On vous présente les neuf participants d'une table finale historique
Main Event 10 000 $ (Finale)
Deux anciens finalistes dont un quadruple vainqueur du Poker Players Championship, des amateurs américains en plein one time, un régulier serbe, un pionnier coréen et surtout une taulière du Team Winamax : à table finale de prestige, plateau exceptionnel. Qui écrira l'histoire en remportant le Main Event des WSOP 2025 ?
John Wasnock (USA)
108 100 000 (67 BB)
143 000 $ de gains en tournois live depuis 2014, une victoire à 56 000 $ sur un 560 $ à Pendleton, Oregon en guise de meilleur résultat, un ABI d'environ 350 $ : venu de North Bend, charmante bourgade bucolique de 8 000 âmes de la banlieue sud de Seattle, John Wasnock a le profil type de l'amateur venu se faire plaisir sur le plus beau tournoi du monde. Un kiff' que ce consultant en investissement est en train de transformer en one time, malgré son profil de cinquantenaire ricain à casquette comme on en croise des centaines (milliers ?) chaque année sur le Main Event. 23ᵉ et avant-dernier au classement au départ du Day 8 avec 15 blindes au compteur, il a longtemps joué le rôle de la serrure de service, jusqu'à enfin prendre son envol en sortant Ruben Correia puis Joseph Ozimok et enfin Joey Padron, pour devenir le chipleader surprise de cette finale. Wasnock, why not? - Flegmatic
Michael Mizrachi (USA)
93 000 000 (58 BB)
"Hall of Fame! Hall of Fame!", se sont mis à crier les supporters de Michael Mizrachi alors que la finale approchait. Il est vrai qu'avec sept bracelets, dont quatre Poker Players Championship et désormais deux TF de Main Event, le Floridien est plus légitime que jamais pour rejoindre le clan des immortels. Fun fact : 2010, l'année de sa première TF sur le Big One est aussi celle de son premier PPC. À l'époque, celui que l'on appelait déjà le Grinder avait terminé 5ᵉ pour 2,3 millions de dollars, ce qui reste son plus gros gain à ce jour. Mais même avec toute son expérience, le cadet de la fratrie avait sans doute vécu peu de journée aussi mouvementée que celle-ci. Tombé à trois blindes à l'issue de la première main de la journée, Mizrachi réussit à doubler trois fois en deux heures (dont un 3-outer bien chatté), avant de recevoir un joli cadeau de Tony Gregg, qui l'a payé avec une paire de 9 quand il tenait deux Dames. Le même Gregg qu'il éliminera plus tard dans la soirée pour précipiter la constitution de la dernière table et se présenter avec le deuxième tapis. Et dire que même en cas de victoire, il ne pourra pas prétendre au titre de Player of the Year… On lui fait en tout cas confiance pour conserver son style atypique, à base de relances poignée, de flats douteux et de 4-bets en dehors des tableaux. Car s'il y en a bien un qui peut dynamiter cette finale, c'est bien lui ! - Flegmatic
Braxton Dunaway (USA)
91 900 000 (57 BB)
S'extirper d'un field de plusieurs milliers de joueurs, Braxton Dunaway connait. En 2023, il remportait le Monster Stack des WSOP pour 1 162 681 $. Un one time en bonne et due forme, puisqu'à côté de ça, le Texan d'origine – qui vivait semble-t-il il y a deux ans à Omaha, Nebraska, pour un joueur de poker, ça ne s'invente pas – grinde les tournois mid stakes entre 200 et 3 000 $ du Lone Star State et de l'Oklahoma voisin, avec quelques venues ponctuelles aux World Series. En 2022, il terminait d'ailleurs 142ᵉ de ce Main Event pour 62 500 $ pour ce qui était alors sa seule place payée sur le Big One. Deuxième en jetons avec 51 millions au départ du Day 8, il a d'abord perdu quelques plumes en faisant doubler deux fois Michael Mizrachi, avant de faire grossir progressivement son tapis, pour être le premier joueur de ce tournoi à franchir la barre des cent millions. Et s'il a subi un petit coup d'arrêt en perdant un gros pot contre un Kenny Hallaert qui avait floppé une couleur quand il trouvait top two, il a su se maintenir dans le peloton de tête sans trop de difficulté. Un outsider à ne pas sous-estimer. - Flegmatic
Kenny Hallaert (Belgique)
80 500 000 (50 BB)
