Habitué des événements Winamax, Olivier Dumont est de retour à Las Vegas 18 ans plus tard
Il dispute les World Series Of Poker pour la première fois
Event #61 : Freezout 6-Max 500 $ (Coup d'envoi)
"Neuf éditions sur les dix à Dublin, ils sont trois à avoir fait le grand chelem dont Matthieu Lamagnère avec qui j'ai commencé en associatif, mais c'est ma maison ce WPO en Irlande. J'ai fait aussi Bratislava, mais je fold Aix à la rentrée." À 50 ans, Olivier Dumont aime mélanger poker et déplacements loin de son bassin d'Arcachon. Il plonge dans ses souvenirs alors qu'il dispute en ce moment le deuxième événement WSOP de sa vie, lui qui a commencé le poker il y a deux décennies.
"J'ai sauté plutôt vite sur le Milly Maker, 3 heures de plaisir quand même, l'excitation était là. Le cœur qui bat un peu plus fort même si ça allait de ce côté. J'ai joué beaucoup de coups de cartes, je n'ai pas été frustré", se souvient Ol Dum's, un joueur habitué de Gujan-Mestras qui revient à Las Vegas après un long hiatus.
À l'époque, Olivier avait les yeux grands ouverts. "Nous étions venus avec un budget limité. Goûter l'ambiance, voir l'endroit, j'étais comme un gamin. C'était ouf de voir l'endroit où se joue la Table Finale des World Series. Je me souviens avoir gagné un petit 125 dollars au Caesars pour un petit quatre chiffres que j'ai remis dans un Daily à 1 000 $ du Bellagio".
"La première fois que je suis venu, j'ai accompagné un ami qui avait gagné un package très peu de temps avant, un peu dans la précipitation. C'était le début de la relation avec celle qui est toujours ma femme, 20 ans que nous sommes ensemble, mais à l'époque c'était un quitte ou double : elle m'avait dit qu'elle ne serait peut-être pas là à mon retour... Du coup depuis toutes ces années, je m'étais presque interdit de penser à Las Vegas". Olivier a donc passé un deal pour un gros projet familial englobant aussi un peu de poker.
"En 2024, nous avons fait un gros voyage en Asie : 74 jours avec mes ados et ma femme entre le Japon, Bali, Singapour et la Malaisie. Une expérience incroyable et vivre ça en famille, c'était super. Partager cela ensemble et puis direction Las Vegas en 2025. On y est", poursuit ce passionné qui va "partager ce moment avec gens que j'aime". Il y a ceux qui sont loin. "Mes enfants jouent un peu avec moi au poker, entre nous à la maison. Pour eux, 'papa joue les championnats du Monde'. J'espère faire quelque chose..."
Et il y a ceux qui sont avec lui, à Sin City. Olivier se retrouve dans une villa avec cinq potes rencontrés au gré de ses déplacements poker, pour deux semaines de kiff où il est censé jouer encore deux WSOP supplémentaires, le Tag Team et le Mini Main Events. "C'est la même petite bande que sur les Winamax Poker Open. Il y a notamment Nico (Hameau) qui avait terminé 9e de la Grande Finale à Paris en 2024. Il est de Paris, moi d'en bas et pourtant nous sommes devenus de très bons amis, nous nous parlons tous les jours... Cela fait un an que j'y pense à ce voyage, j'ai beaucoup de reconnaissance de pouvoir vivre ça. Ces deux gros voyages, c'est un accomplissement. Après je suis très content d'être là, mais il y a moins de magie".
Prévoyant, Olivier avait pris les devants et confirmé le logement pour lui et ses potes depuis septembre 2024... et pan le message qui ne fait pas plaisir. "Pour la petite histoire, annulation de notre villa pas si loin que cela du départ. Ils ne s'occupent de rien même s'ils proposaient de payer la différence en cas de surcoût jusqu'à 20% mais, si proche de notre arrivée, il ne restait plus grand-chose... donc on a trouvé une villa pas loin du Strip avec six chambres, mais moins chère que l'autre, la piscine est pourrie, c'est plus petit donc c'est pas l'American Dream... Après ca va, ça passe".
Olivier n'est pas du genre à s’appesantir sur ce petit accroc et tente de profiter au mieux de son séjour. "J'espère ne pas faire comme la première fois avec 16 heures de poker sur le Strip... On a prévu un petit tour en limousine, je vais essayer de faire la Sphère et un tour en dehors de Vegas, mais à six il va falloir s'organiser. L'ambition, c'est de vivre et de découvrir", termine Olivier, actuellement sur un Freezout à 500 dollars où il y a plus de 5 000 entrants et des inscriptions encore ouvertes.
Pendant que celui qui évolue sous le pseudo d'Olstar se lève entre les coups, un de ses voisins m'interpelle. "Comment allez-vous papa ?" lâche Corey Boardman en Français avant de révéler qu'il ne connaît rien d'autre dans la langue de Molière. Je lui raconte l'existence du fameux "Allez papa !" dans les salles de poker hexagonales et l'Américain s'essaye plusieurs fois à lâcher le cri de ralliement des livetards. L'ambiance est bonne sur cette table d'un "petit" WSOP et Boris Gluckstein y va de son "Oh bonsoir". Le jeu reste un plaisir, ici on se donne l'occasion de rencontrer des gens et d'échanger, tout en se faisant des sensations.
Des sensations, Olivier va justement en avoir en partant à tapis pour sa survie ! "Un coup insane : une ouverture payée deux fois, je fais tapis avec les 10 pour une quinzaine de blindes et on se retrouve à quatre pour découvrir 10
K
3
. Il y a encore de l'argent, j'ai brelan et tout le monde part à tapis, je suis devant, mais un A
turn donne la couleur à celui qui avait ouvert UTG avec une paire de 2
en main... J'appelle le Full House mais c'est une Q
rivière pour un split à quatre !" rigole Olivier, toujours dans le coup, mais sur un fil alors que la fin du late reg' approche avec encore plus que 2 000 joueurs à abattre.




