Godard, c'est pas du cinéma

- 6 juillet 2025 - Par VictorP

Un Français inconnu de nos services se révèle à Las Vegas, avec une troisième place sur le PokerNews Deepstack Championship (149 601 $ de gains)

Nicolas Godard
Arrivé à Las Vegas dans la peau d’un parfait inconnu, Nicolas Godard ne pensait sans doute pas vivre un départ aussi marquant pour son tout premier séjour à Sin City. En quelques jours seulement, le Français de 29 ans s’est frayé un chemin jusqu’en finale du PokerNews Deepstack Championship à 600 $, terminant à une superbe 3e place pour 149 601 $. De quoi faire parler de lui dans les couloirs du Horseshoe, même s’il peine encore à réaliser pleinement ce qu’il vient d’accomplir. “Sincèrement, pour moi, c’était un tournoi de cartes comme un autre. La seule chose que je regrette un peu, c’est d’avoir terminé 3e au vu du niveau de mes deux derniers adversaires.”

Pas de fausse modestie, juste cette frustration que seuls les compétiteurs comprennent, celle d’avoir échoué à deux marches du bracelet et des 302 000 $ promis au vainqueur. Car dans son esprit, il était capable d’aller au bout. Ce coup d’éclat, pourtant, n’est pas un simple feu de paille. Il est le fruit de dix années d’un parcours marqué par la passion, les hauts et les bas, et une détermination qui n’a jamais flanché.

Nicolas Godard
C’est dans un petit club associatif à Limoges que tout a commencé. Le week-end en live, la semaine online, il découvre les premières joies du grind… et de ses premières galères. À mesure que son niveau monte, Nicolas rêve plus grand. Jusqu’à tenter l’aventure professionnelle. Un choix assumé, mais semé d’embûches. “J’ai connu des périodes de grosses montagnes russes. Je pouvais monter une roll à 20 000  €… et me broke quelques mois plus tard.” Les revers s’enchaînent, les coups durs aussi. À plusieurs reprises, il redescend sous la barre des 1 000 €, sans jamais abandonner pour autant. Il le sait : malgré la variance, malgré les doutes, il n’a jamais vraiment envisagé une autre voie que celle du poker.

Depuis, quelques années se sont écoulées, et les choses ont évolué. Marié fin 2024, récemment installé au Vietnam avec sa femme et leur enfant, Nicolas a trouvé une forme de stabilité. Moins de temps pour jouer, forcément, mais suffisamment pour reprendre le grind online en début d’année, remonter une belle bankroll, et s’offrir ce voyage à Vegas qu’il attendait depuis longtemps. Avec, en point d’orgue, le Main Event des WSOP, qu’il dispute pour la première fois de sa carrière. “C’est génial de pouvoir jouer ce tournoi. D’autant plus quand tu le joues sans pression, sans peur de se broke à nouveau.”

Un luxe qu’il peut s’offrir grâce à sa perf, mais aussi grâce à cette maturité acquise au fil des années. Et même si le tapis de jetons devant lequel il est assis n’a rien d’impressionnant, Nicolas reste lucide. “L’objectif, c’est de bag, évidemment. Mais ce genre de tournoi se joue sur la durée. On a tellement de temps.” Du temps, et maintenant aussi un peu d'expérience, pour peut-être terminer en beauté des WSOP qu'il n'est pas prêt d'oublier...

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