Plus de 3000 joueurs sur la troisième des quatre journées d'ouverture, déjà plus de 10 millions de dollars dans la cagnotte : ce Millionaire Maker c'est véritablement un tsunami dans le désert ! Un terrain de jeu parfait pour le célèbre joueur espagnol Javier, alias Tsunamy
Event #53 Millionaire Maker 1 500 $ (Day 1C)
Alors qu'il reste trois heures pour s'enregistrer sur le Jour 1C du Millionaire Maker, l'affluence est déjà maousse, des joueurs partout... Le staff est sollicité plus que la normale. Sur l'accréditation Winamax est apposé le petit sticker vert reservé aux partenaires (la chance), ce qui nous permet de passer par les coursives qui font la jointure entre les deux casinos accueillant les World Series Of Poker... Paf : on se prend dans la tronche un "push" géant ! Un push, c'est le terme anglais qui désigne l'arrivée d'une nouvelle vague de croupiers. Alors que des milliers de joueurs partent en pauses, des dizaines et des dizaines de "dealers" attendent dans les couloirs pour s'installer en table. Traverser cette marée humaine nous offre un nouveau rappel de la magnitude inégalée des WSOP.
L'engouement est là, d'autant plus qu'il y a moyen d'encaisser un gains à sept chiffres en misant 1 500 dollars, comme l'a fait Franco Spitale l'an passé, ou encore Florian Ribouchon en terminant runner-up l'année précédente... Tsunami, donc, sur le Nevada avec très probablement un record de participation qui s'annonce. Avec déjà 66% de l'affluence de l'édition précédente recensée avant la clôture des enregistrements tardifs, et le Jour 1D qui commencera samedi à 11 heures, la barre des 11 000 entrants pourrait être bien franchie.
Quand on est à Las Vegas, on ne sait jamais trop sur quel pied danser ou comment parler. C'est le melting-pot. Javier, lui, est chaud pour parler français. "Je joue très peu en Espagne : le Maroc, les États-Unis c'est suffisant, là je suis sur place depuis treize jours, je suis presque « quitte », je perds un peu, mais ca va : seulement 3 000 dollars" dit-il en rigolant, tout en m'emmenant au coin des fumeurs "pour une cigarette tranquille" durant le premier break.
"Je suis venu dix fois à Las Vegas, la première fois ça devrait être 2011, je ne suis pas très pro, j'arrive avec une copine... je joue en CG en 1$/3$, et je me fais des vacances gratuites grâce au poker. 3 000 – 4 000 dollars gagnés, c'était très bien, ça paye le voyage", se souvient Javier, qui vibre désormais en tentant de conquérir la breloque sur un méga field. "Dans deux ans, je pourrai jouer le Seniors, j'ai hâte ! En plus je suis du mois d'avril, donc ce fera un super cadeau d'anniversaire !"
"Je ne faisais que du cash-game à l'époque, maintenant je suis focus sur les tournois et je viens tout seul. Je connais tout le monde, il y a une grosse communauté d'Espagnols et puis les Français me connaissent, il y a quelques Marocains aussi. C'est une famille."
Le bracelet, c'est l'objectif oui... mais sans trop se prendre la tête. Javier profite et reste humble, comme lorsqu'il répond à ses copains de table qui l'interrogent, intrigués sur le pourquoi du comment de cette séance photo impromptue avec votre serviteur. "Quand tu m'as pris en photo, ils m'ont demandé si j'étais connu. J'ai dit que je n'étais pas un « famous player » mais que tu étais un journaliste Français qui prend en photo tous les Français", explique Javier, discret alors qu'il frôle désormais le million de dollars de gains sur Hendon Mob.
L'argent ne fait pas tout : il y a le frisson et l'héritage que l'on laisse. "J'ai 48 ans, je joue depuis 2003 et je suis compétiteur, je joue pour gagner, il me faut un bracelet. Quand j'aurai fini de jouer, ma carrière sera incomplète s'il n'y a pas de bracelet. Les trophées comptent beaucoup pour moi, c'est un honneur de gagner et de représenter son pays en le faisant. Je me vois gagner avec un maillot du Real Madrid... Dès que je joue un tournoi WSOP, je rêve du bracelet. Montrer ce bracelet à mon fils, ma femme, ma famille ça serait le sommet", termine Javier en écrasant sa clope avant de repartir au combat. Avec la moitié du tapis de départ, il va falloir naviguer finement à travers ce ras de marée de joueurs. Pas de quoi effrayer un vieux de la vieille...





