Level 2 : se relever après un burn-out

- 5 juillet 2025 - Par Benjo DiMeo

Level 2 : Blindes 200 / 300 BB ante 300
Main Event 10 000 $ (Day 1C)

La vie après le challenge

Eychenne
Il y a quatre ans, Thomas Eychenne se faisait connaître à travers un premier "bankroll challenge", en partant de 50 € avec l'objectit de monter 50 000 €. Mission accomplie en 50 sessions. Un an plus tard, rebelote, avec un défi bien plus ambitieux : démarrer avec 10 € pour viser le million. Peu de gens y croyaient, misant tantôt sur la banqueroute, tantôt sur l’abandon en cours de route. Mais Thomas a fait taire tout le monde lorsqu’un an et demi plus tard, il achevait cette incroyable aventure sous les feux des projecteurs, en terminant 7e du PokerStars Players Championship à 25 000 $, pour un gain de 800 000 $.

Depuis, le résident maltais a levé le pied. Car de son propre aveu, si l’histoire pouvait ressembler à un conte de fées, la réalité qu’elle cache ne fut pas forcément toute rose. "J’ai donné tellement d’énergie à ce projet, entre le grind, la gestion de la communauté, les coachings et les stackings que je faisais sur ma plateforme (ABC Poker)... c'était trop, j''ai fait un burn out." Une période qu’il évoque avec franchise rare.

Aujourd'hui, celui qu’on connaît aussi sous le pseudo La Watch a pris le temps de se reconstruire, délaissant les tables online pour se concentrer principalement sur les gros événements : EPT, WSOP... La vie, il la perçoit autrement, privilégiant davantage de temps pour lui et sa compagne, avec qui il sillonne le monde. "Ça fait un an que je ne suis pas rentré chez moi ! Avec ma fiancée, on a voyagé en passant par Singapour, l’Australie, le Japon, pour finir au Cambodge où j’ai repris le jeu." Après autant de temps à vivre dans sa valise, le top reg admet avoir hâte de rentrer à Malte pour retrouver son chez-lui.

Mais avant, il y a quand même des World Series à jouer. Arrivé fin mai, son programme avait parfaitement commencé avec une 5e place sur le Heads-Up Championship à 25 000 $. Cependant, la suite du séjour n’a pas suivi le même chemin. Malgré sept places payées sur ce festival, Thomas, toujours aussi transparent, admet avoir lâché quelques deniers dans l'affaire. Mais on le devine : Thomas a cette ressource en lui pour se transcender et aller chercher de nouvelles perfs.

Actuellement assis avec 110 000 devant lui, Thomas est bien parti sur le plus beau tournoi de l'année. Ce beau départ, il le doit notamment à un coup sur lequel il ouvre les enchères avec QQ UTG +2 : seul le joueur au lo-jack accepte l'invitation. Le flop est magique, lui donnant un full sur Q55, Thomas poursuit avec une mise un tiers du pot que son adversaire se contente de call. La même séquence se produit sur le K turn, mais l'action se débride sur la rivière 7. Thomas mise tout petit, 1 700 dans 5 000. Son opposant montre les crocs en le relançant à 5 000, mais il se cassera les dents en payant avec une couleur la praline de 30 000 envoyée par Thomas. Ce gros coup lance parfaitement le tournoi du grinder français. Et si c'était sur ce Main Event qu'il réalisait l'inimaginable ? - Phil Anthropik

Moins de GTO, plus de mojo !

Hedi Boussetta
Il y a les joueurs qu'on découvre à l'occasion de ce Main Event, et il y a ceux qu'on est heureux de retrouver, au premier chapitre de ce qu'on espère être une nouvelle belle histoire. Hedi Boussetta, c’est un peu comme un bon film qu'on revoit encore et encore : on connaît les répliques, mais on ne s’en lasse pas. Après l’avoir découvert au SISMIX à Marrakech l’an dernier, puis ici même à Las Vegas, lors de son tout premier été sous les néons (le mien aussi en tant que reporter), on retrouve aujourd’hui un joueur bien plus aguerri… et visiblement dans son élément. “J’ai déjà réussi à faire ITM sur quatre ou cinq tournois WSOP cette année, et pas les pires. Donc franchement, je suis très content”, confie-t-il, tout sourire. Et s’il performe autant, ce n’est pas un hasard. Pour préparer au mieux sa venue sur ces WSOP, Hedi a changé de disque.

Moins d’obsession sur le plan technique, pour laisser place à vraie préparation mentale. “J’ai l’habitude de beaucoup travailler le jeu, la partie technique. Cette fois, j’ai bossé le mindset, l'état d'esprit. Et franchement, ça change tout. Je suis arrivé ici bien plus relâché." Ça se sent. Plus détaché, moins sensible à l’euphorie ou à la frustration, Hedi joue son jeu sereinement, sans se faire embarquer dans les montagnes russes émotionnelles propres au live. À tel point qu’il affirme qu’un bust rapide sur le Main Event ne serait pas un drame. “Si je saute aujourd’hui, ce n'est pas grave. Tant que je prends du plaisir, c’est gagné.” Bon, Hedi… on va faire comme si on n’avait pas entendu ça, hein. Parce que de notre côté, on veut te suivre le plus loin possible ! - VictorP

Anecdotes, statistiques et citations à la con

1 602 : le nombre de joueurs assis après quatre heures de jeu. Ça se confirme : l'affluence du Day 1C dégringole par rapport à l'an passé... Il manque 900 joueurs pour rester dans la tendance de 2024 ! Plus que jamais, une écrasante majorité des joueurs semble avoir opté pour le dernier Day 1, celui de demain. On espère que cela ne va pas créer trop de casse-tête aux organisateurs...

Yoh Viral
Ses apparitions régulières dans des streams de cash-game populaires aux USA ont fait de Yoh Viral une petite célébrité dans le microcosme de la côte ouest. Sur le Main Event, on n'a pas encore croisé le retraité des tournois (aujourd'hui, son truc c'est de percer dans le DJ-ing)

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