Neuf ans après, Kenny Hallaert est de retour sur la plus grande scène du plus beau tournoi du monde ! 6ᵉ en 2016, le Belge a converti son cinquième Day 5 de Main Event en une nouvelle table finale. Mais même avant ça, son palmarès sur le Big One avait de quoi faire rougir n'importe qui. 64ᵉ en 2017, 123ᵉ en 2015, 323ᵉ en 2012 et 862ᵉ en 2022 : l'ancien floor manager est ici comme cher lui. Encore aujourd'hui, le Flamand est le seul joueur à avoir atteint à la fois la finale du Colossus (qui a un temps été le tournoi le moins cher des WSOP) et du Main Event, preuve de sa capacité à naviguer à travers d'immenses fields. Dans la deuxième partie de ce tournoi, Kenny a impressionné, terminant le Day 6 puis le Day 7 en position de chipleader, encaissant nombre de petits pots sans jamais se mettre en danger. Son début de Day 8 fut plus compliqué, avec un tapis presque divisé par deux lors des premières heures, avant de se relancer en signant l'élimination de Mario Perati. Plus discret par la suite mais toujours aussi efficace, il a bien rentabilisé une flush contre Braxton Dunaway et fut l'un des rares lors du Day 8 que l'on a vu tenter un bluff (sans succès) face à Jarod Minghini. Et s'il cherche une source de motivation supplémentaire, il deviendrait en cas de victoire le nouveau n°1 de la All-Time Money List belge, devant Davidi Kitai et Thomas Boivin. Il va falloir être fort sur cette TF pour tuer Kenny. - Flegmatic
Leo Margets (Espagne, Team Winamax)
53 400 000 (33 BB)
En 2009, Leo Margets faisait une entrée tonitruante dans le monde du poker en se hissant jusqu'en 27ᵉ place du Main Event. Seize ans plus tard, la Catalane n'a pas seulement fait mieux, elle est devenue la première femme de l'ère moderne du poker à atteindre la finale du Big One. Une première consécration (en attendant la victoire bien sûr), pour celle qui a toujours été une ambassadrice exemplaire du poker en Espagne, justement intronisée au Hall of Fame national en 2021, année où elle remportait son premier bracelet. Hyperactive, compétitrice acharnée, férue de sport (marathons, triathlon, fitness…), elle transmet son énergie débordante et sa passion communicative au sein du Team Winamax depuis son entrée en février 2018. Reconnue en Europe à l'international, Leo déborde même largement de la sphère poker. Autrice, conférencière, participante puis lauréate d'émissions de téléréalité de l'autre côte des Pyrénées, la Barcelonaise est capable de s'adapter à toutes les situations, comme elle l'a prouvé tout au long d'un tournoi mouvementé, durant lequel elle a tout connu, depuis une bulle passée dans la douleur à cette finale, en passant par ce lancer de pièce inoubliable remporté en milieu de Day 8. Située pile au milieu du peloton avec le cinquième tapis, entourée d'un groupe d'amis exceptionnel d'amour et de soutien, au milieu duquel se cache le meilleur joueur de tournoi du monde (on parle d'Adrián Mateos), Leo a tout ce qu'il faut pour espérer décrocher le Graal. - Flegmatic
Luka Bojovic (Serbie)
51 000 000 (32 BB)
À l'instar de Kenny Hallaert et Michael Mizrachi, Luka Bojovic a déjà disputé la finale du Main Event des WSOP… Europe ! C'était à Rozvadov à l'automne dernier, et le Serbe avait terminé 8ᵉ pour 122 000 €. Il s'agissait de la meilleure perf' en carrière avant ce Main Event de celui qui détient déjà une bague WSOP-Circuit, décroché en janvier 2024 à Marrakech sur un Monster Stack à 6 000 Dirhams. À part ça, on peut vous dire que Luka semble vivre à Vienne, en Autriche, qu'il aime collecter les drapeaux européens sur Hendon Mob, qu'il est membre depuis quelques années de l'écurie Pokercode lancée par Fedor Holz, que sa couleur préférée est le bleu indigo, qu'il s'est hissé dans le haut du peloton pour ne plus le quitter en provoquant l'élimination de Daniel Iachan, qu'il aura pour le soutenir l'un des rails les plus bruyants des neuf finalistes et qu'il est estampillé énorme chattard depuis que l'on a appris qu'il a tiré une enveloppe à 250K sur le Mystery Bounty 2 200 $ du Wynn (merci Mama pour l'info). Il espèrera également faire mieux que Milos Skrbic, son seul compatriote à avoir atteint la finale du Main Event, sorti en premier en 2019. - Flegmatic
Adam Hendrix (États-Unis)
48 000 000 (30 BB)
