Adrien Zychowski s'incline en 34ᵉ position, au terme d'une épopée fantastique de sept jours qui le récompense de 300 000 $
Il reste 33 joueurs, mais plus aucun Français
Level 33 : Blindes 250 000 / 500 000 BB ante 500 000
Main Event 10 000 $ (Day 7)
C'est une véritable odyssée que nous aura fait vivre Adrien Zychowski. Accompagné de la Team Élite Poker, Adrien a décidé de lâcher les tables de cash game pour venir jouer son deuxième tournoi live, en ne choisissant pas n'importe lequel : le Main Event. Cette aventure l'a amené jusqu'à la 34ᵉ place du plus beau tournoi du monde, sur 9 735 joueurs. Entre moments féériques où, dans les yeux, les étoiles ont brillé, instants délicats où les doutes sont apparus. Le triste dénouement n'a d'intérêt que par l'histoire dont elle découle.
"Les tournois, c'est pas mon truc. C'est long, et le seul moment où tu échappes à la frustration, c'est quand tu termines premier : autant dire pas souvent. Mais sur un événement comme ça, la value du field, de la structure et des gains m'ont chauffé pour m'inscrire." Les amis sont là, et c'est une aventure collective qui démarre. Le prestige du Big One permet de croiser, au hasard du tirage de table, quelques grands noms comme Mikita Badziakouski : "C'est une légende, j'étais honoré de jouer avec lui, je le voyais derrière mon écran sur les Tritons et là je me retrouve dans des spots contre lui, c'était un moment super fort."
Avec 20 000 jetons empaquetés sur son Day 1, Adrien ne termine pas au mieux. Le deuxième jour part sur un autre rythme, les double-ups se succèdent jusqu'à rentrer une improbable gutshot river pour monter à 220 000 et relancer complètement son tournoi. Après les hauts, vous connaissez l'histoire, il y a les bas d'un troisième jour où le Français avance avec une crève phénoménale qui l'oblige à faire un choix osé : laisser son tournoi pour aller dormir deux heures dans une chambre du Horseshoe réservée à la hâte. Chaque minute de sommeil a un coût en jetons, mais le Français l'assume. "Je me serais endormi sur la table quoiqu'il arrive", expliquera-t-il. Le choix semble judicieux pour le Français, qui termine la journée avec un stack suffisant pour passer la bulle le lendemain. "Ensuite, ç'a été la routine, je me sentais mieux, j'étais bien dans mon poker, c'était cool."
Alors qu'il devient le dernier représentant de sa Team, il n'est pas seul pour autant, recevant le soutien de ses coéquipiers et de la communauté dont les messages commencent à affluer. Tombé dans la phase des 20 blindes, Adrien est loin de sa zone de confort qu'il connaît en cash game, mais il trouve les adaptations nécessaires, évitant les spots bourbiers. Il trouvera un coup clé pour doubler contre Thomas Eychenne dans le plus classique des flips, deux Dames contre As-Roi. Nous voici au Day 7, Adrien se retrouve sous le feu des projecteurs en table télévisée. Son rail est présent et donne de la voix à chaque resteal gagné. Car oui, le Français s'est habitué à ce bloc de 20/30 blindes qu'il semble finalement affectionner. Les heures passent, les paliers aussi, les chiffres deviennent de plus en plus gros, et on se prend à rêver, d'autant plus qu'il est maintenant seul à porter les espoirs tricolores depuis que Thomas a rendu les armes. C'est après la pause repas que le coup fatal arrive. Tombé à 10 blindes, il décide de les investir avec deux 7 dans un pot où Chad Power a préalablement poussé un maigre tapis de 3 blindes avec A
Q
, relancé par Tony Gregg au hi-jack avec A
K
. Ce dernier call et il va falloir gagner un flip contre deux joueurs. "Petit !" crie le rail, qui n'est pas entendu par le croupier qui retourne un flop 8
K
5
. C'est le 7 qui est maintenant requis par le clan tricolore amassé dans les tribunes. La Q
ne change rien, et le 9
finit de clouer les espoirs d'Adrien. Brutalement, l'histoire s'arrête.Sous les applaudissements des supporters, il sort de table avant de s'éloigner en compagnie de sa copine. Le moment est dur, les larmes coulent, symbole d'un mélange de déception, de frustration et d'épuisement après sept jours d'une compétition intense. Mais rapidement Adrien revient voir ses amis, et les accolades et les mots de soutien lui font chaud au cœur.
