Level 10 : Blindes 1 000 / 2 000 BB ante 2 000
Main Event 10 000 $ (Day 2ABC)
Le poker dans le sang
Six ans que nous n'avions pas vu Jérémie Sarda sur un tournoi live ! Un revenant, et bien plus qu'on ne le pensait avant de venir lui demander comment il a occupé son temps depuis. "En fait, j'ai fait une septicémie après être allé voir un dentiste un peu louche au pied du Machu Picchu, attaque ce grand globe-trotter. L'infection s'est logée dans une couronne et, comme elle n'avait nulle part où aller, elle s'est propagée dans mon sang." Les rendez-vous médicaux s'enchaînent, mais personne n'arrive à réellement soigner Jérémie, qui laisse logiquement le poker de côté pour se concentrer sur sa santé. "Et puis, j'ai fini par aller voir un autre médecin, à la limite de l'herboriste. Il m'a fait passer quatre tests sanguins, il m'a dit 'Vous avez ça, ça, ça et ça.' Quelques semaines plus tard, j'étais guéri."
Après une telle phase, difficile de se remettre aux cartes. "Je n'avais plus envie. C'est une activité tellement chronophage, le poker." Au gré de ses diverses pérégrinations, Jérémie finit par atterrir au Mexique, d'abord à Puebla, une ville au sud-est de Mexico City... où il signe son retour aux tables avec une première place payée depuis 2019. "J'avais besoin de thunes, tout simplement," se marre-t-il. Aujourd'hui, il vit avec sa compagne à Nayarit, sur la côte pacifique, "dans des villages de hippie en bord de plage".
Une ambiance diamétralement opposée à celle de Vegas, ce qui n'empêche pas Jérémie de dérouler sur ce Main Event. À un peu plus d'une heure de la fin de ce Day 2ABC, il pointait à 375 000 jetons, soit plus de deux fois la moyenne. "La table est passive, ça me permet de jouer plein de coups". De quoi, pour l'instant, le mettre en bonne voie pour signer sa deuxième place payée sur le Big One, en cinq participations. La première, c'était en 2016 "pour ton tout premier Vegas," ajoute-t-il à mon attention. Un revenant, et avec de la mémoire en plus. - Flegmatic
French connexion
Si, l’an passé, repérer un joueur français dans le field relevait parfois du casse-tête faute de seat draw accessible en temps réel, cette année, le gain de temps est considérable. Grâce à la mise à jour de l’application officielle, on peut désormais classer les joueurs par pays et accéder à leur siège en un clic. Et c’est précisément de cette façon que j’ai découvert, un peu par hasard, que deux Français dont nous n'avions pas encore parlé se retrouvaient côte à côte à une table du Day 2ABC. Parmi eux, Nicolas Merceron (ci-dessous, à gauche), un amoureux de nos WPO, en particulier de celui de Dublin. “J’aimais trop les WPO à Dublin, ça me manque. Bratislava, Marrakech, je n’ai jamais fait, mais comme je reste surtout sur le circuit live français, il y a de grandes chances que vous me croisiez à Aix-les-Bains en septembre.” On aime entendre ça.
Qualifié en freeroll pour son premier Main Event sur une room qui affectionne aussi les chevaux, Nicolas est aujourd’hui en train de vivre ce que tout joueur de poker rêve d’expérimenter un jour : son one time à Vegas. Pourtant, difficile de sentir le stress dans sa voix. “Je n’ai pas l’impression de jouer un tournoi à 10 000 $ pour tout t’avouer. Sur mes deux tables depuis le début, je n’ai jamais eu de joueurs qui m’ont vraiment impressionné.” Au contraire même, il a eu droit à une ambiance… inattendue. “En fin de Day 1, les mecs à ma table se payaient des coups entre eux, ils ne faisaient que boire, ils relançaient dans le noir. Sincèrement, je ne m’attendais pas à ça !” Détendu, le grinder de nos MTTs midstakes n’a donc pas de pression particulière, bien aidé par un tapis de 100 000 jetons bag au Day 1, qu'il a réussi à faire grimper à 240 000 actuellement, à quelques encablures de la fin de journée. “La pression, je l’aurai peut-être à la bulle… mais je ne veux pas trop y penser. Si je n’y arrive pas, je risque d’être frustré.” Une approche lucide et posée qui pourrait bien payer.
