Runner-up du KING5, les membres de l'équipe Bastia-terminus disputent le premier gros tournoi de leur vie
Event #62 : 5 000 $ 6-max (Day 1)
Sur l’un des tournois préférés de l'été côté français, on a retrouvé plusieurs joueurs qui portent les couleurs Winamax et nous répondent avec un beau petit accent corse. Bastia-terminus, ça vous dit quelque chose ? C'est l'équipe du KING5 qui a perdu en finale contre la redoutable équipe des Merlin Magic Cards. Gros lot de consolation, ils sont présents à Vegas pour disputer le 5 000 $ 6-max, un tournoi qui a de quoi mettre des étoiles dans les yeux à n'importe quel joueur de poker.
"On est des potes d'enfance de Bastia. Tous complètement amateurs, mais bon, on est Corses, alors les cartes, on aime ça ! On fait le KING5 tous les ans, depuis quatre ans environ. On aime bien se réunir tous les mardis, on joue en regardant les matchs de foot, on picole, on passe un bon moment. On fait de mieux en mieux chaque année, et cette fois, on a même failli gagner. Ça reste une défaite de faire deuxième, mais on est quand même sacrément content d'être là." Encore un peu ému en évoquant ce moment vécu à cinq, Christophe Tomasini a même eu la balle de match entre les mains sur les Heads-Up. À 2-0 en faveur de Bastia-terminus et avec son pseudo priceless de "J_Chirac", il perd son tête-à-tête contre Erwann Pécheux et permet à l'équipe adverse de revenir à 2-1 et finalement remporter l'épreuve quelques minutes plus tard.
Même si les Bastiais présents à Vegas regrettent de ne pas avoir pu accéder au Main Event, ils ont de quoi profiter sur ce magnifique 5 000 $ 6-max. Pour Vincent Valliccioni, c'est même le tout premier tournoi de sa vie. Il avoue jouer au poker que très rarement, et seulement entre potes, comme sur les sessions annuelles du KING5, et ne joue même pas online le reste de l'année. Gérant d'une entreprise de BTP à Bastia, il me confie ne rien connaître au monde du poker. "J'ai un joueur connu à ma table, il paraît", me dit-il avant de me montrer le nom d'Aram Oganyan, le runner-up du High-Roller à 100 000 $ remporté par João Vieira. Avec un tapis divisé par quatre au deuxième break de la journée, Vincent m'explique qu'il est d'ailleurs la cible de ce joueur. "À chaque fois, je le vois qui zieute mon stack quand je veux rentrer dans un coup. On sent qu'il aimerait bien me prendre mes jetons." Avec son langage fleuri, Vincent m'expliquera qu'il s'est fait grignoter pendant tout le début de la journée : "J'ai que des cadavres, qu'est-ce que tu veux faire ?"
De son côté, Christophe Tomasini, qui travaille également dans le BTP, a un peu plus l'habitude des tournois. Il a déjà joué quelques fois à Aix ou Nice, mais c'est son premier gros tournoi. "J'étais déjà venu à Vegas, mais comme touriste, pas pour jouer des tournois." En plein kiff, il me raconte son début de Day, où il a perdu un coup 4-bet contre Davidi Kitai avec deux Valets contre deux As. "Je me suis présenté, en parlant du KING 5, c'était vraiment cool de partager la table avec lui. C'est vraiment chouette de faire un tournoi avec autant de joueurs connus et de se retrouver ici, alors qu'on jouait juste pour s'amuser sur notre île." Installé au Paris pour "être plus près de l'action", Christophe avait des étoiles dans les yeux en évoquant cette folie de se retrouver avec ses potes d'enfance sur les World Series. "On est potes depuis toujours, on passe tous nos week-ends ensemble, c'est incroyable de vivre ça et on compte bien en profiter au max."
À une table beaucoup plus random pour l'instant, Kevin Poggi est pour l'instant celui qui s'en sort le mieux, avec un peu plus que le stack de départ après avoir gagné quelques beaux coups en début de journée. En plaisantant, il me donne rendez-vous dans trois jours pour venir faire la photo de lui avec le bracelet au poignet. La route est encore longue, mais le rendez-vous est pris.
Celui qui joue le plus, dans la bande, et qui s'était même échauffé en jouant le 250 $ Daily Deepstack du Horseshoe, c'est Jean-Philippe Thibaudeau, et malheureusement, c'est le premier de la bande à avoir pris la porte. Flush max contre full, un coup impossible à éviter, où il part à tapis avec A
Q
contre K
K
sur une turn A
K
2
4
. Malheureusement, la river apporte une doublette et c'est déjà la fin de l'aventure pour le journaliste de France Bleu. Bien frustré par cette élimination précoce, Jean-Philippe a déjà rejoint les rangs du Freezeout à 500 $ qui a débuté ce midi. "C'est pas le même genre de tournois, mais il y a un beau billet à prendre aussi."
Le cinquième larron de l'équipe n'a pas pu venir. "Il n'a pas le temps, on lui en veut un peu de ne pas être là, mais c'était impossible pour lui de venir cet été", nous apprend Vincent, un peu contrarié par cette absence. Les trois derniers membres de Bastia-terminus sont donc bien en place sur le tournoi qui a le plus de chance de sourire aux Français. C'est simple, en jetant un œil au field de ce Day 1, c'est rare de trouver moins d'un joueur français par table. Le contingent tricolore est venu en masse disputer cette épreuve sur laquelle João Vieira avait décroché son premier bracelet en 2019.