Adam Hendrix a beau venir d’Anchorage, ville glaciale du nord-ouest des États-Unis, en Alaska, son style de jeu est tout sauf frileux. Très actif à la table, accrocheur et toujours dans le coup, l’Américain incarne parfaitement le profil du joueur que l’on n’a pas envie de bluffer. Avec plus de 8 millions de dollars de gains en tournois live depuis 2016, l’Américain s’est construit un solide CV sans jamais vraiment quitter les frontières américaines. Son plus gros résultat ? Une victoire à 629 000 $ sur un 3 000 $ du WPT World Championship au Wynn. Mais ce n’est pas tout. Coach en PLO pour la plateforme PokerCoaching de Jonathan Little, Hendrix a aussi cette capacité à penser le jeu en profondeur et ça s’est vu. Jamais réellement en danger durant le Day 8, il a souvent pris les devants, notamment face à Lautaro Guerra avec qui il a croisé le fer à plusieurs reprises pour finir par l’évincer. Une activité qui lui permettra de revenir s’asseoir devant un tapis de 30 blindes, le septième de cette finale. - VictorP
Lee Dae-Hyung (Corée du Sud)
34 900 000 (22 BB)
Tout droit venu de Séoul, Lee Dae Hyung s’apprête à marquer l’histoire du poker coréen en devenant le tout premier joueur de son pays à atteindre la table finale du Main Event des WSOP. Calme, concentré, presque impassible, il dégage la sérénité d’un grinder online habitué aux plus gros enjeux. Un contraste saisissant avec l’agitation qui règne autour de lui depuis plusieurs jours. S’il affiche pour l’instant un palmarès modeste, hormis quelques min-cashs sur le circuit WSOP et en Asie, le Coréen n’a pas tremblé au moment de jouer les coups qui comptent. Il a notamment tenu bon sur des 80/20, comme sur ce coup avec les Rois contre les 9 de Joey Padron. Mais il lui a fallu un quasi miracle pour bouleverser son destin : trouver avec deux 10 une quinte venue de l'espace sur la river d’un board 9-8-3-6-7 pour passer devant les Dames de Lautaro Guerra. Positionné en milieu de classement au départ de cette huitième journée, il reviendra disputer cette table finale du Big One avec 22 blindes. - VictorP
Jarod Minghini (États-Unis)
23 600 000 (15 BB)
Ancien snowboardeur de haut niveau reconverti en joueur de poker à plein temps, Jarod Minghini ne suit pas tout à fait les chemins classiques. Installé à Lake Tahoe, en Californie, ce passionné de glisse a troqué les pistes pour les jetons avec succès. Déjà détenteur de cinq bagues WSOP-Circuit, il affiche un palmarès bien rempli, constitué presque exclusivement de performances sur le sol américain. Discret, mais efficace, Minghini s’est faufilé dans cette finale en jouant un poker solide, loin des projecteurs. Il entamait le Day 8 avec 24 BB et s’est accroché tout au long de la journée, trouvant notamment un excellent fold avec As-Dame face à un 4-bet all-in de Leo Margets qui détenait As-Roi. Un coup clé qui lui a permis de conserver son stack pour ensuite évincer le très short Maksim Pisarenko en 13e position. Si sa discrétion lui aura sans doute permis de prendre part à cette finale, il entamera cette dernière ligne droite dans la peau du short stack avec 15 blindes. En d’autres termes, il n’aura pas le choix que de rider à contre-courant pour espérer remonter la pente... - VictorP
Le plan de table
| Siège | Nom | Tapis |
|---|---|---|
| 1 | Leo Margets (Espagne - Team Winamax) |
53 400 000 (33 BB) |
| 2 | Kenny Hallaert (Belgique) | 80 500 000 (50 BB) |
| 3 | Braxton Dunaway (USA) | 91 900 000 (57 BB) |
| 4 | John Wasnock (USA) | 108 100 000 (68 BB) |
| 5 | Michael Mizrachi (USA) | 93 000 000 (58 BB) |
| 6 | Daehyung Lee (Corée du Sud) | 34 900 000 (22 BB) |
| 7 | Luka Bojovic (Serbie) | 51 000 000 (32 BB) |
| 8 | Adam Hendrix (USA) | 48 000 000 (30 BB) |
| 9 | Jarod Minghini (USA) | 23 600 000 (15 BB) |
Les prix
| # | Prix |
|---|---|
| Gagnant(e) | 10 000 000 $ |
| 2 | 6 000 000 $ |
| 3 | 4 000 000 $ |
| 4 | 3 000 000 $ |
| 5 | 2 400 000 $ |
| 6 | 1 900 000 $ |
| 7 | 1 500 000 $ |
| 8 | 1 250 000 $ |
| 9 | 1 000 000 $ |
Après tant d'émotions, il est temps pour nous et les neuf finalistes d'observer une journée de repos bien méritée. On se retrouve ce mardi 15 juillet à partir de 13h30 (22h30 en France), pour le coup d'envoi d'une table finale que l'on espère épique, et frappée du sceau du W rouge. Selon le programme officiel, on jouera jusqu'à tomber à quatre joueurs restants, avant de couronner le Champion du Monde le lendemain. On a déjà hâte d'y être, mais d'abord, on a hâte d'aller se coucher.