Juste à sa gauche, un autre Français complète ce drôle de duo tricolore : Alexandre Servies. Derrière son pseudo “Risitas” qui nous aura donné un peu de fil à retordre pour l’identifier, se cache un ingénieur en informatique expatrié à Seattle, qu’on avait découvert en 2022 lors de sa deuxième participation au tournoi. Trois ans plus tard, c’est pour une cinquième tentative qu’il revient sur le Big One, toujours aussi séduit par son format deepstack. “À Seattle, il n’y a pas vraiment de beaux tournois à jouer, alors je ne joue qu’en cash game. Du coup, un tournoi comme celui-ci, très deep, c’est parfait pour moi”, explique-t-il.
Arrivé à Vegas depuis deux semaines, son séjour n’a cependant, pour l’heure, pas réellement tenu toutes ses promesses. “J’ai fait quelques petits cashes, mais rien de fou. Ce n’est pas un super Vegas, mais il reste encore le Main, donc on verra bien.” Sur ce tournoi justement, Alexandre n’a jamais vu son tapis décoller. 81 000 jetons bag à la fin du Day 1, pour retomber à l’heure actuelle aux alentours du stack de départ à force de swings. “Je fais les fameuses montagnes russes, mais il reste tellement de temps que je ne m’inquiète pas. Surtout que je suis très content de la façon dont je joue.” - VictorP
Mekouane "pick one"
On l'avait rencontré sur le Millionaire Maker alors qu'il atteignait son premier Day 3. Jalil Mekouane est ce Français expatrié en Australie, qui a vu son parcours s'arrêter en 87e place pour un peu plus de 16 000 $. Ancien business consultant dont le travail consistait à aider les boîtes européennes à s'installer au pays des kangourous, il opère depuis un an une transition vers le poker professionnel. Pourtant, Jalil n'est pas un nouveau venu dans le milieu. "J'ai fait plusieurs fois les WSOP entre 2017 et 2019. Après, il y a eu le Covid, et j'ai commencé mon taff en Australie." Toutes ces raisons ont fait qu'il n'était pas revenu jusqu'à cette année.
Un retour qui l'amène sur le Big One, sur lequel il est passé de 90 000 à 150 000 au long de cette journée. Sympathique, souriant, ouvert à la conversation, Jalil se lève volontiers pour nous parler, avant de se rasseoir chaque fois que le croupier lui donne une main.
Après avoir couché quatre mains consécutives, la parole lui revient alors qu’il est en small blind. Tout le monde a couché, et le Français n’est pas du genre à laisser un walk. Il limp-call les 5 000 de sa voisine en BB et la check/raise sur le flop A
K
3
. Son adversaire se couche en montrant une paire de Valets. Jalil se retourne vers nous et nous demande d’un air complice : "Je lui montre ou pas ?", avant de lui dire : "You can pick one." La joueuse s’exécute et retourne un As. Un bon fold, donc pour la joueuse, qui permet cependant au joueur d'accroître un peu plus son tapis. - Phil Anthropik
Oulmekki es-tu ?
Un père français, une mère marocaine et une vie en Chine : Selim Oulmekki est un véritable citoyen du monde. Après avoir bougé dans l’Empire du Milieu dans le cadre de ses études, Selim est resté sur place pour y vivre, ce qui lui a permis de découvrir des destinations poker aussi exotiques que la Corée du Sud ou Macao. Si son nom apparaît souvent dans les chipcounts des gros events que l’on couvre, Selim est du genre discret, mais bien établi sur le circuit. "C’est mon neuvième ou dixième Main Event, et je l’ai cash une seule fois," nous dit-il entre deux mains.
Sur cette édition, le Franco-Marocain fait le yo-yo. Parti avec 71 700 jetons, il a culminé à 220 000 à la faveur d’une livraison d’un joueur qui s’est montré créatif avec deux As sur un board 6
7
3
10
2
, en poussant son tapis river malgré une mise de Selim. Tournait-il sa main en bluff ? Était-il en value ? Était-ce un vluff (le mix des deux) ? Toujours est-il que le tricolore s’est délecté d’un call avec 8
9
, qui lui donnait la quinte max. Depuis, son avance s’est réduite à 80 000. Arrivera-t-il à remettre la marche en avant pour aller chercher son deuxième cash ? - Phil Anthropik
Statistiques, anecdotes et citations à la con
7 000 : le nombre de pas réalisés par un membre de la rédaction de Winamax hier lors du Day 1D contre... 4 000 aujourd'hui. Ne pas avoir besoin d'aller crapahuter au Paris, ça vous change une journée.