"J'ai du mal à réaliser, tout de suite. Quand j'essaie de refaire le match, je me dis que j'ai déjà beaucoup de chance d'être arrivé ici. 300 000 $ c'est une somme exceptionnelle. Là ce que je veux, c'est surtout me reposer, on va aller fêter ça avec les amis, mais après j'ai promis à ma copine que si je faisais Day 5 on irait à New York." Le sourire lui revient, en se disant qu'il est allé encore plus loin que cet objectif. C'est donc à l'ombre de l'Empire State Building que le Français mettra les bouts après cette épopée, avant de retrouver d'ici quelques semaines l'ensemble de sa Team sur les tables de cash game de Macao.
Si l'aventure se termine pour les Français avec cette sortie, le Main Event continue, beaucoup plus calme depuis la sortie de William Kassouf. Les caméras de Dans la tête d'un Pro sont toujours braquées sur Leo Margets, qui porte maintenant tous nos espoirs. Ce Big One 2025 est loin, très loin d'être terminé !Historique : les meilleurs Français de chaque Main Event
Si vous voulez vous replonger dans les archives, on vous a mis les liens de chaque coverage de l'époque... Et vous pouvez aussi consulter cet article de 2023 pour un bilan un peu plus littéraire. Statistique au passage : cette année, les 57 tricolores ITM ont sorti 2 377 500 $ du Main Event. C'est moins que le total des buy-ins engagés par les Français, qui ont été, selon nos calculs, 306 à participer, apportant 3,06 millions de dollars au prize-pool. Mais bon, on s'en fout, puisque le poker n'est pas un sport d'équipe.| Année | Rang | Nom | Gains ($) |
|---|---|---|---|
| 2003 | 15 | Bruno Fitoussi | 65 000 |
| 2004 | - | - | - |
| 2005 | 309 | Daniel Sellam | 21 070 |
| 2006 | 103 | Dan Abouaf | 51 129 |
| 2007 | 28 | Paulo Loureiro | 285 678 |
| 2008 | 106 | Stéphane Hornet | 41 816 |
| 2009 | 3 | Antoine Saout | 3 479 670 |
| 2010 | 38 | Nicolas Babel | 206 935 |
| 2011 | 35 | Guillaume Darcourt | 242 636 |
| 2012 | 10 | Gaëlle Baumann (Team Winamax) |
590 442 |
| 2013 | 4 | Sylvain Loosli (Team Winamax) |
2 792 533 |
| 2014 | 23 | Yorane Kérignard | 286 900 |
| 2015 | 161 | Paul-François Tedeschi | 46 890 |
| 2016 | 25 | Antoine Saout | 269 430 |
| 2017 | 3 | Benjamin Pollak | 3 500 000 |
| 2018 | 9 | Antoine Labat | 1 000 000 |
| 2019 | 60 | Romain Lewis (Team Winamax) |
142 215 |
| 2021 | 17 | Nicolas Vayssieres | 305 000 |
| 2022 | 16 | Karim Rebei | 410 000 |
| 2023 | 50 | Clément Richez | 188 400 |
| 2024 | 9 | Malo Latinois | 1 000 000 |
| 2025 | 34 | Adrien Zychowski | 300 000 |
Note : entre 1970 et 2002, seulement 4 Français ont signé un ITM sur le Big One : René Vernhet (23e en 1991), Marc Brochard (8e en 1998), Ange Besnainou (14e en 2000) et Patrick Bueno (36e en 2001).







