêve," nous avait-il alors lâchés, tout en exprimant sa frustration d'être passé aussi près de la table finale.
Trois ans plus tard, voilà Pierrick de retour dans la peau d'un qualifié online sur l'un des tournois les plus courus de ces World Series (plus de 10 000 entrants, faut-il le rappeler). "Je n'ai pas beaucoup joué entre temps, nous explique-t-il, mon boulot est bien prenant. J'ai quand même joué la Finale du Winamax Poker Tour à Aix-en-Provence. C'était sympa, j'ai tenu quatre niveaux, je me suis bien fait défoncer," ajoute-t-il dans un sourire.
Rien de tout ça en revanche aujourd'hui pour celui qui pointait à deux averages juste avant la troisième pause de la journée. "J'ai pris un gros pot de 180 blindes contre un joueur qui a décidé de call mon 5-bet shove avec As-Dame off alors que j'avais une paire de Rois. Il a fait la Dame au flop, moi j'ai fait du jus, mais ça a tenu." De longues heures plus tard, il est encore là à quelques encablures des 1 008 places payées, quand son compère montpelliérain Thibaut Dubourg a lui disparu dès le début de journée. "Tout est allé contre lui aujourd'hui, c'est dommage." Dix ans après être venu célébrer le nouvel an à Vegas avec un groupe de potes, Pierrick va donc ouvrir son compteur dans la Ville du Vice, dès son premier tournoi WSOP. Et cette fois, nul doute qu'il signerait les yeux fermés pour une nouvelle neuvième place, synonyme de table finale.
Alors installé à quelques tables de Pierrick, c'est un Fabien Bleas (photo) un peu fébrile que nous accompagnions hors de la grande salle du Horseshoe, pour une pause clope bien mérité. "Je suis arrivé hier, précise-t-il. Physiquement, ça va de mieux en mieux, la fatigue peut aussi te donner de la force, mais quand même, c'est raide." D'autant que le live est un terrain qui lui est largement inconnu. "Je joue plutôt online d'habitude. En live, j'ai dû jouer un 300 € max, donc là, c'est pas mal de stress. Mais j'y mets beaucoup de cœur et d'amour, en essayant de tout donner. Pour l'instant en tout cas, je suis content de mon niveau de jeu, je me concentre à fond sur chaque main, pour essayer de glaner le plus d'infos possible."
Son ticket pour ce Mini Main Event à 1 000 $, il est allé le chercher sur le championnat online de Grenoble Poker, consistant en sept étapes de 2 € chacune. "Dépenser 14 € pour arriver ici, c'est exceptionnel, souligne Fabien. Surtout que j'avais fait deux fois la bulle du package l'an dernier. Cette année, en plus de Vegas, j'ai aussi pris celui pour le WPO Aix-les-Bains !" De quoi renouer avec certaines habitudes de jeu que celui qui est désormais commercial dans les cours de musique - ma boîte met en relation des profs et des élèves - avait quelque peu rangé au placard.
"Il y a une quinzaine d'années, je gagnais ma vie grâce au poker. Je jouais uniquement online, sur Everest Poker et Full Tilt, à l'époque où on pouvait jouer contre le monde entier, bien avant l'arrivée de Winamax. Tout le monde était nul à cette période. Avec un pote, on avait lu un bouquin, le Poker Cadillac de François Montmirel, et ça nous a suffi pour défoncer les tables. On se faisait 2 000 € par mois tranquille. Je pouvais sortir, partir en vacances, me faire des bons restos…" Soit exactement le programme dont il aurait pu rêver en cas de perf' sur ce tournoi… avant que sa paire de 9 ne s'empale contre deux As juste avant la pause dîner. On remet ça l'an prochain ?










